Episode 49

Please, une nana pour renter dans un night club

Oui, vous vous dites : « c’est l’été, et Larbi dort ! Mais pourquoi diable n’écrit-il pas plus souvent ? » Bon. Je sais que vous ne vous dites pas tous cela, puisque parmi les mails que je reçois, et Dieu merci il ne s’agit que d’une minorité (une toute petite minorité, sinon je ne serais plus là), certains me demandent, me supplient d’arrêter d’écrire. Donc, je continue de le faire, pour ceux qui aiment bien, et je dis aux autres, … Rien. Je ne leur dis rien du tout. Je suis de bonne humeur, et je ne vais pas me fâcher…

Bon, alors, où en étions-nous ? Oui, c’est vrai, l’été, le soleil, la plage, les nanas, les belles et les moches (et les pas mal sans plus mais), les travailleurs immigrés qu’on appelait tendrement, dans le temps, les « Facances », pour ceux qui viennent de France et les « Bermessiounes », pour ceux qui viennent de Belgique (est-ce pour ça qu’ils viennent de moins en moins ? Allons donc, il ne faut pas nous bouder pour si peu ! ), les fruits (Dellah, Lkermouss, L’hendia, et tous ces fruits exotiques dont certains donnent la diarrhée et les autres la constipation, ce qui fait que si vous les mélangez, vous gardez l’équilibre), les rafles la nuit, la canicule, les piscines, les boîtes de nuit où les gorilles ne laissent pas entrer les gens, les touristes avec des shorts et des sandales, les enfants qui mangent des glaces, les ballons en plastique rose, les embouteillages sur la Corniche, enfin, tout ce qui représente la saison préférée de la majorité des gens. Des gens que je ne comprend pas, mais bon, il faudrait croire que c’est moi qui me trompe, et que l’été, c’est la plus belle saison… Pas l’hiver, Larbi !

Bon, faisons une petite halte chez les portiers de boîtes de nuit. Juste comme ça, histoire de nous défouler sur eux, même s’ils n’ont aucune chance d’aller sur l’Internet et de lire ça. Mais peut-être que leurs patrons le feraient. Qui sait… Ca arrive parfois les miracles… Alors en parlant des portiers, enfin des portiers qui ont le niveau de Q I le plus bas de l’échelle (mais attention, musclés et bronzés rien à dire), et ce sont, vous les avez reconnus, les portiers de boîte de nuit, l’autre soir, je suis tombé sur un client qui en avait particulièrement après eux. Et qui s’est déchaîné, dès que je l’ai pris dans le taxi, vers minuit, sur le Boulevard Mohamed V.

- Bonsoir, je voudrais aller près du Marché de l’Oasis, au début de la rue.

- Ok, bonsoir. A l’Oasis alors…

- Je crois ouais. Je crois qu’il n’y en a qu’un de marché de l’Oasis dans cette ville de merde, non ?

- Ouais… Je crois aussi.

- Excuse moi l'khou . Désolé, ne m’en veux pas frère. Ca n’a rien à voir avec toi… J’ai fait la bêtise de venir ici ce soir, et je le regrette. J’ai même envie de refoutre le camp de ce Bled de merde demain matin !

- Qu’est- ce qui se passe ? Rien de grave j’espère… Le gars était habillé en jean et tee shirt, très cool, bien présenté. Un type normal quoi… Irréprochable, à première vue.

- Ca fait treize ans que je fais la même gaffe, que je rentre des States pour passer mes vacances ici, et que je le regrette à chaque fois.

- Ah bon ? Vous habitez à New York ou quoi ?

- New York ? Ca va pas ou quoi ?

- Pourquoi pas ?

- Ben ouais c’est vrai… En fait j’y avais habité pendant cinq mois en arrivant aux States. Mais je n’ai pas pu supporter le stress de la ville. Ca bouge trop là bas mon vieux. Il faut voir ça, c’est intenable ! C’est moi qui te le dit.

- Ah bon ? Et là tu es où ?

- Là j’habite dans le Maine, à Portland. C’est un petit paradis. Rien à voir avec New York… C’est fabuleux… J’en parle, et ça me manque déjà. Il me reste quatre jours pour rentrer, et ça me semble éternel !

- Mais qu’est-ce qui s’est passé au juste ?

- Oh c’est un connard dans un night club.

- Un night club ? Le Sheraton ?

- Non non... Un truc avec un nom espagnol derrière le marché, appelé Bodego ou Bodega ou une connerie de ce genre… Un trou juste là derrière le marché Central…

- Qu’est-ce qui s’est passé ? Vous vous êtes disputé avec quelqu’un à l’intérieur ?

- A l’intérieur ? Non. A l’extérieur…

- Pourquoi à l’extérieur ? Généralement c'est à l’intérieur que ça se passe, non ?

- Ben justement. Au moment d’entrer, ce fils de pute de portier de mes deux m’a empêché d’accéder au club ! Tu te rends compte ? Il n’a pas arrêté de me dire que c’était un club privé, et ensuite il m’a dit qu’il fallait être membre du club, puis il m’a sorti qu’il fallait avoir une nana avec moi. Etre accompagné… Tu te rends compte ?

- Paris quoi. Oh tu sais, moi je ne vais jamais dans ce genre de clubs… Je ne sais pas comment ça se passe…

- Comment ça se passe, c’est exactement comme ça ! J’ai compris leur jeu de merde ! Il faut que tu sois un fils à papa connu ou un pigeon qui a l’habitude de se faire déplumer et qui emmène des filles avec lui pour dépenser une fortune sur elles, et mendier pour avoir une bise à la fin de la soirée ! Et c’est là qu’ils te laissent entrer, ces connards.

- Une sélection naturelle. Hè ben il faut plus aller chez eux mon vieux, il y a plein d'autres coins…

- Je risque pas. T’en fais pas. Moi quand je sors à portland, c’est pas pour traîner une nana avec moi dans un putain de bar. C’est pour en sortir une !

- Et ça marche ça ?

- Ca marche très bien pour moi. Tu peux croire que je mens, mais je ne raconte pas de blague… Et d’ailleurs, ça a toujours été comme ça. Même quand j’habitais à New York ou à Minnéapolis. J’ai toujours fait ce que j’ai voulu, là où j’allais. Tu sais, j’ai été marié deux fois avec des Américaines. La première était prof à la fac, et la seconde, elle avait un Casino au Minessota. Et toutes les deux des bombes. Et elles ne pouvaient pas supporter que je sois aussi infidèle. C’est plus fort que moi. Dès que je vois une nana qui me plait, il faut que je la branche. Elles m’aiment bien, tu sais. Et puis le me dis, après 22 ans au Maroc, il fallait bien que me rattrape..

- Alors pourquoi tu viens te casser la tête dans des endroits comme ça ?

- Je viens pour voir mon père et ma sœur, et puis ce soir j’avais juste envie de prendre un verre tranquille. Et voilà le résultat. Je voulais taper le mec à la porte, mais j’ai bien fait de ne pas me laisser aller…

- Oh il faut pas se bagarrer juste pour ça. C’est des sauvages ici ces types. Ca vaut pas le coup tu sais…

- Je ne tape jamais. La dernière fois que j’ai fait ça, j’ai passé trois mois à la prison fédérale du Minnesota. J’ai tabassé deux Ecossais dans un avion de la British Airways en pleine croisière alors que je rentrais avec ma première femme de Londres à New York.

- Mon Dieu…

- Ouais. Ma femme était allée aux toilettes et l’un des types s’est mis à l’emmerder alors je me suis levé et je lui ai demandé d’arrêter mais il a continué. Alors je lui ai mis la gueule en compote, et son copain qui sortait des toilettes avec ! J’ai même essayé d’ouvrir la porte du 747 en plein vol pour jeter le type ! Et presque tout l’équipage s’est jeté sur moi et ils m’ont mis des menottes en plastique. En arrivant, il y avait la police de l’aéroport, le FBI, le SWAT enfin une trentaine de types. Le juge était sympa. Il a vu que ma femme était prof à la fac, et que j’étais moi-même prof à l’Université du Minnesota. Et il m’a donné trois mois.

- Vous êtes prof à la fac ?

- Non non… Plus maintenant. J’ai fait ça pendant quatre ans. Là, je suis propriétaire d’un restaurant à Portland, dans le Maine. Je commençais à me dire que ce type était un mythomane. Mais il m’a sorti une carte visite, en me disant : Tiens, on sait jamais. Si jamais tu veux venir mec. Et sur la carte visite, élégante, il y avait le nom d’un resto, le nom du type, et en bas : « General Manager and Owner ». Nom de Dieu, ce type ne ment pas, vraiment…

- Et ça marche les restos là bas ?

- Oh tu sais, ça dépend. Il y en a qui réussissent, et d’autres pas. Moi j’ai eu la chance d’avoir connu ma deuxième femme qui m’a bien branché sur ce business. Elle m’a donné un sacré coup de main ! On est toujours amis, tu sais. En fait, j’ai le restaurant français qui marche le mieux dans tout l’Etat du Maine. Notre meilleur client est le Gouverneur de l’Etat, tu sais. On fait parfois des tables de deux milles dollars. L’autre soir, Madonna était là avec un type, et elle avait laissé un pourboire de deux cent dollars à Omar, un Marocain que j’ai pris comme Maître D’hôtel. Et ce péquenot qui ne me laisse pas entrer, moi dans ce bar de merde. C’est un monde ça…

- C’est tout de même incroyable ! Vous avez dit ça au portier ?

- Tu rigoles ou quoi ? Je ne vais pas raconter ma vie à un type qui soupçonne vaguement que un et un font deux !

- Incroyable…

- Tiens, voilà une autre carte. Je suis associé dans une autre affaire de représentation et de vente de voitures Toyota avec un Iranien. J’ai vu la carte, même nom, et inscription : « Genaral Manager ». Le resto fait entrer pas mal de fric, mais c’est un business qui peut mourir sans prévenir, surtout aux States. Donc il faut savoir assurer, et investir ailleurs. Tu dois te dire que je suis entrain de me vanter ou des trucs comme ça hein ?

- Non non… Pas du tout… Pourquoi… C’est que je ne comprends pas qu’on maltraite quelqu’un comme vous ici. Et en fait, je ne comprends même pas pourquoi vous revenez ici…

- C’est simplement pour la famille… Tu sais, avec mes ex-femmes, j’ai fait 38 Etats aux USA, l’Amérique du Sud, Cancun, l’Australie, l’Afrique du Sud, cinq pays de l’Asie, toute l’Europe, et je ne veux même plus voyager maintenant. Je pensais acheter une maison à Fes ou Marrakech, mais je ne crois pas. J’ai pas envie de devenir dingue ici. Quand je suis sorti du Maroc, il y a plus de quinze ans, j’avais 500 DH en poche, et c’est ma sœur qui me les a prêtés. Et ces cons à l’époque m’avaient taxé 100 DH de timbre pour sortir. J’ai passé trois ans à Paris, et de là, les USA. Je m’en suis plutôt bien sorti, tu sais. Maintenant j’essaye de prendre du recul. Je me demande pourquoi je suis venu à ce putain de bar de merde ! Je peux racheter ce putain de bar si je veux , tu vois ?

- Oui je vois…

- Ok frère, tu peux me laisser juste là. Là là, devant cette poubelle. Tiens. Le gars m’a filé un billet de 100 DH, qu’il a tiré d’une liasse, ajoutant : « garde le reste va… » Allez ciao. Si un jour tu connais quelqu’un qui va dans le Maine donne lui mon numéro.

- C’est très sympa. J’ai un frère à New York. Je lui donnerai votre numéro. Merci, hein.

- Allez, ciao !

En rentrant, je m’en suis voulu de ne pas avoir dit à ce type que j’avais moi-même passé trois mois à New York. Mais au fait, je me suis rendu compte que je n’en avais rien fait, simplement parce que mon expérience lui aurait paru infiniment plus futile que la sienne. Peut-être ai-je bien fait de ne pas avoir mentionné mon passage aux US… Et puis de toute façon, c’est toujours un bon contact, si je repartais un jour... Le problème c’est que lorsque je suis rentré chez moi, j’ai eu une mauvaise surprise. Je suis entré dans ma chambre, et à ma grande stupéfaction, en allumant, quelqu’un dormait dans mon lit ! Nom de Dieu ! Mon cœur s’étant mis à battre, je me suis dirigé vers le drap pour dévoiler la tête de l’énergumène qui s’était permis cette incartade. C’était Fouad, mon cousin ! Bon, ma colère est retombée de cinq crans : Fouad est le simplet de la famille. D’après ce qu’on raconte, c’est le type le plus stupide de la lignée. Mais je l’aime bien. Fouad est renommé dans la famille pour être prêt à faire n’importe quoi, et personne ne lui en tient vraiment rigueur. Il a même fait deux ou trois brefs séjours dans le fameux « Pavillon 36 », chez les timbrés, et en était ressorti à chaque fois encore plus détraqué, à force de comprimés et de piqûres Hard.

Les parents de Fouad habitent un village près de Mediouna, et lui aussi y habitait jusqu’au jour où il est venu s’installer à Casa, pour travailler. L’origine de sa simplicité d’esprit ? Je n’en suis pas tout à fait certain, mais il paraît que lorsqu’il avait près d’un an, il était tombé dans un puits d’eau dans la campagne, en a été sauvé de justesse, et en a gardé des séquelles indélébiles. Sans trop savoir pourquoi lui-même, il est devenu débile, et n’a pas appris grand-chose à l’école. En fait il n’a même pas tenu quelques mois, tellement il n’a jamais eu la moindre idée de ce que le prof racontait. Pas la moindre. Une sacrée tête de mule ce Fouad, mais très serviable et dévoué. Et c’est donc lui qui est là à me regarder lorsque je retire le drap pour découvrir sa tête de con.

- Hèèèè Fouad !!! mais qu’est-ce que tu fous là ? Dans mon lit ?

- A la maison ? Tu sais Larbi, je suis venu voir ma tante.

- Ah bon ? Rien de grave ?

- Non. Un problème de travail.

- Encore ? Qu’est-ce qui t’es arrivé ? Tu as encore mis le feu à une usine ?

- Le feu ? Non non… C’est pas ça. Ils m’ont juste viré.

- Viré ? Tiens. C’est pas nouveau ça.

- Ils m’on pas viré. C’est moi qui me suis sauvé…

- Tu t’es sauvé du travail ? Nom de Dieu… Enfin… Et pourquoi tu t’es sauvé ?

- Tu te rappelles cette usine de ferraille de Aïn Sebâa où tu m’avais déposé une fois. C’est celle là…

- Qu’est-ce qu’elle a l’usine Fouad ? Qu’est-ce que tu as encore fait ?

- Moi rien. Dine M’houm, j’ai été convoqué par le directeur…

- Et pourquoi ?

- Y a une machine, enfin une grosse presse qui ne fonctionne plus, et ils disent que c’est ma faute…

- Mais toi tu ne travailles pas sur la presse, non ? T’as jamais fait ça toi … ?

- Non jamais. Sauf aujourd’hui…

- Ah je vois… C’est de leur faute alors. Ils ne devaient pas te mettre une pareille responsabilité sur le dos ! pourquoi ils t’ont donné la presse ? Ce truc là coûte deux cent millions, ou quoi ?

- C’est pas eux. C’est moi.

- Quoi toi ? Toi, ton travail est limité à ramasser les morceaux de métal et de le mettre dans une cuve, c’est tout, non ? Qu’est-ce que ça a à voir avec la presse, ça ?

- Tu sais, moi j’en avais marre de ramasser des morceaux de ferraille, et je savais que ce Ould Lehram du contre-maître ne voulait pas que j’apprenne le métier. Lors il n’a jamais voulu me montrer comment fonctionne la presse.

- Et alors ?

- Alors, comme je sais que c’est pas lui qui va le faire un jour, j’ai profité du fait qu’il soit allé voir sa femme qui accouchait, et j’ai été moi même sur la presse. Et cette satanée presse s’est bloquée, et elle a même commencé à faire de drôles de trucs, à tourner à toute allure, à rejeter des débris, et même à tourner sur elle même. Alors ça tout ce boucan et tout ça m’a donné le vertige, et j’ai réussi à sauter du siège de commande, et elle a continué à faire des trucs pas possibles. Puis y a Mhemmed qui était là, et heureusement, il a réussi à sauter dedans et à l’arrêter, alors que tout le personnel de l’usine était sorti voir ça ! Mais quand il a arrêté la presse, il a gueulé que c’était trop tard, et que 25 tonnes de marchandise était foutue, plus la presse.

- Tu vas finir en prison Fouad ! Qu’est-ce qui t’a pris de faire ça espèce de con ?

- Mais c’est pas de ma faute ! C’est ce Ould Lehram du Chef qui ne veut pas m’apprendre !

- Oui, oui, ce n'est jamais de notre faute… Et qu’est-ce qu’ils ont fait après ? Ils t’ont juste viré ?

- Non. Le directeur a commencé à courir comme un fou. Je ne l’ai jamais vu comme ça ! Tout le monde essayait de le calmer. Et après, ils l’ont fait monter dans son bureau, et il m’a fait appeler…

- Et alors ?

- En entrant chez lui, il m’a dit que ce n’était pas de ma faute, et que c’était de la sienne, lui qui avait engagé un fou. Je ne comprenais plus… Alors il m’a demandé de l’attendre dehors, et quand je suis sorti, je l’ai entendu appeler la police au téléphone, et à la façon dont il parlait, j’ai compris que ça se compliquait. Alors j’ai fait semblant d’aller aux toilettes, et j’ai enlevé la combinaison, et je me suis glissé dehors, puis j’ai pris le bus. Et j’avais faim et sommeil, et je suis venu chez ma tante. Elle m’a donné à manger et m’a dit de dormir dans ta chambre.

- Putain de merde. Bon. Tu peux rester Fouad. Mais Tu as intérêt à rentrer chez tes parents demain, si tu veux pas te retrouver en prison ou encore au « 36 » ! Bon, moi je vais aller dormir dans le salon… Allez dors Fouad, dors…

Et puis j’ai été au salon. Il était une heure et quelque du matin, et il faisait chaud. Vu que mon jeune frère ne rentre jamais avant 3 h du matin, puisqu’il doit être entrain de fumer dans les ruelles de l’Ancienne Médina, je me suis retrouvé tout seul, et n’ayant pas sommeil, j’ai allumé la télé, après avoir pris une bouteille d’eau dans le réfrigérateur. J’ai commencé à zapper sur la parabole, et je me suis arrêté sur une chaîne où quelqu’un expliquait que la Terre tournait autour d’elle même, puis autour du Soleil je crois, et que la Lune tournait aussi, et que l’Univers était immense, et datait de 14 milliards d'années, puis j’ai pensé que je n’en avais rien à foutre et que ça n’avait pas d’effet sur ma vie, en me disant qu’il se pourrait que je me trompe. J’ai bu une lampée d’eau, et médité sur tout ça pendant cinq secondes. Puis j’ai changé de chaîne, et là, on faisait la pub d’un produit miracle qui répare les carrosseries de voitures abîmées. « Encore un attrape-nigaud ! » J’ai zappé ça, et je suis tombé sur un film égyptien, et il y était question de divorce entre un ingénieur et une nana quelconque, et la mère de la nana était entrain de pleurnicher, et sa fille aussi, et ça m’a rempli d’un désespoir terrible, et donné envie de vomir. J’ai changé, et je suis tombé sur une autre film égyptien, et là, une espèce de babouin en Tchamir et Tagyya était entrain de gueuler et de menacer avec une canne en bois, le regard mauvais. Zappé aussi. Ensuite, match de foot, sans intérêt. Et finalement, les Polonaises. Et là j’ai déposé la télécommande sur la table, doucement, et je me suis affalé en espérant qu’au réveil, Fouad sera parti.

A bientôt.

 

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