
Episode 4
Tout d�abord, avant de reprendre la narration de mon histoire, j�aimerais
prendre quelques lignes pour remercier les gens qui envoient des marques de
sympathies. J�ai constat�, avec bonheur, que cette histoire a suscit� un d�bat,
par le Groupe de discussion. Des sujets qui sont tout aussi int�ressants les
uns que les autres, et quelques questions directement li�es � mon histoire.
Des questions aux quelles j�aimerais pouvoir r�pondre, mais le peu de temps
que j�ai, ne me permets pas toujours r�pondre. Merci de votre int�r�t.
Je gare donc le taxi, et je me dirige vers le Hammam de Bourgogne. Lorsque que
j�y entre, je me mets machinalement � le comparer mentalement avec celui qui
se trouve � c�t� de chez nous, � l�Ancienne M�dina. La premi�re impression est
qu�il un peu moins spacieux, mais beaucoup plus propre. Malgr� qu�il soit pr�s
de 10 h du soir, il y a beaucoup de monde. Mais c�est normal, pour une soir�e
de Ramadan. Les gens ont l�air plus gai aussi. Pourquoi les gens ont-ils l�air
plus relax�s. Peut-�tre sont-ils moins aigris ? Au bain du Makhzen o� j�ai
l�habitude d�aller, il est coutumier d�entendre des obsc�nit�s, des insultes
et des paroles choquantes, venant le plus souvent de la bouche de jeunes
adolescents, voire d�enfants qui se chamaillent entre eux, ou simplement qui
se taquinent. Et tous les clients qui y assistent en se d�shabillant ou en se
dess�chant, y sont tellement habitu�s qu�on a l�impression qu�ils n�entendent
rien du tout. L�, c��tait diff�rent. Il y avait des jeunes, mais ils avaient
l�air d��tre plus sains. De vrais enfants quoi� La d�che finit-elle aussi par
corrompre l�enfance ?
Je me suis donc dirig� vers le comptoir. Il y avait un jeune noir � l�accueil,
et �tendu sur un banc derri�re lui, le corps d�un vieillard qui sombrait dans
un long sommeil, sans doute s�entra�nant pour le sommeil �ternel.
- Ssalamou ala�koum
� Ssalaam, r�pond le jeune. Chi fota oula ?
� Non, non. Je cherche un ami qui est client chez vous. On m�a dit qu�il
serait peut-�tre dans le bain l��
� Son nom ?
� Aberrahim
� Abderrahim� Abderrahim� Abd� Comment il est ?
� Il a la trentaine, il vient de d�m�nager ici. Il habitait Beaus�jour avant�
Quelques secondes apr�s :
-Beaus�jour�? Ah oui ! Errajaoui ! Oui, oui� Il est souvent entre ici et le
caf� � c�t�. On l�a pas vu aujourd�hui� A�ssa ! Ma banlekch Errajaoui ?
-Pas aujourd�hui�
J�interviens :
� C�est quel caf� ?
� Juste au coin, en sortant de la rue, l� o� il y a le tierc�. Yak ma kayn bas
b�ada ?
� Non, non� Ca fait un bout de temps que je ne l�ai pas vu, et je suis pass�
avoir des nouvelles. Choukran. Llay�aoun.
� Llay�aoun
Le caf� est tr�s facile � trouver. J�y entre et demande au premier gar�on :
� S�il vous pla�t, auriez-vous vu Abderrahim Errajaoui ici aujourd�hui ?
� Il a pass� la soir�e ici... Il vient de partir avec l�autre l�, L�Ma�tre
� Le Ma�tre ? Vous savez o� je peux les trouver ? J�ai besoin de voir
Abderrahim
� Je sais pas s�ils vont revenir. En tout cas demain apr�s le Ftour, ils
seront s�rement l� ! Errajaoui passe toute la soir�e ici � griffonner sur les
mots crois�s et les programmes de tierc�. Rien d�autre � foutre� Dommage� Kari
meziane dak derri. Licenci�, mais pas de travail.
� Ehh oui
� Raa darhoum. Traversez le boulevard. En face, num�ro 48.
� Merci bien
En attendant que les voitures ne passent pour traverser, j�ai eu un moment
d�h�sitation. Il est onze heures du soir, mais la rue est pleine. Dois-je y
aller ?
De toute fa�on, qu�est-ce-que j�ai � perdre ? Apparemment, il �tait assis l�
ce soir, bien peinard. A priori, il n�a pas (encore ?) �t� touch� par la
disparition de ces deux filles. Mais qui est ce Ma�tre ? Un avocat ? Attention
l� ! Mauvais signe peut-�tre. C�est peut-�tre lui qui essaye de le tirer
d�affaire ? J�arr�te les questions ! J�y vais. Je ne vais pas laisser tomber,
si pr�s du but�