
Historique, généralités :
Le paracétamol, métabolite de la phénacétine est synthétisé dés1893, elle est peu néphrotoxique, délivré sous conditionnement limité à 8gr en raison de son hépatotoxicité.
Les prises de paracétamol doivent être espacées d’au moins 4h, cet intervalle devant être allongé en cas d’insuffisance rénale.
Le paracétamol est commercialisé sous de nombreuses formes :
- soit seul (niveau 1 de l’OMS)
- soit associé à la codéine ou au dextropropoxyphene (niveau 2 de l’OMS).
En somme :
Chez l’enfant, l’adolescent et pendant la grossesse préférer le paracétamol, car
toute prise d’aspirine est contre indiquée pendant le 3eme trimestre.
Effets secondaires du paracétamol :
Hépatotoxicité :
Les effets indésirables du paracétamol sont dominés par l’hépatotoxicité : celle-ci n’intervient pas aux doses thérapeutiques chez l’adulte sain.
Par contre au cour de l’insuffisance hépatocellulaire
(cirrhose), chez les sujets dénutris ou recevant un traitement auxinducteurs
enzymatiques, ou encore chez l’enfant et la personne âgé.
Le paracétamol peut engendrer en quelques jours, même aux doses thérapeutiques, une cytolyse aigue sévère.
Cette hépatotoxicité est redoutable et potentiellement mortelle en cas d’intoxication accidentelle ou criminelle lorsque la dose ingérée est ≥10gr ou ≥125mg/kg et ≥100 à150 mg/ kg chez l’enfant, elle nécessite une hospitalisation et un traitement d’urgence par la N-acétylcystéine qui, prescrite précocement, peut guérir cette hépatite grave.
Les formes effervescentes du paracétamol (Dafalgan, Doliprane, Efferalgan) sont dissuasives pour les tentatives d’autolyse, car elles imposent de faire fondre les comprimés dans des volumes liquidiens importants.
Autres effets secondaires :
La prise de paracétamol peut :
•fausser les dosages de la glycémie (par la glucose-oxydase-péroxydase) et de
l’uricémie (par l’acide phosphotungstique)
•rarement induire des manifestations cutanées (rash avec érythème, urticaire et ou prurit.) imposant de récuser formellement le paracétamol à l’avenir.
•néphropathie des analgésiques, en cas d’intoxication massive surtout.
•bronchospasme.
•accidents hématologiques : anémie hémolytique par déficit en G6PD, thrombopénie, agranulocytose mais elles sont exceptionnelles.
En pratique :
Le paracétamol est un antalgique efficace et maniable, a condition de respecter :
- ses contres indications :
•hypersensibilité au paracétamol ou a la codéine en cas d’association.
•insuffisance hépatocellulaire.
- ses précautions d’emploi :
•ne jamais dépasser chez l’adulte, en raison de son hépatotoxicité : 3 à 4 gr / 24h en l’absence de lésions hépatique et 2gr/ 24h en cas d’induction enzymatique (alcoolisme chronique, prise de médicaments…) ou de mauvais état nutritionnel.
•en cas d’association a la codéine : risque de somnolence et d’induction de contrôle antidopage positif chez le sportif
A. Tess