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SRI LANKA
AU FIL DES MISSIONS
SOMMAIRE
mission du 25 juin au 23 juillet 2006
mission du 19 décembre 2007 au 15 janvier 2008
mission du 09 au 30 octobre 2007
mission du 18 juin au 11 juillet 2007
mission du 17 avril au 08 mai 2007
mission du 05 au 21 janvier 2007
mission du 03 au 27 octobre 2006
synthèse de la mission fin juillet 2006
mission du 25 juin au 23 juillet 2006
mission du 10 janvier au 10 mars 2006
mission du 18 novembre au 1er janvier 2006
mission du 09 septembre au 13 octobre 2005
mission du 17 juin au 07 juillet 2005
mission d'évaluation du 07 février au 07 mars 2005
6ème MISSION AU SRI LANKA - du 25 juin au 23 juillet 2006
A la demande de Bryan, halte à l’orphelinat à Ambepussa. Triste spectacle. Cet établissement abrite 25 enfants. Un seul bambin est présent, les autres pensionnaires étant à l’école. Cette école est distante de 3 à 4 km, parcourus à pieds, normal au Sri Lanka, on ne connaît pas le ramassage scolaire.
Une visite rapide de cet établissement montre une vision d’horreur, impossible à décrire tant en ce qui concerne la cuisine que les dortoirs et autres réfectoires (toutes ces appellations françaises sont des superlatifs, le mot « taudis » serait plus approprié.
Marie-Agnès remet 5000 roupies aux responsables présents, ceux-ci remercient vivement, et proposent d’utiliser cet argent pour acheter des tongs aux enfants, le port des chaussures étant obligatoire à l’école, en cas de manque,… on se les « passe » à tour de rôle…
Un panneau indique la construction d’un village « after tsunami » par la Croix Rouge Japonaise, PHI construit sur le même site. Près d’ici sont construites des maisons sous l’égide d’une association allemande, ce qui, avec l’association Care fera un total d’une centaine de maisons tous projets réunis.
Un petit chemin chaotique nous mène à nos constructions. La maison rose où flotte le drapeau tricolore se distingue de loin, cette maison est notre première maison inaugurée par une délégation de la ville de Vierzon Nous avons ici un aperçu de la construction réelle, l’habitat est succinct : une salle à manger, une cuisine à la mode sri lankaise, 2 chambres à coucher et un cabinet de toilette et wc construits à l’extérieur, le sol est en ciment teinté de rouge, les autres maisons sont à des degrés différents en ce qui concerne l’avancée des travaux (les murs du dispensaire et des classes de l’école sont montés sur une hauteur de 1mètre 50.
Dans l’après- midi nous, rencontrons une jeune femme médecin de Médecins sans Frontières qui nous annonce « demain ARTAL » c’est à dire : grève générale, donc ce mercredi pas de passage à la banque ni au change comme nous l’avions envisagé.
Après avoir regardé les dossiers financiers et suivis des travaux, nous découvrons un quartier d’une pauvreté indescriptible, où les habitants vivent dans des conditions d’un autre âge: maisons en branches de palmier, pisé et tôle ondulée. La présence d’un autel dédié à Bouddha exige une telle propreté qu’ici, tout est « clean ». Beaucoup d’enfants rieurs s’amusent tout, mais quel avenir ont-t-ils ces pauvres gamins vivant dans une société avec 50 ans de retard. Tous ces gens nous saluent gentiment, certains même cherchent à discuter avec nous.
Passage à la banque, et, surprise au sortir de celle-ci, 2 énormes blindés de l’armée tentent de se frayer un passage dans les rues étroites et encombrées du centre ville, en hésitant pas à prendre un sens interdit, histoire sans doute de compliquer un peu plus la situation. Les habitants sortent de leurs maisons et magasins bouleversés par ce qui peut-être considéré comme une provocation.
Nous prenons connaissance de notre courrier électronique dans une boutique Internet.
Après de nombreuses tentatives de connexion pour obtenir un branchement Internet, nous décidons d’opter pour la carte « prépaid » au bureau Télécom.
Rien n’y fait, pas moyen de connecter tout cela provient du quartier où nous habitons, chez les tamouls on doit attendre les bons vouloirs du gouvernement…
Donc pas d’Internet ici...
Connaissance du Father LEO, nous discutons quelques minutes, il déplore la dégradation de la situation, il nous assure de son hospitalité en cas de problèmes graves pour nous.
Au chantier, Jayakody nous explique qu’il doit dorénavant avoir une autorisation spéciale pour transporter les matériaux, celle-ci n’est valable que 2 jours par semaine, avec, chaque fois obligation de faire une demande à Colombo…
Kumar revient dans l’après-midi, il nous informe qu’une bombe a fait 5 morts (4 militaires, 1 civil) et 10 blessés sur la route de notre village nous y avons échappé de justesse, nous étions en chemin sur les lieux mêmes de l’attentat 5 minutes avant l’explosion…Kumar nous interdit de sortir cet après-midi.
Rasah, le tailleur nous apporte son travail, celui-ci est soigné et impeccable (c’est par lui que seront confectionnés les habits de nos futurs écoliers).
Un micro projet PHI, lui a permis de retravailler suite à la remise d’une machine à coudre.
Cet après-midi Jean Michel prépare une lettre au Secrétariat du Ministère du Développement Urbain et d’Approvisionnement en Eau pour une demande d’adduction d’eau sur notre chantier pour équiper les maisons.
Une matinée course en ville, le cours du change est très favorable ce jour (130 rps).
Départ de Marie-Agnès qui rentre en France.
Après nos courses, nous décidons de rencontrer Monsieur Ubain à OCHA office de coordination humanitaire association) organisme dépendant de l ‘ONU, il est absent ce jour.
Nous rentrons « at home », des militaires patrouillent dans notre quartier, il y a même un blindé près d’ici, Kumar est très étonné, il n’a jamais vu cela ici : « ils doivent traquer quelqu’un dans ce quartier qui pourrait être « un chef » de la rébellion tamoule. Ceux-ci étant les ennemis jurés du gouvernement.
Ce jour « Full Moon » Jour férié au Sri Lanka. Pendant notre absence du week-end, des militaires ont visité la maison, ils ont regardé partout mais ne nous ont rien pris.
Jayakody nous fait savoir qu’il a reçu des directives gouvernementales lui indiquant que le chantier des maisons devrait être terminé en septembre. Il va falloir passer à la banque pour que Jayakody paye l’achat des matériaux.
Nous avons rendez-vous à OCHA avec Monsieur Ubain. A OCHA, quel calme, aucune agitation, on nous sert du thé, du gâteau, on nous offre l’accès à Internet. Monsieur Ubain, responsable OCHA pour la France, arrive et nous reçoit amicalement. Présentation de l’association PHI, il est intéressé, nous demande de repasser tant que nous le désirons, nous sommes les bienvenus dans ces murs. Monsieur Ubain connaissait PSF depuis 2004. Nous sommes restés 1heure30 à OCHA, nous rentrons, mais sur la route nouvelle vision, 50 femmes environ travaillent à creuser une tranchée sur près d’1km avec comme outil une seule bêche datant de combien de siècles en arrière…Elles semblent éreintées, fatiguées, courbées, en sueur, tenant à peine debout sous ce soleil écrasant…tout cela pour quelques roupies par jour, c’est l’association SARVADOYA qui les emploie et les paie en nature, (un sac de riz ou autres victuailles pour subvenir aux besoins familiaux) …. Je ne pensais pas trouver ici un Cayenne du 21 siècle réservé aux femmes…
Le Father Léo étant absent, Jayakody étant lui aussi absent, nous devons organiser autrement notre journée. Celle-ci sera simple : rencontre avec le Docteur Lars qui nous donne des infos concernant la situation catastrophique de Trincomalee actuellement.
Avec le Docteur Lars, nous discutons des banques avec leurs avantages et leurs inconvénients, de la société sri lankaise, des constats sur la société qu’il cotoie chaque jour où, il rencontre fréquemment des cas d’alcoolisme pour les hommes, et des cas de violence conjugale dont les femmes sont victimes.
Le Docteur Lars accepte volontiers les jouets de Luna une petite fille marseillaise, sa maman Martine nous a chargé de ces cadeaux pour des enfants de Trincomalee.
C’est la fête nationale, au 7A Anna Road de Trincomalee flotte le drapeau tricolore. Nous ne pouvons pas répondre favorablement à l’invitation de l’Ambassade de France à Colombo nous proposant d’assister à la Garden Party diplomatique, il nous est trop compliqué de nous rendre à la capitale, le trajet étant toujours des plus difficiles et harassants, et les moyens financiers de PHI ne nous le permettant pas, nous irons donc fêter le 14 juillet au chantier.
A la visite nous constatons que les maisons de l’association germanique sont peintes de couler verte. Jayakody a en stock, quant à lui, de la peinture rose pour terminer les maisons PHI, il nous assure qu’après le 18 juillet, il met le maximum d’ouvriers sur le site pour terminer le plus rapidement possible selon les demandes gouvernementales.
Un hélicoptère de l‘armée survole le secteur, la surveillance s’accentue tous les jours.
Notre quartier était encore ce matin envahi de militaires patrouilleurs.
En ce samedi après-midi, nous croisons un groupe d’européens, Ils sont Italiens, ils arrivent, et ont 3 projets à réaliser sur Trincomalee. Marcello FODDE est architecte, nous échangeons nos coordonnés. Ces Italiens sont ici pour 1 an.
Jayakody n’ayant pas pu nous rejoindre ce midi comme prévu, il est encore une fois resté bloqué à un check point en venant de Dambula.
Nous visitons le chantier guidés avec le chef des travaux en l’absence de Jayakody, il nous montre le stockage des sanitaires entreposés, la pose de ceux-ci devrait commencer bientôt.
A son arrivée Jayakody nous montre un échantillon des vitres teintées en vert, avec lesquelles il équipera nos maisons.
La semaine prochaine, il met les 60 ouvriers (c‘est à dire tous les ouvriers travaillant pour son compte) sur notre site pour un avancement plus rapide. L’arrêt de la pose des toits a bousculé le bon déroulement initialement prévu, il lui faut donc maintenant rattraper ce retard.
Jayakody nous présente un tableau financier incluant des augmentations de matières premières, il nous faudra nous organiser pour pallier à cette différence.
Cet après-midi, nous passons à OCHA pour signaler notre départ mercredi 19 juillet Monsieur Ubain est absent, Monsieur Razul se chargera volontiers de lui transmettre nos amitiés.
Annick et Jean-Michel POTHIER