PHASE
CONTENTIEUSE ET VOIES DE RECOURS
Votre
désaccord partiel ou total sur les redressements proposés par
l'administration constitue le point de départ du contentieux fiscal. Celui-ci
comporte deux phases:
-
une phase administrative ou
pré-contentieuse concrétisée par l'examen de
votre dossier par la commission de conciliation,
-
une phase contentieuse, au cas où le litige persiste, matérialisée par la
notification d'un arrêté de taxation d'office.
I. LA PHASE ADMINISTRATIVE
1.
Composition et mission de la commission de conciliation
lnstituèe
par l'article 67 du code de l'impôt, cette commission est saisie automatiquement et obligatoirement de tout litige fiscal qui vous oppose
au vérificateur.
Elle
se compose de:
a)
conformément à l'arrêté du Ministre des Finances du 20 mai 1994:
-
du chef de centre de contrôle des impôts: Président,
-
du chef de bureau de contrôle des impôts: membre,
-
d'un vérificateur de la cellule de vérification approfondie: membre,
-
d'un fonctionnaire assurant le secrétariat de la commission,
Les
membres de la commission sont désignés par son président parmi ceux n'ayant
pas effectué la vérification.
b)
conformément à l'arrêté du Ministre des Finances du 07 décembre 1994 de:
*
Pour les centres régionaux de contrôle des impôts:
-
du chef de centre régional de contrôle des impôts: Président,
-
du chef de service ou de la cellule de l'encadrement des bureaux de contrôle
des impôts: membre,
Les
onctions de secrétariat de la commission sont assurées par un fonctionnaire
du centre.
Le
président de la commission peut inviter tout agent ayant une compétence et une
expérience à assister aux réunions de la commission.
*
Pour la mission des Enquêtes et du Contrôle National Polyvalent: Président,
-
Un représentant de la Direction de la Coordination et du Suivi avec rang de
sous-directeur: membre,
-
Un représentant de la Direction Générale des Études et de la législation
Fiscales avec rang de sous-directeur: membre,
-
Un fonctionnaire de la mission assure les fonctions de secrétariat de la
commission.
Le
président de la commission peut inviter tout agent ayant une compétence et une
expérience à assister aux réunions de la commission.
2.
Procédure devant la commission de conciliation
Les
services du contrôle saisissent la commission de conciliation du litige au vu
du rapport du vérificateur et des
éléments de votre réponse et ce, dans un délai maximum d'un mois à compter
de la date de votre réponse ou a l'expiration des délais prévus à cet effet
comme indiqué au chapitre III de la présente charte.
La
commission procède à l'étude de votre dossier et établit un rapport écrit à ce sujet qui vous
sera
adressé par voie de lettre recommandée avec accusé de réception à charge pour vous d'y
répondre dans un délai ne dépassant pas
vingt jours, à partir de la date de réception.
Elle peut également vous convoquer en vue d'aboutir
à un accord concernant le litige.
En
cas d'empêchement, vous pouvez vous faire représenter devant la commission par
un mandataire habilité.
Le
défaut de réponse au rapport susvisé dans le délai de vingt jours, le défaut de votre
présence ou de celle de votre représentant devant la commission, ou
l'absence d'accord pour le règlement du litige constitue un motif suffisant
pour l'établissement et la notification d'un arrêté de taxation d'office.
3.
Résultats des travaux de la commission de conciliation
La
commission émet un avis sur les données dont elle est saisie et se prononce sur le bien fondé des résultats de la notification et des éléments de votre réponse. Cet avis lie l'administration qui est tenue de prendre la
décision appropriée au vue dudit avis.
Il. LA PHASE CONTENTIEUSE
1.
L’arrêté de taxation d’office
L'administration
établit cet arrêté en fonction du rapport du vérificateur, des éléments de
votre réponse et de l'avis de la commission de conciliation. Cet arrêté de
taxation d'office vous est notifié soit par lettre recommandée avec accusé de
réception, soit par les agents de l'administration fiscale ayant au moins le
grade de contrôleur soit par un porteur
de contrainte à la dernière adresse dont dispose l'administration.
2.
Les
voies de recours contre l’arrêté de taxation d’office
a.
L’appel
Vous
avez la faculté d'interjeter appel à l'arrêté de taxation d'office au moyen
d'une demande et selon la procédure et les conditions suivantes:
-
l'appel doit être interjeté dans le délai d'un mois à partir du jour où vous avez reçu notification de l'arrêté
de taxation d'office et il doit être adressé au nom du ministre chargé des
finances par lettre recommandée avec accusé de réception, il est transmis à
la commission spéciale de taxation d'office,
-
l'appel doit être motivé et doit comporter
les raisons qui sont à l'origine de la contestation des bases d'imposition sur
lesquelles repose l'arrêté.
La
recevabilité de l'appel est subordonnée à la consignation auprès de la trésorerie
générale de Tunisie de 20% du montant des droits résultant de la taxation
d'office et ce, dans les cas où cette dernière est établie pour défaut de dépôt
de vos déclarations ou défaut de tenu ou de communication de comptabilité à
l'administration et ce, pour les entreprises industrielles ou commerciales, soumises à l'impôt sur le revenu selon le régime réel ou à l'impôt sur les
sociétés dont le chiffre d'affaires annuel excède 500.000 dinars.
b.
Conséquences de l’appel
L’appel
est suspensif d'exécution sauf dans le cas où la taxation d'office porte sur
des retenues d'impôt non effectuées, insuffisantes ou non reversées au trésor.
Il permet également à l'administration de réexaminer les bases de l'arrêté
de taxation d'office au vu des éléments que vous avez fournis.
c.
Conséquences du défaut d’appel
En
cas de défaut d'appel dans les délais légaux, la taxation d'office devient définitive
et l'administration procède à la constatation des droits et pénalités y afférentes
dans les écritures de la recette des finances compétente.
d. Le recours à la commission spéciale de taxation d’office
La
commission spéciale de taxation d'office est une commission paritaire siégeant
dans chaque chef lieu de gouvernorat et composée:
d'un
magistrat du tribunal de première instance remplissant les fonctions de président;
-
de deux représentants de l'administration,
-
de deux représentants du contribuable désignés par les organisations
professionnelles les plus représentatives,
-
de deux fonctionnaires ne participant pas au vote et aux délibérations, l'un
occupant les fonctions de commissaire du gouvernement et l'autre celles de secrétaire
de la commission.
Elle statue sur les litiges relatifs aux impôts
directs et indirects.
Les
réunions de la commission se déroulent à huit clos et en votre présence.
Vous avez la possibilité de vous faire assister à cette commission d'une
personne de votre choix ou déléguer un mandataire dûment habilité.
La
commission procède à l'audition de vos éclaircissements ou de ceux de votre représentant
ainsi que ceux du commissaire du gouvernement.
Ses
décisions sont prises à la majorité des voix; en cas de partage, celle du président
est prépondérante. Votre absence ou celle de votre représentant n'empêche
pas la commission d'examiner et de statuer sur votre dossier.
Ces décisions qui doivent être motivées revêtent
le caractère définitif et sont exécutoires. Elles vous sont notifiés par
lettre recommandée avec accusé
de
réception ou par les agents de l'administration.
Dans
le cas où vous aurez consigne 20% du montant des droits résultant de la
taxation d'office, et lorsque le montant de l'impôt exigible serait inférieur
à celui des sommes effectivement consignées suite à la décision de la
commission spéciale de taxation d'office, vous avez droit à la restitution de
l'excèdent dans un délai maximum d'un mois à compter de la date de la demande en remboursement avec une majoration d'un taux d'intérêt
de 1,25% par mois ou fraction de mois commençant à courir à partir de la date
de la consignation.
III.
LES VOIES DE RECOURS CONTRE LES DÉCISIONS DE LA COMMISSION SPÉCIALE DE TAXATION
D’OFFICE: LA CASSATION
1.
Le pourvoi en cassation
Vous
avez la possibilité de vous pourvoir en cassation dans les cas suivant:
-
excès de pouvoir;
-
vice de forme;
-
violation de la loi.
Le
recours se fait devant le tribunal administratif par l'intermédiaire d'un
avocat selon la procédure écrite. Le pourvoi qui doit être motivé n'est pas suspensif d'exécution
de la décision de la commission de taxation d'office.
2.
Procédure de cassation
Le
pourvoi en cassation doit être déposé au greffe du tribunal administratif
dans un délai de 30 jours à partir de la date à laquelle la décision de la
commission spéciale de taxation d'office vous a été notifiée.
3.
Arrêt du tribunal administratif
Le
tribunal statue au vu des mémoires produits par les parties avec la possibilité
d'audition de ces parties ou de leurs mandataires. Lors de leur audition, ces
derniers ne peuvent que développer le contenu des mémoires qu'ils ont présentés.
Le tribunal peut rendre deux sortes d'arrêt:
a. rejet du pourvoi
Dans
cette situation, la décision de la commission spéciale de taxation d'office
devient définitive et non susceptible de recours.
b.
cassation de la décision de la commission
Dans
ce cas, l'affaire est renvoyée devant ladite commission autrement composée pour être
examinée et jugée de nouveau. La décision de la commission vous
est notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par les agents
de l'administration.
Vous
avez la possibilité de vous pourvoir en cassation contre la décision de la
seconde commission, en observant la même procédure et les mêmes conditions prévues
au paragraphe 2 ci-dessus intitulé "procédure de cassation". Dans
ce cas, le tribunal administratif examine l'affaire quant au fond et statue sans
renvoi. L'arrêt ainsi rendu acquiert l'autorité de la chose jugée.
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