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Une juiverie médiévale ?
Une rue des Juifs existe dans un grand nombre de localités provencales qui sont connues pour en avoir hébergé autrefois, et il est probable que la plupart d'entre eux habitaient effectivement dasns cette rue, ne serait-ce que pour d'évidentes raisons d'affinités de voisinage et aussi de commodité, puisque c'est dans cette partie de la ville que se trouvait la synagogue ou "école". A Saint Laurent des Arbres le nom de la rue de la Giterie rappelle la présence d'une communauté juive dans le village; cette communauté y aurait possédé son propre puits. Jusqu'à quelle époque y-a-t-il eu présence juive dans Saint Laurent des Arbres? Quelques dates-repère peuvent jalonner cette quête. Le Rhône faisant office de frontière entre Provence et Languedoc, Saint Laurent des Arbres se trouve en Languedoc, et donc dès la fin de la croisade contre les Albigeois (1229) sous la suzeraineté du roi de France et par là soumis aux lois du royaume. Cependant, de par leur possession de l'église et de la villa de Saint Laurent des Arbres depuis 1232, les évêques d'Avignon ont pu étendre le statut particulier de "Juif du pape" aux Juifs de Saint Laurent des Arbres. L'ont-ils fait? En 1306, Philippe le Bel expulse les Juifs de ses états, ce qui provoque un immense exode. Les Juifs de France partent alors vers l'Allemagne, le Dauphiné, la Savoie ou l'Italie, mais ceux du Midi de la France cherchent refuge en Espagne ou en Provence, et les villes du Comtat Venaissin enflent sous la pression de cette immigration. Les Juifs de Saint Laurent des Arbres se sont-ils joints à leurs coreligionnaires francais dans cet exode ou ont-ils réussi à survivre dans leur village, et dans un tel cas pendant encore combien de temps? En effet les expulsions se multiplient au cours des décennies qui suivent: expulsion du Comtat venaissin en 1321, expulsion du royaume de France en 1394, expulsion de Provence en 1481, tous ces événements contribuent encore à gonfler les effectifs de la population juive dans le comtat venaissin. Mais même dans les territoires du Pape, les Juifs sont soumis à des mesures de plus en plus sévères et se voient regrouper dans quatre villes du Comtat: Avignon, Carpentras, Cavaillon et L'Isle sur la Sorgue. On constate encore des exceptions ci-et-là mais en 1694, les derniers juifs à avoir vécu en dehors des "carrières" sont obligés de se replier dans les 4 seules villes citées plus haut. Il faudra attendre bien après la révolution de 1789 pour que les juifs puissent enfin vivre à l'extérieur des quartiers qui leur avaient été réservés. Il semble donc que l'extrême limite à laquelle des juifs aient pu vivre en tant que communauté à Saint Laurent des Arbres soit la date de 1694, mais il est beaucoup plus probable que cette présence ait cessé bien avant, et n'ait certainement pas dépassé la date de 1569. Une chronique
du village voisin de Saint Victor la Coste, fait mention lors des guerres
de religion d'un juif capturé aux environs de l'Ardoise par un
parti de soldats catholiques. et converti illico presto à la religion
de ses assaillants. D'où venait-il?
Un nouvel article au site de histoire-généalogie, signé Paul Rouviere semble au contraire indiquer qu'au tout début du 18ème siècle, il existait à Saint Laurent des Arbres un groupe de Juifs ("j’ai célébré le baptême dans cette église de Saint-Laurent, de Rachel de CAVAILLON, veuve de Habraham Naban de BIARRITZ fille de Cassuë de CAVAILLON et de Richenette de MILLEAU, juifs et habitants de ce lieu de Saint-Laurent"). Ce qui est conforme aux données suggérées par la maquette de Saint Laurent des Arbres au moment de la Révolution française.
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Quelques dates de l'histoire des Juifs de France
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