Napoléon chantonnait constamment en allant en Russie ces mots qu'il avait entendus si bien dits par Porto (dans la Molinara) :
Si batte nel mio cuore
L'inchiostro e la farina
Vaut-il mieux être meunier ou bien notaire?" Stendhal, Armance.Alfred de Musset l'évoqua en ces termes: "Un seul homme était en vie alors en Europe; le reste des êtres tâchait de se remplir les poumons de l'air qu'il avait respiré" (La confession d'un enfant du siècle).
Chateaubriand ne lui a pas pardonné de ne pas avoir gracié le Duc d'Enghien (N. s'en explique dans son testament de Ste-Hélène); Victor Hugo a voué a posteriori à Napoléon I («une révolution l'avait enfanté, un peuple l'avait choisi, un pape l'avait couronné», discours de réception à l'Académie française, 5 juin 1841) une admiration qui n'a d'égale que son mépris de Napoléon III. L'anti-bonapartisme L'enlèvement du Duc d'Enghien Bientôt un meurtre plus fameux consterna le monde civilisé. On crut voir renaître ces temps de barbarie du Moyen-Âge, ces scènes que l'on ne trouve plus que dans les romans, ces catastrophes que les guerres de l'Italie et la politique de Machiavel avaient rendues familières au delà des Alpes. [...] À la lueur des flambeaux, sous les voûtes d'une prison, le petit-fils du grand Condé est déclaré coupable d'avoir comparu sur des champs de bataille : convaincu de ce crime héréditaire, il est aussitôt condamné. En vain il demande à parler à Bonaparte [...] Son corps est enterré furtivement, et Bossuet [Oraison funèbre du très haut et très puissant prince Louis de Bourbon, prince de Condé, premier du sang : prononcée dans l'église de Nostre-Dame de Paris le 10e jour de mars 1687] ne renaîtra point pour parler sur ses cendres.
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