Socio
 
 
 
 
 
 
 
   François-René de Chateaubriand (1768-1848)
«Qu'il fallait peu de choses à ma rêverie! une feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres, la mousse qui tremblait au souffle du Nord sur le tronc d'un chêne, une roche écartée, un étang désert où le jonc flétri murmurait!»
René

«mes longs silences, mes tristesses sans cause et tous les caprices d’une nature malheureuse qui se déplaît et croit déplaire aux autres.»
Mémoires d'Outre-Tombe

Romancier, génie du romantisme, il est l'auteur de Les Martyrs, Atala, Génie du christianisme, René, Les Mémoires d'outre-tombe.

Né le 4 septembre 1768, à Saint-Malo, en nourrice pendant trois ans, Chateaubriand est le fils d'Apolline de Bedée, dame de Chateaubriand (qui décédera en 1798) et de René-Auguste de Chateaubriand, comte de Combourg (qui décèdera en 1786). Il a un frère Jean-Baptiste de Chateaubriand (qui sera guillotiné en 1794) et quatre soeurs : Marie-Anne, Bénigne, Julie de Chateaubriand, comtesse de Farcy (qui décèdera en 1799) et Lucile de Chateaubriand, madame de Caud (qu'il aimera d'un amour platonique, qui épousera 1796 monsieur de Caud, de 37 ans plus âgé qu'elle, dont elle fut veuve un an plus tard et qui décèdera à son tour en 1804). Il suit sa famille qui s'installe au château de Combourg en 1777, après l'incendie de leur hôtel particulier de Saint-Malo. Il étudie au collège de Dol à partir de 1781, puis aux collèges de Rennes et de Dinan.

En 1786, ce jeune noble n'ayant pu obtenir un brevet d'aspirant de la marine commence une carrière militaire dans le Régiment de Navarre stationné à Cambrai. François-René est présenté au roi en 1787. Il est retiré du service actif en 1788 et est nommé «Cadet-gentilhomme» le 10 septembre. Tonsuré, il est fait Chevalier de Malte. Il assiste, à 20 ans, à l'ouverture des États de Bretagne, à Rennes, préparatoires des États Généraux, ni marin, ni soldat, ni prêtre.

Chateaubriand s'installe à Paris au moment des désordres, parfois sanglants, qui accompagnent la mutation sociale et politique inaugurée par les États Généraux. Après la prise de la Bastille, c'est le 6 octobre 1789 sur les Champs-Élysées que Chateaubriand aperçoit la famille royale qui rentre à Paris, plutôt de force que de gré. En 1791, Chateaubriand part pour l'Amérique. Après 5 mois en Amérique et une tempête, de retour en France en 1792, Chateaubriand épouse Céleste Buisson de la Vigne, passe à Paris et décide d'émigrer à Bruxelles avec son frère Jean-Baptiste. Blessé au siège de Thionville, il est licencié de l'armée des émigrés le 16 octobre et s'embarque pour Jersey.

En janvier 1793, Louis XVI est décapité. Chateaubriand est en exil à Londres. En 1797, François-René y publie l'Essai sur les révolutions.

Le 9 novembre 1799, c'est le coup d'État du 18 Brumaire. Chateaubriand revient à Paris avec un faux passeport. Il s'apprête à publier le Génie du christianisme. En 1801, il bénéficie d'une mesure de clémence et est radié de la liste des émigrés. Bonaparte le nomme secrétaire de légation à Rome en 1803. Il revient à Paris en 1804, s'installe à l'hôtel de France, mais donne sa démission après l'exécution du Duc d'Enghien le 21 mars 1804.

En 1806, a lieu son voyage en Orient (Athènes, Constantinople et Jérusalem). Il tente en 1807 de revenir à Paris où sa présence n'est pas souhaitée par la police du premier Empire. À son retour de Terre-Sainte, il s'installe donc à la Vallée aux Loups, «près du hameau d'Aulnay, dans le voisinage de Sceaux et de Chatenay.» Il parvient à publier Les Martyrs en 1809. Il est élu à l'Académie française en 1811.

Après l'Empire, en 1814, Chateaubriand est nommé ministre en Suède, fait Croix-de-Saint-Louis et colonel de cavalerie par la Restauration. Pendant les cent jours, il est nommé ministre de l'intérieur par interim accompagnant le roi Louis XVIII dans sa fuite. Après les cent jours, il est nommé ministre d'État et pair de France. En 1816, il est privé de sa pension de ministre d'État pour avoir publié De la monarchie selon la Charte.

En 1821, Chateaubriand est ministre plénipotentiaire à Berlin, mais il démissionne la même année. Il est nommé membre du Conseil privé, encore une fois ministre d'État et fait Chevalier de la légion d'honneur. En 1822, il est ambassadeur à Londres, puis ministre des Affaires étrangères pour avoir plu à Georges IV et au Tzar Alexandre. En 1824 Chateaubriand doit quitter le ministère. À la mort de louis XVIII, Chateaubriand participe au sacre du roi Charles X.

En 1826, il vend ses Oeuvres complètes, s'installe à Lausanne, puis rentre à Paris, où il habite rue d'Enfer. Il s'oppose à la censure : «la liberté de la presse a été presque l'unique affaire de ma vie politique». Après 1830, il ne reconnaitra pas Louis Philippe, roi bourgeois des Français, ce qui mit fin à sa carrière politique. En 1836, il prépare la publication des Mémoires d'Outre-Tombe. Il voyage à Clermont, Toulouse, Cannes, Lyon et rentre à Paris, où il réside dans l'ancien hôtel de Clermont-Tonnerre, rue du Bac. En 1841, Chateaubriand appuie son ami Lammenais emprisonné. En 1843, c'est à la Trappe de Soligny que Chateaubriand prépare la Vie de René.

Interminable, la vie de François-René? Il voyage à Venise en 1845, demeure quelque temps à Marseille. De retour à Paris, il a un accident de voiture en 1846. Sa femme meurt en 1847. La deuxième République est proclamée le 25 février 1848. Il meurt le 4 juillet, suivi en 1849 de son amie de toujours madame Récamier.

 
 
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