Thérapies naturelles, remèdes et sciences occultes

Accueil
Communication
Linguistique Langue et Langage
Philosophie
Religion
Darwinisme
Behaviorisme






Toute l'actualité du monde sur rfi.

 

La plus écoutée des radios sénégalaises

 

Vivre FM

Langue et langage

1 PR�SENTATION

langue et langage, syst�mes structur�s de signes oraux ou �crits qui permettent la communication entre les �tres humains. Plus pr�cis�ment, le langage est la facult� que poss�de l'�tre humain de s'exprimer, ce qu'il fait au moyen d'une langue, syst�me de communication propre � la communaut� � laquelle il appartient. Dans la perspective des recherches sur la cognition, le langage joue un r�le dans la connaissance.

2 APPROCHES DU LANGAGE

Le langage peut �tre �tudi� du point de vue de sa structure et de celui de son utilisation. La discipline � laquelle est sp�cifiquement d�volue l'�tude du langage et des langues dans leur diversit� est la linguistique. Un certain nombre des concepts de la linguistique a cependant pour origine des notions anciennement �labor�es par la grammaire et la philosophie du langage. Pour ce qui est de l'�tude de l'utilisation du langage dans ses formes litt�raires, elle rel�ve de la rh�torique, de la stylistique, de la po�tique ou de l'herm�neutique.

3 LANGAGE ET COMMUNICATION ANIMALE

L'�tude du langage comme moyen d'expression inclut n�cessairement l'�tude des gestes et des sons. Si l'on consid�re que les animaux s'expriment � l'aide de gestes et de sons, on peut se demander s'il est possible de parler � bon droit d'un langage animal. Ce qu'on appelle � communication animale � concerne la mani�re dont les esp�ces communiquent � l'aide de signes non verbaux. C'est seulement par m�taphore que l'on peut parler de langage animal, dans la mesure o� le langage ne peut pas �tre r�duit � sa fonction de communication, et o� il pr�sente un certain nombre de diff�rences irr�ductibles. Les langues offrent en permanence la possibilit� de communiquer de nouveaux messages, ce qui n'est pas le cas de la communication animale. Elles distinguent le contenu communiqu� des mots servant � le communiquer. Enfin, l'objet de la communication peut se r�f�rer au pass� et au futur, caract�ristiques que ne poss�dent pas les syst�mes de signes non verbaux. Voir aussi Comportement animal.

4 CARACT�RES ESSENTIELS DE LA PAROLE

Certains facteurs sont n�cessaires � l'existence du langage humain. Il s'agit de facteurs physiologiques (le corps doit �tre capable de produire les sons de la parole), de facteurs grammaticaux (la parole doit avoir une structure), et enfin de facteurs s�mantiques (l'esprit doit �tre capable de traiter le sens des paroles ; voir S�mantique).

4.1 Physiologie

L'�tre humain semble �tre, parmi les organismes vivants, celui qui dispose du syst�me de communication le plus efficace. Dans le cas de la parole, un souffle d'air est produit par les poumons et il est modul� par la vibration (ou l'absence de vibration) des cordes vocales, ainsi que le mouvement de la langue, du voile du palais et des l�vres (voir Voix). Le passage de l'air provenant des poumons peut �tre obstru� � des degr�s divers ; il peut �tre ou non dirig� vers la cavit� nasale ou, au contraire, en �tre d�tourn�. (Voir Phon�tique.)

4.2 Grammaire

Les langues utilisent des sons pour produire du sens. Elles poss�dent une structure hi�rarchique descriptible � trois niveaux correspondant aux trois paliers de l'analyse grammaticale. Le niveau phonologique prend en charge la description des sons, ou, plus pr�cis�ment, des phon�mes, c'est-�-dire les sons qui ont une valeur distinctive � l'int�rieur du syst�me d'une langue donn�e ([f] est un phon�me du fran�ais, mais non [?] de l'anglais thing, par exemple, qui existe en revanche dans d'autres langues). La morphologie �tudie les unit�s significatives ou morph�mes, qui peuvent soit co�ncider avec le mot, soit �tre une partie d'un mot. La syntaxe �tudie la fa�on dont les mots se combinent pour constituer des phrases. (Voir Grammaire).

4.3 S�mantique

Con�ue initialement par Michel Br�al comme une � science des significations �, la s�mantique peut �galement �tre consid�r�e comme recueillant tout l'h�ritage de la philosophie antique et m�di�vale, dans le domaine de la r�flexion sur la signification. La s�mantique s'efforce de r�pondre � des questions comme � quel est le sens du mot X ? �, � que signifie X ? �, non pas en disant � X signifie x ! �, ce que tout locuteur parlant la langue dans laquelle X existe est capable de faire, mais en �tudiant la mani�re dont les signes r�f�rent � des choses extra-linguistiques et s'opposent entre eux au sein du syst�me d'une langue donn�e.
La s�mantique linguistique, celle qui traite du sens des mots et des expressions, est n�cessairement plus restreinte que celle qui, traitant du sens des phrases et des �nonc�s, inclut la composante pragmatique, c'est-�-dire des consid�rations sur l'intentionnalit� et la diff�rence entre le sens litt�ral d'un �nonc� et son sens intentionnel. Litt�ralement, un �nonc� tel que � Pourriez-vous me passer le sel ? � est une question, mais du peu de probabilit� d'une r�ponse telle que � oui, je peux, ce n'est pas tr�s difficile �, on peut d�duire que son sens intentionnel n'est pas d'�tre une question, mais une demande polie.
Selon qu'on d�finit la s�mantique comme l'�tude du sens, comme l'�tude du sens des mots ou comme celle du sens des mots, des phrases et des �nonc�s, on lui assigne un domaine dont l'ampleur est variable. (Voir S�mantique.)

5 LANGUES DU MONDE

La communication, qu'elle passe par la parole, par le geste ou par d'autres types de signaux, implique les m�mes processus pour tous les humains. Toutefois, les langues parl�es actuellement dans le monde sont tr�s nombreuses, et il existe de grandes diff�rences entre elles sur le plan des syst�mes phoniques comme sur celui des structures grammaticales.

5.1 Classification par la forme

Les langues peuvent �tre class�es selon la forme de leur grammaire. Au d�but du XIXe si�cle, les linguistes se sont efforc�s de regrouper les langues selon quatre cat�gories morphologiques ou typologiques qui sont li�es � la fa�on dont les mots sont form�s. Il s'agit des cat�gories dites � isolantes �, � agglutinantes �, � flexionnelles � et � incorporantes �.
Les langues dites isolantes poss�dent, en g�n�ral, des mots ind�pendants et isol�s, sans pr�fixes ni suffixes. La langue qui repr�sente le mieux ce type est le vietnamien, dans lequel le nombre de mots correspond de fa�on assez exacte au nombre de morph�mes.
Dans les langues dites agglutinantes (du latin, agglutinare � coller sur �), les mots sont compos�s de racines ou �l�ments de base, et d'un ou de plusieurs morph�mes de sens diff�rents. Parmi les langues agglutinantes, dont les mots sont constitu�s par des suites de morph�mes agglutin�s, on trouve le turc, o� �v signifie la � maison �, �vd� � dans la maison �, �vl�r � les maisons � et �vl�rda � dans les maisons �. Les morph�mes sont simplement accol�s les uns aux autres et conservent leur identit� morphologique dans les mots, si bien qu'ils sont facilement rep�rables.
Dans le cas des langues flexionnelles, l'unit� de base a fusionn� avec les parties ajout�es qui n'ont plus de signification ind�pendante. En latin, la personne et le nombre du sujet se refl�tent dans la forme du verbe, comme dans fero (� je porte �), ferimus (� nous portons �) et ferent (� ils portent �).
Une langue incorporante se caract�rise par le fait que les compl�ments d'objet directs, indirects et les autres �l�ments de la phrase sont incorpor�s dans le verbe. Par exemple, en swahili (voir Afrique, langues d'), le mot hatukuviwanunulia signifie � Nous ne les avons pas achet�es pour eux � (� les � : � choses � ; � eux � : � les gens �). Les composants de ce mot sont ha (n�gation), tu (� nous �), ku (indication du pass�), vi (� les �), wa (� eux �) et nunulia (� acheter �).

5.2 Classification g�n�tique

Deux langues peuvent avoir des modes similaires de formation des mots, sans �tre pour autant apparent�es. �tablir les relations de parent� unissant des langues consiste � �tudier leur g�n�alogie et � les classer g�n�tiquement. � la diff�rence d'une classification typologique, une classification g�n�tique suppose que l'on compare des unit�s de sons et de sens de diff�rentes langues dans le but de d�couvrir une origine commune.
Comme dans le cas des ressemblances entre individus d'une m�me famille, les similitudes entre langues apparent�es ne d�pendent ni de l'endroit ni de la p�riode pendant laquelle les langues sont parl�es. Les membres d'une famille de langues sont unis par un lien historique et descendent tous d'une m�me langue originaire. Les arbres g�n�alogiques montrent les relations de parent� entre les langues. La langue la plus ancienne que l'on connaisse se trouve � la cime de l'arbre, et les branches inf�rieures indiquent les liens de parent�, plus ou moins distants, qui existent entre les membres vivants de la famille. Des langues peuvent �tre dites � apparent�es � dans la mesure o� elles pr�sentent des correspondances r�guli�res syst�matiques � la fois sur le plan du son et sur celui du sens.

5.2.1 Familles asiatiques et europ�ennes

La famille de langues la plus connue est l'indo-europ�en, qui repr�sente environ 1,6 milliard de locuteurs et comprend la plupart des langues de l'Europe et du nord de l'Inde. L'indo-europ�en se compose des langues romanes, germaniques, celtiques, baltes, slaves, indo-iraniennes, du grec, de l'arm�nien et de l'albanais, auxquels s'ajoutent le hittite et le tokharien aujourd'hui disparus. Les relations de parent� d'une langue comme l'anglais avec d'autres langues indo-europ�ennes comme le su�dois (groupe germanique nord), le latin (groupe roman) et le sanskrit (groupe indo-iranien) sont de plus en plus lointaines, selon qu'il s'agit du su�dois, assez proche, ou du sanskrit.
Il existe plusieurs dizaines de familles de langues, et l'indo-europ�en n'est que l'une d'entre elles ; des regroupements plus larges ont �galement �t� propos�s, les diverses classifications des langues ne faisant pas l'unanimit� parmi les linguistes.
Il existe, en Europe, d'autres langues que celles de la famille indo-europ�enne. Le basque est une langue isol�e, qui n'a pas de liens de parent� connus avec d'autres langues ; le finnois, l'estonien, le sami (lapon) et le hongrois sont les membres les plus occidentaux de la branche finno-ougrienne de la famille ouralienne (qui comprend �galement diverses langues des montagnes de l'Oural et de la Sib�rie). La famille alta�que a pour branches principales le turc, les langues mongoles et le mandchou (voir Alta�ques, langues). Plusieurs langues sib�riennes, qui ne sont pas apparent�es, sont d�sign�es sous le nom de langues pal�o-sib�riennes. Dans le Caucase, trois groupes de langues, qui sont peut-�tre apparent�s, ont �t� identifi�s. Le g�orgien est la plus connue des langues caucasiennes.
De nombreuses langues de l'Inde et des r�gions voisines du nord-ouest appartiennent � la branche indo-iranienne de l'indo-europ�en. Deux autres groupes � les langues mounda, habituellement consid�r�es comme une branche des langues austro-asiatiques, et la famille dravidienne � repr�sentent plus de 80 millions de locuteurs (voir Inde, langues de l'). En Asie du Sud-Est, les langues sino-tib�taines sont parl�es par des millions de locuteurs. Les principales branches de cette famille sont repr�sent�es par le tib�to-birman et le chinois (qui inclut de nombreuses langues distinctes). On a pu rattacher � cette famille les langues tha�es (qui comprennent le tha� proprement dit ou siamois), mais certains ont consid�r� qu'elles n'avaient pas la m�me origine.

5.2.2 Langues de l'Afrique et du Pacifique

Dans le Pacifique, il existe trois grands groupes de langues. On trouve d'abord la famille des langues malayo-polyn�siennes, qui poss�de une branche occidentale ou indon�sienne et une branche orientale ou oc�anienne ; on trouve ensuite les langues papoues, qui constituent un groupe r�gional de la Nouvelle-Guin�e compos� de diff�rentes langues isol�es et de familles de langues (dont certaines sont peut-�tre apparent�es) ; enfin, il existe les langues des Aborig�nes d'Australie, qui sont apparent�es les unes aux autres, sans �tre li�es aux langues non australiennes. La langue aujourd'hui disparue de Tasmanie pourrait repr�senter un quatri�me groupe.
Les langues de la famille chamito-s�mitique ou afro-asiatique sont parl�es au Proche-Orient et en Afrique. Cette famille est constitu�e de cinq branches : les langues s�mitiques, qui comprennent l'arabe et l'h�breu, le tchadien, qui comprend le haoussa, tr�s r�pandu en Afrique de l'Ouest, le berb�re, le couchitique et l'�gypto-copte (aujourd'hui disparu). Trois autres familles importantes existent en Afrique. De la famille Niger-Kordofan, la branche principale est le nig�ro-congolais ; celui-ci comprend les langues bantoues (comme le swahili et le zoulou), qui constituent le groupe de langues le plus r�pandu en Afrique. Dans la famille nilo-saharienne, le groupe principal est le chari-Nil ; sa branche nilotique comprend des langues comme le massa�. La famille khoisan inclut les langues parl�es par les populations du d�sert du Kalahari. Voir Afrique, langues d'.

5.2.3 Langues am�rindiennes

Selon les classifications traditionnelles des langues am�rindiennes, plus de cent cinquante familles sont identifi�es. Beaucoup de petites familles de ces langues ne sont pas rattach�es � des groupes plus larges, et il existe de nombreuses langues isol�es.
Le long de la c�te arctique et au Groenland, l'inupiq (famille des langues eskimo-al�outes) est parl� par les Inuits. Dans les r�gions subarctiques du Canada, il existe diverses langues athabascanes et algonquines. Aux �tats-Unis, � l'est du fleuve Mississippi, on trouve surtout des langues algonquines, iroquoiennes et muskog�ennes. Dans les Grandes Plaines, la famille pr�dominante est le sioux, mais les langues caddo et algonquines de l'ouest sont �galement parl�es. Les langues shoshones (de la famille uto-azt�que) sont dominantes dans le Grand Bassin ; elles sont bord�es, au nord, par la famille sahapti. Sur la c�te nord-ouest, on trouve les familles salish et wakash, le tlingit (que l'on pense apparent� aux langues athabascanes) et le haida, qui est probablement une langue isol�e. La branche apache de la famille athabascane est r�pandue dans tout le sud-ouest, elle c�toie la famille yuman et la langue pima-papago (uto-azt�que) en Arizona et en Californie du Sud. La famille uto-azt�que (azt�que ou nahuatl) est importante au Mexique et en Am�rique centrale. La famille maya comprend environ deux douzaines de langues avec des millions de locuteurs.
Selon les points de vue adopt�s, les linguistes classent les langues d'Am�rique du Sud en plus de quatre-vingt-dix familles et langues isol�es ou bien en trois grands groupes qui englobent pratiquement toutes les langues. Ces grands groupes, qui correspondent � des familles �largies ou � des ensembles de familles qui peuvent �tre lointainement apparent�es, sont les suivants : le macro-chibcha, l'andino-�quatorial et le ge-pano-cara�be. Voir Am�rindiennes, langues.

5.3 Langue parl�e et �crite

Il existe toutes sortes de syst�mes d'�criture. En chinois, on utilise un caract�re �crit pour chaque morph�me. La forme �crite du cherokee contient un symbole pour chaque syllabe compos�e d'une consonne et d'une voyelle. Le japonais s'�crit �galement avec un syst�me de ce type, appel� � syllabaire �. Dans les syst�mes �crits qui utilisent un alphabet, comme l'alphabet latin, chaque symbole repr�sente th�oriquement un phon�me dans la langue parl�e. L'alphabet latin comporte vingt-six lettres, et les langues qui l'utilisent font, en g�n�ral, appel � toutes les lettres, quel que soit le nombre de phon�mes qu'elles poss�dent. Un m�me phon�me peut �tre retranscrit par plusieurs lettres ([f] peut �tre repr�sent� par le digramme ph, par exemple).
Une fois historiquement fix�e, la forme �crite d'une langue est � peu pr�s statique et refl�te la forme de la langue � l'�poque o� l'alphabet, le syllabaire ou le syst�me de caract�res a �t� adopt�. Au contraire, la forme parl�e �tant dynamique et soumise au changement, il est fr�quent que les formes �crite et parl�e ne co�ncident plus (voir Orthographe).

Dans le cas de langues dont les syst�mes �crits ont �t� r�cemment cr��s, comme le swahili, ou r�form�s, comme l'h�breu, les formes �crites ou parl�es ont plus de chances de correspondre. � la diff�rence de la parole, l'�crit peut ne pas prendre en compte la hauteur d'un son ni l'accentuation, mais peut inclure des signes de ponctuation et des lettres majuscules. Les formes �crites et parl�es d'une langue diff�rent �galement parce que l'�crit n'int�gre pas les diff�rences orales entre les dialectes. Par exemple, le locuteur d'un dialecte chinois peut tr�s bien lire les caract�res d'un autre dialecte chinois, alors qu'il est incapable d'en comprendre la langue parl�e. De m�me, les locuteurs de diff�rents dialectes allemands �crivent tous l'allemand standard, le hochdeutsch, ou hochsprache.

5.4 Langue standard et non standard

La forme �crite d'une langue a toujours �t� dot�e de plus de prestige que la forme parl�e. Elle peut �galement poss�der une grammaire plus complexe et un vocabulaire particulier. Dans les pays arabophones, les gens cultiv�s utilisent parfois l'arabe classique aussi bien � l'�crit qu'� l'oral, tandis que les autres ne parlent qu'en arabe courant. Toute langue standard est un dialecte qui, pour des raisons historiques, administratives et politiques, a �t� impos� au d�triment des autres.

5.5 Dialecte, argot et jargon

Un dialecte est une vari�t� de langue propre � un groupe g�ographique et qui diff�re de la langue standard. Les gens qui ont des activit�s en commun, ceux qui exercent une m�me profession ou qui �voluent dans le m�me milieu professionnel, utilisent un jargon sp�cifique. Il existe, par exemple, un jargon des juristes, des membres du clerg� et des critiques d'art. Ce qu'on appelle � argot � est initialement le vocabulaire de la p�gre, un ensemble d'expressions permettant aux malfrats de se comprendre sans �tre compris des autres. Une partie du vocabulaire d'origine argotique se retrouve dans la langue courante et est recens� par les dictionnaires.

5.6 Pidgins et cr�oles

Tout comme une langue peut se diversifier par l'existence de dialectes et d'argots, les langues peuvent changer globalement ; le latin, par exemple, a �volu� sous la forme des diff�rentes langues romanes. Parfois, des changements rapides r�sultent de contacts � commerciaux, administratifs, institutionnels � entre des locuteurs qui parlent des langues diff�rentes. De telles circonstances peuvent donner naissance � un pidgin. Les pidgins sont fond�s sur la grammaire d'une seule langue, mais leur vocabulaire est influenc� par d'autres langues. Leurs syst�mes phoniques sont relativement r�duits, leurs vocabulaires limit�s et leurs grammaires simplifi�es et modifi�es. Les pidgins n'ont pas de locuteurs natifs. Quand les locuteurs d'un pidgin ont des enfants dont c'est la langue maternelle, le pidgin devient alors une langue cr�ole. Tel est le cas du krio, qui est maintenant la langue nationale de la Sierra Leone, en Afrique de l'Ouest. Le krio est n� de ce qui �tait � l'origine un pidgin fond� sur l'anglais.

5.7 Langues internationales

Face � la diversit� linguistique de la plan�te, un certain nombre de langues ont �t� propos�es comme un moyen de r�soudre les probl�mes internationaux cens�s avoir pour origine les difficult�s de la communication. On a parfois consid�r� que les langues naturelles �taient capables de remplir ce r�le. Plus souvent, des efforts ont �t� entrepris afin de construire des langues artificielles que chacun puisse apprendre.
Un certain nombre de langues artificielles ont connu leurs heures de gloire, puis sont tomb�es en d�su�tude. Une langue artificielle comme l'esp�ranto a connu un certain succ�s gr�ce � une grammaire r�guli�re, une prononciation facile et un vocabulaire fond� sur le latin, le grec ainsi que sur les langues romanes et germaniques. Mais pour des locuteurs parlant des langues autres que les langues romanes ou germaniques, l'esp�ranto �tait n�anmoins assez difficile � apprendre. Le LOGLAN (� Logical Language �) est un nouveau langage destin� � un usage international. Pr�sent� comme libre de toute attache culturelle, ce langage, cr�� en laboratoire, est cens� permettre aux locuteurs d'exprimer leurs pens�es clairement et sans ambigu�t�. Son syst�me phonique est limit� et sa grammaire comprend peu de r�gles ; son vocabulaire provient des huit langues les plus parl�es actuellement dans le monde. M�me si une langue internationale parfaite �tait cr��e et adopt�e, nous n'aurions cependant, en aucun cas, l'assurance que les probl�mes de communication mondiale seraient ainsi r�duits. Bien plus, on ne comprend toujours pas les processus de pens�e qui lient les id�es aux langues. M�me si chacun apprenait s�rieusement l'esp�ranto ou le LOGLAN, et l'utilisait dans les n�gociations publiques ou internationales, il est probable que des ph�nom�nes de modification de langue appara�traient assez vite. Il existerait ainsi, de par le monde, des dialectes d'esp�ranto ou d'une quelconque langue internationale, qui aboutiraient finalement � une diff�renciation encore plus grande ou � des ph�nom�nes de pidginisation ou de cr�olisation.
L'anglais, qui � bien des �gards fonctionne comme une langue internationale, a d�j� commenc� � se modifier dans les diff�rentes parties du monde o� il est parl�. L'anglais parl� en Inde est diff�rent � la fois de l'anglais am�ricain et de l'anglais britannique.

6 D�VELOPPEMENT, CHANGEMENT ET CROISSANCE DES LANGUES

D�fini comme la production et la compr�hension de la parole, le langage a connu une �volution qui a suivi celle de l'esp�ce humaine. Comme syst�me de communication, il peut �tre rapproch� des syst�mes de communication d'autres animaux. Toutefois, comme nous l'avons indiqu� pr�c�demment, le langage humain a une dimension de cr�ation et d'interpr�tation qui le rend unique. Les scientifiques pensent que la parole humaine implique la sp�cialisation d'une partie de l'h�misph�re gauche du cerveau (�re de Broca). Il est possible que ce soit cette sp�cialisation physiologique qui marque la s�paration entre le langage humain et la communication animale.
L'immense diversit� des langues dans le monde montre qu'une fois apparu au cours de l'�volution de l'Homme, le langage humain s'est modifi� tr�s vite. S'il a exist� une langue originelle, ses sons, sa grammaire, son vocabulaire nous restent � jamais inconnus. La linguistique historique, qui s'efforce de d�couvrir et de d�crire comment, pourquoi et sous quelle forme les langues apparaissent, peut simplement sugg�rer des hypoth�ses qui expliquent les changements des langues.
Au XVIIIe si�cle, Leibniz sugg�ra que toutes les langues anciennes et modernes provenaient d'une protolangue unique. Cette th�orie est appel�e � monog�n�tisme �. La plupart des chercheurs pensent qu'une telle langue peut, dans le meilleur des cas, �tre consid�r�e uniquement comme un ensemble de formules hypoth�tiques � l'origine des diff�rentes langues, et qui expliquerait leurs liens de parent�. Il est peu probable que cette reconstruction corresponde � une langue originelle qui ait �t� effectivement parl�e. Bien que beaucoup de langues modernes d�rivent d'un anc�tre commun, il est �galement possible que le langage soit apparu simultan�ment dans un grand nombre d'endroits du globe. On appelle � polyg�n�tisme � la th�orie selon laquelle les familles de langues actuelles d�coulent de nombreuses langues originelles.
Que le langage rel�ve en d�finitive du monog�n�tisme ou du polyg�n�tisme, on peut consid�rer que les diff�rences entre les langues sont assez superficielles. M�me si des langues comme le chinois, le fran�ais et le swahili ont apparemment peu de points communs, ce qui distingue les langues est finalement de moindre importance que ce qui les rapproche. Les sons et les combinaisons de sons, malgr� les sp�cificit�s de traitement propres � chaque langue, sont tir�s d'un ensemble universel de sons possibles qui sont � la disposition de toutes les langues. De m�me, les langues poss�dent des structures individuelles qui proviennent d'un fonds commun de structures possibles. En d'autres termes, les sons et les structures d'une langue peuvent �tre assimil�s par n'importe quel individu, m�me si ce dernier ne les utilise pas dans sa langue maternelle. Le champ des variations possibles semble ainsi limit� par les structures universelles du langage.
Lorsqu'une langue conna�t des changements importants, � la fois sur le plan du vocabulaire, sur celui du son et sur celui de la structure, c'est la langue dans son ensemble qui devient autre. Ce ph�nom�ne se rencontre dans les cas de pidginisation ou de cr�olisation d'une langue ; il s'est �galement produit lors de la formation des langues romanes modernes issues du latin. Quand un dialecte minoritaire devient dominant et se s�pare des autres dialectes, il devient, en fin de compte, inintelligible pour les autres dialectes et il peut donner naissance � ses propres dialectes, ou se cr�oliser, dans un mouvement sans fin. Ces ph�nom�nes de formation et de d�veloppement caract�risent le langage sous toutes ses formes, et sont l'expression vivante � la fois de la nature humaine et de la culture.


Haut de page

Powered by Dialweb
Hosted by www.Geocities.ws

1