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Islam
1 PR�SENTATION
islam, derni�re des trois grandes religions abrahamiques, apparue en Arabie au VIIe si�cle apr. J.-C. et fond�e sur la r�v�lation au proph�te Mahomet d'un texte sacr�, le Coran. Le terme arabe islam signifie litt�ralement � se rendre �, mais son sens religieux dans le Coran correspond � � r�pondre � la volont� ou � la loi de Dieu �. Selon le Coran, l'islam est la religion primordiale et universelle, et la nature en elle-m�me est musulmane, car elle ob�it aux lois auxquelles Dieu l'a soumise. En ce qui concerne les �tres humains, qui poss�dent une volont� propre, la pratique de l'islam n'implique pas obligatoirement une soumission mais la libre acceptation des commandements divins.
Le musulman (� celui qui se soumet � Dieu �) croit en la r�v�lation du Coran, il est membre de la communaut� islamique, la � umma �. Cette communaut� est forte aujourd'hui de plus de 935 millions d'hommes r�partis sur les cinq continents. N� dans la p�ninsule Arabique, l'islam s'est r�pandu au fur et � mesure des conqu�tes arabes dans tout le Proche-Orient, autour de la M�diterran�e, du Maroc � l'ouest � la p�ninsule Indienne � l'est. Par la suite, lors de migrations humaines, des foyers de peuplement musulmans se sont d�velopp�s, implantant l'islam en Asie du Sud-Est (Indon�sie, Malaisie, Philippines, etc.), dans le sous-continent indien et en Asie centrale. En Europe, l'islam est la seconde religion apr�s le christianisme.
2 HISTOIRE
� l'�poque de Mahomet (v. 570-632), la p�ninsule Arabique abritait des B�douins nomades qui vivaient de l'�levage et de razzias, et des Arabes install�s dans des villes, qui pratiquaient le commerce. La religion des Arabes �tait polyth�iste et idol�tre. Pourtant, il existait une ancienne tradition de monoth�isme, ou au moins une croyance en une divinit� supr�me. Les communaut�s juives et chr�tiennes contribu�rent probablement � promouvoir des doctrines monoth�istes.
2.1 Mahomet
Mahomet commen�a son activit� proph�tique � 40 ans, lorsque, selon la tradition, l'archange Gabriel lui apparut au cours d'une vision. Mahomet confia � sa famille et � ses proches amis le contenu de ces r�v�lations. Au bout de quatre ann�es, il avait converti 40 personnes, et commen�a � pr�cher ouvertement dans sa ville natale de La Mecque. Face � l'hostilit� des Mecquois il se rendit � M�dine en 622. Le calendrier islamique d�bute avec cet �v�nement appel� l'H�gire (� �migration �). � M�dine, Mahomet acc�da bient�t � une autorit� � la fois temporelle et spirituelle, car il fut reconnu comme l�gislateur et proph�te. L'opposition arabe et juive qu'il rencontra � M�dine fut �cras�e et une guerre fut d�clar�e contre La Mecque. De plus en plus, des tribus arabes lui d�clar�rent all�geance et La Mecque capitula en 630. � sa mort, en 632, Mahomet �tait le chef d'un �tat arabe dont la puissance s'�tendait rapidement.
Les principaux enseignements de Mahomet �taient la bont�, l'omnipotence et l'unicit� de Dieu ainsi que la n�cessit� d'�tre g�n�reux et juste dans les relations humaines. D'importants �l�ments du juda�sme et du christianisme furent introduits dans la religion naissante mais elle fut enracin�e dans la tradition arabe pr�-islamique ; des institutions importantes telles que le p�lerinage et le lieu saint de la Kaaba furent emprunt�es au paganisme arabe et introduites sous une forme diff�rente. En r�formant la tradition arabe pr�-islamique, Mahomet la confirma aussi.
2.2 La p�riode classique
Pendant les premiers si�cles de l'islam (VIIe-Xe si�cles) la loi et la th�ologie, disciplines islamiques orthodoxes fondamentales, furent d�velopp�es. Par ordre d'importance, la th�ologie vient imm�diatement apr�s la loi dans l'islam, bien qu'elle ne soit pas aussi essentielle que ne l'a �t� la th�ologie chr�tienne pour le christianisme. La sp�culation th�ologique commen�a tr�s t�t apr�s la mort de Mahomet. Le premier conflit important fut provoqu� apr�s l'assassinat du troisi�me calife Othman, au sujet de sa succession. La question �tait de savoir si un musulman restait musulman apr�s avoir commis de graves p�ch�s. Contredisant le califat, un groupe fanatique, les kharijites, soutint que commettre des p�ch�s graves, sans v�ritable repentir, excluait un musulman m�me pratiquant (qui continue � accepter les articles de la foi) de la communaut� islamique. Pour eux, les �uvres �taient aussi essentielles que la foi. Les kharijites finirent par consid�rer toutes les autorit�s politiques musulmanes comme impies et, apr�s de nombreuses r�bellions, furent finalement vaincus. Une faction plus mod�r�e des kharijites, appel�e les ibadites, surv�cut cependant et existe toujours, en Afrique du Nord , en Syrie et dans le sultanat d'Oman.
2.3 Les mutazilites
La traduction des travaux philosophiques grecs en arabe aux VIIIe et IXe si�cles entra�na la fondation de la premi�re �cole th�ologique islamique importante, appel�e mutazilisme, qui insistait sur la raison et la logique rigoureuse. La question de l'importance des bonnes �uvres demeura et les mutazilites soutinrent qu'un individu qui avait commis de graves p�ch�s sans s'en repentir n'�tait ni un musulman ni un infid�le mais se situait entre les deux. Leur insistance fondamentale portait cependant sur l'unicit� absolue et la justice de Dieu. Ils d�claraient que Dieu �tait une essence pure, sans attributs, car les attributs impliquent une multiplicit�.
La justice divine exige une libre volont� humaine car si l'individu n'est pas libre de choisir entre le Bien et le Mal, la r�compense et la punition n'ont pas de sens. Parce qu'Il est parfaitement juste, Dieu ne peut refuser la r�compense au Bien et la punition au Mal.
Les mutazilites soutenaient que la raison humaine est capable de faire la distinction entre le Bien et le Mal. La th�ologie des mutazilites fut �tablie comme doctrine d'�tat par le calife al-Mamun mais, au Xe si�cle, une opposition apparut, inspir�e par le philosophe al-Achari et ses adeptes (les acharites). Ils reniaient la libert� de la volont� humaine, jugeant ce concept incompatible avec la puissance et la volont� absolue de Dieu. Ils rejetaient �galement que la raison naturelle humaine puisse mener � une connaissance du Bien et du Mal. Les v�rit�s morales sont �tablies par Dieu et ne peuvent venir � notre connaissance que par la r�v�lation. Les opinions d'al-Achari et de son �cole devinrent progressivement dominantes dans l'islam sunnite, ou orthodoxe, et le sont encore chez la plupart des musulmans. Cependant, les sunnites ont eu tendance � tol�rer et accepter les petites divergences d'opinion et � insister sur le consensus de la communaut� en mati�re de doctrine.
2.4 Philosophie m�di�vale
Les mutazilites furent probablement les premiers musulmans � emprunter des m�thodes philosophiques grecques pour exposer leur doctrine. Certains de leurs opposants utilis�rent les m�mes m�thodes et le d�bat fut � l'origine du mouvement philosophique islamique qui s'appuya fortement sur la traduction arabe du corpus grec et sur l'�tude des travaux philosophiques et scientifiques grecs.
Le premier philosophe musulman fut Kindi, qui tenta d'adapter les concepts de la philosophie grecque aux v�rit�s r�v�l�es de l'islam, qu'il consid�rait comme sup�rieures au raisonnement philosophique. Comme le furent �galement les philosophes musulmans suivants de cette �poque, il fut d'abord influenc� par les travaux d'Aristote et par le n�oplatonisme, dont il fit la synth�se dans un syst�me philosophique unique. Au Xe si�cle, le turc al-Farabi fut le premier philosophe musulman � subordonner la r�v�lation et la loi religieuse � la philosophie. Farabi avan�ait que la v�rit� philosophique est la m�me dans le monde entier et que les nombreuses religions diff�rentes qui existent sont les expressions symboliques d'une religion universelle id�ale.
Au XIe si�cle, le philosophe et m�decin persan ibn Sina (Avicenne), �l�ve de Farabi, r�alisa l'int�gration la plus syst�matique du rationalisme grec et de la pens�e islamique, mais au d�triment de plusieurs articles de foi orthodoxes, tels que la croyance en l'immortalit� individuelle et dans la cr�ation du monde. Il pr�tendait �galement que la religion est simplement de la philosophie sous une forme m�taphorique qui la rend acceptable par les masses, incapables de saisir les v�rit�s philosophiques formul�es de mani�re rationnelle. Ces opinions entra�n�rent des attaques contre Avicenne et la philosophie en g�n�ral par des penseurs islamiques plus orthodoxes et en particulier par le th�ologien Ghazali, dont le livre Destruction des Philosophes s'attachait surtout au d�clin de la sp�culation philosophique rationaliste au sein de la communaut� islamique. Ibn Ruchd (Averro�s), le philosophe et m�decin andalou du XIIe si�cle, d�fendit les opinions aristot�liciennes et n�oplatoniciennes contre Ghazali et devint le philosophe musulman le plus important dans le monde occidental par son influence sur la scolastique chr�tienne.
2.5 Soufisme
Le mouvement mystique appel� soufisme apparut au VIIIe si�cle lorsque de petits cercles de musulmans, en r�action contre l'attachement croissant aux biens terrestres de la communaut� islamique, commenc�rent � mettre l'accent sur la vie int�rieure et sur la purification morale. Au cours du IXe si�cle, le soufisme se transforma en une doctrine mystique, dont la communion directe ou m�me l'union extatique avec Dieu repr�sentait l'id�al. Cette aspiration � l'union mystique avec Dieu allait � l'encontre de l'engagement islamique orthodoxe de monoth�isme. Pour cette raison, le soufi al-Hallaj fut mis au supplice en 922 � Bagdad. Les soufis importants tent�rent par la suite de r�aliser une synth�se entre le soufisme mod�r� et l'orthodoxie et au XIe si�cle, al-Ghazali parvint avec succ�s � introduire le soufisme au sein du sunnisme orthodoxe.
Au XIIe si�cle, le soufisme cessa d'�tre la recherche d'une �lite instruite et se transforma en un mouvement populaire complexe. L'insistance des soufis sur la connaissance intuitive et l'amour de Dieu accr�t l'appel de l'islam vers les masses et permit dans une large mesure son extension, du Proche-Orient vers l'Afrique et l'est de l'Asie. Les fraternit�s soufis se multipli�rent rapidement. L'�norme succ�s de ces confr�ries �tait surtout d� aux aptitudes et � la g�n�rosit� de leurs fondateurs et dirigeants qui, non seulement pourvoyaient aux besoins spirituels de leurs adeptes mais aidaient �galement les pauvres quelle que soit leur confession et servaient fr�quemment d'interm�diaires entre le peuple et le gouvernement.
2.6 L'islam dans le monde moderne
La perte d'influence de la culture islamique apr�s la p�riode m�di�vale entra�na une nouvelle �mergence de la � pens�e originale � (ijtihad) et des mouvements de r�forme religieux. Contrairement aux premiers mouvements doctrinaux et philosophiques du Moyen �ge, les mouvements modernes s'int�ress�rent principalement � une r�forme sociale et morale. Le premier de ce type fut le mouvement wahhabite, nomm� d'apr�s son fondateur, ibn Abd al-Wahhab, qui apparut en Arabie au XVIIIe si�cle et devint un grand mouvement de renouveau culturel avec des ramifications dans tout le monde musulman (voir wahhabites). Le mouvement wahhabite envisageait un renouveau de l'islam en le d�barrassant des influences non islamiques, en particulier celles qui avaient corrompu son monoth�isme d'origine, et en favorisant l'opinion individuelle responsable plut�t que l'acception passive des traditions.
Bien que les id�es les plus modernes aient �t� fond�es sur des interpr�tations plausibles du Coran, les fondamentalistes islamiques s'y sont farouchement oppos�s, surtout � partir des ann�es 1930. Les fondamentalistes ne s'opposent pas � l'�ducation, � la science et � la technologie modernes en elles-m�mes, mais accusent les modernistes d'�tre les promoteurs de la pens�e occidentale.
Certains fondamentalistes se montrent suspicieux envers la d�mocratie car ils n'ont pas confiance dans le sens moral des masses. En outre, les dirigeants et officiels modernistes de quelques pays musulmans ne se sont pas souci�s du r�le spirituel inh�rent au pouvoir politique dans le monde musulman.
2.7 L'islam et les autres religions
Convaincus de la v�rit� absolue de l'islam, les musulmans n'ont g�n�ralement pas cherch� � �tablir un dialogue fort avec les repr�sentants des autres religions. Ce n'est que r�cemment que les autorit�s musulmanes ont engag� un dialogue avec des repr�sentants du christianisme et du juda�sme, reconnus dans l'islam comme les deux autres � religions du Livre �.
3 DOCTRINE ISLAMIQUE
Les deux sources fondamentales de la doctrine et de la pratique islamiques sont le Coran et la Sunna, ou conduite exemplaire du proph�te Mahomet.
3.1 Le Coran
Les musulmans consid�rent que le Coran est la parole de Dieu livr�e � Mahomet par l'interm�diaire de Gabriel, l'ange de la r�v�lation ; ils croient que Dieu lui-m�me, et non Mahomet, en est l'auteur et par cons�quent que le Coran est inimitable et infaillible. Le texte du Coran est l'ensemble des passages r�v�l�s � Mahomet au cours des vingt-deux ann�es de sa vie proph�tique (610-632). Il est divis� en 114 chapitres (sourates) de longueur in�gale, le plus court ne contenant que 3 vers brefs et le plus long, 286 vers.
3.2 La Sunna
Seconde source de l'islam, la Sunna, ou exemple du Proph�te, est connue gr�ce au Hadith, l'ensemble des traditions fond�es sur les actes et les paroles du Proph�te. Contrairement au Coran, qui a �t� appris par c�ur par de nombreux fid�les de Mahomet et qui a �t� collationn� sous forme �crite relativement t�t, la transmission des hadith fut en grande partie orale et les textes qui font aujourd'hui autorit� datent du IXe si�cle.
Au d�but de la p�riode islamique, la faillibilit� ou l'infaillibilit� du Proph�te (sauf en ce qui concerne les r�v�lations du Coran) �tait un sujet de controverse. Cependant, plus tard, le consensus de la communaut� islamique fut que lui-m�me et les pr�c�dents proph�tes �taient infaillibles. Comme les hadith se transmettaient surtout verbalement, il fut admis que des erreurs pouvaient s'�tre gliss�es dans la transmission par l'homme des faits et gestes du Proph�te.
3.3 Dieu
Le monoth�isme est au centre de l'islam. C'est la foi en un seul Dieu, unique et omnipotent. La croyance en plusieurs dieux ou dans l'extension de la divinit� de Dieu � un tiers est radicalement �trang�re � l'islam. Dieu cr�a l'Homme et la nature dans un acte primordial de piti�. Il offrit � chaque �l�ment de sa cr�ation une nature qui lui est propre et des lois qui r�gissent sa conduite. Le monde est un tout bien ordonn�, harmonieux, un cosmos dans lequel tout a une place et des limites. Aucun vide, aucune dislocation ou rupture ne peut par cons�quent �tre trouv� dans la nature. Dieu gouverne l'univers qui, de par son ordre, est le signe et la preuve de Dieu et de son unicit�. Des violations de l'ordre naturel sous forme de miracles se sont produites dans le pass� mais, bien que le Coran accepte les miracles des proph�tes ant�rieurs (No�, Abraham, Mo�se, J�sus, etc.), il les d�clare r�volus. Le miracle de Mahomet est le Coran, dont aucun homme ne peut produire l'identique ; en ce sens il cl�t la proph�tie et rend tout autre miracle impossible.
Selon l'islam, Dieu pr�sente quatre fonctions particuli�res : la cr�ation, les moyens de subsistance, le conseil et le jugement. Dieu, qui a cr�� l'univers par pure piti�, est condamn� � le maintenir. Toute la nature est faite pour favoriser l'humanit�, qui peut l'exploiter et en tirer avantage. L'objectif ultime de l'humanit� est cependant d'�tre � au service de Dieu �, c'est-�-dire de ne v�n�rer que Lui et de b�tir un ordre social et �thique d�pourvu de toute � corruption �.
3.4 �thique
Le Coran d�clare que � r�former la Terre � est l'id�al de l'effort humain. La critique fondamentale formul�e dans le Coran � l'encontre de l'humanit� est qu'elle est trop fi�re, �troite d'esprit et �go�ste. � L'Homme est timide de nature �, dit le Coran. � Lorsqu'il lui arrive quelque chose de mal, il a peur mais quand il advient quelque chose de bien, il fait en sorte que cela n'atteigne pas les autres. � Cette attitude fait que l'individu est prisonnier de la nature et qu'il perd de vue son cr�ateur ; ce n'est que lorsque la nature le trompe qu'il se tourne vers Dieu. En raison de leur manque de lucidit�, les hommes craignent que leur charit� et la gratuit� d'un acte entra�nent leur propre appauvrissement. Ceci n'est cependant que l'influence de Satan car Dieu promet la prosp�rit� en retour de la g�n�rosit� envers les pauvres. Le Coran insiste cependant pour que les individus transcendent leurs d�fauts et se grandissent. Ainsi, ils d�velopperont la qualit� morale int�rieure que le Coran appelle taqiyya (g�n�ralement traduit par � crainte de Dieu �, mais signifiant � se prot�ger du danger �). Cette qualit� permettra aux humains de distinguer le Bien du Mal et surtout d'�valuer correctement leurs propres actes. La v�ritable valeur d'un acte ne peut �tre estim�e que par le taqiyya, et l'objectif d'un individu doit �tre l'avantage supr�me de l'humanit� et non les plaisirs imm�diats ou ses ambitions propres.
3.5 Proph�tes
En raison de la faiblesse morale de l'humanit�, Dieu a envoy� des proph�tes pour enseigner aux individus et aux peuples un comportement moral et spirituel correct. Apr�s la cr�ation et les moyens de subsistance, la piti� de Dieu fut r�alis�e dans ces actes de conseil. Bien que le Bien et le Mal soient inscrits dans le c�ur humain, l'incapacit� ou le refus de certains de les d�chiffrer a rendu n�cessaires les le�ons des proph�tes. Ils sont universels ; personne n'en a �t� priv�. Adam fut le premier proph�te ; apr�s qu'il ait �t� chass� du jardin d'�den, Dieu pardonna sa faute (c'est pourquoi l'islam n'accepte pas la notion de p�ch� originel). Les messages de tous les proph�tes �manent de la m�me source divine qui, dans le Coran, est appel�e � Les Tables conserv�es �, � Le Livre cach� �, ou � La m�re de tous les livres divins �. Fondamentalement, toutes les religions n'en forment qu'une, m�me si leurs formes institutionnalis�es diff�rent. Les proph�tes repr�sentent une unit� indivisible, et il faut croire en eux tous, car en accepter certains et en rejeter d'autres �quivaut � renier la v�rit� divine. Tous les proph�tes sont humains ; rien en eux n'est divin mais ils repr�sentent les exemples les plus parfaits pour l'humanit�. Certains proph�tes sont sup�rieurs � d'autres, en particulier dans leur r�solution face � un d�fi. Ainsi, le Coran d�crit Mahomet comme � le Sceau de tous les proph�tes �. C'est de l� qu'est issue la croyance islamique selon laquelle le cycle proph�tique est termin� par le Coran. L'islam est la derni�re et la plus parfaite des r�v�lations de Dieu, qui accomplit et remplace toutes les pr�c�dentes.
3.6 Le Jour du Jugement
Les actes divins de cr�ation et de conseils prennent fin avec l'acte du Jugement. Le jour du Jugement dernier, toute l'humanit� sera rassembl�e et les individus seront jug�s s�par�ment en fonction de leurs actes. Ceux qui auront � r�ussi � seront admis dans le jardin (paradis), et les � perdants �, ou les mauvais, iront en enfer, bien que Dieu soit mis�ricordieux et pardonne � ceux qui le m�ritent. Outre le Jugement dernier, qui concerne les individus, le Coran reconna�t un autre type de jugement divin, qui est inflig�, dans leur histoire, aux peuples et communaut�s. Les nations, comme les individus, peuvent �tre corrompues par la richesse, le pouvoir et l'orgueil et, � moins qu'elles ne se corrigent, elles sont punies par destruction ou soumission � des nations plus m�ritantes. (voir Eschatologie.)
3.7 Pratiques et institutions
Cinq obligations appel�es les � piliers de l'islam � sont consid�r�es comme cardinales et commandent la vie de la communaut�.
3.8 Profession de foi
Conform�ment � l'engagement absolu de l'islam envers le monoth�isme, le premier devoir est la Profession de foi (la chahada) : � Il n'y a d'autre Dieu qu'Allah et Mahomet est son proph�te. � Cette profession doit �tre faite publiquement par tout musulman au moins une fois dans sa vie � oralement et avec tout l'assentiment de son c�ur � ; il d�finit l'appartenance d'un individu � la communaut� islamique.
3.9 Pri�re
Le deuxi�me devoir est celui des cinq pri�res quotidiennes. La premi�re pri�re est offerte avant le lever du soleil, la deuxi�me en tout d�but d'apr�s-midi, la troisi�me en fin d'apr�s-midi, la quatri�me imm�diatement apr�s le coucher du soleil et la cinqui�me avant de se coucher. Pendant les pri�res, les musulmans se tournent vers la Kaaba, une petite structure de forme cubique, situ�e dans le � haram � (le � site inviol� �) de la Grande Mosqu�e de La Mecque. Pour prier, le fid�le se tient debout puis effectue une g�nuflexion suivie de deux prosternations et enfin s'assoit. Des invocations et des parties du Coran sont r�cit�es � chaque moment.
Avant chaque pri�re, un appel public � la pri�re est lanc� � partir d'un minaret de la mosqu�e par le muezzin (de azan, � appel � la pri�re �).
Le vendredi est le jour saint de l'islam. Des pri�res plus particuli�res sont dites ainsi qu'un pr�che prononc� par l'imam.
Pendant les deux jours de f�tes religieuses annuelles appel�es Id (l'un imm�diatement apr�s la fin du mois de je�ne du ramadan et l'autre apr�s le p�lerinage � La Mecque), des pri�res sp�ciales sont r�cit�es le matin, suivies d'un pr�che.
3.10 Aum�nes
Le troisi�me devoir cardinal d'un musulman est de payer la zakat. Il s'agissait � l'origine d'un imp�t pr�lev� par Mahomet (et plus tard par les �tats musulmans) sur les membres ais�s de la communaut�, afin surtout d'aider les pauvres. Il �tait �galement employ� pour gagner des convertis � l'islam, pour la ran�on des captifs de guerre, pour le soulagement des endett�s, pour le djihad (la guerre d�fendant la cause de l'islam, ou guerre sainte), qui, selon les commentateurs du Coran, inclut le bien-�tre et l'�ducation. Le reste des biens d'un musulman n'est consid�r� comme �tant purifi� et l�gitime que lorsque la zakat a �t� pay�e. Dans la plupart des �tats musulmans, la zakat n'est plus collect�e par le gouvernement mais est devenue un acte de charit� volontaire ; elle est cependant toujours reconnue comme un devoir essentiel pour tout musulman.
3.11 Je�ne
Le quatri�me devoir est le je�ne durant le mois de Ramadan. Le calendrier islamique est lunaire et les f�tes ne sont donc pas fixes. Pendant le mois de je�ne, un musulman doit s'abstenir de manger, boire, fumer et d'avoir des relations sexuelles, de l'aube au cr�puscule. Durant tout le mois, il doit �viter toute pens�e et acte p�cheur. Ceux qui le peuvent doivent �galement nourrir une personne n�cessiteuse. En cas de maladie ou en voyage, il n'est pas obligatoire de je�ner mais le je�ne est � r�cup�rable � d�s que possible.
3.12 P�lerinage
Le cinqui�me pilier de la sagesse est le p�lerinage � la Kaaba de La Mecque. Tout adulte musulman capable physiquement et �conomiquement de le faire doit effectuer ce p�lerinage au moins une fois dans sa vie. Ce rite, qui se d�roule pendant les dix premiers jours du dernier mois de l'ann�e lunaire, exige que les p�lerins parviennent � un �tat de grande puret�.
Les principaux �l�ments de ce rite long qui conduit le p�lerin de M�dine � La Mecque sont les sept tours effectu�s autour de la Kaaba. Puis le p�lerin effectue un trajet qui le conduit � la source miraculeuse de Zem Zem avant de se rendre sur le plateau d'Arafat en passant par le bourg de Mina. � Arafat le p�lerin prie debout tout une apr�s-midi.
Autre moment important du p�lerinage, la lapidation de trois piliers �voquant Abraham trois fois tent� par le d�mon. Le dernier rite est le sacrifice d'un mouton ou d'une ch�vre en souvenir de la foi d'Abraham pr�t au sacrifice d'Isaac parce que telle �tait la volont� de Dieu.
Aujourd'hui, la plus grande facilit� pour voyager permet aux musulmans du monde entier d'effectuer ce p�lerinage. En 1977, le nombre de p�lerins approchait les deux millions. Ils seront trois millions � la fin du si�cle. La fr�quentation des Lieux saints a jou� un r�le important de rassemblement des �rudits islamiques pour l'�change et la diffusion des id�es. Au cours des vingt derni�res ann�es, le p�lerinage a �galement permis de promouvoir la solidarit� politique dans le monde musulman et d'accentuer encore le caract�re universel de la communaut� des croyants.
4 L'ISLAM ET LA SOCI�T�
La vision islamique de la soci�t� est th�ocratique au sens o� le but de tous les musulmans est � la Loi de Dieu sur Terre �. Cependant, ceci n'implique pas de r�gles cl�ricales, bien que les autorit�s religieuses poss�dent un r�le politique consid�rable dans certaines soci�t�s musulmanes. L'id�e d'un mod�le de soci�t� islamique est fond�e sur l'interp�n�tration de toutes les sph�res de la vie spirituelle, rituelle, politique et �conomique formant une unit� indivisible. Cet id�al repose sur des notions telles que la � loi islamique � et l'� �tat islamique � et explique la forte emprise de l'islam sur la vie et les obligations sociales.
4.1 La Communaut� des fid�les
Le fondement de la soci�t� islamique est la Communaut� des fid�les, qui est renforc�e par les exigences de la pratique religieuse. La communaut� doit � commander au Bien et interdire le Mal �. Cependant, la communaut� doit �tre mod�r�e et �viter tous les extr�mes. Au Moyen �ge, les autorit�s religieuses islamiques revendiqu�rent un degr� d'infaillibilit� pour la communaut�, qui fut toutefois limit� par la domination occidentale sur les pays musulmans.
4.2 �ducation
Le syst�me des universit�s islamiques contribua aux grands d�veloppements culturels de l'islam. Les universit�s furent fond�es sous forme d'institutions d'�ducation religieuse, o� les ul�mas (savants religieux), les cadis (juges), les muftis (interpr�tes de la loi), et autres officiels religieux de rang �lev� furent form�s. Ces officiels formaient une classe politique influente.
Au IXe si�cle, le calife al-Mamun fonda une acad�mie � Bagdad pour l'�tude de sujets la�ques et la traduction de textes philosophiques et scientifiques grecs. Au Xe si�cle, au Caire, les califes fatimides cr��rent la plus prestigieuse universit� islamique, al-Azhar (� la lumineuse �), qui est rest�e le centre le plus important d'enseignement islamique.
Parmi les autres universit�s islamiques r�put�es, la Nizamiya, fond�e � Bagdad par l'homme d'�tat iranien Nizam al-Mulk (1067), enseignait le droit, la th�ologie et la tradition islamique et comptait parmi ses enseignants le c�l�bre philosophe Ghazali.
4.2.1 Loi islamique
La loi islamique, appel�e la charia, d�finit les objectifs moraux de la communaut�. Ainsi, dans la soci�t� islamique, le terme loi poss�de une signification beaucoup plus large qu'en Occident moderne, car elle comprend des imp�ratifs non seulement l�gaux mais aussi religieux et moraux.
4.2.2 Les Quatre Sources
La loi islamique s'appuie sur quatre sources ou � racines de la loi �. Les deux premi�res sont les sources documentaires, le Coran et la Sunna. La troisi�me source est appel�e ijtihad (� opinion individuelle responsable �). Elle fut utilis�e lorsqu'un probl�me ne trouvait pas sa solution dans les deux premi�res sources. Un juriste peut alors trouver une solution par le raisonnement analogique (qiyas). Ce raisonnement fut d'abord employ� lorsque, dans les territoires conquis, les th�ologiens et les juristes islamiques furent confront�s � la n�cessit� d'int�grer les coutumes et lois locales au Coran et � la Sunna. Plus tard, les autorit�s islamiques consid�r�rent que cette pens�e originale repr�sentait une menace pour le Coran et la Sunna et �tablirent des r�gles strictes pour en limiter l'usage. En raison de profonds changements dans la communaut� musulmane internationale au cours des quelques derni�res d�cennies, on a de nouveau fait appel � l'ijtihad.
La quatri�me source est le consensus de la communaut� (ijma) auquel on parvient en rejetant progressivement certaines opinions. L'islam ne poss�dant pas d'autorit� dogmatique officielle, il s'agit d'un processus informel qui prend souvent beaucoup de temps et dont le jugement demeure objet de controverse.
4.2.3 �coles de la loi
Cinq �coles de la loi se d�velopp�rent en islam, quatre sunnites et une chiite. Les quatre �coles sunnites apparurent au cours des deux premiers si�cles de l'islam : la Chafi'i, la Hanafi, la Mal�ki et la Hanbali. Toutes emploient le raisonnement syst�matique pour traiter de domaines non couverts par le Coran ou la Sunna.
Elles se distinguent surtout par l'importance accord�e � l'autorit� des textes ou au raisonnement analogique mais reconnaissent les conclusions des autres �coles comme �tant parfaitement l�gitimes et comprises dans le cadre de l'islam orthodoxe.
Chaque �cole a tendance � dominer dans certaines r�gions : la Hanafi a sa zone d'influence dans le sous-continent indien, en Asie centrale, en Turquie et dans une moindre mesure en �gypte, en Jordanie, en Iran, en Irak ; la Mal�ki en Afrique du Nord ; la Chafi'i dans le sud-est de l'Asie et la Hanbali en Arabie Saoudite. L'�cole chiite (appel�e la Jafari) domine en Iran.
4.3 Djihad
Le terme djihad g�n�ralement traduit par � guerre sainte �, d�signe la lutte pour atteindre l'objectif islamique qui consiste � � r�former la Terre �, ce qui peut comprendre l'usage de la force si n�cessaire. Cependant, l'objectif prescrit du djihad, n'est pas une expansion territoriale ou la conversion forc�e des peuples � l'islam, mais l'hypoth�se d'une puissance politique destin�e � mettre en vigueur les principes de l'islam gr�ce � des institutions publiques. Le concept du djihad fut n�anmoins employ� par certains dirigeants m�di�vaux musulmans pour justifier des guerres d�clar�es par pures vis�es politiques.
Selon la loi islamique classique, le monde fut divis� en trois zones : la Maison de l'islam, o� les musulmans dominent ; la Maison de la Paix, puissances avec lesquelles les musulmans ont sign� des accords de paix ; et la Maison de la Guerre, le reste du monde. Cependant, petit � petit, le djihad a �t� interpr�t� en termes plus d�fensifs qu'offensifs. Au XXe si�cle, le concept du djihad a inspir� les musulmans dans leurs guerres contre l'influence occidentale.
4.4 La famille
La premi�re communaut� islamique avait pour but de renforcer la famille au d�triment des anciennes loyaut�s tribales. Le Coran insiste sur la pi�t� filiale et l'� amour et l'indulgence � entre �poux. Les hommes et les femmes sont d�clar�s �gaux � sauf que les hommes se placent � un niveau sup�rieur � car ils sont responsables des moyens de subsistance du m�nage. La fid�lit� sexuelle est rigoureusement exig�e.
Le Coran pr�ne des mesures destin�es � am�liorer la condition des femmes. L'infanticide des filles, jadis dominant dans certaines tribus, est interdit ; les filles obtiennent une part de l'h�ritage, bien que cette part soit seulement la moiti� de ce qui est allou� aux gar�ons. Le Coran recommande avec insistance de bien traiter les femmes et accorde aux �pouses le droit de divorcer en cas de mauvais traitements. Le Coran autorise la polygamie dans la limite de quatre �pouses, mais �tablit �galement que � si tu crains de ne pas �tre �galement juste envers les �pouses, n'�pouse qu'une seule femme �. L'abus de la polygamie et du droit des hommes, reconnu dans l'islam traditionnel, � r�pudier leur femme, m�me si sa conduite est irr�prochable, a r�cemment conduit � la promulgation de lois familiales r�form�es dans la plupart des pays musulmans.
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