28 novembre — Les Hauteurs béantes d’Alexandre Zinoviev : un parfait portrait de l’Université (française) telle qu’elle est en train d’apparaître dans ses vapeurs de décomposition, délétères. Par exemple : « Leur salaire dépendait maintenant du nombre de points que leur donnait leur travail, suivant un barème fixe : directeur d’institut : 500 points ; mission de recherches à l’étranger : 450 points ; dénonciation : 300 points ; […] note-rapport aux instances supérieures : 250 points ; activité politique ou syndicale : 50 points ; monographie : 3 points ; article : 1 point ; découverte : 0,5 point. Alors le niveau scientifique commença à s’élever de façon irrésistible.* »
*. p. 437 de l’édition [de la traduction en langue française] de 1977 (L’Age d’Homme). 20 novembre — « cœur de citrouille fricassée dans la neige » (Ninon de Lenclos). 20 novembre — « Comme ma vue baisse à mesure que le monde s’enlaidit, je n’en vois rien » m’a dit en ricanant quelqu’un que je croyais connaître. 17 novembre — Les désespérés qui écrivent des livres pour ajouter un miroir à ceux dont ils se sont déjà entourés m’ENNUIENT, de même ceux qui se satisfont d’espérer. « Les gémissements poétiques ne sont que des sophismes » peut suffire, pour tout jugement, à la décadence de la poésie. La subjectivité des modernes, moins qu’un fantôme, aura fait s’épancher nombre de gens qui se sont crus d’autant plus malheureux qu’ils s’épanchaient longtemps tandis qu’ils s’ignoraient eux-mêmes* (certains avec soin, y compris dans leur négligé, d’autres par souci de l’ordre). C’est là tout le luxe qui reste aux sédentaires cultivés comme ils disent, dont beaucoup ont démontré qu’ils laissent s’installer toutes les tyrannies imaginables, quand ils n’y collaborent pas, les herses et les frontières, du moment qu’ils peuvent bramer ou pleurer sous bonne garde, chimique-policière ou policière, ou militaire, souvent les trois, au milieu de leurs bibliothèques. Je ne conçois pas qu’on puisse user ainsi des livres. Il y a une façon plus rude d’aborder, puis de traverser la vie, qui me convient davantage.
*. Par pure terreur, éviter à tout prix de descendre jusqu’à la voix égarée, d’entendre le désir. 14 novembre — « Le mal n’est pas effet mais défaut. Il n’a pas de cause. Mieux : cela seul est mal qui n’a pas de cause. Chercher la cause du mal, c’est chercher une cause au néant : “Le mal est néant.” […] car, comme on l’a dit, le bien et l’être sont convertibles.* » Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende.
*. Eckhart, Commentaires de Genèse, 1, 31, 136 (traduit du latin par F. Brunner, A. de Libera, E. Wéber, E. Zum Brunn). 12 novembre — À dix jours près, j‘ai rattrapé le temps qui s’écoulait un peu trop vite, mais il est un cours sur lequel, qui que tu sois, tu ne peux rien. « Le plus long délai et le plus court sont […] identiques. » 9 novembre — L’idée nationale et celle de « la tradition » telle que conçue ou défendue par René Guénon sont incompatibles, me faut-il répondre à ceux qui se réclament de ce dernier pour étayer leur “nationalisme”. Il est beaucoup moins grave de vouloir voir en Guénon un candidat impossible au mouvement surréaliste. 9 novembre – Emballé par ce qu’il estime être la faveur du temps, l’auteur d’un propos erroné qui nous concerne, tenu sur son site internet, n’a pas craint d’écrire, sans nous avoir consulté :
« Et puis soyons francs : L’envie d’Arles c'est aussi - en premier - retrouver la femme que j'aime, et puis ensuite plein d’autres très bonnes raisons qui font plus sérieux, comme travailler dans une ville où la municipalité – communiste – soutient depuis plusieurs mandats des éditeurs comme Actes Sud, Analogues, les éditions de la Nuit, Philippe Picquier ou les Fondeurs de Briques et La Fabrique Sensible,… »
Parce qu’un tel propos, dont je n’ai été informé que ce soir [hier soir en fait, exactement le 8 au soir], traîne sur internet depuis le 16 octobre, je publie ici ma réponse, qui se trouve également sur le site de l’enthousiaste (à la suite de son propos et parmi les “Commentaires” à la date d’hier [le 8]), d’autant que la franchise ci-dessus déclarée paraît exclure tout souci d'exactitude et de vérification :
« Et puis quoi encore ?
L’adresse du site internet sur lequel se trouvent ces propos est celle-ci : http://ousontlesenfants.hautetfort.com/archive/2008/10/16/dans-l-atelier-des-roues.html 8 novembre – Nous œuvrons sans concession, inaccessibles* aux intellectuels mercenaires** et d’ailleurs à tous ceux qui ont part à la compromission souveraine, dont le galimatias ne peut que révéler la confusion propre à l’opportunisme.
*. Non seulement il ne s’agit pour aucun de nous de « rendre son culte à publicum », pour le dire à la façon de Marcel Schwob, mais la ligne de partage est hermétique.
**. Soit véreux, soit stupides, souvent les deux ensemble, et d’autant plus qu’ils se montrent capables de se donner des dehors d’intelligence, la présomption augmentant à proportion de l’efficacité des leurres en tout genre dont ils se servent. Toutefois, ils ne sont jamais clairvoyants, même et peut-être surtout s’ils trompent en paraissant savoir beaucoup : la langue lourde et contrefaite toujours — je me dis souvent que leurs livres paraissent écrits à plusieurs voix de nègres , et d’ailleurs pour beaucoup, ils le sont—, prise dans les rets de la syntaxe du pouvoir, contrefaçon grossière et grotesque de la puissance vive. C’est là, précisément, ce qu’un idéologue ne peut pas voir, se dirait-il libertaire ou je ne sais quoi. 5 novembre – Je précise, puisqu’on me le demande, que mon petit livre (Modeste contribution à l’histoire de l’édition… ) arrive bientôt en librairie, en même temps que celui d’André Hirt. Puis ce sera La Nuit n° 2*, à quinze jours des précédents. Les éventuelles contributions qui pourraient encore nous être envoyées pour La Nuit n° 3 ne seront plus reçues, du moins pour ce numéro, au-delà du 15 décembre.
*. « Enfin ! » m’écrit un étourdi qui n’a pas songé que ce mot dit exactement le contraire de ce qu’il serait souhaitable d’entendre ou de lire puisqu’aussi bien « L’Isère et la misère continuent », qui paraissent, la deuxième à la façon de la première, n’avoir pas de fin. 3 novembre – Esquisse du nom salué par ses premiers lecteurs, comme attendu.
Contre ces pratiques, nous voyons aujourd’hui s’élever un genre nouveau de prévaricateurs, de ces authentiques apparatchiki (au sens large, je veux dire non seulement staliniens, mais stalino-libéraux, ou stalino-libéraux-libertaires ou autres) qui feignent publiquement de se scandaliser d’un tel état de choses, alors qu’eux-mêmes font déjà et feront encore bien pire : de vrais recrues pour un encrapulement définitif de l’avenir.
Plus généralement, se réclamer d’un auteur est toujours difficile, parce qu’un auteur est un individu (et non une idéologie, à moins d’être capable de démontrer qu’il s’y est lui-même réduit) : il suffit de songer à ce qui a pu être dit de Marx par ceux qui s’en servent plus qu’ils ne le lisent.
Averti de vos propos, je viens les rectifier — et m’associe, ce faisant, au précédent message de Jean-François Bourdic — en précisant que, pas plus que les Fondeurs de Briques, les éditions de La Nuit n’ont été ni ne sont aidées en quoi que ce soit par la municipalité d’Arles à laquelle nous n’avons jamais rien demandé, au cours d’aucun mandat. Mais par ailleurs, il nous convient d’ajouter que le satisfecit à quoi se réduit l’étrange déclaration dont nous démentons la partie qui nous concerne pourrait permettre à ceux qui ne nous connaissent pas de croire que nous aurions enfin atteint le point de résignation général, et au même moment le désir d’effusion qui l’accompagne — « embrassons-nous Folleville ! » — propre à ceux qui tiennent à faire savoir qu’enfin c’est la fête ! sous l’œil glacé des scénographes chargés de donner de la couleur à l’unification artificielle par l’économie d’une société déchirée. Il suffit de lire nos livres pour apprendre ce que nous pouvons penser de cette sorte de psittacisme.
Ecrit par : Irénée D. Lastelle | 08 novembre 2008 »
30 octobre – Il fallait que le plus sombre d‘entre nous vînt sur le tard (« l’heure froide et grise, etc. »). 29 octobre – Et tous les jours s’entend que l’histoire est sanglante, que le désir de l’histoire est le désir ou la nostalgie du sang versé. C’est l’histoire vue telle la succession du pouvoir [mort] et écrite par lui qui n’est que sang versé, par quoi se distingue notre histoire, notre civilisation effective, de la prétendue civilisation universelle qui la ravage : « Les civilisations d’autrefois s’étaient formées peu à peu, au cours des siècles, par l‘effort plus ou moins conscient de tous les hommes. Celle-ci s’est imposée comme du dehors. » Qui trouverait la distinction un peu courte n’a qu’à poursuivre à partir de là, puisque désormais, toutes les justifications de ce qui nous a menés à la destruction sont tombées. (Certains s’étonnent du « comme » sinon du « dehors », et jugent le propos “rudimentaire”. Je ne saurais trop leur conseiller de retourner à l’école du langage ordinaire, que ne méprisait pas l’écrivain que je cite.) 28 octobre – Qu’en penses-tu, mon ami ? – J’en pense que la charogne ne se doit prendre par aucun bout. 23 octobre – Par un courrier anonyme (ce que je déplore au moins, et toujours) j’ai reçu ce matin copie d’un article paru l’été dernier dans la revue Eléments et qui traite à sa façon d’un livre publié par nos éditions, dans ma collection “maelström”. J’avais déjà entrepris de faire savoir ce que je pouvais penser de cette sorte d’article de critique sur mon ex-blog, où j’écrivais à la date du 23 mai 2008 (voir archives en tête de la présente page) : « Les idéologues mis à part – ils ont leurs œillères pour ne déceler dans un livre que ce qu’ils s’attendent à y trouver, parce que ce qu’ils ne peuvent qu’imaginer être la caque doit sentir le hareng qu’ils espèrent et parce que toute lecture à des fins policières est un abus, un détournement, une mise à sac de l’expression écrite et donc de la littérature – (…). » Qui le souhaiterait pourra prendre connaissance de mon plus complet propos sur ces questions dans le Supplément n° 0 de la revue La Nuit, dont la distribution ne devrait plus tarder. 16 octobre – Quel dommage que je n’aie pas le temps de m’occuper de ma « belle revue » avant les ultimes semaines de l’année (année dont il faut, convenons-en, saluer les multiples splendeurs au moment des fêtes, et le numéro 2 est exactement ce qu’il nous fallait). Toutefois, dès le premier mois de la nouvelle, je m’y consacrerai, et d’autres avec moi, mais cette fois pour saluer la venue du printemps. [Le numéro 3 sera consacré aux « herbes folles et sauvageons » du temps, qui, nous semble-t-il, annoncent et amorcent un bouleversement complet de la chose écrite, qu’il s’agisse de la littérature ou de la critique.] 15 octobre – Je ne saurais trop recommander la lecture du livre de Jean-François Durand, Esquisse du nom. Les têtes de glace, ou les têtes de fer (ou de cuir ?), dont la réussite effroyable nous aura permis de connaître ce qu’ils ont été capables de faire du monde, ne pourront que déplorer d’y trouver la persistance d’une étrange puissance de célébration au milieu de leur désastre.
30 septembre – Une certaine passivité du monde spectaculaire, qui ne fait que regarder, a tout de même quelque chose de la jobardise. Je ne peux évidemment pas croire une minute les quelques rares qui disent s’exaspérer de ne pas pouvoir (!) trouver tel livre récemment publié et qui n’ont pas l’idée de le commander à leur libraire, ou à défaut à l’éditeur. Qu’ils apprennent ici que des gens m’ont écrit pour me commander un livre : ils vivent à la campagne, ils ne sortent jamais et/ou ils ont choisi de se soustraire à l’usage de l’internet, ou encore ils n’étaient pas disposés à se déplacer pour l’acquérir par les voies ordinaires : quoi qu’il en soit, une fois reçue leur commande, ils ont été servis. Je ne parle pas bien sûr des demandes de services de presse, que nous n’honorons, nous, qu’à des conditions très précises. 30 septembre – Jean-François Durand présentera son livre, Esquisse du nom, le 17 octobre à Arles. À cette occasion, seront présentés le livre de Louis Janover, Visite au Musée des arts derniers, et ma Modeste contribution à l’histoire de l’édition en France[ Ce livre sera visible an mars 2009, Porte de Versailles, à Paris]. ————————————————————————— 26 septembre – Cependant que les activistes anonymes rédacteurs d’une certaine page continuent leurs variations monotones qui consistent à retrancher, à changer, etc., ce qu’ils avaient écrit la veille comme à y ajouter *, mes propres déclarations restent et resteront ce qu’elles étaient : contrairement à eux, je n’ai certes pas plus besoin de les effacer que de les modifier. À l’attention de ceux qui découvriraient l’état dernier de leur « article encyclopédique » qu’on me signale ce matin, je place ci-dessous un renvoi vers un document d’archives, non sans préciser que le “lien” avec ce document se trouve depuis septembre 2007 sur la page dite de renseignements du site des éditions de La Nuit, et sous le titre :
GENÈSE
*. Ceux qui ont suivi ce qui précède se souviennent que selon une première déclaration des rédacteurs anonymes j’avais été dit « fondateur d’association ». Maintenant, il est dit que je suis « parti fonder les éditions de La Nuit ». J’aurai donc été « fondateur » à plaisir, puisque je suis « parti ».
————————————————————————— 25 septembre – Quel beau rêve j’ai fait cette nuit et se figure-t-on alors, eh non, qu’il puisse avoir une suite, mais oui !, dès le lendemain par une étonnante rencontre, évoquant, moi :

Promenade nocturne en traîneau (détail), R. Wenig, Munich (D. R.)
et lui, George Brummell. Je voulais simplement noter pour mémoire une journée qui risquait de rester inouïe. 22 septembre – On savait que parfois les morts votaient, mais on n’avait encore pas vu la falsification médiatique d’un achevé d’imprimer attestant qu’un livre a été publié il y a quelques années dans une ville où n’existait alors aucun éditeur. Je ne fais certainement pas partie de ceux qui prenaient à la légère les assertions de Guy Debord dans ses Commentaires sur la société du spectacle en 1988 : « Il n’y a même plus de vérité bibliographique incontestable (…) », qui ajoutait plus loin, à propos de ceux qui sont formés à de telles pratiques ou par elles : « L’individu, paradoxalement, devra se renier en permanence, s’il tient à être un peu considéré dans cette société. » Mais le sommet de la chose est encore à venir. On voit fort bien, d’ailleurs, sur le maintien de quoi parient ceux qui s’adonnent à de telles falsifications. Il se pourrait toutefois que leur assurance garantissant leurs pauvres espérances se dissipe un beau matin, et sans qu’ils y soient le moins du monde préparés. Guy Debord avait aussi fait savoir que de tels personnages convaincus par de telles pratiques, et qui n’ont disait-il, « aucun sens de l’authentique ou de l’impossible », « naïfs jobards de l’économie et de l’administration vont probablement conduire le monde à quelque grande catastrophe ; si leur pratique effective ne l'avait pas déjà montré.» (C’est ici moi qui souligne.) 21 septembre – Un cadavre dans la bibliothèque ? (voir ma Note du 21 septembre, ajoutée à mon propos du 10 septembre.) 18 septembre – Devant distraire l’attente dûe à la parution imminente de nos livres – il fallut nous rallier à une pratique dite d’économie de guerre, mot malheureux j’en conviens, mais c'est ce qui fait d’ailleurs que la Visite… de Louis Janover paraît en même temps que ma Contribution, ceci dit nul n’en sera volé – je relis Stendhal avec une telle sympathie, ainsi : « j’aimais chez ce pauvre homme* l’amour passionné que sa femme avait pour lui. » Voilà une façon de connaître enfouie dans l’amnésie. Je crois que la dernière personne, une femme, que j’ai entendue parler et qui aurait pu s’exprimer à peu près dans les mêmes termes était née en 1898.
*. Le comte Philippe de Ségur. 16 septembre –
EN ELLE ECLOSE

TOUT CONVERGE
13 septembre – Certains livres seront bientôt très lus, d’autres relus par de nouveaux yeux, de nouvelles têtes, à vrai dire quelques-uns le sont déjà, à la grande surprise de ceux qui n’ont rien vu venir. 10 septembre – Un ami m’avertit à l’instant de ce qu’un “lien” intitulé « pour plus d’informations » [ou « informations complémentaires »] a été établi par les “encyclopédistes” anonymes entre leur page Wikipedia mise en cause ces jours-ci par moi-même (voir ci-dessous, du message en date du 26 août aux notes rajoutées le 10 septembre) et la présente page de mon journal*. Ce lien est récent, et n’a pour but que d’accréditer une feinte bonne foi. Alors qu’ils se sont si parfaitement passés de toute source d’information digne de foi avant d’écrire leur ridicule page d’encyclopédie, ils [“ils” désigne ici les “rédacteurs encyclopédistes”, dont l’anonymat peut se prévaloir en effet du principe de ladite encyclopédie] voudraient maintenant faire croire qu’ils prennent en considération ce que je pourrais avoir à dire en complément de la misère, plusieurs fois maquillée – tripotée ? –, de leurs déclarations. Nous laisserons la boue à la boue.
*. NOTE DU 21 SEPTEMBRE – Le “lien” a disparu, quel jour, je l’ignore, mais il a disparu ; et, à vrai dire, un autre renseignement (comme je le suggérais il y a quelque temps, voilà qui incite à lire ou à relire, mieux qu’Agatha Christie, G. K. Chesterton). 9 septembre – Comme tout est clair désormais, il suffisait d’attendre, quoique contraint pour une part, mais ne sommes-nous pas “dans le monde”, pour mieux apercevoir le détail et l’ensemble, et surtout la ligne de partage. « Les bienfaits d’une telle méthode (…) se font sentir assez vite, au clair de la lune. » 7 septembre au soir – Dire que notre fête à nous n’était pas du tout celle des vieilles histoires et qu’il va nous falloir maintenant, pour y arriver et pour revenir à ce qui nous occupe, remédier, par une diversion, à l’offensive par suggestions sourdes qui mine la société c’est-à-dire la parodie et dans la parodie la petite frange des gendelettres. Nous ne sommes pas les seuls à en avoir assez de ce milieu comme de ses pratiques. 7 septembre – [ J’ai dû, hélas, encore ajouter ce jour à mes notes datées des 26 et 31 août, voir ci-dessous, les auteurs de la page encyclopédique étant délibérément revenus sur l’une de leurs propres rectifications, se désavouant donc eux-mêmes ainsi par deux fois. ] 4 septembre – « Une ordonnance merveilleuse, qui saute les pages comme une petite fille saute à la corde, […] l’histoire tombe au-dehors comme la neige. […] il ne suffit pas d’abandonner au cours du monde un nouveau bateau, quand ce serait même un bateau pirate, mais de reconstruire l’arche […] de voir des yeux d’enfants […] s’ouvrir […] tandis que pour leur émerveillement et le nôtre tombe le loup de dentelle noire […] » ( in Point du jour — 1929 ). 3 septembre –
« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire. » 1er septembre – « Il est un lieu qui fleurit à jamais, *. [ Cette citation est extraite de La fiancée d’Abydos,
« mutus liber », enfin !
Même en ce bosquet de la mort.
C’est là qu’une rose unique répand
Son éclat solitaire… »
*
(Magie au jardin de la mort),
in Le Prisonnier de Chillon et autres poèmes,
édition augmentée de La Prophétie de Dante, Lord Byron,
poèmes choisis, traduits et commentés par Claude Dandréa,
à paraître à l’automne aux éditions de La Nuit. Edition bilingue. [ Ce sera en 2009 pour des raisons que chacun peut connaître, nous avons les nerfs solides.]

31 août – Les rédacteurs de la page dont je parle ci-dessous ont apporté trois modifications * à leur article ”encyclopédique” ** depuis la publication de ma réclamation. Toutefois, ils n’ont pas fait état de ce qu’ils l’ont modifié [ voir ma note du 31 août ajoutée ci-dessous ], ni précisé quand ils l’ont fait. [L’entête de cette page prévient de ce que « cet article est une ébauche concernant la littérature », il est toutefois permis d’être au moins surpris de ce que ceux qui ont mis tant de hâte à la publier n’aient pas pris la peine de lui donner, avant publication, un minimum de consistance.]
*. [du 7 septembre : voir ci-dessous mes ajouts ultérieurs en notes, le premier du 31 août, et les seconds du 7 septembre 2008. ]
**. Il va de soi qu’un éditeur présente bien comme il l’entend la maison d’édition qu’il dirige [du moins peut-il le croire s’il en est réduit là : il est vrai que le b. a. ba de la critique n’est plus même compris]. Mais nous parlons ici d’un article d’encyclopédie, dont les moindres exigences paraissent être ignorées de ses [ou son] rédacteur[s] anonyme[s]. 26 août – Nous nous sommes réveillés hier matin pour apprendre, fortuitement d’ailleurs et par le téléphone, que les livres nous avions publiés pendant douze ans étaient devenus le catalogue d’une « maison d’édition militante », alors que, pendant toutes ces années, nous avons critiqué l’idéologie des militants quel qu’en soit l’horizon (à une exception près, en 2000, mais qui avait alors un sens précis). C’est bien parce que nous ne pouvions pas nous réduire à un quelconque militantisme (de gauche par exemple) que nous avions réédité De la Misère en milieu étudiant dès 1995 et d’ailleurs, je le demande, quelle sorte de militantisme aurait pu nous pousser à publier Schiller (militants de Schiller ? de Brantôme ? de l’Arioste ? du cardinal de Retz ? de Petrus Borel ? de Jonathan Swift ? de Pascal Moatti ? de Miguel Abensour ? de Louis Janover ? de Sophie Herszkowicz ? de Jacques Poulain peut-être ! à moins que ce ne soit de Melville). Un peu de bon sens et de sérieux dans l’examen du choix qu’avec quelques autres j’avais fait de tels titres anéantit purement et simplement qu’ils aient pu servir une quelconque cause relevant du militantisme. La confusion est donc ici délibérée du militantisme et de la mention qui est faite de mon nom sur une page qui présente une maison d’édition retournée, et à laquelle je n’ai plus part. Sur la même page de “l’encyclopédie Wikipedia” ouverte le 15 août 2008, on apprend encore que j’ai fondé une association à Arles en 1995, ce qui est assurément impossible puisque je n’ai pas mis les pieds à Arles cette année-là * ; que j’ai « opté pour une “sarl” en 2004 » mais on ne dit pas quand je l’ai quittée ni pourquoi, ni ce que j’y ai fait, ni donc quels livres je me serai attaché à publier pendant toutes ces années et quel était le sens de mon travail. Selon ce qu’ils écrivent, je serais fondateur d’association, dans le vide, puis de Sarl, au milieu des nuées, et c’est là ce qu’ils entendent mettre en avant. Ces gens qui se prétendent si bien renseignés, rédacteurs de ladite page dont les erreurs, n’en doutons pas « s’effaceront de la mémoire de l’ordinateur ** », ne disent pas non plus d’où vient le nom de la “raison sociale” mentionnée et utilisée, alors que « je n’en ai jamais fait mystère » ainsi que je l’ai écrit en 2001 ; ils ne disent pas non plus quand en a été déposée la marque à mon insu ***, n’ayant pas assez de sens sans doute pour pouvoir connaître en esprit ce qui avait bien pu me conduire à m’interdire auparavant de la déposer moi-même et alors que j’en étais bel et bien le seul dépositaire, de facto. Bien entendu, ils me mentionnent et ne m’ont pas consulté, c’est à la façon du temps. Ils taisent et ignorent pour finir tant de choses que ce qu’ils mettent en relief devient si ridicule qu’on ne cesse plus d’apercevoir pourquoi on nous recommande sous ce nom une maison d’édition militante : elle l’est devenue en effet. C’est donc publiquement que je réclame aujourd’hui que mon nom soit ôté **** sans délai de cette page si grotesque du point de vue de l’esprit d’une encyclopédie, lequel esprit, par haine de l’histoire (d’où le militantisme) tourne ici à la farce, et l’encylopédie au prospectus – même chose d’ailleurs pour une certaine adresse que le citoyen Blandin, prénommé Noël, s’obstine, à douze mois de ma demande, à maintenir abusivement dans le fichier d’adresses du répertoire des éditeurs recommandés par son indigente et indécrottable République des Lettres[du 11 septembre 2008 : il aura fallu treize mois pour que cette République s’admette à corriger sa base.].
*. C’est à Aix en Provence que cette fondation eut lieu. [ NOTE DU 7 SEPTEMBRE 2008 : il est assurément extravagant d’avoir corrigé Arles par Aix en Provence — ainsi que les rédacteurs de la page l’ont fait entre le 2 septembre et le 3 septembre 2008 — pour finir par choisir l’erreur et la remettre dans leur texte, comme ils l’ont fait le 4 septembre si j’en crois la date d’ultime correction qui figure pour l’instant au bas de leur page d’“encyclopédie”. Ainsi, les rédacteurs de cette page affirment désormais, au détriment de la vérité, que l’association fut fondée en 1995 à Arles, quand c’est évidemment à Aix en Provence qu’elle le fut. L’adresse du siège social en est d’ailleurs imprimée dans les livres, ce qui peut être constaté à l’achevé d’imprimer qui fit mention d’Aix en Provence jusqu’au changement d’adresse – lequel n’eut pas lieu en 1995. Trop de gens, y compris d’auteurs, se souviennent de nos débuts à Aix pour qu’une telle assertion "encyclopédique” ne soit que ridicule : elle est bien pire que ridicule. Par ailleurs, n’étant pas devins, nous ne pouvions savoir, en 1995, qu’un jour nous irions nous installer à Arles. Mais de tels personnages pourront demain recorriger la chose pour la falsifier à nouveau [ NOTE du 10 SEPTEMBRE 2008 : les “encyclopédistes” paraissent être revenus à plus de vérité hier soir, puisqu’ils ont, pour la deuxième fois, remplacé Arles par Aix en Provence] , et ainsi de suite : pour ma part, je n’entends certainement pas relever chacun de leurs écarts : la misère de leurs déclarations a été amplement démontrée. Nous n’ignorons pas non plus, et moi au premier chef, pourquoi ces déclarations sont aussi misérables et pourquoi du moins celle-là aura dû être changée en hâte et à deux reprises en quelques jours. ]
**. [NOTE DU 31 AOÛT 2008. C’est bien ce que je disais. On a pu voir, depuis, que les rédacteurs ont brusquement cessé de recommander le militantisme de la maison d’édition, qu’ils ont appris où elle avait été fondée, qu’ils font état maintenant de Cécile Collot. Pour autant, le reste n’a pas été changé, et le sérieux ”encyclopédique” de la présentation demeure tout aussi convaincant qu’il l’était le 26 août 2008. — [ajout du 7 septembre : voir ci-dessus ma note ajoutée à la date du 7 septembre 2008].
***. La “marque” en l’occurrence aura été l’esprit de ces éditions et rien d’autre, qui aura fait leur réputation [et non leur notoriété au contraire de ce que visent des gens d’un genre inattendu mais pas tant qu’on le croit, qui se trahissent par là, un clerc, un poète ou un “révolutionnaire” n’y aspirant jamais], esprit émanant d’elles livre après livre, dans la patience de douze ans de travail. Il n’est, de ma part, qu’attendu que des militants s’approprient de telles marques et de cette façon puisque c’est la mode, surtout s’ils se disent de gauche [ voir ma Bourgoisie Bohême dans sa porcherie, par laquelle j’aurai voulu examiner un certain milieu selon le verdict exemplaire à mes yeux qu’est l’art de vivre dont il se recommande. Je précise que les militants de tout bord – de tous bords ?, ce n’est pas ce que je dis –, passée l’expérience éventuelle de la jeunesse, me dégoûtent : ce sont eux qui sabotent la grève ouvrière ou qui lancent les ouvriers dans des grèves contrôlées ]. Le tout premier fondateur des éditions en question, François Michel, me confia, par amitié et donc aussi parce qu’il me faisait confiance, le nom de ces éditions qu’il avait fondées lui-même bien des décennies plus tôt, laquelle devint une maison d’édition « historique », pour citer le mot récent d’un connaisseur et non des moindres. Elle ne dura que quelques années, ce qui n’en réduit évidemment pas l’importance. À l’époque je n’étais pas né, quant à lui, je le connus sur le tard, mais le temps de nos relations dépassa tout de même la durée de quinze années. La deuxième apparition de ces éditions fut mon fait, et elles furent autres que ce qu’elles avaient été. À propos de tout ceci, je renvoie à ma Modeste contribution à l’histoire de l’édition en France, qui paraît ces jours-ci. Quant aux aspects des choses que je tais ici, ils sont exposés dans mon livre. On peut considérer que ce que je viens d’écrire sous la date du 26 août est un addendum à mon ouvrage, l’oubli n’en étant toutefois pas la cause, n’ayant, moi, pu connaître à temps ce qui m’a valu de le rédiger.
****. Serait-ce le but de la manœuvre, que la désolation de me trouver en accord avec eux sur un point s’effacerait devant le réel plaisir que j’éprouverais à voir mon nom gommé de cette page. 10 août –
Que la fête commence !