Janvier
1979
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Essentiellement
Aller à Neuschwanstein
Par un clair matin d’hiver ou d’automne
Quand il n’y a plus personne
Et m’y noyer … Allein. |
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Janvier
1979
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Sous le vol de l'Aigle
Allongée dans son boudoir,
Doux camaïeu de son savoir,
Elle dort.
Les cheveux juste défaits
Irisant de blond ses cils,
Voilent les signes discrets
D'une fierté en exil.
Le feu, charmant le cristal d'un verre de Saint-Louis,
Cisèle d'irréel les instants évanouis.
Derrière ses yeux muets
Echos givrés et lointains
S'impriment en ricochet
En un poignant contrepoint.
Elle dort.
Pourtant c'est moi qui rêve.
Je crois bien que je l'aime. |
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| Janvier
1979 |
Franchement
Vous souvenez-vous quand, bébé sage,
Vous posiez sur les fourrures
Vos petites jambes en l'air?
Non. Bien sur ... Dommage!
Au fait. Qu'est devenu ce charmant bambin?
Ah, évidemment. voyons cela.
Mettez-vous devant la glace,
Oui celle-là, bien en face.
Maintenant dites 'a-re'. "A-re"
Oui... Franchement cela aurait pu être pire. |
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Mars
1979
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Chicace Acatl
Réjouissez-vous avec les fleurs qui luisent
Dans la rosée du matin,
Précieuses et si tendres ,
Cueillez-les sans attendre.
Dans la maison des Seigneurs,
C'est là que s'épanouissent les fleurs du cœur.
Elles revient à l'éclat des turquoises et
Brillent, pierres éployées
Sur un lit de gouttes d'eau,
Blanc sur la natte. En cette année six-roseau,
Colliers, plumes de corbeau
Vont tombant comme la pluie.
S'offrant au Cœur du Ciel, à l'Auteur de la Vie
Vos cœurs s'assemblent dans leur parure d'opale
Que butinent les quetzals.
Déjà votre chant s'épand
Et résonne joliment,
Guirlande de fleurs du temps
Dans le vent fleuri, la lumière du printemps.
Réjouissez-vous avec les fleurs qui luisent
Dans la rosée du matin,
Réjouissez-vous avec les fleurs qui grisent
Celles qui sont dans vos mains. |
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| Octobre
1979 |
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Combien de cris courent sur les grèves
Déchirement amers, sanglots fous d'ivresse.
La marée sait emporter les plus forts,
Les déposer vers d'autres mouillages
Où s'y fondent les rumeurs des ports.
Puis ils repartent pour leur voyage
Solitaire. De lames en galets
L'air résonne de leur détresse
Sans fin. De larmes en regrets
Leur souffle glacé nous blesse.
Combien de cris s'échouent sur les grèves,
Egarements d'amours, vagues de tristesse,
Ils surgissent dans l'irisé d'un été
Surprendre les couples en péril.
Sous les mensonges d'un cœur lassé
Paraissent alors les visions d'exil
Du malheureux des ayant écoutés.
L'autre, infiniment seul, accrochant
Sa raison aux arrêtes des rochers
Pleurera l'amour de ses vingt ans.
Combien ainsi, marchent sur les grèves,
La couleur de ses yeux pour seule richesse,
Dessinant sur le sable ou pire
Guettant un signe à chaque vague.
Dans leur univers de délire
Ils vivent la perte d'une bague
Ou du serment auquel ils avaient cru.
Mais ils ne savent pas, n'entendent rien
Ils sont de ceux qui crient, dépourvus,
Au vent du large, au temps souverain. |
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| Octobre
1979 |
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L'aube allume les façades alignées
Autour du parc, cet îlot d'un calme divin
Où le soleil ... |
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| Novembre
1979 |
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Je suis né à Paris
Mais mon cœur habite Würztburg.
J'ai un faible pour Portsmouth,
Des regrets et des souvenirs.
Berlin me fascine toujours
Et Neuschwanstein signifie tout.
Je suis du Nord,
De ces paysages vierges
D'Ecosse ou de Norvège
Où les montagnes enserrent
Des eaux claires, fabuleuses.
Jaime aussi les eaux songeuses
Du Zuidersee, de ses polders,
Des hautes vallées d'Autriche
Pays où les aigles portent des couronnes
Plus encore j'ai en tendresse sans borne
Pour les ports de la Baltique:
Geestemunde a ses voiliers
Copenhague sa sirène.
Jusqu'à l'Islande lointaine
Je navigue pour contempler,
Seul, ces glaciers immenses
Que frôle l'incandescence.
Je suis de l'Est,
Des complaintes dans les landes
De Poméranie, des Midlands.
Des mers froides que touchent
Des soleils pâles. Ces pays
Où rien ne semble jamais acquis
Sans une volonté farouche. |
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| Novembre
1979 |
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Epilogue
Tout feu d'artifice a son bouquet final.
Les premières gerbes passées, une question
Monte dans les esprits. est-ce maintenant ? Non.
L'attente ternit l'éclat de l'instant crucial.
Penser à toi n'est plus qu'erreur d'aiguillage,
Certes le voie subsiste mais elle rouille,
L'herbe pousse vite et le présent souille
Cette illusion désormais voie de garage.
Elle avait été si longue à construire
Et plus tard bien difficile à maintenir.
Tel un feu je ne sus quand tout s'effilocha.
Nous sommes restés au long de nos contre-jour
Deux rails étrangers. Même aux plus beaux jours,
Le longueur d'une traverse nous sépara. |
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