PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS

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AKABAR ANEMLAY N'IXEDDAMEN   حزب العمال الأشتراكي

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POSITIONS  :      Textes publics du parti

SOMMAIRE

-          1er mai 2009 rebâtir le camp des travailleurs !

-          Abstention massive le 09 avril sn du PST 06 avril 2009

-          Pour une abstention massive le 09 Avril 2009 !

-          PETITION NATIONALE Cinq millions de signatures pour les libertés populaires !  Pour une politique au service des besoins des masses populaires et de la jeunesse !

-          A propos des commissions de surveillance 26 fevrier 2009

-          Appel pour une convergence démocratique 5 février 2009

-          Nous appelons au changement des règles du jeu politique Chawki Salhi Algérie News du 4 février 2009

 -   La dérive monarchique a isolé le régime et ses institutions Chawki Salhi El Watan du 3 février 2009

- Halte au massacre des Palestiniens ! Pour le respect de leurs droits nationaux légitimes ! 01 01 2009

- Résistance et dignité du peuple palestinien Le 04 janvier 2009

- Non à un troisième mandat libéral et répressif 29 octobre 2008

- Crise du leadership américain et résistances en Amérique latine

- 20 ans après le 05 octobre 88 Que reste t-il de nos acquis démocratiques et de nos aspirations sociales ? SN du PST. Alger le 05 octobre 2008. 

- Entre patriotisme économique et politique libérale. Impasse du libéralisme algérien ! 20 09 08

- Bolivie  Vénézuela solidarité !  18 09 08

- Une rentrée sociale qui promet 18 09 08

- Autocritique de Bouteflika Un 3ème mandat pour réparer les erreurs commises durant le 2ème. 18 09 08

- Une délégation du PST à l'université d'été de la LCR août 2008

- Résistons à l’offensive libérale! Une autre politique est possible! Un autre monde est possible! 23 février 2006

TOUS ENSEMBLE, LUTTONS Pour nos emplois et nos salaires et nos libertés Pour une politique au service des besoins sociaux  23 février 2006

- Les masses veulent autre chose que les solutions libérales ! 27 novembre 2005

- Kabylie : le PST appelle à l’abstention 20 novembre 2005

Après les résultats du référendum sur la charte    1er octobre 2005

-  Le PST appelle au boycott du référendum  24 septembre 2005

-  Non au plébiscite !     27 août 2005

- Construire un mouvement indépendant des travailleurs et des masses populaires – 1 mai 2005

- Contre la loi sur les hydrocarbures. 05 mars 2005

- Résolution du Secrétariat national du PST  sur la situation politique 16 avril 2003

- Déclaration de la Conférence Nationale du PST 23 octobre 2002

                                                                                                                  

1er mai 2009 rebâtir le camp des travailleurs !

 

Au lendemain de la réélection sans gloire de Bouteflika, les travailleurs, les jeunes et les masses populaires qui ont déserté massivement les bureaux de vote retrouvent leurs priorités sociales. Médecins, cheminots, dockers, des sidérurgistes de Mittal Arcelor El Hadjar à ceux de la Chassure Mac Soum à Akbou en passant par les chantiers de l’autoroute de Todini Bouira et les enseignants vacataires, partout, les travailleurs et les jeunes ont continué à crier leur colère sans prêter attention au déluge d’affihes géantes et à l’envahissement des écrans de l’ENTV par celui qui n’hésite plus à afficher l’argent des affairistes milliardaires qui le soutiennent. A l’Est, à l’Ouest comme au Sud, les APC ont continué à être assiégées par les jeunes qui ne croient pas aux trois millions d’emplois promis alors que le pouvoir ne reconnait qu’un million de chômeurs.

Mais en l’absence d’un puissant parti socialiste, au service des travailleurs et de la jeunesse,  capable de conduire une alternative politique au concert des partis libéraux et pour organiser la résistance à la fraude, les travailleurs et les jeunes se sont retrouvés atomisés et dispersés. Ils ont été contraints de subir dans l’isolement les convocations obligatoires pour les meetings électoraux et les invitations impératives à signer à blanc pour un candidat.  Faut il parler de ceux qui ont été réquisitionnés pour assister, impuissants, au triplement de la participation éléctorale dans des bureaux de vote déserts ou de ceux qui ont voté par peur pour leurs  papiers administratifs.

Désarmés politiquement, les travailleurs l’étaient aussi syndicalement puisque l’UGTA, dont le nom est synonyme de syndicat pour l’essentiel des secteurs salariés, s’est mobilisée pour un candidat qui combat publiquement les acquis sociaux des travailleurs. Pourtant, la pression sociale qui ne s’est pas relâchée, a contraint les candidats à gauchir leur discours. Tout au long de la campagne électorale, les Algériens n’ont parlé que du prix de la sardine et de celui de la pomme de terre et au lendemain du 09 avril, après 48h d’étonnement et d’anecdotes sur le miracle de la fin d’après midi, l’Algérie parle de la hausse du SNMG.

 

Au lendemain d’un triomphe officiel, aucun officiel n’a l’air de triompher à l’image de Bouteflika qui bredouille son discours. La non participation massive a des millions de témoins. Ils savent que nous savons. Il n’y a pas, non plus, parmi les masses, la résignation de 2004 qui a facilité le durcissement autoritaire et fait accepter, sans résistance, le pillage libéral. L’échec du plébiscite affaiblit le président, le régime et aiguise les rivalités et les luttes de succession.

Il faut néanmoins rester vigilants. Les résultats du 09 avril sont une violence contre la démocratie. Mais le désaveu populaire est si cinglant, les luttes sociales sont si importantes que le pouvoir se voit contraint de différer les attaques contre les maigres acquis démocratiques qui nous restent. Il nous faut pourtant mettre au premier plan la nécessité de la résistance et de la reconquête de nos espaces démocratiques. Notre appel à la convergence démocratique garde toute sa pertinence. Il ne s’agit pas d’unifier l’opposition sous la bannière des libéraux démocrates, il s’agit d’apprendre à être solidaires contre la répression et l’intimidation même quand on diverge politiquement. Il s’agit d’agir pour exiger la liberté d’expression, d’organisation politique et syndicale, de manifestation et de grève.

Mais la réélection de Bouteflika va aussi conduire à un changement de discours. Il est à craindre que nos gouvernants fassent semblant de découvrir la crise du capitalisme mondial pour justifier une politique d’austérité avec le rétrecissement des promesses électorales et avec les attaques contre le système actuel de protection sociale.

A nous de leur rappeler, par nos luttes, que leurs promesses ne nous suffisent pas, que les 18000DA qu’ils nous font miroiter ne permettent pas de vivre dignement, que les millions d’emplois en dessous du SNMG nous révoltent, que l’importation de travailleurs surexploités nous indigne, et que nos jeunes attendent toujours un travail décent.

A nous de défendre les droits actuels à la retraite et d’agir pour interdire le travail au noir qui devient la règle. A nous d’empêcher le nouveau code du travail promis pour la fin 2009 qui rêve de légaliser le travail précaire.

Le disours de patriotisme économique s’est aussi radouci pour rassurer les protecteurs impérialistes occidentaux et obtenir leur bénédiction pour le 3ème mandat. Pourtant, aujourd’hui que la privatisation du téléphone mobile, de la sidérurgie ou des activités de soutien à Sonatrach sont apparues comme autant d’opérations de pillage, il est urgent de stopper les ventes d’entreprises, de reprendre Elhadjar, de mettre fin aux concessions sur le port d’Alger ou sur les richesses pétrolières et minières et d’annuler les contrats ruineux de gestion de l’eau et l’aéroport. Nous sommes tous concernés ! Ce n’est seulement l’affaire des dockers ou des travailleurs de l’hôtel Riad.

Les travailleurs ont besoin d’urgence de construire l’instrument syndical qui organise leur résistance. Les jeunes ont besoin de s’organiser Les masses populaires ont besoin d’un grand parti qui représente leurs aspirations et qui rebâtisse l’espoir pour que sur la crise béante du capitalisme mondial renaisse un autre monde sans exploitation ni oppression. Le socialisme.

 

Chawki Salhi SG du PST.

Alger, le 30 avril 2009

 

Abstention massive le 09 avril

Après des années de fermeture politique progressive et d’entrave à l’expression politique des citoyens, l’élection présidentielle était évidemment faussée d’avance. Dans une société qui, trop souvent, ne s’exprime plus que par l’émeute, on a criminalisé le mouvement social, le syndicalisme, la grève et œuvré à discréditer l’action politique et associative. L’administration et les médias publics se sont habitués à une expression unilatérale au service du pouvoir en place qui veut abolir les conquêtes démocratiques d’octobre 1988. La dérive monarchique de nos institutions étouffe même les partisans zélés du troisième mandat.

Trop c’est trop ! Le rouleau compresseur de la campagne pour la réélection de Bouteflika a mobilisé les moyens de l’Etat depuis plusieurs années, mais l’on reste surpris par le mépris des apparences que signifie  l’occupation sans vergogne des espaces publics et le matraquage médiatique à peine interrompu par les interventions minutées des challengers comme si Bouteflika et ses soutiens zélés avaient peur de la radicalité théâtrale des autres candidats. Les moyens financiers considérables, mis à disposition par les gros affairistes reconnaissants, ne grandissent pas, non  plus, le Président qui a su détruire l’économie productive nationale et aggraver sa dépendance au moment où le pays dispose de ressources inédites grâce au pétrole. 

Pour convaincre les Algériens, il ne reste plus que l’intimidation. Les dizaines de milliers de visiteurs polis qui viennent rappeler que l’on sait que vous ne votez pas, le déferlement ininterrompu des partisans rémunérés et le déploiement des forces de sécurité qui leur balisent le chemin espèrent pousser au vote « pour les papiers ». Quant à la campagne de lynchage contre un parti qui a exprimé sa tristesse, c’est une dérisoire opération de diversion, comme si la démocratie n’était pas, aussi, le droit d’étaler à sa fenêtre, sans offenser personne, des tissus rouges, noirs ou bleus selon son choix. Il s’agit d’occulter l’agacement provoqué par une campagne envahissante, illégale, devenue contre productive et d’imposer le passage en force, le fait accompli d’une réélection imposée.

Mais il n’y a pas que des raisons d’être pessimiste. La société n’a pas abdiqué. Elle est momentanément désorientée mais ne cède pas. Les luttes sociales continuent par dizaines, les cheminots reprennent le flambeau des praticiens du service publics faisant du 09 avril un non évènement.  La parole reste libre partout malgré les menaces. La liberté de critique, bien plus large qu’en 2007, concédée aux candidats sur les médias publics,  montre que le pouvoir a pris la mesure de la désaffection populaire. Et le patriotisme économique du discours officiel montre qu’ils savent que les travailleurs et les masses populaires rejettent la politique ultra libérale.

Les autres candidats libéraux, aussi, se démarquent bruyamment d’une gestion condamnée par la crise du capitalisme mondial. Mais ce gauchissement des discours, l’espace d’une campagne électorale, ne trompe personne. Ainsi, la référence retrouvée au socialisme et l’éloquence des arguments de la candidature anti-privatisation ne va pas jusqu’à se démarquer du Président candidat responsable de la politique de suicide économique au profit des affairistes nationaux et des impérialistes.

Le combat pour  imposer le respect des libertés démocratiques est toujours devant nous. Pour redonner aux travailleurs, aux masses populaires et à la jeunesse la force de se battre pour imposer la démocratie, il faut construire au sein des masses, un mouvement porteur d’une  alternative politique à même de satisfaire les besoins sociaux et les aspirations populaires. L’absence d’une candidature conséquente au service des masses populaires ne nous laisse que le choix de l’appel à l’abstention massive pour  signifier à tous ces partenaires, complices politiques des échecs passés, qu’on ne demande pas un troisième mandat quand on avoue avoir lamentablement échoué durant le deuxième. Le 09 avril Abstention massive !

 

SN du PST.  06 avril 2009

 

Pour une abstention massive le 09 Avril 2009 !

 

Bouteflika a bénéficié d’une conjoncture pétrolière exceptionnelle. Pourtant, son bilan est négatif.   L’argent du pétrole fait le bonheur des multinationales qui importent de la main d’œuvre surexploitée tandis que nos entreprises ferment et leurs travailleurs sont licenciés après des mois sans salaire. En 2007, les sociétés étrangères ont rapatrié plus de 7 milliards de dollars de bénéfice contre 4,5 en 2005, 3,12 en 2004 et 2,2 en 2003. Des millions de logements construits ? 1,4 million de sont inoccupés et les masses populaires s’entassent toujours dans les maisons familiales.

On consomme des biscuits turcs, du thon de Thaïlande, des vêtements de Chine et des camions d’Asie et nos usinent ferment. La part de l’industrie dans la richesse qui était de 18% en 2000 n’est plus que de 5% en 2007.

Nos importations ont doublé en quelques années passant de 20 milliards de dollar en 2004 à 40 milliards en 2008, aggravant dangereusement la dépendance économique du pays et faisant le bonheur de ces nouveaux riches qui écument la rente pétrolière.

Notre pain dépend de la farine du Canada, notre lait vient d’Australie…Le budget de l’agriculture ne représente que 2% du budget national en 2008. Il était de 4% en 2007. Les importations alimentaires sont passées du simple au double en l’espace d’une année alors que nos meilleures terres disparaissent sous le béton et nos fellahs sont voués à la misère.

L’Indice de développement humain classe l’Algérie à la 102° place sur 170 pays. De 1998 à 2008 le pouvoir d’achat a baissé de 10%. Les maigres augmentations de salaires ne sont que des rattrapages. Organisations patronales et bureaucratie syndicale déroulent le tapis rouge à Bouteflika. Seuls les grèves des travailleurs et les jeunes émeutiers aculés par la misère sauvent l’honneur en résistant.

Bouteflika se targue d’avoir baissé le taux de chômage à11%. Hors, 67% des emplois sont à durée déterminée, soit plus de 6 millions d’emplois temporaires et précaires par lesquels on berne une partie de notre jeunesse. 1,5 millions de femmes seulement sont salariées, 6 millions d’autres sont au chômage. Cette discrimination homme/femme est liée au conservatisme dominant qui définit les rôles sociaux des hommes et des femmes dans la société que pérennise le code de la famille et qu’aggravent les réformes néo libérales sur le travail.

En matière de démocratie, c’est l’étouffement des libertés individuelles et collectives, la remise en cause du droit de grève, la répression des syndicats revendicatifs, l’instrumentalisation de la justice, le verrouillage du champ politique, l’atteinte à la liberté de la presse. Même les jeunes qui jouent leur vie sur des embarcations de fortune en mer sont condamnés à la prison s’ils sont repêchés vivants.

 

Halte à la dérive monarchique !

Bouteflika a fait voter par le parlement, à qui il a triplé les salaires, la réforme des institutions en se basant sur l’art 176 de la constitution. Lequel article l’oblige pourtant à recourir au referendum. Il viole la constitution rien que pour prolonger son règne et préparer sa succession. Il écrase l’APN qui n’a plus d’autres attributions que d’enregistrer la volonté du monarque. Le déroulement de la campagne électorale prouve que le sort du scrutin est scellé. Bouteflika utilise les deniers publics. L’administration réquisitionne le personnel et les moyens de l’Etat à son profit. Le corps électoral est gonflé pour la circonstance. Dans ces conditions, les autres candidatures ne servent que d’alibi à une élection fermée.

 

Non, le Peuple ne peut pas vouloir de Bouteflika ni de ses élections !

A défaut d’empêcher son élection, discréditons-là par une abstention  massive.

Tant que c’est le pouvoir en place qui fixe les règles du jeu, il n’est permit aucun changement.

Nos luttes populaires et sociales sont le seul moyen de reconquérir nos espaces démocratiques et d’améliorer nos conditions de vie et de travail. Mobilisons nous pour imposer une assemblée constituante qui garantie :

 

* Un travail décent pour tous.                 

* Un logement pour tous.               

 * Une économie publique et prospère.

* La terre aux travailleurs de la terre.                                         

* Santé gratuite et de qualité.

* Une éducation de qualité et gratuite ouverte sur le savoir.   

* L’Egalité hommes/femmes.

* Reconnaissance de tamazight dans toutes ses dimensions.   

* Laïcité de l’école et de l’Etat.

* Libertés individuelles et collectives.

 

PETITION NATIONALE

Cinq millions de signatures pour les libertés populaires !

Pour une politique au service des besoins des masses populaires et de la jeunesse !

Tant de milliards et tant de désespoir ! Tant de châteaux et tant de bidonvilles, tant de nouveaux riches et tant de nouveaux pauvres. 

Notre jeunesse est privée d’avenir dans son propre pays. Les contrats temporaires, au quart du SNMG, l’absence de logement pour vivre sa vie et ses rêves, l’absence de loisirs, le poids du conservatisme.  La scolarisation est massive mais la clochardisation règne dans les cités universitaires et l’échec massif brise combien de vie. Nos diplômés vont au Canada, en Europe ou au Golfe, les autres aussi rêvent de fuite,  de harga en Europe où les attend la cueillette des tomates en Espagne ou le balayage des rues de France quand ce n’est pas la chasse aux émigrés.

On consomme des biscuits turcs, du thon de Thailande, des vêtements chinois, des camions coréens et nos usines ferment. Nos importations ont triplé en quelques années. L’industrie produisait le sixième des richesses du pays en 2003 elle ne produit que le vingtième des richesses en 2007. Le FMI et la banque mondiale sont contents. Pendant ce temps nos travailleurs perdent leur emploi et les jeunes cherchent du travail.

L’argent du pétrole permet de construire un million de logements, mille kilomètres d’autoroutes.  On en profite pour fermer nos entreprises du bâtiment, pour disperser nos compétences en matière de routes, de tunnels et de voies ferrées. Les multinationales s’enrichissent et  on importe des frères travailleurs chinois ou pakistanais pour nous apprendre à travailler sans réclamer nos droits.

Notre pain dépend de la farine du Canada et de France et notre lait vient d’Europe et d’Australie, les prix des légumes flambent mais les paysans, les travailleurs de la terre, sont dans la misère. La campagne algérienne se vide de sa jeunesse à la recherche d’une vie décente en ville. 

On a fait disparaitre le travail décent au profit d’une généralisation des emplois précaires et du travail au noir sans sécurité sociale, sans droit à la retraite, sans droit au congé. On nous promet d’autres lois plus dures encore. Partout dans le monde les possédants capitalistes veulent des travailleurs moins chers et sans droits. 

Les Algériennes sont nombreuses parmi les diplômés, nos sœurs, nos mères nos filles sont de plus en plus nombreuses à chercher un travail. Mais le congé de maternité et le droit au respect se perdent quand il n’y a plus que des contrats temporaires. Et surtout le poids des traditions et certaines lois et certaines pratiques ne reconnaissent pas aux femmes leur statut d’être humain. Toute notre jeunesse rêve d’aller ailleurs où les hommes et les femmes semblent vivre ensemble dans la dignité.

Le peuple est privé des libertés élémentaires. La politique libérale qui s’attaque aux droits des travailleurs et organise l’appropriation privée des biens collectifs a besoin de nous faire taire. On ne donne pas d’agrément à nos associations, on réprime les grèves des travailleurs et les protestations de nos jeunes, on traine dans les tribunaux les syndicalistes et les jeunes révoltés, on condamne les haragas alors que la liberté de circuler à travers le monde est un droit humain reconnu pour d’autres peuples.

Il faut une autre politique au service du développement national et des besoins sociaux du peuple.

Il faut une autre politique qui respecte les libertés populaires.

Il faut une autre politique qui offre une vie décente aux travailleurs et aux travailleuses de la ville et de la campagne.

Il faut une autre politique qui fasse une place aux jeunes et leur redonne espoir car ils sont l’avenir.

Le changement est possible organisons nous pour l’imposer !

A propos des commissions de surveillance

Le PST a annoncé le 02 février, sa non participation aux élections présidentielles.

Dans la même conférence de presse, notre parti a appelé à une convergence démocratique autour de revendications minimales pour rétablir la liberté d’expression, d’organisation syndicale et politique et de grève, celui de fonder un journal et d’accéder aux médias publics. Ces conditions minimales font partie des préalables à une confrontation électorale équitable.

Par ailleurs, le PST a annoncé une campagne nationale pour dire non à la dérive monarchiste autoritaire, pour dire non à la politique libérale anti-sociale au service de l’impérialisme.

Nous avons reçu une correspondance de la présidence nous invitant à une commission de surveillance des élections.

Notre dénonciation du caractère déloyal de la confrontation présidentielle est publique. Le PST ne désertera aucune occasion de l’exprimer et nous la dirons dans tous les cadres qui nous serons offerts et dans tous ceux que les mobilisations populaires pourront construire. Nous participerons à cette commission sur une pratique de rupture, loin d’être une caution, cette participation sera une occasion de dénoncer la fraude et la déloyauté de ces élections.

 DN du PST. 26 février 2009

 

Appel pour une convergence démocratique

 

 

Les élections présidentielles du 09 avril 2009 surviennent après des années de fermeture et de limitation des droits politiques fondamentaux des citoyens et des partis.

Avant même le démarrage de la campagne officielle, la confrontation politique entre les candidats apparaît inéquitable. La mobilisation de l’administration au profit de la campagne du candidat sortant et le monopole en sa faveur dans les médias publics et notamment la télévision discrédite totalement l’échéance du 09 avril 2009 qui apparaît au peuple algérien comme un fait accompli.

Aucune élection ne saurait être légitime sans l’établissement des conditions démocratiques minimales qui permettraient une compétition électorale loyale.

Car sans débat démocratique libre, sans une période de confrontation ouverte et équitable dans la société qui permette au citoyen de comprendre et de choisir, il ne saurait y avoir d’élection libre et reconnue légitime par le peuple.

Le PST propose à tous ceux qui s’opposent à ce coup de force antidémocratique une convergence de nos dénonciations autour de revendications précises et concrètes.

Il s’agit de lever toutes les entraves actuelles à la liberté de créer une association, un parti, un journal ou un syndicat. Il s’agit de lever toutes les limitations à l’expression des citoyen(ne)s et des courants politiques par un accès équitable aux médias publics, par la levée de l’interdiction des marches dans la capitale et par la cessation du harcèlement judiciaire des syndicalistes et des grévistes.

Sans ces libertés pour les citoyens et les courants politiques, aucune élection ne saurait avoir de légitimité démocratique.

SN du PST. 5 février 2009

 

Nous appelons au changement des règles du jeu politique

Interview de Chawki Salhi SG du PST parue dans Algérie News du 4 février 2009

 

1.   Vous venez d'appeler à une union avec l'opposition. Dans quel camp vous situez-vous?

Nous sommes dans le camp qui s'oppose à la répression des jeunes, des travailleurs et à la remise en cause des libertés conquises en octobre 88, le camp qui rejette la dérive monarchique de nos institutions. Despotique parce que libéral, le pouvoir a développé la dépendance économique malgré des ressources financières immenses. L'industrie est liquidée, les EPE du bâtiment ont fermé, les importations ont triplé et les contrats sont distribués aux entreprises étrangères. Le travail au noir et la précarité se généralisent et l'on s'étonne du désespoir massif des jeunes. Bouteflika fait des assauts d'éloquence autocritiques et au lieu de démissionner, il nous demande un 3ème mandat pour rectifier les graves erreurs commises pendant le 2ème.

 

Et y a-t-il réellement une opposition?

                La décennie 90 a disloqué les représentations politiques qui s'étaient ébauchées lors de l'ouverture de 88. La coalition présidentielle gouverne avec 13% des électeurs et peine avec ses alliés à rassembler quelques centaines de personnes. l'islamisme et les démocrates libéraux se sont effondrés aussi. Le PST travaille à construire le mouvement politique qui représentera le divorce massif des masses populaires avec la pratique politique actuelle et dira la fureur des jeunes contre l'exclusion sociale et politique. En attendant, il reconnaît l'existence de militants, d'organisations petites ou grandes qui de façon plus ou moins conséquente refusent l'allégeance au pouvoir autoritaire.

 

2.    En quoi consiste votre initiative, et pourquoi a-t-on toujours tendance de lancer ce genre d'initiative à la veille de chaque échéance électorale?

Nous avons appelé les partis et les militants à converger dans une action contre la fermeture politique. Au lieu de rivaliser dans les anathèmes, on pourrait agir pour la levée des obstacles au libre exercice de l'activité politique. Liberté de créer un journal, un parti, une association, un syndicat, liberté de diffuser sa presse, ses déclarations dans l'espace public, droit équitable d'accès à la TV et aux médias publics, service public dans la presse privée, liberté de réunion, manifestation et de grève. Nous appelons à changer les règles du jeu politique en élisant, au terme d'une confrontation politique loyale, une assemblée constituante au service des aspirations des masses.

Nous avons construit avec d'autres une coordination pour Ghaza qui a lancé une pétition pour le retrait de l'UPM. Nous n'avons jamais dédaigné l'action commune. Avez vous oublié la coalition de 22 partis sur 24 à la CNISEL en avril 2007 pour dénoncer "la fraude massive et générale".

 

3.  Ne craignez-vous pas que cette initiative ne subissent le même sort que les précédentes tentatives de rapprocher l'opposition démocratique? Les velléités de récupération ayant toujours pesé sur ces initiatives. Comment comptez-vous convaincre vos interlocuteurs du bien fondé de votre appel ?

                Le projet politique que nous proposons aux Algériens ne peut se confondre avec celui des libéraux démocrates. Nous appelons tous les partis à une convergence, un front ponctuel. En 89, les partis philosophaient, nous avons proposé de définir des demandes précises : le droit d'accès à la TV, le droit de louer un local, la tenue d'élections... certains partis sont venus voir, d'autres partis ont signé et on a avancé. En 91 trente partis et toutes les associations de femmes ont convergé autour du rejet des procurations électorales. En 92, au MCB, au lieu d'identité abstraite, on a listé des revendications : Tamazight à la TV, au tribunal, à l'université, tamazight dans la Constitution. Apprenons à faire de la politique !

 

4.  A trois mois de l'élection présidentielle, les candidats potentiels ne se bousculent pas au portillon. Les jeux sont-ils faits d'après-vous?

                La confrontation est déloyale. Nous pensons que Bouteflika a réussi à faire de sa réélection prochaine un non évènement et un facteur d'affaiblissement majeur pour son régime. Les Algériens n'iront pas voter. C'est pire que le retrait des candidats en 99. Les élections ne sont pas seulement un moyen légal formel de prendre le pouvoir, elles sont surtout un moyen politique de légitimation de ceux qui le détiennent. Le pouvoir travaille actuellement à atténuer le coût politique de ce revers. Sans légitimité, il reste la matraque mais le peuple ne s'est pas résigné. et la combativité sociale est impressionnante. L'ampleur des marches pour  Ghaza, les slogans virulents contre le régime et ses alliés montrent qu'une transcroissance des émeutes sociales en révolte politique est possible. Et cela n'a rien à voir avec un complot islamiste. 

 

5.  Vous ne participez pas à cette présidentielle, mais vous n'appelez pas, non plus, au boycott. N'y a-t-il pas de contradiction?

Nous appelons boycott l'empêchement par le peuple des élections antidémocratiques, comme en 2002 en Kabylie. Pouvons nous transformer la rage des jeunes et leur non participation annoncée en un boycott ?

Il n'a pas été possible, non plus, de présenter une candidature dans les conditions de black out total et de limitation drastique à l'activité publique nécessaire des militants.

Le PST appelle à ne pas participer.

 

6.  Revenons à la vie organique du PST. Par quoi peut-on expliquer le manque d'activités et de présence sur la scène politique?

Certes nous ne sommes pas satisfaits de ne pas être plus efficaces et plus forts pour représenter les millions de jeunes et de travailleurs actuellement désorientés. Nous avons des adhérents dans plus de 30 wilayas, nos militants agissent toute l'année dans les luttes sociales aux côtés des travailleurs et des jeunes. La trace médiatique est dérisoire.

Nos récents forums sur le 5 octobre 88, sur la crise du capitalisme mondial, sur l'avenir syndical en hommage à Redouane Osmane ont eu droit à quelques lignes dans la presse. Nos syndicalistes sont incontournables dans les syndicats autonomes comme dans l'UGTA, nos jeunes animent des associations, nos militantes sont à l'avant garde des campagnes contre les violences, contre le code. Notre contribution sur la révision constitutionnelle est évoquée dans un seul article. L'absence d'écho médiatique entrave certes notre essor. Les jeunes doivent savoir qu'il existe un parti différent des autres, le PST, qui agit dans la société. Des militants bénévoles pour leurs idées sur qui on peut toujours compter. 

 

La dérive monarchique a isolé le régime et ses institutions

Entretien avec Chawki Salhi porte parole du PST paru dans El Watan du 3 février 2009

Le PST a rendu publique dimanche sa décision de ne pas participer aux prochaines présidentielles. Quels sont les arguments de votre décision ?

La confrontation électorale est déloyale, le rouleau compresseur de la propagande officielle unilatérale s'est déclenché en 2005. Des milliards investis de façon irrationnelle, un recours systématique aux entreprises étrangères détruisant les capacités nationales avec un objectif : tenir l'échéance électorale de 2009. Nous avons examiné la possibilité de transformer le désintérêt massif des Algériens en boycott et aussi celle d'une candidature pour dire notre combat démocratique et antilibéral. 

 

Et qu’avez-vous à répondre au Premier ministre Ahmed Ouyahia qui déclarait récemment que personne n'a été empêché de se porter candidat  ?
On interdit l'expression politique des Algériens qui ne peuvent manifester, s'organiser, passer à la TV que dans le cadre du soutien au 3ème mandat. On interdit aux courants politiques de se construire en les privant de marches dans la capitale en imposant des procédures lourdes pour leurs activités. On interdit le renouvellement politique en empêchant la création de nouveaux journaux, de nouveaux partis, en réservant la candidature à neuf partis seulement, en interpellant les diffuseurs de déclarations en empêchant les associations en harcelant les syndicats, les grévistes.

 

Les formations politiques de l’opposition et l’intelligentsia n’ont-elles pas contribué à leur propre exclusion du jeu de l’alternance en désertant la scène?

Question pertinente. Question douloureuse. Le boycott dans la tradition des socialistes c'est l'empêchement des élections jugées antidémocratiques comme en 2002 en Kabylie. C'est une alternative concrète. Nous avons jugés préférable de proposer une action démocratique et une campagne antilibérale du parti. 


Malgré sa crise apparente, le régime qu’incarne le Président Bouteflika semble plus que jamais décidé à maintenir sa feuille de route électorale ? 

Les institutions ultra présidentielles autant que les traditions politiques favorisent la personnalisation et l'émergence d'un personnage bonapartiste. Il y a au sein du régime une unanimité apparente autour de la réélection de Bouteflika, alors sourdent les rivalités et les dures luttes de succession depuis sa maladie. Tant que la société ne produira pas une force politique assez puissante pour les arrêter pourquoi voulez vous qu'ils aient des scrupules démocratiques. C'est ainsi à travers le monde. En plus la dérive monarchique produit un entêtement qui isole de plus en plus le régime et ses institutions.

 

Quels risques peut comporter selon-vous la perspective d’un 3ème mandat ?

Le problème n'est pas tant dans le nombre de mandats que dans les pouvoirs exorbitants du détenteur du mandat. La dérive monarchique est le principal problème


Pensez-vous que «la rue algérienne est politiquement en grève» comme l’écrivit à la Une El Khabar il y a quelques jours ?

Les Algériens et notamment les jeunes ne se reconnaissent plus dans les institutions, ils ont divorcé d'avec  les représentations politiques même celles d'opposition ils vomissent les pratiques politiques des notabilités bourgeoises. Cette négation de l'existant n'est pas une expression positive, une proposition alternative. On y trouve la cohabitation d'un discours néo-colonial désespérant de l'avenir du pays et d'une protestation radicale mais confuse contre l'émergence arrogante d'une bourgeoisie.


Vous appelez dans votre conférence de presse à la « convergence » des luttes politiques et sociales, et aussi « à construire une alternative » par delà l’échéance présidentielle du 2 avril ?

 

Le PST propose à tous les partis à tous ceux qui s'opposent à la dérive autoritaire et à la fermeture progressive du champ politique de converger dans une action pour les libertés politiques et syndicales. C'est un travail ponctuel dans cette campagne qui peut se prolonger dans une bataille démocratique au delà du vote du 2 avril. C'est différent de l'appel à constituer une alternative démocratique antilibérale qui redonnerait de l'espoir aux jeunes et aux masses populaires. La plupart des partis d'opposition sont libéraux et divergeront avec le projet politique que les socialistes proposent aux syndicalistes aux militants de gauche etc.. Mais rien n'empêche de converger sur des points démocratiques précis dans la diversité des projets politiques.

Vous dites que les cadres de lutte politique traditionnels, les « grands partis » de l’opposition se sont effondrés durant la décennie 90.

La coalition présidentielle a eu les suffrages d'un Algérien sur sept. Les islamistes ont régressé malgré une religiosité massive, les partis démocrates se sont effondrés et notamment en Kabylie depuis 2001. Il pourrait y avoir une émergence populiste temporaire ou le redéploiement d'une nouvelle impasse islamiste. Nous, socialistes, anticapitalistes, nous ne sommes pas encore la représentation consciente de la protestation démocratique et sociale. Mais on peut le devenir et c'est même la seule chance pour offrir une issue à nos masses populaires. Nous y travaillons avec tous les militants qui se définissent dans une perspective démocratique antiimpérialiste antilibérale.

 

Des contacts, dans ce sens, vont être entrepris ou le sont déjà par le PST avec certaines formations politiques de l’opposition, sur quel Smig politique ?

Les marxistes ont un vieux principe frapper ensemble marcher séparément. Au lieu de philosopher sur le régime autoritaire nous proposons d'agir ensemble autour de points précis levée des entraves à l'exercice syndical et politique levée des entraves à la vie associative et à l'expression organisée des citoyens levée des obstacles aux manifestations aux grèves aux diffusions militantes. Liberté de créer un journal, droit d'accès au médias publics service public étendu à tous les médias d'information... Mais aussi, pour changer les règles injustes du jeu politique, élection au terme d'une période de confrontation politique loyale d'une Assemblée constituante porteuse des aspirations des masses.

L'éclatement actuel peut compliquer un regroupement il n'empêche pas une convergence autour de points précis.

 

   

Halte au massacre des Palestiniens !

Pour le respect de leurs droits nationaux légitimes !

Les raids meurtriers de l'aviation sioniste sur Ghaza, le spectacle odieux de ces centaines de morts, de ces milliers de vies meurtries et de ces destructions s'étale sur nos écrans. Le soutien agressif des USA, le positionnement pro israélien de l'UE et de l'ONU, les flots de propagande occidentale viennent démontrer, encore une fois, l'inhumanité de l'ordre impérialiste dominant et démentir ses prétentions démocratiques.

Le bombardement de population civiles vient s'ajouter à la longue liste de crimes de guerre sionistes que les puissances de la planète couvrent de leur bénédiction. Le blocus de Ghaza non plus n'a pas suscité l'inquiétude du monde alors que les palestiniens prisonniers de Ghaza étaient privés de nourriture, de médicaments et d'électricité.

Après avoir joué des divisions palestiniennes et évacué Ghaza pour affaiblir Ramallah, après avoir exigé des élections pour disqualifier leurs interlocuteurs, voilà qu'Israël bombarde et menace d'une incursion terrestre pour extirper Hamas de Ghaza comme hier elle assiégeait les bureaux de Arafat à la Mouqataa. Le véritable objectif est de gagner du temps. Car, de jour en jour, les colons confisquent de nouvelles terres et l'espoir de 86 d'un petit Etat palestinien sur la Cisjordanie et Ghaza se complique.

L'indignation sélective des donneurs de leçon en démocratie et en droits de l'homme continuera à légitimer les crimes actuels d'Israël au nom de crimes semblables passés dont sont innocents les Palestiniens. On menace des foudres du TPI les dictateurs du tiers monde surtout quand ils désobéissent à quelque injonction des banquiers occidentaux, mais l'armée israélienne bombarde, affame et tue impunément des civils et assassine sans procès, en direct à la TV, de présumés combattants.

Où sont les défenseurs des droits humains ? Les Palestiniens n'ont ils pas le droit à la vie, à la nourriture, aux soins médicaux, à des logements qu'on ne détruit pas. Comment peut on prétendre à l'humanité quand on refuse ses droits nationaux légitimes au peuple palestinien spolié de ses terres depuis la Nakba de 1948 par le colonialisme israélien ? Comment se réclamer de la démocratie et ne pas rejeter l'Etat sioniste basé sur l'appartenance ethnique, sur l'appartenance à une communauté religieuse ? Comment se taire devant l'odieux régime d'apartheid imposé aux Palestiniens, privés d'une vie décente et cantonnés dans des poussières de territoire, sans liberté de se déplacer dans des territoires privés de port, d'aéroport ou même d'accès terrestre libre au monde extérieur. Comment ne pas s'indigner de l'extension des colonies qui dépossèdent les Palestiniens pendant que les réfugiés chassés par le nettoyage ethnique de 1948 se voient refuser le droit au retour.

Les Etats arabes, si prompts à convoquer le patriotisme national ou la fraternité régionale pour se légitimer ou pour réprimer nos luttes sociales et démocratiques, se complaisent dans une passivité complice quand ils ne participent pas activement à administrer la prison de Ghaza. Pourtant l'Etat colonial d'Israël, gendarme impérialiste pour l'ensemble du Moyen orient, est l'ennemi de tous les peuples de la région. Le peuple algérien, lui, est empêché de manifester sa colère unanime dans les rues de nos villes par un pouvoir autoritaire qui ne permet que les cérémonies d'allégeance. Mais la désorientation des masses est notre principale faiblesse. Il faut agir, il faut s'organiser et s'unir et, d'abord, reconquérir, le droit de manifester notre solidarité dans nos rues :

Pour imposer le respect du droit à la vie et les droits humains élémentaires du peuple palestinien.

Pour exiger l'arrêt immédiat des massacres et des destructions ! L'arrêt du blocus alimentaire !

Pour que cesse l'impunité et l'arrogance des criminels de guerre israéliens et mettre en échec leurs soutiens impérialistes d'Europe et des USA !

Pour exiger de notre gouvernement le droit de manifester notre solidarité dans nos rues !

Pour que cesse la complicité passive et parfois active des gouvernements arabes

Pour exiger le boycott des réunions de l'UPM ou serait présent Israël

Pour demander l'arrêt concerté des exportations pétrolières !

Non au régime d'apartheid sioniste ! Pour la reconnaissance des droits nationaux palestiniens !

Pour le droit des Palestiniens à un Etat national démocratique, pour le droit au retour des réfugiés !

Pour une Palestine unie et socialiste !

SN du PST, le 1er janvier 2009

 

Résistance et dignité du peuple palestinien

 

C’est à la faveur de l'obscurité qu’Israël  a lancé samedi soir une opération terrestre dans la bande de Gaza, une semaine jour pour jour après le déclenchement de raids aériens massifs contre la population palestinienne. Selon les informations, des colonnes de blindés appuyés par des hélicoptères ont franchi la clôture frontalière à partir de quatre directions dans le nord de cette petite enclave surpeuplée. Ce ne sera pas une simple excursion. Cette offensive terrestre « serait de longue durée » a déclaré le porte parole de l’armée israélienne.  "Nous parlons ici de longs, long jours", a-t-il avoué.

 

 Hypocrisie et lâcheté

Le motif avancé pour cette nouvelle  offensive dévastatrice est le droit légitime à la défense, en réponse aux roquettes que des militants palestiniens lancent sur le territoire israélien. Un porte-parole de l’armée israélienne, en confirmant l'incursion, précise qu'il s'agissait de s'emparer de secteurs à partir desquels les activistes palestiniens lancent des roquettes sur le sud d'Israël. "L'objectif consiste à détruire les infrastructures terroristes sur le théâtre des opérations", a expliqué la commandante Avital Leibovitch.

Dans le même élan, l’Union européenne, par la bouche de sa nouvelle présidence tchèque,  a qualifié l'opération terrestre d'Israël d'action "défensive, et non offensive"."A l'heure actuelle et à la lumière des événements des jours derniers, nous estimons que cette mesure constitue une action défensive, et non offensive", a déclaré à Prague Jiri Putuznik, porte-parole de la présidence tchèque.

 Depuis le début de l'offensive israélienne le 27 décembre, les roquettes palestiniennes ont tué quatre Israéliens, bien mis en évidence par les médias européens. Il y a eu même des enfants qui ont eu peur et n’ont pas été à l’école pendant une demi journée, selon toujours les médias européens. Les bombardements israéliens ont pour leur part fait 446 morts et plus de 2.000 blessés dans la population gazaouie, selon les Nations unies. De tous les observateurs c’est la  pire attaque sur la Palestine depuis 40 ans. De ces chiffres macabres, 300 des 2000 blessés sont dans un état grave. La plupart des morts et des blessés sont des civils, selon divers médias,  dont la majorité est des femmes et des enfants. Des F-16 fournis par les États-Unis et des hélicoptères Apache ont largué plus de 100 missiles et plus de 100 tonnes de bombes sur presque tous les  quartiers de la bande de Gaza, qui est un des endroits ayant une des plus grande densité de population de la planète avec ses 1.5 million d’habitants vivants sur 360 kilomètres carré. Israël a réalisé un véritable holocauste en frappant des postes de police, des centres médicaux, des écoles, des centres universitaires,  des symboles de puissance publique, des infrastructures de base, des résidences.

Lucidité et courage

Qui peut croire à cette hypocrisie devant cette barbarie réalisée par la troisième force aérienne du monde contre une population civile et sans défense. Seuls les naïfs, les imbéciles et les complices du carnage font semblant d y croire. Les complices et les naïfs existent malheureusement parmi les plus proches des palestiniens. Mahmoud Abbas lui-même, relayé par le président égyptien, accusent les résistants palestiniens d’aventurisme pour avoir rompu les conventions les engageant dans la voix de la paix !!!. Le courage et la lucidité nous vient de l’intérieur d’Israël, par la voix du militant socialiste et porte parole du Centre d'Information Alternative, M. Warshamski.  « Il faut le dire et le répéter », écrit-il  dans une déclaration signée la 1° janvier de Jérusalem, « le carnage de Gaza n'est pas une réaction "disproportionnée" aux roquettes que tirent les militants du Jihad Islamiste et autres groupuscules palestiniens  sur les localités israéliennes proches de la Bande de Gaza, mais une action préméditée et préparée de longue date, ce que reconnaissent d'ailleurs la plupart des commentateurs israéliens. Il faut le dire et le répéter: ces tirs de roquettes ne sont pas, comme veulent nous le faire croire certains diplomates européens, des "provocations que rien ne peut expliquer", mais des ripostes, assez dérisoires il faut le reconnaître, à un embargo sauvage imposé par Israël, depuis un an et demie, au million et demie de résidents de la Bande de Gaza, femmes, enfants, vieillards compris, avec la collaboration criminelle des Etats-Unis mais aussi de l'Europe. Il faut le dire et le répéter: il ne s'agit  pas, comme on essaie de l'expliquer à tous ceux qui ont la mémoire courte ou sélective, un acte d'auto-défense, longtemps retardé, face à une agression palestinienne que rien ne justifiait. Ehoud Barak l'avoue sans problème, cela fait des mois que l'armée israélienne se préparait à frapper l'"entité terroriste" dénommée Gaza. Comme l'expliquait avec pertinence Richard Falk, rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme dans les territoires occupés, quand on définit comme "entité terroriste" une zone peuplée par un million et demie d'êtres humains, on entre dans la logique du génocide ».

Résistance et dignité

Malgré ce pilonnage, les combattants palestiniens poursuivent leurs tirs de roquettes sur l'Etat sioniste. Quatorze projectiles se sont abattus sur le territoire israélien et deux personnes ont été blessées dans la ville d'Ashdod. Risible face aux centaines de victimes causées par l’armée israélienne. Pourtant, seule la résistance paye. Il faut agir, il faut s'organiser et s'unir et, d'abord, reconquérir, le droit de manifester notre solidarité dans nos rues, pour crier haut et fort le droit des Palestiniens à la dignité dans un Etat national démocratique.

 

Nadir u haddad

Le 04 janvier 2009

              Non à un troisième mandat libéral et répressif

L’annonce de Bouteflika, à cinq mois des présidentielles, d’une révision constitutionnelle imminente, demeure trop vague. Elle appelle néanmoins des remarques de principe sur un plan démocratique.

 Le Président annonce une réforme des équilibres entre les institutions, sans référendum, par l’article 176, alors que cet article énonce expressément que ces équilibres ne peuvent être changés par le seul vote du parlement.

 Pour autant, la tenue d’un référendum dans les conditions politiques actuelles n’aurait rien de la consultation du peuple. Le monopole sur les médias lourds, la quasi impossibilité d’obtenir un agrément pour un journal, pour la moindre association ou pour un parti, fut il créé par un ex premier ministre, notable du régime, les entraves à l’exercice du droit syndical du droit de grève et du droit de manifester, les pressions sur les médias et les organisations agréées, il ne reste pas beaucoup de place pour l’expression libre et souveraine du peuple.

 Nous ne savons pas encore le détail de la révision mais une remarque préliminaire s’impose : l’esprit et la lettre de la constituion actuellement en vigueur sont violés continûment. L’état d’urgence depuis 17 ans et la gestion par ordonnance prive le parlement de toute attribution réelle violant l’esprit de la Constitution qui les conçoit comme dispositif d’urgence à ratifier au plus vite. La fixation du cours du baril à 19 puis 37 dollars, sans rapport avec la réalité économique, fait échapper l’essentiel des dépenses de l’Etat au contrôle à priori des élus du peuple. Enfin et surtout, deux chefs de gouvernements successifs, Belkhadem et Ouyahia se sont dérobés à l’obligation constitutionnelle clairement énoncée de soumettre leur programme à l’approbation de l’APN et à présenter un bilan annuel au débat et la censure du parlement. Quand on ne respecte pas les lois actuelles, leur modification apparaît dérisoire. .

Nous sommes inquiets sur le souci annoncé de défendre les institutions ou les valeurs du pays qui ne nous semblent aucunement menacées. Cela augure de mesures d’intimidation contre la liberté d’expression des citoyens.

La réforme la plus grave est celle, évoquée précédemment, de l’équilibre des institutions. Sans connaître le détail proposé, notre inquiétude est la dérive monarchique engagée par le pouvoir alors que la démocratie recommanderait au contraire d’amender en sens contraire l’édifice, outrageusement présidentiel, de notre constitution actuelle.

Bouteflika parle d’assurer la liberté de choix du peuple. Mais la seule liberté envisagée semble être celle de le choisir, lui, pour un troisième mandat. Il y a pourtant tant de libertés autrement plus essentielles qui manquent au citoyen. L'expérience de son pouvoir autoritaire au profit d'une politique ultra libérale, au service des grandes puissances, fait notre opposition à son troisième mandat plus déterminée encore que notre opposition à son premier et à son deuxième mandat. 

En attendant de connaître le texte exact, il est clair que la garantie d’une présence féminine dans les assemblées élues correspond à une demande démocratique légitime des militantes féministes. Que vient faire cet amendement dans cette réforme ? Tout le peuple sait que la révision est entièrement dédiée à la satisfaction des ambitions présidentielles, celle d’un troisième mandat et celle de la codification de ses pleins pouvoirs ?

En tout cas, l’annonce de la révision constitutionnelle termine une longue farce qui a déshonoré la coalition gouvernementale, les deux chambres et toute la société civile du président. Enfin les soutiens de la révision et de la ouhda thalitha qui monopolisent l’expression politique sauront enfin dans quelques jours ce qu’ils ont soutenu avec une ferveur indécente depuis plusieurs années.

  SN du PST. Alger le 29 octobre 2008

 

Crise du leadership américain et résistances en Amérique latine

 La crise des économies des pays capitalistes développés est aujourd’hui patente notamment dans son volet financier. Elle touche essentiellement les Etats-Unis d’Amériques et par voie de conséquence l’Europe avec les répercussions sur les pays dépendants et dominés. Elle dévoile les limites du système libéral et avec elles le leadership des USA et son rôle de gendarme du monde. L’enlisement militaire de cette dernière au Moyen Orient (Iraq), la réapparition de la Russie qui veut jouer le rôle d’un troisième impérialisme concurrençant ainsi l’Europe et les USA, et l’arrivée de la Chine sur cet échiquier sont  autant de signes qui accentuent cette tendance.

Recomposition impérialiste :

Face à cette situation une logique d’affirmation nationale se met en place. Il y d’abord les USA qui s’accrochent et qui rappellent à chaque occasion, par des menaces et des guerres, leur leadership acquis depuis la deuxième guerre mondiale. Il y a ensuite la Russie qui, depuis Poutine, tente de rétablir le rôle de puissance politique et militaire qu’elle avait au temps de la guerre froide. La Chine constitue une force « émergente » qui, sans avoir la force militaire et politique des premiers, est en train de s’imposer dans le monde ne serait-ce au niveau économique. Il y a bien sûr le vieux continent. L’Europe reste une force impérialiste. Mais elle est traversée par un certains nombre de contradictions qui risquent de l’affaiblir à terme. L’affirmation de sa puissance économique et financière par l’Euro constitue par la même occasion son point faible. Le leadership allemand et français dans cette logique d’unification monétaire a tendance à exclure les économies périphériques, notamment l’Espagne, l’Italie historiquement plus développés que les bourgeoisies des ex-pays de l’Est qui ne sont pas encore en mesure d’affirmer quoi que soit. Un retour vers les monnaies nationales n’est pas à exclure qui se traduira sur le plan politique par un nationalisme chauvin et peut être même fascisant.

 Du coté des dominés, la situation est plus problématique et ambiguë. Face aux visées impérialistes de plus en plus aigues pour l’exploitation de son énergie pétrolière et gazière le Moyen Orient s’engouffre dans le piège des « guerres de civilisation » dans lequel l’idéologie américaine et occidentale en complicité avec les cultures religieuses des classes dominantes locales le cadenasse. Les peuples en pleines luttes persévérantes et justes, à l’image de la lutte palestinienne et irakienne, n’arrivent malheureusement pas à dégager une perspective révolutionnaire et démocratique.

C’est en Amérique Latine qu’un espoir de changement démocratique, social et même socialiste s’esquisse. Les réactions intempestives de Chavez aux manœuvres de déstabilisation américaines, le renvoie par Morales de l’ambassade américaine avec le soutien de la communauté des pays de la région à l’initiative sont autant de signes qui marquent la tension politique et diplomatique grandissante avec les yankees et renforce une dynamique de construction démocratique et sociale indépendante. Pour comprendre ce mouvement essayons d’esquisser les grandes lignes d’un développement bien sûr inégal qui structurent l’ensemble des pays de la région.

Trois alternatives :

Ce qui donne le caractère unitaire à l’Amérique latine c’est moins une lecture idéologique d’une histoire commune que la définition d’un devenir commun en cours d’élaboration. On effet on assiste aujourd’hui dans cette région du monde à une tendance généralisée à la conception de programmes nationalistes en termes régionaux. Cette attitude prédomine autant chez les classes dominantes que parmi les organisations populaires qui perçoivent la nécessité dévaluer leurs revendications à l’échelle régionale. Cette dynamique est traversée par trois types de gouvernement qui prédominent actuellement : les conservateurs (Uribe en Colombie), les centre-gauche (Lula au Brésil et Krichner en Argentine), les socialisants, ou plus exactement, les nationalistes radicaux (Chavez au Venezuela). Ces trois variantes ne font bien sûr que proposer une typologie générale qui sert de référence comparative. Elle permet de distinguer des orientations dans un cadre où prédominent largement des situations intermédiaires. Cette classification est construite suivant les critères de leurs politiques concrètes : leur politique économique, leurs relation avec les Etats-Unis, la position de l’establishment et les réformes sociales.

Sur le plan économique, trois alternatives s’affrontent. Celle d’Uribe, renforcée par les victoires des conservateurs au Honduras, au Mexique et au Salvador, est une politique ouvertement néolibérale. Elle est explicitement proaméricaine avec un fort assentiment des classes dominantes. Celle de Lula et de Kirchner suit un cours néo développementiste, avec une tendance plus libérale chez le brésilien et beaucoup d’oscillation chez leurs alliés au Pérou et au Chili. Ils ont des relations ambiguës avec l’impérialisme. Enfin, Chavez incarne une politique plus étatiste avec quelques hésitations chez son allié Morales mais plus d’affirmation en Equateur. Leurs relations avec les Etats-Unis et les bourgeoisies locales sont conflictuelles. Ces trois projets d’intégration en cours comprennent respectivement des projets stratégiques de relance du néolibéralisme dans le projet de la zone de libre échange (ZLEA), de régulation du capitalisme dans le projet d’un marché commun (Mercusor) et de gestation de forme de coopération solidaire compatible avec le socialisme dans l’alternative bolivarienne pour l’Amérique (ALBA). Tout porte à croire que les deux camps centre gauche et les nationalistes radicaux sont proches, dans la mesure où les deux camps se déclarent idéologiquement à gauche. Pourtant la différence est assez importante. Elle s’affiche dans leur rapport avec l’impérialisme, les conflits avec les capitalistes locaux et leur allant pour l’action populaire.

 De ces trois orientations qui s’affrontent le néo dévelopementisme qui se veut centriste constitue la tendance dominante plus sécurisante notamment pour les classes dominantes. Elle pronostique sur le plan théorique que la construction du socialisme sera précédée d’une longue période capitaliste préalable. Elle prétend développer cette phase avec des politiques protectionnistes, afin d’améliorer la capacité compétitive de la région. Dans les faits, c’est ce dernier objectif qui attire plusieurs secteurs des classes bourgeoises et les amènent à engager un virage nationaliste et à se rapprocher de cette dynamique néo développementiste surtout devant le déclin de l’orthodoxie néolibérale à l’aune de la crise actuelle. Tendance qui n’est d’ailleurs pas incompatible avec certaines normes du libéralisme économique. Elle cautionne l’exercice budgétaire obligatoire, les remboursements anticipés aux créanciers et la thésaurisation improductive des réserves. Ces mesures ne sont pas des actes de prudence économiques, mais des mesures soutenues par les financiers qui supervisent l’utilisation des ressources publiques.   

Conquêtes démocratiques inégales :

L’importance politique qui caractérise ce sous-continent américain réside dans l’importance des libertés démocratiques acquises par des luttes politiques et sociales ces vingt dernières années. Sur le plan de l’exercice du pouvoir, les trois types de gouvernement partagent le même système politique, du moins dans la forme. Les dictatures qu’exerçaient les forces armées ont disparu. Une pratique constitutionnelle s’est imposée partout mais inégalement respectée et son application est variable. (Venezuela et Mexique). Mais, dans cette pratique, on retrouve un poids important du pouvoir exécutif derrière le président. Les militaires n’opèrent plus comme une force de choc directe mais comme une réserve latente pour des situations de crise. La répression est toutefois plus féroce chez les conservateurs avec un terrorisme d’Etat (Colombie). Dans le centre gauche (Brésil), les structures répressives sont reléguées au second plan. Elles sont en revanche beaucoup moins brutales, avec un encadrement politique et bureaucratique par en haut, chez les nationalistes (Venezuela).

Mais ces conquêtes démocratiques restent marquées par une certaine instabilité institutionnelle. L’émergence d’un constitutionalisme qui se veut une transition manque de l'appui d’un capitalisme florissant qui prédominait par exemple en Europe après guerre et encore plus de la stabilité connue par l’Espagne, le Portugal ou la Grèce post dictatoriale. Cette absence a empêché les conditions minimales de stabilité qui entourent un régime politique durable.  

Historiquement le poids du présidentialisme obéit à la virulence des crises régionales. Ces crises sont assez répétitives et dévastatrice qu’elles ont imposé l’instauration de formes très personnalisées de direction de l’Etat (on peut se rappeler de De Gaulle, Churchill….). Cette tendance n’est pas le résultat d’ambitions démesurées. Elle est le résultat de la fragilité dominante dans tous les recoins du capitalisme périphérique qui utilise cette forme de pouvoir pour permettre et garantir la continuité de l’accumulation. Mais le sens concret de chaque type de présidentialisme dépend du caractère conservateur, centre gauche ou nationaliste du gouvernement. La similitude du comportement ne doit pas occulter les objectifs divergents qui les différencient. Il est impossible de comprendre le caractère fragile de la république si on utilise des critères exclusivement institutionnels, si on renonce à l’utilisation de certains concepts fondamentaux- comme dépendance, impérialisme ou capitalisme… Pour dépasser cette situation seule une redéfinition et l’approfondissement de concept de démocratie reste d’actualité.

Optimisme et raison :

Or, à ce niveau, beaucoup de choses reste à faire. Entre le chemin institutionnel et les organismes parallèles de pouvoir populaire, la conjoncture actuelle de l’Amérique Latine invite à clarifier tous les sujets à travers des controverses franches et respectueuses. C’est le moment d’assumer les réalisations et de tirer le bilan des limites avec une attitude critique et enthousiaste. L’optimisme de la raison a toujours été un moteur puissant de la lutte socialiste. L’objectif reste celui de déraciner l’exploitation et non d'arracher le pouvoir à un groupe puissant pour le transférer à ses rivaux.

 Nadir U.H 

Pour plus d'information sur l'Amérique latine il y a bien sur tous les textes d'Imprecor qui ont servis de base bibliographique mais aussi des numéros du Monde Diplomatique.

 

 

               Il y a 54 ans, le 1er novembre

«NOVEMBRE 1954 est un moment essentiel du combat de l’humanité pour abolir l’oppression coloniale. Il vient des résistances du passé, il vient de l’ENA, nourrie des espoirs d’Octobre 1917, il porte l’idée nationale préservée dans l’adversité par le PPA au sein d’un mouvement national pluriel qui en irrigue la société. En ces temps de culpabilisation des peuples et d’autoflagellation, rappelons que notre peuple de parias était exclu de Bab El-Oued et de Gambetta, cantonné aux emplois non qualifiés et à la misère des campagnes. En ces temps de reprise en main des richesses pétrolières et d’asservissement économique, Novembre est d’actualité contre la reconquête coloniale, au-delà du reniement de ses rentiers et des limites de son expression d’alors.» ? Chawki Salhi, SG du PST - paru dans le quotidien le jeune indépendant du samedi 1er novembre 2008 

 

 

PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS

PST 27 Boulevard Zirout Youcef, Alger. Tel 021 73 61 41. 071 97 49 39  tel/fax 021 71 47 72. Email [email protected]   Siteweb : www.pst-dz.org

 

 

20 ans après le 5 octobre 88

Que reste t-il de nos acquis démocratiques et de nos aspirations sociales ?

 

Il y a 20 ans exactement, le 5 octobre 1988, un mouvement national de protestation populaire ébranlait la dictature, forçait l'ouverture politique et imposait des acquis démocratiques aujourd'hui menacés.

Le 5 octobre culminait une tradition d’explosions spontanées de la jeunesse inaugurée par le printemps berbère de 80 prolongé à Béjaia en 81. Au long d’une décennie marquée par la répression brutale des grévistes de Rouiba et Beni Mered en 82 et par le reflux étudiant, les jeunes ont bougé sur des objectifs sociaux et démocratiques à Oran en 82, à la Casbah en 85, à Constantine, Sétif, Annaba, Ain Beida en 86.

En 1988, la révolte de la jeunesse était le débouché d’une vague de grèves ouvrières commencée à SNVI Rouiba le 3 juillet et reprise en septembre pour faire appliquer les promesses. D’un atelier combatif à l’ensemble du complexe, de celui-ci à l’ensemble de la zone industrielle de Rouiba, les grèves s’étaient étendues, par contagion, d'abord à la zone industrielle de Oued Smar puis à la zone d’El Harrach puis enfin aux unités industrielles d’Hussein dey, Belcourt et Alger centre.

Après les affrontements du 4 octobre à Bachdjarah et Bab el Oued, des manifestations violentes surviennent mercredi 5 octobre dans la matinée à Alger centre et s’étendent en après midi aux quartiers périphériques. Jeudi matin, toute la Mitidja est en mouvement notamment dans les sites de recasement des victimes de l’opération débidonvilisation. Vendredi Soir, à la TV, Khediri, ministre de l’intérieur, reconnaît son impuissance devant une révolte devenue nationale.

La répression s'est acharnée sur les adolescents, bastonnés, violés, castrés, assassinés... Elle a nourri la rage inextinguible des jeunes qui a chanté ses martyrs et construit ses comités de quartier à Ain Taya, Bab el Oued, Ain Bénian, Dély Brahim etc… Ni les brigades anti-émeutes, ni le déploiement de l’armée, ni les tireurs mystérieux n’ont empêché les manifestations quotidiennes qui n'ont cessé qu'après la promesse de réformes politiques concédée par Chadli le 10 octobre, au soir des tirs meurtriers devant la DGSN.

La tentative de quelques figures islamistes de rejoindre le mouvement pour le chevaucher, par l'initiative de la marche du 10 octobre, n’a pas pas rallié les jeunes à l'islamisme. La répression politique a plutôt concerné la gauche, interpellant nos camarades, ou enlevant ces deux cent syndicalistes ou pagsistes sauvagement torturés à la veille du 5 octobre. Car la manœuvre politique du pouvoir visait à utiliser la révolte des humbles contre la politique antisociale de la dictature afin de délégitimer l'étatisme économique et permettre l’infitah, l'ouverture libérale, le pillage du patrimoine public.

 

L'organisation de la riposte démocratique du peuple est due à la gauche GCR/PST PAGS, ORT, OST, MCA, syndicalistes.... Son principal levier était le puissant mouvement estudiantin né de la longue grève générale de 180 000 étudiants en 1987 et majoritairement animé par notre parti, nommé alors le GCR. Le défunt Redouane Osmane en était la figure de proue. Du grand meeting du 3 novembre 88 à Bouzarea répercuté par la presse mondiale à l'immense manifestation du 24 novembre 88, Place du premier mai, contrainte par le dispositif policier à se replier sur la fac centrale, du rassemblement au stade Oukil Ramdane à Tizi le 25 novembre aux actions universitaires de Constantine et d'Oran, cette jeunesse organisée en Comité contre la répression et la torture a animé les rues de ses diffusions et marqué de sa présence active et militante les autres initiatives démocratiques comme l’AG de la LADDH à l'Atlas ou les actions du comité contre la torture et la grande manif de Bab ezzouar.

Les militants de notre parti ont rejoint ces actions de masse, là où ils étaient présents, initiant même la première marche de Béjaia. Sur le mot d'ordre "élargir la brèche dans le mur de la dictature", ils ont coordonné les comités de quartier à Alger, dés la mi-octobre, occupé les premieres tribunes publiques qui s'offraient (Cité de jeunes filles, sciences politiques, babezzouar, coordination universitaire) car la liberté n'existe que si l'on s'en sert. Ils ont oeuvré patiemment à reconstruire le MCB et son 2ème séminaire de l'été 89. En avril 89, ils participent à l'occupation de la Maison du peuple et y initient une coordination syndicale de plus en plus influente. Nos militantes, actives sur tous les fronts, ont aidé à la création de noyaux féministes dans une dizaine de wilaya, initié la rencontre de decembre 88 à Bouzarea, calomniée par une campagne intégriste, travaillé au rassemblement de novembre 89 et au succès des 8 mars 89 et 90.

Mais la riposte démocratique s'est heurtée à l'absence de tradition aprés 26 ans de dictature et à la faiblesse des noyaux militants au sortir de la clandestinité face à la répression étatique qui s'est acharnée à nous contenir, à nous réduire, à nous étouffer pour rétablir le désert politique. Dans ce silence, les prêches enflammés qui continuaient dans quelques mosquées ont permis peu à peu aux intégristes de prendre l'hégémonie sur la jeunesse révoltée puis sur une société meurtrie dont les aspirations sociales n'étaient pas satisfaites par les débuts d'entr'ouverture politique.

 

Refusant aux travailleurs aux jeunes et aux masses populaires le rôle d’acteurs dans leur propre histoire, Mr Ouyahia après Mr Hamrouche n'y voient que complot de l'ombre, sans fournir, en 20 ans, le moindre indice. Les complots policiers, inévitables, sont dérisoires au regard du déferlement radical de centaines de milliers de jeunes, soutenus par toute la population, protestant contre la dégradation des conditions sociales et ripostant à la répression jusqu'à imposer l'ouverture d'une nouvelle période politique.

Car les acquis démocratiques ne sont pas le fruit des velléités d'ouverture de Khediri et Chadli, soucieux d'éviter l'explosion d'une société privée d'expression, ils ne sont pas dus aux calculs de la droite libérale réformatrice soucieuse de déstabiliser le bloc social au pouvoir, rétif à l'infitah. Et ce, même si les divergences au sommet ont fait parfois hésiter le bras de la répression et ouvert un espace. Les collectifs ont activé avant l'agrément de leurs associations ; les partis ont envahi la scène avant que le pouvoir ne consente des tendances au sein du FLN !!!, bien avant la loi "sur les associations à caractère politique" de juillet 89 ; les tracts, les journaux ont circulé avant la loi sur l'information. La pression populaire, le sacrifice des jeunes, leur détermination contre les tortionnaires ont imposé nos acquis démocratiques.

Mais les aspirations sociales qui ont fait les grèves de septembre et les émeutes d'octobre n'ont pas été satisfaites. Les jeunes du 5 octobre sont sortis dans les rues comme à l'appel des grèves ouvrières qui se généralisaient. Ils n'ont pas trouvé de repère adulte à la mesure des espoirs sociaux. Le retard de construction politique les a privés d'une direction politique socialiste voire progressiste et même de substitut syndical. C'est ce vide que les intégristes ont fini par occuper.

20 ans aprés, la régression sociale entreprise par les réformateurs libéraux de Hamrouche, radicalisée par le PAS du FMI se trouve aggravée encore par la politique ultra-libérale de Bouteflika. Les conditions sociales sont pires qu'en 88. Les grévistes de 88 ont perdu leurs acquis sociaux, souvent leur emploi, parfois leur entreprise et sont livrés à la précarisation et aux emplois non déclarés. La jeunesse des hittistes est remplacée par celle des gardiens de parking, des emplois au quart du SMIG et des harraguas.

 

Malgré la tragédie des années 90 et la désorientation qu'il a provoquée parmi les secteurs populaires qui s'étaient fourvoyés dans l'impasse islamiste, malgré l'effondrement social mis en oeuvre par le libéralisme et son effet désagrégateur sur le corps social, beaucoup de conquêtes d'octobre sont encore là aprés 17 ans d'état d'urgence et la pression intégriste liberticide. Les gouvernements successifs essaient de démanteler les lois de démocratie surveillée concédées par Chadli pour passer à la démocratie des sociétés de vigiles et des associations de soutien. Les plus audacieux n'entrevoient de libertés que pour les partis de notables et pour les élites cooptées par la "communauté internationale" des puissances. Car le projet libéral nécessite un ordre politique autoritaire. Le peuple qu'on veut dépouiller doit être privé de pouvoir, privé de parole. Mais la société n'a pas abdiqué. Et nos libertés d'expression de manifestation de grève sont à chaque fois reconquises par les pétroliers ou les enseignants, par le mouvement populaire de 2001 ou par les jeunes de Ain Fekroun, de Ouargla ou de Tiaret. Les grondements du peuple sinistré de Ghardaïa n'obtiennent pas seulement les budgets massifs de la reconstruction. Ils contribuent au rapport de force démocratique qui maintient nos libertés et les reconquiert. Car les acquis d'octobre ne disparaitront que si nous les laissons disparaître ! Quant aux aspirations sociales des jeunes du 05 octobre, l'Algérie de 2008 nous en a éloignés. Elles nécessitent un grand parti démocratique et socialiste au service des libertés populaires et des besoins sociaux des travailleurs et des masses populaires.

SN du PST. Alger, le 05 octobre 2008

 

Il y a 20 ans le 5 octobre 88      Analyses, témoignages, débat

Jeudi 09 octobre 2008 à 14h au siège du PST 27 Boulevard Zirout Youcef, Alger

 

   

Entre patriotisme économique et politique libérale

Impasse du libéralisme algérien !

  C’est une rentrée sociale « patriotique », du moins dans son volet économique que nous livre le chef de l’Etat et son équipe gouvernementale. Le même gouvernement qui, rappelons-le, ne jurait que par la religion libérale et même ultra libérale depuis le règne de son chef suprême Bouteflika.

C’est d’abord ce dernier qui annonce l’amorce d’un changement dans son discours prononcé lors de sa rencontre d’été avec les maires en  reconnaissant « s’être trompé » en matière de stratégie économique. Il a estimé entre autres que « les investissements étrangers n’ont pas toujours été dans l’intérêt de l’Etat algérien », que les entreprises étrangères ont réalisé de très bonnes performances sans pour autant apporter une quelconque valeur ajoutée à l’Algérie. C’est ensuite par un certain nombre de décisions auxquelles on assiste qu’une réorientation de la politique économique semble se concrétiser. On souligne ainsi un changement de cap dans l’instauration de l’incessibilité du foncier industriel appartenant à l’Etat ainsi que dans la décision relative aux projets d’investissement impliquant des capitaux étrangers dans lesquels l’Algérie entend, à l’avenir, détenir la majorité du capital. Cette dernière mesure est elle liée à la vente d’Orascom Cement, propriété du milliardaire Nassef Sawiris, frère de Naguib Sawiris, au groupe français Lafarge pour un montant de 8,8 milliards d’euros sans que l’Etat algérien n’ait été informé au préalable ? En tout cas, il a fallu un scandale patent, scandale toutefois normal compte tenu de la légalité libérale, pendant que d’autres restent latents pour que nos dirigeants se rendent compte que la souveraineté de l’Etat algérien est malmenée.

On constate par ailleurs un revirement sur plusieurs dossiers sensibles. Il y a par exemple la volonté d'introduire de nouvelles règles du jeu pour l'activité des banques étrangères que Bouteflika a confirmé lors de sa réunion consacrée au secteur des finances. Elles seront désormais tenues, au terme d’un cahier de charges qui doit être élaboré, de réserver une partie de leur capital au financement des investissements productifs au lieu « de se contenter d’accompagner le commerce et de financer les crédits à la consommation » dira-t-il. Il y a aussi la décision de taxer des véhicules neufs et de 15 % les bénéfices des entreprises étrangères transférés hors du pays. Nous pouvons souligner aussi le niet prononcé par le président de la république sur la création des « fonds souverains » en faisant valoir à juste titre que les besoins d'investissements nationaux sont suffisamment importants pour ne pas y avoir recours.

Toutes ces annonces confirment que la tendance est à un serrage de vis après des années de libre marché, c’est-à-dire de laisser faire et de quasi préférence aux investissements directs étrangers. Une sorte de préférence nationale économique se met donc en place. S’agit-ils de simples mesures conjoncturelles avec comme arrière-fond des échéances électorales ? Il est vrai qu’un «nationalisme économique» est redevenu mieux «vendable» à l'opinion qu'un discours libéral comptant démesurément sur les I.D.E pour relancer la machine économique. Mais si c’est le cas, cette découverte tardive de l'échec des politiques économiques suivies marque la fin des illusions libérales et comporte ne serait-ce au niveau du discours une attitude qui relève du bon sens.

En réalité, la conjoncture algérienne marquée par l’échéance électorale de l’année 2009 coïncide avec une situation mondiale marquée par un marasme qui affecte l’économie mondiale et en premier lieu l’économie américaine. Economie qui, faut-il le rappeler, est présentée souvent comme l’exemple parfait de la bonne santé de la concurrence libérale. La crise, dite des «subprimes», partie des Etats-Unis, a été le phénomène déclencheur de celle qui affecte les plus importantes économies mondiales. Elle a mis à nu les effets corrosifs que la spéculation sans retenue ni garde-fous peut avoir sur ces économies. Même les théoriciens les plus acharnés de l'ultra libéralisme, qui font la part belle aux spéculations financières, reconnaissent ce fait. Mais ils préfèrent minimiser la gravité de la situation en tablant sur la conjoncture difficile et en pariant sur les capacités du système à faire redémarrer la machine économique, américaine d'abord et mondiale ensuite, en faisant appel à….l’Etat dit providence, c’est-à-dire concrètement aux finances publics après avoir essayé en vain le dumping par des « fonds souverains ».

Seulement, les indicateurs de ces économies stagnent au rouge, provoquant l'affolement des responsables politiques, et, plus grave encore, la paupérisation rampante de leurs sociétés. Au point que l'administration américaine, pourtant fervente adepte de l'ultra libéralisme, n'hésite plus à transgresser ses dogmes en prenant des mesures au contenu en totale antinomie avec ces derniers.

Mais la crise n’est pas seulement mondiale. Elle est aussi nationale. Avec un taux de chômage qui frôle les 15%, une inflation galopante et un coût de la vie qui a augmenté de prés de 5% au cours du 1er semestre 2008, le marasme social ne fait qu’enfler. Et on s’étonne encore que les émeutes marquent le quotidien algérien.  Il est, dès lors, plus qu’urgent pour le gouvernement de M. Ouyahia de calmer le front social, et d'obtenir un répit politique au moins jusqu'aux prochaines élections présidentielles, qui doivent être organisées dans un climat social apaisé, sinon maîtrisé.

 En elle-même, la mesure annoncée dans l'article 59 de la loi de finances 2009 qui « vise à accorder au gouvernement, à travers le Trésor public, une autorisation permanente en matière d’assainissement financier des entreprises publiques déstructurées » est bonne à prendre. Les entreprises publiques industrielles algériennes, du moins ce qui reste, auront de ce fait des possibilités d‘engager le processus nécessaire de développement et de croissance qui devrait leur permettre de s'adapter aux nouvelles exigences du marché. Elle aura sauvé bien des emplois et elle aura le mérite de rappeler aux esprits incrédules que le recours à l’investissement public n’a rien d’idéologique. Il est le seul et dernier rempart avant l’écroulement.

Bouteflika surfe donc sur une situation d’instabilité et du déclin du libéralisme qui a fait des ravages dans certaines sociétés et provoqué des crises d’instabilité chronique dans d’autres et qui risque de l’emporter et avec lui le pays tout entier. C’est dans ce contexte qu’il fait son mea culpa et fait appel à sa seule béquille assez solide pour l’instant, la souveraineté de ses fonds, à défaut de faire appel à son peuple comme c’est le cas en Amérique latine. Ce correctif de la voie ultra libérale empruntée par le capitalisme algérien jusqu'à maintenant, qu’engage aujourd’hui le régime Bouteflika trouve son explication dans cette crise mondiale qui pointe le nez. Par peur d’enlisement dans cette spirale, peut-il s’engager pour autant dans une dynamique de sauvegarde de ce qui reste de l’économie nationale ? Il y a de quoi rester sceptique et même critique sur certains aspects de la démarche quand on voit la manière antidémocratique et le mépris avec lesquels le chef de l’Etat avec le même personnel nargue la population.

 La démarche s’inscrit nécessairement dans la durée avec des projections programmatiques au-delà de 2009 puisqu’elle défini les grandes lignes d’un programme qui couvre la période allant de 2009 à 2014 avec toutefois un fort clin d’œil à la campagne électorale qui s’annonce. Notons au passage que ce comportement est à l’antithèse des deux précédentes campagnes présidentielles. Signe des temps, les temps des crises capitalistes. C’est au moins ça de gagné.

 

Nadir u haddad

Le 22/09/08

 

  

 

Bolivie  Vénézuela solidarité ! 

Evo Morales qui vient de se voir renouveler la confiance populaire avec plus de 67% des suffrages fait l'objet d'une tentative de déstabilisation. Sa politique au service des couches les plus pauvres de la population et au servie des populations indiennes opprimées déplait à Washington et à Bruxelles. Peut on pardonner au régime qui a osé nationaliser son pétrole à 82% ? Une offensive US, basée sur les élites blanches racistes, notamment dans certaines provinces riches, entend saper l'autorité d'Evo Morales. Des bandes fascistes s'attaquent aux indiens et installent un climat de guerre civile. Un dangereux processus sécessionniste veut dépecer la Bolivie et d'autres pays qui comme le Vénézuela résistent aux exactions impérialistes et refusent le pillage. 

Le PST est solidaire de ce front de résistance qui a contribué à redonner un peu d'espoir aux peuples du monde entier. Bas les pattes devant la Bolivie et le Vénézuela ! Chawki 18 septembre 2008

 

XXème anniversaire du soulèvement populaire du 05 octobre 1988

Une rentrée sociale qui promet

Travailleurs du Bâtiment et du gardiennage de Skikda, personnels des bases pétrolières, enseignants contractuels, chantiers chinois de l'autoroute à Bouira, ouvriers de la cotonnerie de Draa Ben Khedda,  ont animé le front social cet été. Des émeutiers ici et là , de nouvelles vagues de harraguas ont continué à signifier le désespoir de la jeunesse. La rentrée bruit de rumeurs qui n'ont pas besoin de chef d'orchestre clandestin : la grande hargua, un nouveau 5 octobre.. Plus concrètement on attend une nouvelle mobilisation enseignante contre le statut particulier, de nouveau les contractuels et de nouveau les travailleurs de l'autoroute de Bouira... Rendez vous début octobre !  B. D. 18 septembre 2008

 

Autocritique de Bouteflika

Un 3ème mandat pour réparer les erreurs commises durant le 2ème. 

Depuis son discours aux chefs de l'armée en juin 2006, Bouteflika multiplie les critiques sentencieuses à la politique de suicide économique qu'il inflige, lui même, à l'Algérie depuis des années. Mais après l'amendement apporté à sa loi sur les hydrocarbures qui demeure une menace grave pour l'économie nationale, nous n'avons eu droit qu'à des déclarations d'intention. Et le pillage a continué. A quelques mois de l'élection présidentielle, le ton se fait plus ferme lors de l'autocritique de juillet 2008, une partie du secteur public se voit épargnée par la liquidation et des mesures de containment de l'investissement étranger sont prises. Que faut il en penser ? 

Si nous prenons acte de mesures qui marquent un renoncement au dirigisme "libéral" en faveur de l'impérialisme, nous n'en sommes pas satisfaits pour autant. La distribution de concessions pétrolières par l'Analft, le bradage des richesses minières contredisent les beaux discours patriotiques quand le gouvernement de la zone verte, de Maliki, refuse en Irak le régime des concessions. La perte de monopole de Sonelgaz de Naftal nous prépare des lendemains néo-coloniaux. La dissolution des EPLF prolonge la destruction de nos capacités de réalisation. Le bradage des unités de SN métal continue l'effondrement de notre industrie. Le projet géant de production d'ammoniac pose la question habituelle : pourquoi la compétence technique de Sonatrach et l'argent de cinq banques algériennes ont-t-il besoin d'Orascom ? Faudra t'il attendre le cinq juillet 2011 pour entendre Bouteflika ou son successeur exprimer des regrets ? 

Bouteflika et son équipe avouent avoir échoué dans tous les domaines : pétrole, investissement étranger, industrie, agriculture etc... mais il nous demande un 3ème mandat pour réparer les graves erreurs de son 2ème mandat. 

Les ambassades occidentales s'inquiètent de cette" régression" !!! Comment ? Contrôler les investisseurs désintéressés de la "communauté internationale" ? Faire payer des impôts sur les bénéfices rapatriés ? Shocking ! Si ce n'était la cagnotte juteuse des contrats du plan de soutien à la relance on serait plus méchants...  

Les travailleurs n'ont pas la même critique du nouveau cours de Bouteflika ! Les premières mesures annoncées ne changent pas radicalement la réalité du pillage qui continue dans une économie livrée sans protection aux exportations subventionnées de l'UE et offerte à l'OMC. Des entreprises sont bradées ou liquidées chaque jour ! Nous ne voulons pas du pillage contrôlé qui est proposé. Exigeons un gel immédiat des privatisations ! Un gel immédiat des concessions prévues par la loi sur les hydrocarbures ! Le rétablissement immédiat des monopoles étatiques sur les services publics ! La nationalisation des banques des assurances et des secteurs stratégiques ! Chawki 18 septembre 2008

 

 

 Une délégation du PST à l'université d'été de la LCR

Les camarades Chawki Salhi et Nadir Djermoune du SN du PST ont participé à la dernière université d'été de la LCR qui s'est conclue par une journée consacrée aux ateliers sur le programme du Nouveau Parti Anticapitaliste NPA. 1500 participants ont animé une centaine d'activités  balayant des thèmes comme le bilan de mai 68, les questions internationales l'économie, la culture, l'écologie, l'initiation au marxisme et la formation des élus..

Daniel Bensaid a promené son érudition et sa subtilité à travers la relecture du capital de Marx la remise en perspective de la question du parti et autres questionnements. La lucidité et la fidélité des vétérans de 68, la qualité des jeunes animateurs tout cela promet.. Le meeting central a fait plage pleine avec Olivier Besancenot et tous ces jeunes travailleurs (euses) qui résistent farouchement aux projets de Sarkozy Merkel et Bush. Congrès du NPA Janvier 2009. 

L'atelier Luttes sociales et politiques en Algérie était animé par Salhi Chawki, Nadir Djermoune de la direction du PST et modéré par Cathy Billard de la direction de la LCR. D.B. 28 août 2008. Plus d'infos sur le site de la LCR

La société algérienne est traversée de conflits sociaux. Ceux-ci sont le soubassement d’une vie politique que les caricatures exotiques présentées sur le mode paternaliste par la presse impérialiste ne permettent pas de saisir. Mouvement radical de libération nationale des années 50, politique dévelopementiste des années 70, particularisme amazigh depuis le printemps berbère de 80, mouvement intégriste islamique des années 90, tournant libéral agressif des années 2000 et résistances sociales d’abord victorieuses. Rien ne se comprend sans les moyens de l’analyse marxiste. Rien, pas même le désespoir qui envahit notre jeunesse qui explose en émeutes sporadiques et qui fuit sur des barques de fortune une vie privée d’avenir, dans une Algérie qui prête 120 milliards de dollars à des taux dérisoires aux banques centrales des pays riches.  ND SC 06 août 2008

 

Un passage de la conférence dans cette vidéo de la LCR

L'université d'été une école de formation

Voir la vidéo

une interview réalisée par LCR Marseille


interview de Chawki Salhi du PST algerien
envoyé par lcrmarseille

 


interview de Chawki Salhi du PST algerien partie 2
envoyé par lcrmarseille

 

PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS

PST 27 Boulevard Zirout Youcef, Alger.  Tel : 021 71 47 72 - email : [email protected] - siteweb : www.pst-dz.org

 

Résistons à l’offensive libérale !

Une autre politique est possible ! Un autre monde est possible !

 

L’Algérie vit ce paradoxe de moyens  financiers inouïs avec 60 milliards de dollars qui dorment dans les banques occidentales et une richesse insolente qui s’affiche dans nos villes, pendant que la majorité  laborieuse de notre peuple  s’enfonce dans une régression sociale programmée. Alors que les puissances impérialistes mettent en œuvre leur arsenal militaire pour reconquérir le monde, pour effacer le souvenir des luttes nationales et pour écraser les noyaux industriels indépendants, le pouvoir de Bouteflika cède pacifiquement aux multinationales le contrôle des richesses du pays et réalise par avance tous leurs voeux.

 

Alors que les USA ont interdit le rachat d’une petite entreprise  pétrolière UNOCAL pour des raisons de « sécurité nationale », les entreprises étrangères contrôlent déjà prés d’un tiers de la production pétrolière avant même la mise en œuvre de la loi sur les hydrocarbures.

Alors que l’UE et les Etats-Unis ont imposé des quotas au textile chinois, le marché national est ouvert à une concurrence déloyale des plus puissants de la planète avant même l’entrée à l’OMC. Alors que la France se mobilise pour empêcher Pepsico d’acheter Danone, notre économie productive continue d’être démantelée ou bradée. Ceux qui s’opposent au projet de l’indien Mittal de contrôler la sidérurgie européenne sont les mêmes qui l’ont applaudi  quand il a pris El Hadjar.

Alors que les diplomates des grandes puissances démarchent pour obtenir des contrats à leurs propres entreprises, on dissout Batos (ex DNC) à la veille de bâtir un million de logements !

Le gigantesque programme d’investissement obtenu par les grèves et les révoltes populaires de 2001 est, comme nous le craignions, une distribution de contrats juteux aux entreprises européennes américaines ou chinoises au lieu d’être l’occasion de développer la capacité productive du pays. Face à cette complaisance, les prestations sont proposées pour des sommes mirifiques. Les capitalistes nationaux brimés ont de beaux restes quand un seul industriel bénéficie d’un prêt bancaire sans garantie équivalent au montant nécessaire pour prendre en charge les augmentations générées par l’abrogation du fameux article 87bis.  

Alors qu’à Cancun comme à Hong Kong des Etats du Sud ont résisté à la libéralisation des services, Bouteflika, lui, a donné la gestion de l’eau au groupe Suez pour un prix astronomique, l’aéroport d’Alger, le seul rentable avec Hassi Messaoud, est confié aux aéroports de Paris. L’activité portuaire est démonopolisée pour s’offrir aux opérateurs impérialistes. Sonatrach cherche un partenaire français pour concurrencer Air Algérie et Mittal veut la voie ferrée Annaba Tebessa, qui procure l’essentiel des ressources de la SNTF.

Mais le pillage n’est pas fini. Le FMI exige la privatisation des banques pour contrôler directement l’économie. Les concessions pétrolières sont annoncées en Mars 2006…

 

Le capitalisme n’est pas une solution pour l’humanité. Le miracle libéral a un secret : augmenter les profits en payant le travailleur moins cher, en supprimant la protection sociale et les droits sociaux conquis par un siècle de luttes ouvrières, en abolissant les droits nationaux obtenus par les luttes de libération.   

Le programme antisocial cynique de la mondialisation libérale a un alibi : créer les conditions pour attirer les investisseurs étrangers. D’abord abaisser le coût du travail. Réduire nos salaires et les charges liées à la protection sociale. Réduire les droits des travailleurs pour les mettre à la merci des employeurs. Réduire la liberté des opprimés pour empêcher nos protestations et désorganiser notre résistance.

L’humanité vit ce paradoxe d’une prodigieuse progression de la technologie et de la productivité du travail plongeant dans le désarroi et parfois la misère une part considérable de la population du globe jusque et y compris au cœur des métropoles les plus prospères. Jamais l’humanité n’a eu tant de moyens pour rendre possible un autre monde débarrassé de l’exploitation et de la misère. La seule force de l’offensive libérale réside dans notre faiblesse, dans le reflux des résistances sociales et nationales. Elle se situe dans la lenteur de la recomposition du mouvement ouvrier mondial après l’effondrement du bloc stalinien et dans le retard de la reconstruction de l’avant-garde anticapitaliste malgré l’ampleur des mobilisations de la jeunesse altermondialiste. Il faut reconstruire nos instruments syndicaux et politiques, reconstruire une internationale de masse pour organiser notre résistance et relancer la perspective socialiste.

Toutes et tous avec le PST pour bâtir

une alternative de résistance et de lutte démocratique, antilibérale et anti-impérialiste.


PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS

PST 27 Boulevard Zirout Youcef, Alger.  Tel : 021 71 47 72 - email : [email protected] - siteweb : www.pst-dz.org

 

TOUS ENSEMBLE, LUTTONS

Pour nos emplois et nos salaires et nos libertés

Pour une politique au service des besoins sociaux

 

L’abstention massive du 29 septembre a marqué une perte de légitimité spectaculaire du régime Bouteflika et un renouveau des luttes sociales. Certes la maladie présidentielle a ensuite provoqué un certain attentisme. Elle a réveillé une peur du chaos qui indique l’absence d’une alternative crédible. Mais cette crise n’a pas empêché les révoltes populaires comme les actions syndicales de se multiplier, sans égard pour le calendrier électoral, sans toujours se préoccuper des mises en scène et des sorties publiques du Président.

Le retrait prolongé de Bouteflika a révélé une concentration des pouvoirs contraire à la démocratie, mettant à nu l’inconsistance et l’inutilité des différentes instances qui meublent le paysage institutionnel. La coalition présidentielle organisée pour partager les miettes et les privilèges procurés par le pouvoir du Bonaparte sauveur de la nation s’est déchirée dans des surenchères dérisoires. Majoritaires au parlement et au gouvernement, ils réclament l’augmentation de nos salaires après avoir voté une loi des finances qui ne les augmente pas et après avoir soutenu une action présidentielle au service de la mondialisation libérale. Ces partis qui monopolisent l’ensemble de l’édifice institutionnel se sont trouvés à la fois incapables de constater l’évidence de l’empêchement prolongé du président comme ils se sont révélés impuissants à gérer ensemble la mise en œuvre d’un programme politique présidentiel réclamé comme patrimoine commun.

 

De nouveau, les révoltes populaires exhument le désarroi de populations abandonnées sans perspective d’emploi et sans espoir d’une prise en charge des besoins sociaux les plus pressants. La lourdeur scandaleuse des peines de prison qui continuent d’accabler les jeunes d’Arzew à Tindouf, n’empêche pas les protestations de se renouveler. L’absence de solidarité est inacceptable.  

Les travailleurs du textile, du cuir, de l’agro alimentaire et du bâtiment tous promis à la liquidation ont continué à exiger leurs arriérés de salaires. Si la promesse récente de leur donner satisfaction en échange de la fermeture d’une bonne partie des unités concernées n’a pas provoqué plus de colère parmi ces nouveaux « liquidés », c’est que nous les avons laissé seuls à leur désespoir.

Les luttes de la coordination des ports contre la libéralisation des services portuaires sont au cœur de la résistance à la mondialisation libérale. Ces luttes ne peuvent aboutir sans la mobilisation de tous.

Les grèves massives de l’enseignement par delà les grades et les appartenances syndicales, la lutte des vétérinaires, et des enseignants du supérieur, la mobilisation du secteur de la formation professionnelle et l’effervescence dans le secteur des finances, témoignent de l’impatience de l’ensemble des fonctionnaires. Elles posent le problème d’une riposte unitaire, d’une grève générale de la fonction publique. Elles soulignent la nécessité d’un instrument syndical à la mesure des aspirations des travailleurs.

 

La combativité renaissante des travailleurs et de la jeunesse ne doit pas s’épuiser dans des luttes partielles isolées, il faut bâtir des traditions de solidarité pour empêcher la répression qui s’abat sur les émeutiers, pour éviter que l’intimidation judiciaire ne décourage nos mobilisations. Car les attaques contre les libertés démocratiques, syndicales et le droit de grève sont partie intégrante d’une politique libérale qui entend remettre en cause nos acquis sociaux. Il faut unir nos colères pour imposer un rapport de force suffisant afin d’imposer le rétablissement de notre pouvoir d’achat par l’augmentation de nos salaires. Il faut impliquer l’ensemble des travailleurs dans la défense de nos emplois. Il faut abroger la loi sur les hydrocarbures, rétablir le contrôle sur les secteurs stratégiques de l’économie et défendre notre économie.

La résistance des travailleurs a pu longtemps empêcher les privatisations, préserver les richesses pétrolières et imposer  la protection du marché national. La passivité actuelle ne provient pas d’un accord ou d’un consentement du peuple au libéralisme. Elle signifie seulement le désarmement politique des masses qui ne savent quelle réponse claire et crédible opposer au projet libéral et à son programme anti-social agressif. Il faut rebâtir une perspective politique au service des besoins sociaux des masses populaires.

 

SN du PST

Alger, le 23 Février 2006

 

 

PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS

PST 27 Boulevard Zirout Youcef, Alger.  email [email protected] siteweb : www.pst-dz.org  

Les masses veulent autre chose que les solutions libérales !

Alors que la maladie de Bouteflika attise les rivalités au sommet depuis plusieurs mois, alors que le désaveu populaire infligé au projet plébiscitaire du 29 septembre réveille une contestation sociale multiforme, les élections partielles de Kabylie confirment un refus massif des travailleurs et des masses populaires d'adhérer aux solutions politiques libérales proposées.

70% des électeurs ont refusé d’appuyer les programmes et les bilans politiques des partis en lice. Ils n'ont pas oublié les aspirations démocratiques et sociales du mouvement populaire de 2001.

La prééminence du FFS, la remontée du RCD sont vaines. L'absence de majorité installe dans l'instabilité la plupart des APC déjà affaiblies dans leurs pouvoirs par le nouveau code communal.

Au delà des jeux de l'administration qui produit un bulletin de vote impraticable pour les illettrés, le FLN (5% des inscrits) et le RND (2,4%) n'ont émergé que par l'énorme recul en voix du FFS (8,9%) et du RCD (6,1%). Pour la même raison, le PT, avec sa campagne "pour sauver l'Etat", reste visible malgré ses 2,1%.

12% à Tizi  ville, 15% à El Kseur et 19% à Béjaïa, les suffrages exprimés n'atteignent 30% des inscrits sur les deux wilayas que grâce aux luttes clientélistes et claniques  dans quelques communes.

Ce premier scrutin sans incident depuis 2001,  n'a donc pas permis la normalisation politique, échouant à encadrer la population dans les partis de la coalition présidentielle ou  les partis démocratiques kabyles.

Après le refus massif du chèque en blanc à Bouteflika, le 29 septembre, les électeurs de Kabylie délivrent, ce 24 novembre, le même message que les révoltes populaires qui éclatent d'Arzew à Bordj Menaiel, de Laghouat à Kalitous et Mila, sans se soucier du calendrier électoral, ils expriment la même attente que les salariés de tous les secteurs qui préparent leurs grèves sans se préoccuper du psychodrame FLN- RND. Ouyahia l'a bien compris quand il  s'empresse de promettre à Sidi Said une augmentation des salaires … après la tripartite de Février.

Il faut une perspective à la mesure de ces attentes. Vite ! Car les désaveux électoraux successifs n'ont pas ralenti la privatisation qui continue avec la mise en vente d'ENIP filiale Sonatrach à 100%, les émeutes qui se succèdent, malgré la dureté des condamnations, n'ont pas encore imposé la priorisation des besoins sociaux.

Il faut une mobilisation sociale puissante pour stopper le projet libéral de liquidation des acquis sociaux et nationaux.

Il faut un programme politique au service des travailleurs et des masses. populaires.

SN du PST Alger, le 27 novembre 2005

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Kabylie : le PST appelle à l’abstention

 Les élections locales partielles de Kabylie constituent pour le pouvoir une étape dans la marche à la normalisation pour effacer le souvenir du printemps 2001.

A la veille d’un scrutin censé désigner les représentants de la population, les négociations avec des « arouchs » sans représentativité, indiquent bien que la démocratie n’est pas le but.

Le PST avait décidé de ne pas présenter de candidat à ces élections.

  Nous ne pouvons reporter nos voix sur le FFS et le RCD car nous ne pouvons pas proposer leur programme aux masses populaires comme alternative à la politique du pouvoir, au-delà de convergences concrètes sur certains combats démocratiques. Leur gestion locale est une expérience concrète faite par les masses de leur politique et cette pratique bourgeoise de la politique, assez semblable à celle qui sévit dans les autres régions du pays, a clairement été décriée par le mouvement populaire de 2001. Cet écoeurement  est d’ailleurs à la base du désintérêt massif qui existe pour l’instant.

  Nous ne pouvons appeler à voter pour le PT car ses proclamations antilibérales ne sont pas conséquentes : Louisa soutient sans faille la légitimité du Bonaparte qui met en place l’agression libérale la plus vive.  Son « front national » qui fait mine de se préoccuper de la spoliation nationale en cours, est inoffensif pour la coalition Bouteflika qui met en œuvre cette spoliation. La référence à la nation est juste là pour camoufler sa campagne chauvine de 2001 qui visait l’isolement du mouvement populaire. 

  Nous ne pouvons oublier les espoirs du mouvement populaire et les revendications exprimées par les jeunes pour la dignité démocratique et la satisfaction des besoins sociaux.. L’absence d’enthousiasme unanime pour le rendez vous du 24 novembre, rappelle la nécessité d’une alternative puissante et crédible prenant en charge les aspirations des masses populaires. 

Le PST appelle à l’abstention dans les élections locales partielles de Kabylie.

 Alger le 20 novembre 2005     ChawkiSalhi     Porte parole du PST 

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Après les résultats du référendum sur la Charte

 

A en croire les chiffres du ministre de l’intérieur plus de quatre millions d’Algériens soit 23% des Algériens n’ont pas dit oui à la paix au bonheur et  à la prospérité. Le simple bon sens permet de rejeter ce résultat.

Quand à dire que prés de 77% des électeurs ont approuvé le projet de Charte présenté par Bouteflika, c’est absolument contraire à ce que nous avons observé le 29 septembre.

Tous les témoignages militants confirment que les régions  les plus affectées par la décennie sanglante se sont massivement abstenues de voter. A Bentalha, Rais, comme à Bab el Oued, Ben Aknoun et Baraki., tous démentent aussi ce chiffre absurde de 71 % brandi pour Alger. La participation en Kabylie, évidemment surestimée, est plus proche de zéro que de 11%.

A Constantine, Annaba Mostaganem et Oran et dans toutes les autres régions où la participation est certes moins faible, il n’y a aucun enthousiasme. La télé n’a pas beaucoup trouvé de jeunes à nous montrer. Avant comme après le scrutin, presque personne ne parle de la charte, pas même ceux qui ont voté pour le projet.

 

Malgré une campagne scandaleusement unilatérale, malgré l’intimidation et la réquisition des moyens de l’état, malgré les milliards procurés par le cours du baril, c’est un pitoyable échec pour le président, réélu il y a à peine 18 mois, réduit à se fabriquer un triomphe factice. Le profil bas affiché au lendemain du scrutin indique que le ministre de l’intérieur semble avoir pris la mesure du désenchantement populaire. Les gouvernants pourraient avoir compris que le matraquage médiatique et l’intimidation ont commencé à faire fondre le crédit de Bouteflika.. En tout état de cause une fuite en avant autoritaire pourrait ouvrir une crise encore plus criante malgré les moyens  financiers colossaux.

 

Enfin le soutien empressé à l’ Algérie des 55 milliards de dollars de contrats, déconsidère les leçons de démocratie données par les grandes puissances impérialistes.

 

Rarement les travailleurs et les masses populaires ont été si désarmés politiquement, désorientés par les opportunistes comme Louisa, si démunis d’instruments politiques, de moyens organisationnels pour la défense de leurs intérêts. Pourtant, cette massive prise de distance populaire à l’égard du sauveur de la Nation est une bonne nouvelle, une fin d’état de grâce qui pourrait libérer les luttes sociales.

 

Car les menaces qui pèsent sur la survie de notre économie productive, le danger imminent qui guette nos richesses pétrolières, les projets explicites de démantèlement de nos acquis sociaux et de notre système de protection sociale ne peuvent être stoppés que par la mobilisation sociale. Seul l’établissement, par nos luttes, d’un rapport de forces plus favorable peut stopper l’agression contre nos acquis sociaux et imposer une autre politique, une politique démocratique et anti-libérale, celle des travailleurs et des masses populaires.

SN du PST, Alger, le 1er Octobre 2005

 

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 Communiqué

 Le PST appelle au Boycott du référendum !

 La Direction nationale du PST s’est prononcée contre le projet de charte proposé le 29 septembre mais appelle au boycott du référendum.

La DN estime que sans justice et sans vérité cette charte n’éteindra pas le ressentiment légitime des victimes, même légitimement indemnisées. Au sein même de l’unanimité préfabriquée autour d’un oui d’allégeance, il existe un refus massif du contenu de la Charte.

S’il y avait réconciliation nationale, le pouvoir n’aurait pas procédé à cette intimidation du peuple tout entier, à ce matraquage unilatéral à travers toutes les activités de la société, interdisant l’expression dans les médias publics aux nombreuses opinions contradictoires. La déloyauté de la campagne  enlève toute valeur au résultat du vote.

Vraiment, qui peut être contre la paix ? Bouteflika ne propose en réalité ni paix ni réconciliation, il veut un vote massif le 29 qu’il présentera comme un appui à la privatisation dont il avait oublié de nous parler pendant sa campagne de réélection. Il veut un plébiscite pour en faire un chèque en blanc pour sa politique.

Le déroulement de la campagne référendaire exige de mettre au premier plan notre refus de ces pratiques négatrices de la démocratie. C’est pourquoi nous ne nous associerons pas au simulacre de consultation du peuple du 29 septembre.

 

Le PST ne proposera pas de candidats aux élections locales de Kabylie.

Trois ans après, trois ans trop tard, le pouvoir reconnaît l’illégitimité des assemblées locales élues par des scores dérisoires. Mais il ne remet pas en cause les indus élus portés à l’APN par des scores encore plus ridicules.

Après discussion sur la situation de la région et celle du parti,  la Direction nationale a décidé que le PST ne proposera pas de candidats aux élections locales partielles de Kabylie.

 

La DN a réaffirmé l’opposition du PST  aux privatisations, à la loi sur les hydrocarbures et à l’accord d’association avec l’UE !

Les produits subventionnés de l’UE, progressivement exonérés de douane depuis le 1er septembre,  menacent de disparition l’essentiel de l’économie productive nationale hors hydrocarbures, sans même la contrepartie d’une liberté de circulation des personnes ou d’un traitement moins humiliant pour l’attribution des visas. La Banque Mondiale, elle, souhaite le démantèlement de notre système de protection sociale.

Et pendant que cette politique agressive est mise en œuvre contre nos acquis sociaux, pendant qu’on privatise les entreprises et les banques et qu’on menace le pétrole, il nous est proposé un pacte économique et social sans aucune contrepartie offerte aux travailleurs !

 SN du PST, le 24 septembre 2005

 

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Charte : Non au plébiscite !

 Au moment où s’organise la perte de contrôle nationale sur nos entreprises, sur nos infrastructures et sur nos richesses pétrolières au profit des multinationales, on nous propose de voter ce 29 septembre sur une guerre civile qu’on prétendait achevée depuis six ans, « depuis Bouteflika ».

 

Le projet de charte proposé à notre suffrage prétend réaliser la réconciliation nationale. Qui donc se réconcilie ? Le peuple des victimes des groupes armés intégristes réconcilié avec ses bourreaux ? Les familles de disparus avec les auteurs des « dépassements » et autres atteintes aux droits humains ? Les jeunes égarés jusqu’à l’inhumanité avec les responsables de leur exclusion sociale et de leur désespoir ou avec les dirigeants du FIS revenus de leur projet totalitaire ? Non ! On ne se réconcilie pas même avec ceux qui divergeraient pacifiquement, interpellés sur un ton menaçant.

Ce qui nous est proposé se résume, en réalité, à un projet d’amnistie pour les islamistes qui se rendent et d’indemnisation des victimes diverses de la tragédie nationale.

Comment accepter l’amnistie sans justice, sans vérité. Les victimes l’ont déjà dit : comment pardonner à ceux qui ne demandent même pas pardon. On nous a proposé en 99 une démarche d’amnistie et  d’allègement de peine pour honorer des engagements pris lors de la reddition de l’AIS. Quelle perspective militaire concrète justifie ce branle bas national ? La reddition de quelques uns des minoritaires du GSPC ? Quelle garantie que les crimes de sang, viols et massacres exclus de l’amnistie comme en 99, ne seront pas comme en 99 banalisés ?

 

Non décidément le référendum ne vise ni la réconciliation nationale, ni l’amnistie. L’indemnisation légitime de toutes les victimes n’a pas besoin  de la convocation du peuple tout entier. En réalité, Bouteflika, qui, au lendemain de sa réélection, a engagé une périlleuse de dépossession de notre peuple, a besoin d’un plébiscite : Un plébiscite qui le dispense de rendre des comptes pour les choix suicidaires pour lesquels il n’avait pas de mandat populaire. Un plébiscite qui permette d’asseoir sa marche vers un pouvoir autocratique.

 

La révocation des indus élus  de Kabylie, concédée trois ans trop tard, ne résout que les problèmes de Mr Zerhouni. Les mêmes arguments tardifs d’Ouyahia pour délégitimer les élus locaux s’appliquent avec plus de force encore aux élus de l’APN. Mais le but visé n’est pas de donner justice à la population de Kabylie. Il s’agit de normaliser la situation en vue des vote ultérieurs. La plate forme d’El Kseur qui conteste la clochardisation économique du pays propose une indemnité chômage à 50% du SNMG. Le pouvoir continue de rémunérer à moitié du SNMG les emplois jeunes et prétend adopter la plate forme du mouvement populaire de Kabylie.

Les Algériens qui sont interdits de manifester dans les rues de la capitale, qui vivent les entraves à l’exercice des libertés politiques et syndicales, sont invités à se soumettre à une cérémonie de légitimation politique le 29 septembre ! La répression continue d’accabler les jeunes émeutiers et d’intimider les militants syndicalistes mais nous devons applaudir la réconciliation entre tous. Le peuple est appelé à donner par un vote massif une légitimité populaire à Bouteflika qui constituera un chèque en blanc pour toute sa politique économique et ses projets de concentration du pouvoir.

SN du PST. Alger, le 27 08 05.

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1er mai 2005. Construire un mouvement indépendant des travailleurs et des masses populaires

Après des années de résistance au rouleau compresseur libéral, les travailleurs et les masses populaires  n’ont pas encore trouvé de riposte efficace à la dernière offensive du pouvoir qui commence à  privatiser 1200 entreprises publiques et qui précipite la mise en œuvre de la privatisation du secteur des hydrocarbures.

Elu sur une politique qui gèle les projets de privatisation de Temmar et Khelil, qui saupoudre des investissements publics à l’encontre de l’orthodoxie libérale de Benachenhou et qui promet la satisfaction des besoins sociaux des masses, Bouteflika, comme prévu, ne cache plus son jeu. Il revient à l’exécution des instructions du FMI des grandes puissances. Il entreprend de réaliser les rêves des multinationales : démanteler l’embryon d’industrie algérienne indépendante, offrir le marché national aux multinationales, offrir le pétrole algérien aux USA. S’opposer à cette politique ne relève pas d’un nationalisme étriqué.

 

Bien sûr, la mondialisation libérale menace les acquis nationaux des peuples du monde entier. Car la tutelle agressive des Etats-Unis remet en cause les aspirations exprimées dans les luttes nationales 20ème siècle. Elle détruit les maigres acquis de développement économique indépendant pour imposer la recolonisation, la dictature des multinationales. La mondialisation libérale est aussi une agression contre les acquis sociaux des travailleurs du monde entier, et en premier lieu des travailleurs des pays riches. Car l’esclavage salarié proposé dans les pays du Sud « pour attirer les investisseurs étrangers » généralise partout dans le monde la précarité de l’emploi, la flexibilité du travail, la remise en cause du combat séculaire du 1er mai journée internationale de lutte pour la journée de huit heures.

Quand Bouteflika affirme qu’il applique ces « maudites réformes » pour éviter le sort de l’Irak, il apporte un démenti involontaire aux prétentions de la démagogie libérale à procurer le progrès.  Il reconnaît que nous avons raison de nous opposer. Mais ce n’est pas la vraie raison de son aplatissement devant les intérêts US. Les USA n’ont pas le pouvoir d’asservir le monde entier. De petits pays comme l’Ouganda mènent des politiques qui mécontentent les USA, sans parler de Cuba. Dans les négociations de l’OMC à Cancun ou dans les débats du conseil de sécurité des pays ruinés ont résisté à la corruption américaine. L’UE, souvent, s’oppose aux USA. Ceux qui, il y a cinquante ans, ont déclenché l’épopée du mouvement de libération nationale contre la France et l’Otan ne disposaient pas des forces de l’Etat algérien actuel. Loin s’en faut. Bouteflika satisfait les appétits US et les convoitises européennes pour disposer de leur puissant sponsoring dans sa lutte contre ses rivaux algériens. Il devra méditer le sort fait par l’occident à Suharto.

 

Alors que les immenses réserves financières procurées par le cours élevé du baril de pétrole dorment inexploitées, la nouvelle loi sur les hydrocarbures met en place une dénationalisation périlleuse et organise le harcèlement de Sonatrach. Le secteur du mobile a déjà connu cette pseudo concurrence orchestrée par l’ARPT de Mr Tou, qui sabote les projets d’Algérie Télécom pour mettre en place une solide hégémonie d’Orascom. Les conditions légales sont désormais remplies pour permettre de détourner la rente pétrolière au profit des grandes compagnies américaines, ruinant le trésor algérien et menaçant d’une tutelle militaire US étroite sur le Sahara algérien. La mise en garde du FMI qui s’insurge contre l’obligation faite aux bénéficiaires de la grande braderie des privatisations de garder le personnel et de maintenir l’activité économique des entreprises achetées est un aveu éloquent de leur intention de liquider le secteur public.

 

Bouteflika impose aux repreneurs ces exigences minimales des travailleurs car il ne veut pas que la riposte populaire vienne contrarier ses projets. De même, les investissements massifs sont dans la foulée du plan de relance concédé en 2001 aux grévistes et aux émeutiers. Cette rupture avec les conseils de la Banque mondiale relayés par Benachenhou montre que le pouvoir craint encore les luttes des travailleurs et des masses populaires.  Un million de logements ! Oui ! Et même plus. Des routes, des barrages, des hôpitaux, des écoles...Mais au lieu de promouvoir une production nationale performante ce programme quadriennal massif se présente comme un appui à la croissance des tuteurs impérialistes qui défilent à Alger pour prendre des commandes d’équipements, des contrats de réalisations d’infrastructures.

Bouteflika étouffe et démantèle les entreprises publiques du bâtiment dont le bilan à l’épreuve du tremblement de terre de Boumerdes est flatteur, mais il s’étonne de leur absence dans un marché promis aux esclavagistes chinois et aux géants européens et américains comme Halliburton et Bouygues. Il étouffe et prive de financement les entreprises publiques industrielles et s’étonne que les banques aient dix milliards de dollars qui dorment. Il oblige Sonatrach qui finance l’Algérie à recourir à des emprunts extérieurs massifs pour ses investissements pendant que l’argent de l’Algérie dort ; puis il fait mine de s’inquiéter du niveau de la dette extérieure. Il programme la régression de l’outil industriel existant et légalise le trabendo puis il s’étonne que les importations progressent.

Au lieu de sauver Ferrovial à Annaba on sauve Alsthom France, au lieu d’utiliser nos réserves pour une raffinerie géante, on programme la hausse des prix de l’essence afin de permettre à Total de placer ses produits sur notre marché. Au lieu de planifier la construction des cimenteries et des unités de matériaux de construction nécessaires pour produire les millions de logements  nécessaires pour nos enfants, on brade les briqueteries, et les cimenteries et on nous met à la merci d’importations massives.

Un plan d’investissements est une occasion d’industrialiser le pays, une occasion de produire du rail pour les 1200 km de voie ferrée à moderniser, une occasion de développer le plan de charge de SNVI  pour la mise en place des entreprises urbaines de transport. Les gouvernements des pays riches, eux, défendent farouchement leur production et leurs emplois au mépris des règles de l’OMC qu’ils imposent aux pays du Sud.

 

Adossé à une aisance financière procurée par la hausse du pétrole et qui ne doit rien à sa politique, le pouvoir conçoit aussi ces investissements comme un moyen d’endormir le front social. Le temps que finissent l’agitation des chantiers et leurs emplois temporaires, le temps que la fragilité des projets Ansej soit enfin avouée, les travailleurs qui rêvent légitimement d’un logement AADL laisseront faire le démantèlement de l’industrie nationale indépendante au profit de la régression sociale des ateliers de montage ou de l’informel.

A ce titre, l’offensive contre les libertés syndicales et le droit de grève, la sévérité contre les révoltes des jeunes sont aussi importantes que le démantèlement rampant du système de protection sociale.

 

La résistance sociale a su, face aux projets libéraux de Hamrouche à Zeroual, maintenir l’essentiel malgré l’isolement des métallurgistes et l’échec des postiers. Cette résistance qui des grèves de l’UGTA aux révoltes populaires a, depuis 2001, empêché le projet ultra-libéral agressif et maintenu le secteur public, le système de protection sociale, la médecine gratuite, ces luttes dures qui du CNES aux médecins au CLA et CNAPEST ont mis en échec le blocage des salaires, cette combativité semble faire place à l’attentisme et à la passivité.

En réalité les luttes sociales et les résistances syndicales n’ont pas cessé. Malgré les intimidations et la répression sourde la société n’a pas abdiqué. A l’image de la mobilisation d’El Achour et des autres briqueteries, à l’image des révoltes qui ont accompagné il y a quelques mois la distribution des logements sociaux. La coordination des ports, l’ensemble des fédérations UGTA concernées ont dit non à la privatisation, les autres fédérations et syndicats ont rejeté la dépermanisation dans la fonction publique. L’ensemble des syndicats du secteur pétrolier ont rejeté la loi sur les hydrocarbures. Sans se désolidariser de la renonciation de la centrale à combattre cette politique.

Car pour construire une contre offensive à la mesure des menaces, les travailleurs ont besoin de se donner un projet alternatif à la voie libérale qui soit praticable dans le contexte d’une économie mondiale agressive. Empêtrés dans la lutte désespérée pour assurer la survie de leur entreprise, et le maintien de leur emploi, les travailleurs ont besoin de définir une politique alternative qui utilise les immenses ressources procurées par le haut niveau des prix du pétrole pour satisfaire les besoins sociaux, pour développer l’industrie nationale et promouvoir une agriculture qui fasse cesser l’actuelle dépendance alimentaire.

Cette préoccupation est aussi celle des peuples du monde entier et rejoint la révolte des travailleurs et des jeunes dans l’immense mobilisation altermondialiste.  Mais si la résistance sociale prendre, si souvent la forme de l’émeute. Si la résistance syndicale peine à conserver une expression politique centrale, si le maintien d’une culture populiste coexiste avec le vote pour des candidats plus libéraux les uns que les autres, c’est qu’une dimension du combat des travailleurs et des masses populaires souffre d’un grand retard. La protestation populaire a besoin de son propre programme politique, de son propre drapeau. Il nous faut un mouvement politique et syndical des travailleurs indépendant des classes dominantes de leur Etat et de leurs partis ; indépendant des officines idéologiques de l’impérialisme.

 Alger, le 1er mai 2005. Salhi Chawki  Porte parole du PST 

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A propos des privatisations des entreprises publiques économiques et de la loi sur les hydrocarbures. (05 mars 2005)

Cette offensive libérale menace nos acquis sociaux et nationaux. La privatisation exigée par les tuteurs impérialistes vise le démantèlement de l’industrie nationale. Les hydrocarbures sont offerts aux USA comme le confirme l’incroyable aveu de Bouteflika justifiant ces réformes maudites par le souci d’éviter le sort de l’Irak. Depuis 2001, la force de la résistance syndicale et la pression des émeutes ont empêché ces réformes.

Aujourd’hui, l’UGTA qui avait été au cœur de la résistance capitule sans conditions et désorganise les rangs des travailleurs. Car, certes les masses ouvrières et populaires sont démoralisées et désorientées, mais elles sont surtout désorientées politiquement car privées d’une perspective politique indépendante et d’un puissant mouvement politique indépendant.

Salhi Chawki (PST)  

 paru sur Alger Républicain

 

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  Résolution du Secrétariat national du PST

sur la situation politique

  Alors que la campagne pour les présidentielles de 2004 s’accélère, la conjoncture est dominée par l’agression impérialiste en Irak et son occupation coloniale.

Si le contexte mondial est toujours celui de l’émergence, inaugurée à Seattle, d’une résistance de masse à la mondialisation libérale, les attentats du 11septembre sont venus infléchir cette remontée de l’espoir dans l’humanité et ont permis aux grandes puissances de reprendre leur offensive libérale et de relancer la mise en place d’un nouvel ordre mondial au service des multinationales.

Après s’être emparés de l’ Afghanistan et avoir soumis l’espace yougoslave les USA prennent l’ Irak, deuxième réserve mondiale de pétrole, dans la perspective d’une réorganisation de la domination impérialiste dans le Golfe et de la remise en cause de l’OPEP.

Alors qu’une légalité internationale au service des grandes puissances et l’allégeance forcée à ses institutions économiques ruinait, peu à peu, tous les acquis sociaux et nationaux de notre peuple, la guerre coloniale US, au nom d’une mondialisation libérale agressive, instaure de nouveaux rapports de force encore plus menaçants.

Cette opération de gangstérisme international qui a réveillé l’anti-impérialisme des masses algériennes, a provoqué l’alignement de Bouteflika sur le camp des français et l’annonce par Khelil du gel de son projet d’offrir le pétrole aux USA. 

 Les luttes sociales marquent l’actualité nationale

Depuis 2001, la situation nationale est marquée par les grèves et par la survenue endémique d’explosions violentes de la jeunesse à travers le pays qui ont continué malgré le reflux de la révolte populaire d’une Kabylie qui n’est toujours pas normalisée.

Malgré le choc de la chute sans résistance de Baghdad, et l’ouverture en fanfare de la compétition pour les présidentielles, la situation restera marquée par les luttes sociales et par les préoccupations sociales. L’unanimité réalisée autour de la grève générale de l’UGTA pour le retrait du projet de loi de Chakib Khelil sur les hydrocarbures et pour l’abandon de la privatisation massive annoncée par Temmar ne peut qu’être confortée par la leçon de choses irakienne. Une expérience tragique qui a mis à jour le discours anti-impérialiste enfoui dans la mémoire collective des masses populaires.

A l’inverse de 2001, le nouveau recul de Bouteflika opéré depuis fin 2002, ne peut s’expliquer par la seule pression de l’UGTA et de sa grève générale. La protestation est moins puissante, moins radicale qu’il y a deux ans mais plus massive et surtout plus claire dans ses objectifs. Ces luttes menacent sa réélection parce qu’elles révèlent à l’opinion populaire sa politique anti-sociale. Ses adversaires au sein du sérail, les appuient et mobilisent les appareils et la presse. Il reporte donc ses projets les plus agressifs à l’après 2004 et pourrait injecter quelques crédits pour apaiser le front social.

 En 2001, ébranlé par une véritable tempête sociale, Bouteflika a du mettre un coup d’arrêt à sa politique. Il a retiré son projet de loi sur les hydrocarbures après la puissante grève des pétroliers du 20 mars 2001, il a saupoudré les sept milliards de dollars du plan de relance pour calmer les grévistes, multiplié les concessions pour contenir le formidable mouvement populaire du printemps de Kabylie, pour atténuer la colère des émeutiers de tout le pays (logement, emploi, eau..). Il a rétabli la médecine gratuite après les émeutes historiques de Ain Fekroun.

Avant cette offensive populaire, l’imminence d’attaques brutales contre les acquis sociaux des masses conduisait le pouvoir à la mise en place d’un ordre musclé remettant en cause ce qui restait des acquis démocratiques d’octobre 88. Sous la pression populaire, Bouteflika et Zerhouni ont du renoncer à certaines mesures de fermeture politique et médiatique. La tentative de sauver la crédibilité des élections du 30 mai 2002 a même contraint à la reconnaissance constitutionnelle de Thamazight.

 Le reflux rapide dés la rentrée 2001 du mouvement de Kabylie et son isolement, l’absence tragique de cristallisation politique organisée dans les dizaines de révoltes qui ont secoué la majorité des wilayas du pays, la relative passivité de l’UGTA et des autres syndicats, la démobilisation des travailleurs qui semblaient accepter la fatalité des odieuses réformes libérales ont rassuré le pouvoir et encouragé la reprise du projet libéral conduit agressivement par les ministres proches du président. Et de nouveau Zerhouni s’acharne sur nos libertés, reprenant son œuvre de régression démocratique, pendant  que Temmar et Khelil préparent la liquidation et le bradage du secteur public,  le démantèlement des services publics et des systèmes de protection sociale et chargent Boukrouh de livrer le marché national aux multinationales.

Le printemps 2002 voit une nouvelle flambée sociale, animée par les fédérations UGTA et les syndicats autonomes. La longue grève du CNES, les trois jours de la FNTE et l’insistance des SETE les plus combatifs, la mobilisation de la Santé, le maintien d’une pression sociale importante malgré l’offre d’une augmentation appréciable pour les cadres, malgré la répression et malgré l’absence d’un cadre organisé, ont alors fait hésiter Bouteflika. Révoltes des jeunes qui continuent, crise Kabyle, radicalisation du discours de la centrale, écho populaire grandissant des dénonciations de la politique de privatisation et menace des pétroliers ont fait craindre une crise majeure mettant en péril sa réélection. D’autant que ce tourbillon social interfère avec les durs affrontements aux sommets même du régime et que le porte voix de la presse privée démultiplie ses effets. L’unanimité de la grève générale de l’UGTA a fini de le convaincre d’un repli tactique. La mainmise américaine sur le pétrole irakien en démasquant le pillage projeté sur les richesses algériennes l’oblige à se redéployer. 

 La faillite de Bouteflika

Pauvreté massive, extension du travail au noir et du secteur informel, paralysie du secteur public clochardisé, scandales financiers, accaparement de la Mitidja, menaces sur le pétrole et la protection sociale, recul des libertés, et reprise des attentats. Quel bilan !

Bouteflika, candidat de l’armée, a suscité une immense attente par sa promesse aux accents populistes d’un retour à «l’âge d’or» des années 70, malgré son élection scabreuse sans ses six adversaires. Espoirs déçus par l’autoritarisme de la campagne pour la concorde nationale et par la gestion peu rassurante de la reddition des groupes islamistes. Espoirs bientôt trahis par la mise en œuvre cynique d’un programme libéral agressif.

Car bientôt, Bouteflika qui n’offre au départ que des discours brillants et inutiles, une ambition dévorante de tout contrôler, et une volonté morbide de revanche sur son éviction de 80, trouve sa vocation. Celle d’homme de confiance des occidentaux chargé de  défaire ce qui reste des conquêtes du mouvement de libération nationale et de l’élan populiste des années 70, celle de leader du tiers monde offrant dans le Nepad la soumission définitive de l’Afrique à l’ordre libéral, celle de dirigeant arabe osant se satisfaire de l’indécent contrôle de l’ONU des grandes puissances sur l’Irak, celle d’un président d’un pays prestigieux de l’OPEP inaugurant la dénationalisation des hydrocarbures avant les monarchies vassales du golfe. C ‘est pourquoi cet homme qui déclare que la Tunisie du dictateur ben Ali est un modèle de démocratie peut compter sur le soutien des Français et des Américains, sur la complaisance des bonnes consciences occidentales indignées par l’Algérie des généraux et qui sont attentives à ses tentatives… de réformer.

Parti d’une légitimité populaire inattendue qui lui donne, au sein du régime, une marge de manœuvre immense qui n’était limitée que par son incompétence et ses hésitations il dilapide son crédit populaire et s’aliène l’immense coalition d’arrivistes agrégés autour de sa victoire.

Que ce soit à l’époque des prélèvements sur les contrats publics ou celle de la mise en place des premiers « monopoles » privés d’importation, la caste militaire est le pilier du régime, elle est au cœur du processus d’accumulation primitive de capitaux et de mise en place d’une bourgeoisie algérienne.. Les luttes furieuses qui la traversent depuis Zeroual sont à la mesure de l’immensité du patrimoine public prévu  à la privatisation.

Et sans doute le soutien résolu de Bouteflika à ses amis du golfe, sa préférence marquée pour l’installation des compagnies étrangères les plus puissantes, a nui aux intérêts bourgeois déjà en place, au sein desquels les militaires naturellement. Les secteurs de la bourgeoisie affairiste parvenus au stade de la production industrielle, à l’image du forum des entrepreneurs, sont inquiets.

La bureaucratie bourgeoise, à l’image de Benbitour, qui essayait, laborieusement, de mettre en œuvre ses très récentes convictions libérales était brusquée par l’arrogance d’une triplette de ministres qui, fraîchement  débarqués de Washington, appliquaient les préceptes du FMI sans égards pour les rapports de force réels et les spécificités du terrain. Les jeunes d’octobre 88, les révoltés du printemps berbère et du boycott scolaire, les courageuses militantes de 81 et 90 ont appris à Chadli et Zeroual  à tolérer Thamazight, à respecter la cause des femmes et à faire avec notre liberté d’expression durement conquise. Le nouveau personnel dirigeant des Bouteflika et Zerhouni, sortis du rapport de force des années 70 a du refaire sa rééducation, dans l’urgence, face au mouvement populaire de Kabylie. 

La gestion politique inconséquente de la reddition de l’AIS, reddition offerte par l’armée au nouveau président n’est pas le moindre des conflits. Avec son corollaire, l’appui de Bouteflika aux campagnes occidentales de délégitimation de son propre régime, à la veille de négociations économiques délicates.

Ces divergences graves, dans la gestion de leurs intérêts communs ont depuis longtemps convaincu les chefs de l’armée de retirer leur soutien à Bouteflika. Mais la hiérarchie militaire comme l’ensemble de la bureaucratie des grands commis de l’Etat n’est pas une organisation politique. Les nouveaux rapports de force internationaux qui ne laissent qu’une souveraineté relative les dissuade de s’attaquer trop brutalement au protégé des grandes puissances. Les partis alibis, FLN, RND, façades de ce pouvoir ne sont que des façades inconsistantes. Le soutien du patronat, celui des grands titres de la presse privée, la mobilisation de l’appareil syndical comme la fronde des organisations issues de l’ancien parti unique ne compense pas assez sûrement l’absence d’un vrai parti.

Car si Bouteflika est très discrédité dans les grandes villes, s’il est privé de formation politique acquise à ses vues, il bénéficie de son rôle de chef de l’exécutif et de représentation de l’Etat, pour capitaliser l’allégeance au pouvoir en place, une allégeance que l’insécurité et l’absence d’alternative peuvent étendre au delà des secteurs les moins politisés de la société.

La campagne convergente autour du personnage terne mais rassurant de Benflis entend aussi profiter de sa position de chef du gouvernement pour affaiblir le contrôle présidentiel sur les moyens de l’Etat. Les évènements du récent congrès du FLN appuient le scénario d’une candidature de Benflis. Bien sûr, nous sommes intéressés à la défaite de Bouteflika et de son projet ultra-libéral. Mais alors que les contours de l’affrontement sont encore incertains, il importe de réaffirmer qu’en aucun cas le libéralisme soft de Benflis ne saurait prendre en charge les intérêts des masses populaires. Même si, dans l’hypothèse de sa candidature, il faut s’attendre à ce que le discours de Benflis s’éloigne  des certitudes libérales du gouvernement actuel.

Discrédit des oppositions de droite

La défaite des groupes armés intégristes, le recul global de l’islamisme n’empêche pas la survie du courant islamiste légal certes discrédité et le maintien d’une capacité de nuisance minimale des groupes armés certes isolés. Mais si la défaite islamiste a signifié aussi la défaite de la révolte des masses qui avaient cru trouver un drapeau dans le FIS, la remontée de la combativité sociale appelle à un débouché politique. L’absence tragique d’une alternative politique progressiste, socialiste voire populiste etc.. laisse ouverte la possibilité d’une remontée islamiste. Au niveau mondial, alors que le mouvement altermondialiste prend ses marques, le mythe Ben laden, le succès du hezbollah libanais, les actions du hamas palestinien nourrissent le courant islamiste.

La faiblesse évidente de l’islamisme aujourd’hui qui se recompose notamment autour de Djaballah ne doit pas nous faire oublier que ce courant peut rebondir, malgré son bilan, en l’absence d’un autre choix politique pour les jeunes exaspérés par l’arbitraire et l’exclusion sociale.

Les exemples turcs et marocains, dans des pays qui, certes, n’ont pas connu les horreurs du GIA,  renseignent assez sur la possibilité d’un regain de crédibilité. Même s’il faut se réjouir de la modestie extrême des capacités de mobilisation islamistes dans la campagne pour l’Irak et du faible écho populaire de leurs mots d’ordre.

Balayés par le mouvement populaire du printemps 2001, les partis kabyles semblent au bout de leur trajectoire historique. Les divers alliés libéraux modernistes du RCD en restent toujours à une existence symbolique. Tout comme les personnalités du courant réconciliateur dans l’ombre du FFS. 

Le FFS qui a voulu se poser en alternative aux structures pourtant moribondes du mouvement a subi lors des communales un échec cinglant qui confirme la fin de son statut majoritaire dans la région kabyle. Sans député, le FFS qui contrôle les municipalités avec une poignée de voix aborde dans les pires conditions sa tentative de survivre au retrait de son leader charismatique.

Le RCD, se retrouve empêtré dans une surenchère jusqu’au-boutiste, qu’il a lui même nourrie, tout à fait incompatible avec son passage récent au gouvernement et avec les ambitions de son chef. Il a certes réussi à infléchir le discours du mouvement vers la droite et contribué efficacement à écarter les militants de gauche d’un mouvement dont les initiatives fortement soutenues par la presse privée, ne regroupent plus que quelques dizaines de personnes le 10 décembre ou pour « perturber la visite de Chirac ». L’émergence médiatisée du MAK continue d’être démentie par l’affirmation algérienne des jeunes et des structures, malgré un isolement qui n’exclut pas un repli identitaire.

  Pour une alternative anticapitaliste !

L’immensité historique de la mobilisation anti-guerre qui prolonge le succès incontestable du forum social mondial est à mettre en balance avec le triomphe ambigu de Lula sur un programme droitier, avec l’encerclement du régime populiste de Chavez par une grève efficace malgré le soutien des plus pauvres, avec le passage à droite dans la plupart des pays d’Europe marquant le désaveu populaire des sociaux- libéraux, avec la réélection de Sharon lourde de menace pour le peuple palestinien. 

Pourtant, l’explosion argentine, la continuité de l’intifadha malgré l’adversité et l’épuisement économique et social, la poursuite des révoltes de la jeunesse algérienne malgré la scandaleuse sévérité des condamnations d’émeutiers et malgré l’impasse actuelle en Kabylie indiquent le potentiel de résistance des masses populaires gaspillé par l’absence d’une alternative claire et d’un mouvement politique à la mesure de ces espoirs.

En Algérie, l’unanimité du soutien des travailleurs à la grève générale de l’UGTA des 25 et 26 février a exprimé une opposition à la politique des privatisations au delà d’une plate forme moins claire que les textes précédents  de la centrale. La floraison des slogans anti-libéraux a voisiné quelques jours plus tard avec une attente massive exprimée à Chirac par une jeunesse désemparée.

Cette jeunesse défaite que l’évocation indécente par Chirac des ambitions et des rêves de la colonisation n’a pas révoltée a ensuite participé à l’unanimité du soutien populaire algérien au peuple irakien. Puis la convergence des discours vers la dénonciation d’une violence coloniale fait place à l’abattement et à l’étonnement devant l’effondrement rapide des défenseurs de Bagdad et du régime de Saddam.

Face à la position pro américaine de Bouteflika que les dénonciations abstraites ultérieures de l’agression n’ont pas rectifié, la modestie des manifestations pour l’Irak en Algérie, alors que s’enfle le ressentiment populaire contre cette guerre de conquête coloniale, renvoie certes à la lassitude des masses populaires et à la régression de la tradition anti-impérialiste. Mais cet échec du camp anti-impérialiste exprime aussi nos faiblesses propres et celle du mouvement anti-impérialiste sur fond de recul des libertés politiques et de l’engagement des masses.

 Au lendemain de l’écrasement de l’Irak, alors que la superpuissance américaine en pleine euphorie, programme ses prochaines prédations, les masses populaires doutent. Mais au Vénézuela, en Algérie où le projet Khelil n’est que reporté, en Syrie ou ailleurs les appétits US auront tôt fait de nous contraindre à organiser la riposte des travailleurs et des peuples.

La construction d’un vaste mouvement politique démocratique anti-libéral et anticapitaliste est le seul moyen de dépasser l’impasse actuelle du mouvement populaire et l’impuissance d’un syndicalisme à réinventer. 

SN du PST. Alger, le 16 avril 2003.


 

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4 - Déclaration de la Conférence Nationale du PST

L'écrasante majorité du peuple voit, aujourd'hui, ses conditions de vie élémentaires se dégrader sous les coups de l'offensive libérale des grandes puissances.

La signature de l'accord d'association avec l'UE et l'adhésion projetée à l'OMC menace directement la production nationale au bénéfice des multinationales et des rentiers nationaux.

Les gouvernants algériens au service du FMI des grandes puissances préparent le démantèlement de la médecine gratuite et des oeuvres universitaires et continuent  la liquidation des entreprises publiques.

Après la paralysie organisée du téléphone public pour réserver le monopole du marché aux amis détenteurs de la concession privée, après la loi sur l'électricité, c'est le secteur des hydrocarbures principale richesse du pays qui se voit menacé.

 Mais, comme avec le mouvement anti-mondialisation, comme  en Argentine et au Brésil,  les masses populaires d’Algérie ne se laissent plus prendre au mirage libéral. Après les grèves et les résistances syndicales, la jeunesse de Kabylie et des quatre coins du pays s’est révoltée pour exiger du travail de l'instruction et de la dignité, de l'eau, de l'électricité et la reconnaissance de l'identité amazigh, une route, un toit et la fin de l'arbitraire, la médecine gratuite et l'espoir d'un avenir meilleur.

 Certes ces révoltes ont contraint le pouvoir à retarder quelque temps son programme anti-social et le train des privatisations, à différer provisoirement les mesures contre la liberté d’expression et les libertés publiques et à hésiter dans ses réformes institutionnelles qui accompagnent le programme libéral.

Cela traduit la force et la justesse de l’insurrection de Kabylie qui n'a, malheureusement, pas eu de débouché politique à la mesure des immenses attentes de la jeunesse dépossédée de ses structures de lutte par des courants droitiers. Quant aux révoltes courageuses des autres régions, elles ne sont pas parvenues au stade de l'action organisée.

Le refus de voter de la majorité des Algériens, exprime avant tout l'absence d'un véritable représentant des intérêts des démunis. Cette abstention massive qui porte un coup à la légitimité du régime souligne aussi cruellement l'absence d'une alternative politique démocratique antilibérale et anticapitaliste crédible.

Malgré le taux d’abstention, la nouvelle percée électorale du PT traduit l’intérêt populaire pour ses prises de position antilibérales qui voisinent malheureusement avec une dérive populiste et nationaliste chauvine.

La Conférence Nationale du PST accueille positivement l’appel de l’UGTA à un front contre la politique de privatisation. Le PST, partie prenante du combat syndical et antilibéral considère que cette rupture prendra son sens si elle se traduit par des actions de masse pour constituer un rempart pour la défense du secteur public et la résistance au libéralisme.

 La Conférence Nationale a ouvert les débats du prochain congrès du PST. Un congrès de refondation permettant d’avancer vers la convergence politique de tous ceux qui s’inscrivent dans la perspective de construire un Parti démocratique et socialiste, un parti de gauche, radical et de classe.

Le PST appelle les militants politiques et syndicaux se réclamant de la gauche à débattre avec nous dans cette perspective.

Alger le 25 octobre 2002

 

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