PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS
AKHABAR ANEMLAY NIKHEDAMEN حزب العمال الأشتراكي
* PST, 27 Boulevard Zirout Youcef, Alger - ( 00 213 73 61 41 - 00 213 71 47 72 FAX 00 213 71 47 72 - email : [email protected]
Mémorandum adressé à la présidence en 99.
Nous présentons le mémorandum adressé par notre parti à la présidence, au moment de la démission de Zéroual, tel qu'il fut publié à l'époque dans PSTINFO
DOCUMENT
:
Les propositions du PST
GOUVERNEMENT
PROVISOIRE BASÉ SUR LES SYNDICATS
Respect
des libertés et des droits du citoyen
Arrêt des liquidations et du pillage
Comme
annoncé, le PST ne s'est pas rendu chez Zéroual pour se concerter, mais pour
dire ses revendications. Interpellé sur la non-constitutionnalité de sa décision
et la nécessité d'un processus constituant, Zéroual répond que le dialogue
est fini. Au constat sur la catastrophe économique et sur les atteintes aux
libertés du peuple, il n'a opposé que la courtoisie d'une attention souriante.
Les
intertitres et passages soulignés sont de la rédaction.
Mémorandum
Alors
que notre peuple n'en finit pas de panser les blessures d'une violence subie
depuis plusieurs années, alors que la situation économique désastreuse plonge
la majeure partie des Algériens dans la pauvreté, l'annonce de la tenue de présidentielles
anticipées se caractérise d'abord par sa non-inscription dans les procédures
prévues dans le texte de la constitution.
Assemblée
constituante
Encore
une fois des institutions et des textes renouvelés récemment encore, dont nous
avions contesté le contenu ignorant les aspirations populaires et l'adoption
dans une consultation électorale peu démocratique, ne sont pas appliqués par
ceux là même qui nous les avait imposés.
Les
événements de ces derniers jours prouvent que ces institutions que l'on dit
parachevées ne sont que façade et quela démocratie est toujours à construire
dans notre pays.
Notre
conviction est toujours que la seule procédure légitimante est l'ouverture
d'un débat
libre et démocratique au niveau de l'ensemble du peuple algérien pour
l'élection à la proportionnelle intégrale d'une assemblée constituante,
chargée de proposer aux masses populaires algériennes le texte constitutionnel
et les institutions qui prennent en charge les préoccupations de la majorité
laborieuse et garantissent leurs droits légitimes à la liberté et au bien être
social.
Compétition
déloyale
En
ce qui concerne la consultation électorale proposée, notre parti s'est régulièrement
exprimé sur l'inégalité criante des moyens matériels, financiers et médiatiques
qui fausse la confrontation électorale. Le matraquage permanent en faveur des
amis du pouvoir et des partis de la bourgeoisie ne peut être compensé par le défilé
des interventions de la campagne électorale, ni par les ouvertures consenties
dans des périodes particulières et d'ailleurs particulièrement limitées dans
leur durée.
L'existence
de procédures restreignant la liberté de manifestation, d'expression et
d'association est un autre moyen d'empêcher une compétition politique loyale.
Car l'appui ostensible de l'administration aux manifestations, fussent elles
"spontanées", des partisans du pouvoir tranche avec les interdictions
et les tracasseries démobilisantes imposées aux voix d'opposition.
Lorsque
la confrontation politique est faussée, lorsque les conditions du débat
politique ne sont pas équitables, la consultation électorale qui n'est qu'un
moment, une conclusion provisoire du combat politique n'est pas loyale quelles
que soient les procédures de contrôle mises en oeuvre.
Et
la fraude !
En
ce qui concerne la conduite du processus électoral lui même, il est clair que
la continuité des institutions qui ont conduit la fraude massive sur plusieurs
scrutins n'est pas une garantie de loyauté pour le scrutin à venir.
Mais
le problème ne se réduit pas au gouvernement, car si les institutions
nationales, présidentielle et gouvernementale, portent la responsabilité
politique du détournement de la volonté populaire, ce sont les administrations
locales qui ont opéré pratiquement la fraude.
Le
peuple privé de droits
Dans
le contexte actuel marqué par l'intimidation armée, les menaces sur la vie et
sur l'intégrité physique des Algériens, il est facile de constater que le
citoyen est délibérément tenu à l'écart si ce n'est tenu en suspicion,
alors même qu'il est la source de toute légitimité et le point d'appui de
toute transformation véritable vers la démocratie et le progrès.
Comment
des électeurs qui voient leurs députés empêchés de manifester et leurs grèves
unanimes déclarées illégales, comment des travailleurs qui peinent à faire
appliquer des décisions de justice en leur faveur malgré l'intervention de
plusieurs chefs de gouvernement quand on sait la façon expéditive avec
laquelle on a pu prendre d'autres décisions,
comment des citoyens qui se voient ignorer le droit de constituer une
association comme celle des "amis de l'initiative pour une résistance
sociale aux mesures du FMI" (AIRS), comment les Algériens peuvent ils
penser qu'ils ont le droit d'élire librement le président de la république
aux pouvoirs étendus.
Respect
des libertés
Il
en est ainsi de la nécessité d'engager immédiatement la reconnaissance de
Tamazight comme langue nationale et officielle. Car si les propos officiels se
sont voulus parfois rassurants, la constitution continue d'ignorer la langue
tamazight comme langue (et non comme folklore) et la lettre de la loi sur la généralisation
de la langue arabe est une agression que ses auteurs savent humiliante pour tous
ceux qui aujourd'hui utilisent cette langue et ne se voient pas reconnaître
l'appartenance à la nation algérienne
La
meilleure garantie pour la tenue d'élections loyales est la mobilisation
consciente et déterminée des masses populaires. Si des décisions non équivoques
ne sont pas prises pour assurer le respect des libertés individuelles et
collectives, les masses populaires seraient fondées de s'en tenir à une défiance
légitime et aucune réglementation électorale nouvelle n'assurera de légitimité
aux consultations prévues.
Seul
le contrôle populaire
A
côté de l'indispensable droit de regard des représentants des candidats en
lice de l'ouverture du bureau de vote jusqu'aux diverses consolidations et au décompte
final, il y a lieu de prévoir les procédures permettant un contrôle populaire
permanent, une transparence de toutes les étapes interdisant tous les
huis-clos, et une publication immédiate de tous les résultats détaillés
(bureau, centre,...)
Il
est clair qu'en s'en tenant à la lettre des lois actuelles et au délai prévu
de 60 jours en cas de démission, il aurait été mis en évidence que le cadre
juridique de la loi électorale est totalement inadapté aux contraintes
actuelles et que le rassemblement par plusieurs candidats, de 75 000 signatures
réparties sur les 25 wilayas n'est pas beaucoup plus vraisemblable aujourd'hui
qu'il ne l'était dans la situation de Septembre 1995. En attendant que la
confiance soit rétablie, cette exigence est un obstacle majeur pour les
candidats de l'opposition sauf à s'en remettre au bon vouloir des autorités.
De
façon générale, le PST a déjà eu à exprimer que l'essentiel pour lui, n'était
pas de fixer un délai proche ou éloigné pour les élections mais d'assurer
qu'elles soient pleinement démocratiques. Et le report à juin ou décembre ne
peut être apprécié que s'il était destiné à réunir de meilleures
conditions
pour une confrontation équitable.
Un
choix économique illégitime et désastreux
Mais
avant tout, le PST tient à rappeler que les autorités successives du pays,
qu'elles soient imposées au nom du transitoire ou mises en place par des
processus électoraux très largement contestés, ont engagé un bouleversement
économique aux conséquences désastreuses et dont certains effets sont d'ores
et déjà irréparables. Nous avions régulièrement protesté de l'illégitimité
de ces choix et de la nécessité de s'en remettre à la souveraineté
populaire.
Le
point de vue répandu par la propagande libérale est que le plus dur est passé.
C'est tout le contraire. Le démantèlement du secteur public n'en est qu'à ses
débuts, la disparition du secteur privé productif n'est pas achevée et des
menaces aux conséquences gravissimes planent sur le système de protection
sociale.
Des
mesures conservatoires immédiates doivent être prises pour stopper
l'effondrement économique programmé, la destruction massive d'emploi et le
processus d'appauvrissement programmé des masses populaires.
La
grande Europe protège, par des quotas très contraignants, son industrie
automobile réputée mondialement de la concurrence des voitures japonaises
pendant que l'Algérie s'offre sans défense.
Après
avoir engagé la destruction du secteur public et crée les conditions pour la
ruine du secteur privé productif, on s'apprête à brader les terres, les
usines les biens de notre peuple nous proposant en échange un essor de
l'initiative privée qui s'est surtout confirmé dans l'importation au prix fort
de produits de piètre qualité, sans même faire cesser les pénuries.
La
communauté européenne et les USA dépensent par dizaines de milliards de
dollars
pour soutenir leurs produits agricoles et l'Algérie est
invitée au désengagement de l'Etat.
Le
programme de grands travaux est sans ressources quand des milliards de dollars
qui nous coûtent cher en intérêts de la dette dorment dans les réserves de
change, il faut donner un élan nouveau à l'activité
A
moins que l'on ne veuille offrir aux futurs institutions élues le triste privilège
d'avoir à gérer un pays devenu cimetière économique.
Plan
d' urgence démocratique et antilibéral
Il
faut mettre en place un gouvernement provisoire chargé de mettre en oeuvre un
programme démocratique et économique d'urgence pour créer les conditions
d'une vraie souveraineté du peuple.
1-
Garantir les libertés d'expression, de manifestation et d'organisation en
abrogeant toutes les réglementations restrictives en veillant à la levée de
toutes les contraintes et toutes les intimidations.
2-
Préserver le droit à la dignité et à l'intégrité physique des citoyens en
prenant en charge le dossier des exactions, des enlèvements des exécutions
sommaires et des atteintes aux droits fondamentaux.
3-
Prendre en charge la lutte contre la barbarie des groupes armés intégristes en
la faisant reposer sur la mobilisation populaire et sur les principes de démocratie
et d'humanité.
4-
Engager le processus de reconnaissance de Tamazight comme langue nationale et
officielle aux côtés de l'arabe.
5-
Assurer la promotion des femmes contre les tendances actuelles à la régression
et abroger le code de la famille.
6-
Protéger la production nationale de la concurrence mondiale en interdisant
toute importation de produits existants sur le marché algérien.
7-
Interdire les importations inutiles qui consomment des ressources en devises précieuses.
Par une nomenclature de médicaments privilégiant les génériques moins coûteux
afin de cesser de piller la CNAS.
8-
Préserver l'outil industriel national de la destruction et du pillage en
interdisant toute dissolution ou mise en faillite d'unités et d'entreprises économiques.
En réexaminant la remise sur pied de tout établissement qu'il serait possible
de sauver.
9-
Stopper immédiatement le programme de privatisation des usines, des équipements
des logements et des terres, mettre un coup d'arrêt aux
liquidations désinvoltes et au pillage.
10-
Intervenir avec les moyens de l'Etat pour aider les entreprises productrices de
richesse et pour relancer l'industrie et l'agriculture par des investissements
et permettre la création massive d'emploi.
11-
Oeuvrer à garantir le droit de tous à l'instruction, aux soins médicaux, au
logement et au travail.