Troisième génération - Le Grand Dérangement

Jean-Baptiste Pitre et Cécile Boudreau

          Jean-Baptiste Pitre
                Le projet de déportation
                Réfugiés à Québec
                Familles Pitre déportées
                Des cousins cajuns

          Cécile Boudreau
                Michel Boudreau
                Marie-Cécile Leblanc
                Familles Boudreau déportées

          Leurs enfants



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La déportation - Peinture de Claude Picard





Jean-Baptiste Pitre

Fils de François Pitre et Anne Préjean le Breton, Jean-Baptiste est né en 1711 à Port-Royal. À l'âge 14 ans, il est orphelin de père et les années qui suivent auraient été difficiles.

Le 28 octobre 1733, il épouse une jeune acadienne de dix-neuf ans qui s'appelle Cécile Boudreau. Le mariage a eu lieu à Port-Royal, cependant l'année suivante on retrouve le jeune couple dans la paroisse Saint-Charles des Mines à Grand-Pré. Leur fils Michel (notre ancêtre) est né en 1735 dans cette paroisse. Toutefois en 1737, la jeune famille demeure à Beaubassin.



Le déplacement de Jean-Baptiste et Cécile Boudreau était courant chez les Acadiens qui recherchaient de nouvelles terres pour les familles grandissantes tout en s'éloignant des conflits avec les Anglais qui devenaient de plus en plus fréquents à Port-Royal. Vers la fin du XVIIe siècle, de nouvelles régions acadiennes se sont développées vers Les Mines (Grand Pré) et plus tard à Beaubassin.

Plusieurs acadiens ont prêté serment à la couronne d'angleterre entre 1719 et 1730. Pour cette raison et par le fait qu'ils étaient des sujets brittaniques, la France avait perdu confiance envers les acadiens neutres. D'autre part, à cette époque les sentiments britanniques envers la religion catholique et la crainte que les Acadiens pourraient s'allier avec la France lors d'un conflit, n'inspiraient guère la confiance du Roi d'Angleterre. Cette situation laissaient nos ancêtres dans une situation précaire sous la méfiance des deux pouvoirs politiques.

Entre 1749 et 1755, la population anglaise augmentait en Nouvelle-Écosse et l'atmosphère du pays devenait tendue pour les Acadiens. Le peuple Micmac qui avait dévalisé certaines colonies britanniques, était étroitement lié aux Acadiens. L'angleterre voulait inclure toute la Nouvelle-Écosse dans son territoire en raison de son emplacement stratégique du point de vue militaire. William Shirley, Governeur du Massachusetts, voulait le contrôle de ce secteur puisqu'il offrait la seule voie maritime vers le Québec tout en étant près du Fort Français de Louisbourg à l'île du Cape Breton Island. À l'époque, Louisbourg était le centre administratif et commercial des colonies françaises en Acadie. Tous ces points deviendront probablement les facteurs décisifs de LA DÉPORTATION.

Source: Centre Acadien, Université Sainte-Anne, N.S.







Réfugiés à Québec

Les Acadiens près des rivières Memramcook, Chipoudy et Petitcodiac entendaient des rumeurs en août 1755 d'une éventuelle déportation et suivant les recommandations du prêtre missionnaire l'Abbé François Le Guerne, des centaines se réfugient dans les forêts du Nouveau-Brunswick d'aujourd'hui. Ils durent rester cachés dans les bois car les autorités britanniques avaient mis un prix à leurs têtes. Quelques Acadiens ont atteint leur destination mais plusieurs perirent en chemin, pris par la fatigue et la faim.

Peinture de Nelson Surette

Jean-Baptiste Pitre et sa famille étaient parmi les deux cents familles acadiennes qui ont pris refuge dans les bois du Nouveau-Brunswick le long des rivières Memramcook, Chipoudy, et Petitcodiac.

Heureusement, Charles Deschamps de Boishébert, lieutenant de la milice française se trouvait dans les parages. Accompagnés d'un groupe d'amérindiens, les 125 soldats français ont surpris 200 soldats anglais en train de mettre le feu aux habitations de Petitcoudiac. L'Abbé Le Guerne et le Lieutenant Boishébert sont reconnus pour avoir assurer la survie des Acadiens.

Les Acadiens prévoyaient la deuxième phase de la déportation, qui a eu lieu en 1758, Jean-Baptiste Pitre et sa famille ont suivi la côte de l'atlantique pour se diriger vers la rivière Miramichi en 1757. À bout de forces et affamés, plusieur périrent en chemin. C'est pour cette raison qu'ils se résignèrent à suivre les troupes de Boishébert, qui devait revenir à Québec pour l'hiver de 1757-58.

Cependant, Québec n'était pas disposée à recevoir un si grand nombre de réfugiés. Il y avait une pénurie de nourriture et les acadiens étaient nourris à la morue salée et à la viande de cheval. Il est dit que ces mauvaises conditions apportèrent la mort de plusieurs acadiens.

View of Quebec City, circa 1758

En 1758, on retrouve Jean-Baptiste Pitre et Cécile Boudreau dans un convoi de réfugiés en direction de Québec. Avec 1 500 réfugiés, la ville est atteinte d'une épidémie de petite variole. Les réfugiés acadiens sont déjà affaiblis par le trajet et des centaines succombent à cette maladie. Jean-Baptiste et sa famille sont parmi les infortunés et le 9 juin 1759, il meurt à Québec à l'âge de 47 ans.

Source: Dictionnaire des biographie canadiennes, Vol. V, 1801-1820







Cécile Boudreau

Au printemps de 1758, Cécile pleure la perte de son époux Jean-Baptiste Pitre, après vingt-deux ans de mariage. Cette période de deuil avait commencé le mois d'avant lorsqu'en mai elle a perdu son fils Jean-Baptiste à l'âge de 8 ans. Quatre jours après le décès de son mari, elle perd également sa fille Anne à 14 ans. Le 21 décembre de la même année, elle perd son bébé Isidore qui n'a que 4 ans. Ils sont tous les quatres victimes de l'épidémie de petite variole.

C'est pour ces raisons que les réfugiés Acadiens ont quitté la Ville de Québec. Certains ont rejoint l'Abbé Le Guerne, devenu curé de Saint-François, à l'île d'Orléans. D'autres ont choisi de s'établir en Beauce ou dans les paroisses de Saint-Joachim et Bellechasse. En 1758, plusieurs sont allés à Saint-Grégoire (Bécancour); d'autres comme la famille de Cécile Boudreau ont préféré Nicolet. Cette région recommandée par les missionnaires et les Abénakis, était un bon endroit pour s'établir. Situé sur le bord du fleuve St-Laurent, ils avaient accès au golfe et l'acadie où ils espéraient revivre. La région de Nicolet leur offrait une abondance de bois et d'eau nécessaire à leur survie. De plus, ils étaient éloignés et y ressentaient la tranquilité.

Accompagné des autres familles Pitres et Boudreaus, Orillon-Champagnes, Gaudets, Laures, Melançons, Bastaraches, Commeaus, and Rouisse-Languedocs, Cécile Boudreau arriva à cet endroit pour y trouver de l'espoir et prendre racine. Avec ses cinq enfants dont François qui devint Capitaine de la militia. Elle convola en deuxième noces à Pierre Pellerin en 1762 et devint veuve 30 ans plus tard. Elle aurait atteint l'âge de 97 ans toujours forte, lucide et courageuse. Lorsque malheureusement, elle est tombée et dû s'aliter. Après 18 jours durant lesquels elle n'acceptait que de boire "seulement un peu d'eau et deux coups de rum," elle est décédée.

Source: Dictionnaire des biographie canadiennes, Vol. V, 1801-1820






Michel Boudreau


Cécile Boudreau est née vers 1714. Ses parents Michel Boudreau et Marie-Cécile Leblanc se sont mariés en 1708 et s'établirent à Grand Pré (Les Mines). Le ‘Village de Michel' Des Mines portait le nom du père de Cécile, Michel Boudreau. Le 26 mai 1731,Marie-Cécile Leblanc est décédée laissant 11 qui deviendront orphelins de mère dont le plus jeune n'a que trois ans. Michel Boudreau est maintenant veuf. Cette même année leur fils François dit Lami Boudreau épousait Marguerite Pitre, fille de feu François Pitre et de la veuve Anne Préjean. Moins d'un an après le décès de son épouse, Michel Boudreau épouse Anne Préjean le 26 avril 1732 à Port Royal. L'année suivante, le 28 octobre Cécile Boudreau épousait le fils d'Anne Préjean, Jean-Baptiste Pitre.






Marie-Cécile Leblanc

Cécile Boudreau portait le prénom de sa mère Marie-Cécile Leblanc. Née vers 1686, Marie-Cécile Leblanc n'avait que 45 ans lors de son décès laissant 11 enfants orphelins de mère.

Selon le centre d'études acadiennes, Daniel Leblanc est l'auteur de la plus nombreuse famille acadienne. Né en France vers 1626, il serait arrivé en Acadie avant 1650 et se maria, vers cette date, à Françoise Gaudet, fille de Jean Gaudet, et veuve d'un nommé Mercier. De leurs six fils, cinq ont fondé des foyers. La famille LeBlanc s'est multipliée rapidement et laissera de nombreux descendants à travers l'Amérique du Nord.

Jacques Leblanc père de Marie-Cécile, est né à Port-Royal vers 1651, était le fils aîné de Daniel. Il épousa vers 1673 Catherine Hébert, fille d'Antoine Hébert et de Geneviève Lefranc et leur famille verra treize enfants. Source: Centre d'études acadiennes

Marie-Cécile Leblanc épousa Michel Boudreau, fils de Claude Boudreau & Anne-Marie Thibodeau vers 1708. Une famille acadienne typique, son frère François Leblanc avait épousé Marguerite Boudreau, fille des mêmes Claude Boudreau & Anne-Marie Thibodeau. Lors de la Déportation de 1755, François et Marguerite furent transportés avec leur famille au Massachusetts.







Cécile Boudreau n'était pas seule dans la misère entre 1755 et 1763. Sans compter ses propres enfants, d'autres membres de sa famille ont été sujets à la déportation.









Jean-Baptiste Pitre et Cécile Boudreau avaient onze enfants:

  1. Marie-Josephe-Agathe Pitre, né 1734, Grand-Pré, épouse Jean-Baptiste Desfossés, le 28 octobre 1760 dans le comté de Nicolet, Québec
  2. Michel Pitre, né le 2 octobre à Grand-Pré, épouse Marie-Josephe Orillion le 14 mai 1759 à Québec
  3. Charles-Modeste Pitre, né le 21 décembre 1737 à Beaubassin décédé vers 1769 épouse Madeleine Vincent vers 1757, famille émigrée en Louisiane
  4. Marguerite-Anastasie Pitre, née le 10 décembre 1739 à Beaubassin
  5. Marie-Louise Pitre, née 1740 à Beaubassin; épouse Gabriel Coltret le 10 octobre 1760 à Nicolet
  6. Rosalie Pitre, née le 8 Avril 1742 à Beaubassin
  7. Anne Pitre, née le 15 février 1744 à Beaubassin, décédée le 12 juin 1758 à Québec
  8. Joseph Pitre, né le 30 janvier 1746 à Beaubassin, épouse Marie-Antoinette Lupien le 7 juin 1770 dans le comté de Nicolet, Québec. Décédé le 5 mai 1823 à Nicolet
  9. François-Mathurin Pitre, né le 21 décembre 1747 à Beaubassin. Décédé le 14 janvier 1830
  10. Jean-Baptiste Pitre, né le 25 mars 1750 à Beaubassin, décédé le 8 mai 1758 à Québec
  11. Isidore Pitre, né le 30 juillet 1754 à Beaubassin, décédé le 21 décembre 1758 à Quebec







Les membres suivants de la famille Pitre de notre ancêtre Jean-Baptiste Pitre's furent déportés, décédés ou disparus avec leurs familles durant la période du Grand Dérangement de 1755 à 1763.