BRINS D'HISTOIRE


Le Grand Dérangement


Beaucoup de facteurs ont contribué à la création de ce que nous appelons l'identité acadienne. Parmi ceux-ci, nous pouvons identifier surtout: une expérience commune partagée par les premiers colons, une mentalité unique développée après avoir été laissés seuls par la mère patrie, une langue et une religion communes qui n'étaient partagées qu'avec très peu d'autres colons qui étaient eux aussi à la decouverte du Nouveau Monde. Par contre, parmi tous ces facteurs, nul n'a autant d'ampleur que celui de la déportation des Acadiens durant les années 1755 à 1762. Tous les Acadiens, peu importe où ils se trouvent aujourd'hui, voient 'le grand dérangement' comme le facteur ultime de leur identité commune.

Source: Centre Acadien, Université Sainte-Anne, N.S

L'Ordre de déportation - Peinture de Claude Picard

Le 31 juillet 1755, le Gouverneur Lawrence écrit au Colonel Robert Monckton, commandant du Fort Cumberland (Fort Beauséjour) lui indiquant que les députés français des districts d'Annapolis, Minas et Pisiguit se sont présentés devant le Conseil et ont refusé de prêter serment de fidélité à la couronne d'Angleterre. En conséquence, le Conseil a résolu que tous les Acadiens soient déportés de la province le plus tôt possible.

Les Acadiens seront appelés au Fort Beauséjour le 11 août 1755, à l'église de Grand Pré le 2 septembre 1755 et ils seront tous faits prisonniers. Les acadiens des régions de Cobequid and Pisiguit s'étaient déjà réfugiés dans la région du Nouveau Brunswick actuel. Pour ce qui est de Port-Royal où la population était méfiante des intentions anglaises, nous savons que la moitié des 3000 Acadiens de cette région, échappèrent à la déportation. Durant l'embarquement, les anglais éprouvèrent des difficultés et plusieurs Soldats Anglais ainsi que des Acadiens périrent durant l'arrestation.

"Aux ainés, jeunes hommes et garçons habitants du district de Grand Pré, des Mines et la rivière aux canards, et endroits adjacents,

"Entendu que Son Excellence (le lieutenant-gouverneur Lawrence) vient de nous faire connaître ses dernières volontés au sujet des propositions qui ont été faites récemment aux habitants et que nous avons reçu ordre de vous en faire part nous-mêmes, car Son Excellence, désirant que tous soient informés des intentions de Sa Majesté, nous a enjoint de vous les communiquer telles qu'elle les a reçues.

Peinture de Nelson Surette

" En conséquence, j'ordonne et enjoins strictement par les présentes à tous les habitants, y compris les vieillards, les jeunes gens ainsi que ceux âgés de dix ans., des districts susmentionnés (toutes les rivières de la région du bassin des Mines) et autres districts, de se réunir à l'église de la Grand-Prée, le vendredi 5 courant, à trois heures de l'après-midi, afin de leur faire part des instructions que nous sommes chargés de leur communiquer.

"Je déclare qu'aucune excuse, de quelque nature qu'elle soit, ne sera acceptée et que le défaut d'obéissance aux ordres ci-dessus entraînera la confiscation des biens et des effets.

Donné à Grand-Pré, le 2 septembre 1755

John Winslow

Le colonel John Winslow lisait la proclammation suivante le 3 septembre 1755 aux 300 hommes et jeunes garçons rassemblés dans l'église de Grand-Pré:

"Messieurs,

- "J'ai reçu de Son Excellence le gouverneur Lawrence, les instructions du roi. C'est par ses ordres que vous êtes assemblés pour entendre la résolution finale de Sa Majesté concernant les habitants français de cette province de la Nouvelle-Écosse qui durant un demi-siècle ont reçu plus d'indulgences que tout autres sujets brittaniques du Dominion de sa Majesté. De quel usage vous en avez fait, vous seuls le savez.

"Le devoir qui m'incombe, quoique nécessaire, est très désagréable à ma nature et à mon caractère, de même qu'il doit vous être pénible à vous qui avez la même nature.

"Mais ce n'est pas à moi de critiquer les ordres que je reçois, mais de m'y conformer. Je vous communiquer donc, sans hésitation, les odres et instructions de Sa Majesté, à savoir que toutes ...

"Vos terres, vos maisons, votre bétail et vos troupeaux de toutes sortes sont confisqués au profit de la couronne, avec tous vos autres effets, excepté votre argent et vos mobiliers, et que vous-mêmes vous devez être transportés hors de cette province.

"Les ordres préemptoires de Sa Majesté sont que tous les habitants de ces districts soient déportés,

" et selon la bonté de Sa Majesté vous permettant la liberté d'apporter tout argent et choses personnelles que vous pourrez transporter sans incommoder les navires sur lesquels vous serez déportés. Je ferais l'impossible pour assurer la sécurité de vos biens et pour vous protéger contre toute acte de brutalisation durant leur transport et que des familles entières soient transportées ensemble sur le même vaisseau. Je suis assuré que malgré votre grand malaise durant cet avènement, nous souhaitons que la partie du monde ou vous serez , vous demeurez des sujets fidèles à sa majesté tout en étant un peuple heureux et paisible.

" Je me dois de vous aviser que le plaisir de Sa Majesté désire vous garder en sécurité sous l'inspection et la direction des troupes de soldats que j'ai l'honneur de commander."











ILS FURENT DÉCLARÉS PRISONNIERS DE LA COURONNE D'ANGLETERRE



L'embarquement à bord des navires de transports débuta tôt en octobre 1755.

Des Acadiens seront séparés des membres de leurs familles. Tassés en centaines dans des navires fabriqués pour la moitié du nombre, les passagers ont dû s'étendre pour dormir à tour de rôle. Plusieurs ne survivront pas le trajet.





DESTINATION DES DÉPORTÉS










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