Septième génération - La prise de conscience

Pierre Pitre et Marie Daigle

    Pierre Pitre
             L'émeute de Caraquet

    Marie Daigle
             Évangeline
             Ancêtres de Marie Daigle

    Enfants de Pierre Pitre et Marie Daigle


L'avenue St-Pierre, Bathurst 1867     

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Pierre Pitre

Ce Pierre Pitre est le fils de Pierre & Marie Haché, né le 19 mai 1823 et baptisé le 15 juin de la même année à West Bathurst. Comme ses aïeux, il est cultivateur.

À l'âge de 25 ans, il épouse Marie Daigle dans cette église de la même paroisse de St-Pierre (maintenant Ste-Famille) le 10 janvier 1848. La première église a été construite en 1798 mais les baptêmes, marriages et décès étaient inscrits au registre par des missionnaires qui passaient tous les ans ou même deux ou trois ans. Une plus grande église (vue à droite) avec son propre curé sera construite en 1840.










Au recensement de 1862, nord de Bathurst, dans le comté de Gloucester County, on retrouve l'inscription suivante sur la famille de Pierre Pitre & Marie Daigle:

Petre Peter II 33, père, né au Nouveau-Brunswick, fermier, catholique

Mary 32 , épouse, née au Nouveau-Brunswick, catholique

Enfants: né au Nouveau-Brunswick, catholique,

Mary 11, Margaret 9, Frances 5, Ellen 2, Peter 6,

À cette époque, les noms français étaient souvent inscrits en Anglais dans les documents du gouvernement.


Quelques années plus tard, ce couple sera témoin de la prise de conscience du peuple acadien qui débutera en 1854. Les Acadiens prendront conscience de leur identité collective par la création de maisons d'enseignement, de journaux et la participation de certains Acadiens à la chose politique.

Cette prise de conscience verra certaines difficultés. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick veut imposer un réseau d'écoles publiques non confessionnelles qui serait financé par une taxe imposée à tous. L'émeute de Caraquet , en 1871, représente, pour plusieurs, un symbole de survivance et de liberté pour ce peuple gravement lésé dans ses droits les plus fondamentaux.

Premier Collège du Sacré Coeur
Construit à Caraquet, N.-B. Fin des années 1800
Reconstruit à Bathurst-Ouest, N.-B. après l'incendie de 1917









Nous retrouvons les enfants suivants de Pierre Pitre & Marie Daigle dans les registres de l'église Ste-Famille-de-Bathurst.

  1. Marie Pitre née en mars 1849 à Bathurst, N.-B.
  2. Pierre Pitre né le 9 août 1853 à Bathurst, N.-B.
  3. Marguerite Pitre née en mai 1851 à Bathurst, N.-B.
  4. Françoise Pitre né en juin 1856 à Bathurst, N.-B.
  5. Hélène Pitre née en février 1859 à Bathurst, N.-B.
  6. Joseph Pitre né le 24 mars 1861, il épouse Marie Arseneau le 20 octobre 1891 à Ste-Famille-de-Bathurst, N.-B







Marie Daigle

Marie Daigle est née à Bathurst le 9 septembre 1828, un mois et demi avant l'inscription au registre du mariage de ses parents, Fabien Daigle et Marie-Louise Haché le 21 octobre 1828. Souvent, le mariage était célébré avant son inscription au registre et les voeux échangés devant un aîné de la paroisse en attendant les visites annuelles du prêtre-missionnaire. Marie est l'aîné d'au moins huit frères et soeurs.

À l'église Ste-Famille-de-Bathurst, elle épouse son deuxième cousin Pierre Pitre le 10 janvier 1848. Pierre est le fils Pierre Pitre & Marie-Marguerite Haché. La mère de Pierre Pitre et celle de Marie Daigle étaient cousines.

Marie Daigle est décédée avant 1887 lorsqu'elle est mentionnée au registre du mariage de sa fille. Elle a tout de même vécu la renaissance du peuple acadien qui a suivi la publication du poème Évangeline.

Marie Daigle est descendante des pionniersOlivier Daigle & Marie Gaudet.








BRINS D'HISTOIRE



Evangeline

En 1847, le poète américain, Henry Wadsworth Longfellow publia le poème Évangeline. Un récit de l'Acadie qui dépeint l'expulsion des acadiens de leur patrie.

La création de ce poème éveilla un sentiment d'indignation et de l'intérêt envers l'histoire des Acadiens. Basée sur une histoire vécue, le poème deviendra une légende acadienne. Longfellow apprit cette histoire d'un collègue écrivain Nathanial Hawthorne en 1845. Captivé par le potentiel romantique de ce récit, Longfellow demande et reçoit la permission de Monsieur Hawthorne, d'en faire le sujet d'une épopée.

L'histoire d'Évangeline est le récit d'Emmeline Labiche et son amour, Louis Arseneau, qui furent séparés lors de la déportation des Acadiens par les Britanniques en 1755. Louis, comme Gabriel dans le poème, a été mis à bord d'un navire en route vers l'océan. Orpheline, Emmeline fut adoptée par la famille de la veuve Borda, qui la considérait, "comme venant du ciel, ou plutôt une ange gardien, et c'est ainsi qu'elle est devenue, Évangeline ou l'ange de Dieu. En exil au Maryland, la famille rejoint éventuellement d'autres acadiens déportés qui se sont dirigés vers la Louisiane. Plus tard, Évangeline retrouva Louis, mais elle ne pourra pas être avec lui. Les sources se contredisent sur les évènements qui suivent; certains prétendent que Louis devait se marier avec une autre femme, tandis que d'autres voient les amoureux réunis à l'hôpital sur le lit de mort de Louis. De toute façon, la perte de son amour détruira Évangeline qui en perdra la raison et éventuellement la vie.

D'une part, les Français ont adoré ce poème; cette représentation de la souffrance acadienne fut traduit en français en 1865. D'autre part, les britaniques le considérait trompeur; le poème fut enlevé du curriculum scolaire de la Colombie Britannique au début du vingtième siècle. Ce poème devint si populaire que plusieurs érudits Anglais ressentait le besoin de mettre les choses au clair. Les historiens de la Nouvelle-Écosse ont tenté de prouver des ‘erreurs' révélées dans le poème; le résultat fut un débat entre les historiens et le peuple acadien concernant le symbole de la renaissance acadienne.

Une des conséquences de la publication d'Évangeline sur le peuple de la Nouvelle-Écosse, était son défit des notions traditionnelles quant au rôle des Britanniques lors de l'expulsion des Acadiens en 1755. Le poème d'Évangeline, à cette époque, était unique parce qu'il donnait une perspective acadienne à l'histoire de l'expulsion. Ce faisant, il attira l'attention du monde entier, à cette tragédie, et nécessita une réponse des patriotes de la Nouvelle-Écosse qui devait défendre l'honneur de leur province en justifiant l'expulsion.

Le portrait qui surgit des travaux historiques était celui des acadiens comme des pions d'un jeu colonial entre les Français et les Anglais. En défense de la Nouvelle-Écosse, on citait l'importante influence des Français, qui agissaient indirectement à travers l'église catholique. Ceux qui défendent les acadiens, accusent les Anglais d'être manipulateurs, tolérant et utilisant les acadiens selon leurs besoins pour les chasser lorsque le besoin est terminé. Cependant, le débat engendré par Evangeline suscita de l'intérêt envers l'histoire de la région et créa une nouvelle interprétation de l'histoire de la colonisation britannique.

Traduit du site suivant: Acadia & Evangeline - Historical Perpectives







L'émeute de Caraquet

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick veut imposer un réseau d'écoles publiques non confessionnelles qui serait financé par une taxe imposée à tous. Les Acadiens protestent et demandent un réseau d'écoles catholiques. La loi est adoptée par la majorité protestante anglaise et les catholiques boycottent la nouvelle taxe.

Le recensement de 1871 rapporte qu'il n'y a seulement 71 anglophones protestants parmi les 3,111 habitants de Caraquet. Toutefois, dans cette région, tout le pouvoir économique et politique est sous l'emprise de deux Anglais. Non seulement Robert Young et James Blackhall possède tout le pouvoir de cette région mais ils appuient l'école.

Lorsque James Blackhall tient une rencontre à l'école de Caraquet afin d'élire les membres anglais de la commission scolaire, les acadiens ont protesté cette rencontre. Les acadiens ont menacé James Blackhall et l'ont forcé à signer une pétition, promettant de ne pas participer à d'autres rencontres scolaires. En réponse à cet événement, le commis de Robert Young ( nommé Colson Hubbard) circula une note menaçant de mettre le feu à la maison du prêtre catholique.

Le jour suivant, plus de 100 hommes acadiens se réunissent au magasin de Mr. Young et celui-ci doit se barricader à l'intérieur. Bientôt, le shérif Robert Vail arrive avec la milice anglaise. Plusieurs acadiens sont arrêtés et la foule se disperse.

Le 26 janvier 1871, la violence éclate à nouveau lorsqu'un groupe accompagnant Young sont entrés dans la maison d'Andrée Albert avec un constat pour Charles Parise. En entrant dans la maison, le Constable Ramsay entend du bruit dans le grenier et tire son fusil. Nous ne savons pas si Charles Parise était même dans la maison mais deux hommes sont décédés de ces coups de fusils dans le grenier; John Gifford et Louis Mailloux. Le jour suivant, 13 autres acadiens furent prisonniers et transportés en traîneau à la prison de Bathurst.


École acadienne de Petit-Rocher 1888



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