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PRESENTATION DU LIVRE I-
THEMES DEVELOPPES Le
récit est temporellement délimité entre Août 1996 et Août 1998. Les
quelques références aux temps antérieurs sont dues à l’exigence de
la narration (ce qui est dit) et non à l’obligation d’expliquer
l’origine historique des faits et des comportements présents. Le livre
de 150 pages aurait ainsi dépassé 500 pages si je ne m’étais pas
limité à la seule approche descriptive du calvaire. La charpente
chronologique du récit traduit ainsi la succession et l’aggravation des
événement comme suit : -
09/96 :
naissance de la rébellion au Sud-Kivu -
10/96 :
destruction des camps de réfugiés et regroupement -
11/96 :
dispersion des réfugiés et fragilisation des plus faibles -
12/96 :
tentative de regroupement et défaillances internes -
12/96-5/97 : séries de massacres d’Est à l’Ouest -
05/97 :
efforts de survie et d’exodes -
08/98 :
dernier positionnement des ex-Far dans la crise L’objet
principal du livre étant la description de la souffrance des réfugiés,
les thèmes suivants en découlent et se lisent du début à la fin de
l’ouvrage : 1-
La violence des rebelles (APR-AFDL) 2-
L’absence d’une couverture médiatique et humanitaire
internationale 3-
La carence d’esprit solidaire parmi les réfugiés 4-
Le manque d’ouverture aux questions de droit international par
les réfugiés 5-
L’amour et la famille face aux épreuves IV-1
La violence des rebelles Pour bien
décrire la violence infligée aux réfugiés, l’auteur insiste dans ses
expressions plutôt sur le mal et le malheureux que sur le malfaiteur.
C’est son choix de méthode. L’appellation du malfaiteur utilise moins
de mots : Rebelles, rébellion, APR, AFDL, ennemi, Kagame et
Laurent Désiré Kabila. Il évite exprès les détails dans ce
qu’il juge être le travail de la justice. Par
contre, pour décrire le mal vu, le malheur et la souffrance vécus par
les réfugiés, les détails et la grande variété expressifs peignent
favorablement le récit. La subdivision du récit emploie le style évangélique
de la passion du Christ, les quatorze stations, pour peindre un calvaire
tout aussi particulier. D’autres extraits le confirmeront : -p17 :
ils fuyaient les combats que négligeaient les autorités régionales
et nationales, tandis que les ruisseaux de sang commençaient à couler,
gonflaient de jour en jour pour constituer plus tard d’importants
affluents sanguinolents du fleuve Zaïre -p72 :
les conditions dans lesquelles les malheureux avaient été tués étaient
évoqués en détail : têtes et membres des corps séparés des
corps en décomposition, nattes et morceaux de sheeting au milieu comme un
pot de viande au spaghettis, des sacs de vêtements entassés tout autour,
des dizaines de cannes se confondant avec les ossements… -p91 :
au milieu des corps enflés ici, déchiquetés là, aux peaux grises,
flétries, pendantes, aux yeux sans lueur.(…) Des hommes et des femmes
presque dépourvus de corps, sans ventre, se tenaient sur leur squelettes,
fixant le docteur Emmanuelli de leurs yeux exorbités, muets, de peur sans
doute d’épuiser leur dernier souffle. Les mots : ravages,
massacres, horreurs, etc., sont très fréquents Des analogies aux activités de
moisson, d’abattage, de chasse, etc. sont employés pour montrer le
caractère sauvage des actions décrites, des massacres à grande échelle. La reprise et l’énumération de
toutes les sources de souffrances : les serpents, la plus longue
nuit de Tebero, les moustiques, maladies, famines, épuisement, diarrhée,
traumatisme, noyade, fusillade, griffes des rebelles, chasseurs brutaux,
anémie, sorcellerie, masochisme, banditisme, caste, etc., consistent
à l’objet principal du récit. L’emploi des expressions
contrastives vise à montrer le fond du paradoxe et de l’horreur atteint
par les réfugiés : angoisse et désespoir, droit et devoir de
mourir, les activités s’arrêtent et les cœurs battent, peine et joie,
attiré et poussé par, etc. Les appellations des réfugiés
sont aussi choisies en vue d’attirer l’attention sur leur condition
misérable. Certains lecteurs constatent que l’auteur auraient poussé
loin ses expressions et ses comparaisons, mais ce dernier atteste avoir préféré
un style plus réaliste et accrocheur. Ainsi, parlant des réfugiés, nous
lisons : -
le fourmillement humain (p25) -
les tiges de blés abattues par une
moissonneuse d’été (p30) -
la mêlée des malheureux réfugiés -
les pauvres paysans -
les détenus de Bunyakiri -
les squelettes ambulants (p53) -
les pèlerins/les conquérants de
la paix -
faiblards, inutiles aventuriers,
suivistes.. -
des inconnus (p59) -
le flot d’un barrage défoncé -
un troupeau de bœufs aux
abreuvoirs -
des fantômes ambulants (p80) -
des touffes d’herbe que le vent
courbe -
des bandes d’oiseaux chassés par
l’hivernage -
etc. La pudeur plus élevée aurait
contraint l’auteur à masquer le sens des évènements et des
situations. |
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Publication de l'équipe des Journalistes Modérateurs des Grands Lacs (JMGL). |
Directeur : Philippe MPAYIMANA, Journaliste et Militant des Droits de l'Homme. |