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Titre : Réfugiés
rwandais entre marteau et enclume Sous titre :
Calvaire en ex-Zaïre 1996-1997 Edition :
L’Harmattan, 2004 Volume :
154 pages L’auteur
et l’histoire du livre Retour
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PRESENTATION DU LIVRE
0-
LANCEMENT Un Européen
vient de boucler la lecture de ce livre Réfugiés rwandais entre
marteau et enclume juste après celle d’un autre intitulé Survivants
de Mujawayo et Balhadad, paru au même moment, ce mois de mars 2004, en
pleine commémoration du 10ème anniversaire du génocide
tutsi. Il s’exclame : « Tous les Rwandais, vous avez
tous souffert, j’ai rencontré les mêmes expressions de souffrance et
de douleurs mortelles, je ne sais pas pourquoi vous ne pouvez pas vous
entendre réellement » Et
Madame Monique C., l’éditrice de Réfugiés rwandais entre marteau
et enclume, déclare pour introduire cette présentation :
« Je n’ai pas lésiné à analyser ni la langue ni le contenu
profond de son manuscrit, j’ai d’emblée été intéressé par le
style d’une vive sincérité dans laquelle l’écriture de Mpayimana se
lance. Je n’ai trouvé nul
écrivain aussi sincère que lui et je pense que c’est ce genre d’œuvres
dont votre région a besoin. Voilà, je lui laisse la parole ». I-
INTRODUCTION
S’il
existe encore un des rudes combats de notre société, après la guerre et
la paix, la faim et la prospérité, les épidémies et la santé, c’est
celui du silence et de l’information. Mon livre s’inscrit dans le
courant de ce dernier combat, car mon ambition d’écrire s’est forgée
dès que je constatais l’absence d’une couverture même minimale de la
catastrophe, pourtant annoncée, contre mon peuple, les réfugiés
rwandais au Zaïre de l’époque. En Février 1997, l’ONU reconnaît
que la majorité des réfugiés ne sont pas rentrés au Rwanda.
L’organisation internationale est informée que les tueries à grande échelle,
des charniers et d’actes qualifiés d’épuration ethnique. Mais rien
n’est fait pour l’interrompre. En
Avril 1997, l’ONU se déclare inquiet (mais ne réagit pas au delà
de cette déclaration). « Plusieurs
dizaines de milliers d’êtres humains ont disparu. Ont-ils été
assassinés ? Ont-ils repris dans la forêt équatoriale une errance
qui dure depuis trois ans et qui les condamne à une mort lente ?
L’urgence est en premier lieu de savoir ce qui se passe là-bas. » Cette
question reste d’actualité et c’est à elle que je me suis attelé à
répondre, moi qui ai vu, vécu et enregistré ce calvaire. II-
VIE DE L’AUTEUR
En
plus de mon identité présentée à la quatrième page de la couverture
du livre et mon curriculum vitae au début du livre, je vais me définir
par ce qui constitue mes grandes questions. En vous exposant ce qui me
hante, vous saurez exactement qui je suis : J’aime
voir l’arrière-plan des choses, leur profondeur et leur devenir plus
lointain. Pour mon pays et mon peuples, je suis écœuré par une montée
de racisme que je remarque. Si ce n’est pas le cas, -
Comment un Tutsi surgit du maquis et se
porte témoin d’avoir vu de visu tel Hutu à l’œuvre génocidaire.
Parce qu’il n’y a personne d’autre pour témoigner, me dira-t-on. -
Comment les Hutu et les Tutsi partagent
tout, tout sauf la vérité ? Parce qu’à l’intérieur de chaque
communauté, la complicité dans le mal est moins un crime abominable que
la dénonciation de ce mal. -
Pourquoi un bien fait aux Hutu est ipso
facto un mal fait aux Tutsi, jusqu’à réduire le favorable aux premiers
en génocidaire et aux seconds en ennemi ? -
Pourquoi
l’ingratitude ne serait-elle pas rangée parmi les crimes contre
l’humanité, parce qu’elle ne relève pas de l’humain ? -
Comment une opération humanitaire légalement
instituée en arrive à subir des critiques plus vives qu’une opération
militaire illégale ? Allusion faite à l’opération française au
Rwanda et à l’opération rwandaise au Congo. -
Pourquoi notre société ne distingue pas
un acte d’accusation d’une critique ? -
Pourquoi tant de héros pour ce qu’ils
n’ont pas fait au Rwanda et pourquoi il n’y a aucun héros connu pour
ces hauts faits ? PARCE
QUE CE SONT LES MEDIAS QUI DECIDENT ACTUELLEMENT. LES MEDIAS DETIENNENT LA
CLE DES GRANDES ENIGMES ET LA MESURE DE LA VERITE BONNE A DIRE. Et pour notre cas, la presse et les
plus forts médias de ce monde n’ont pas été à mesure de couvrir
soigneusement, objectivement et totalement toutes les phases de la tragédie
rwandaise de cette dernière décennie. Ce qui rend difficile de faire la
part des choses. La littérature et la paralittérature (récit, roman, mémoires,
essai, cinéma, etc) viennent ainsi combler ces lacunes. C’est pour cela
que j’avais voulu, au départ, publier mon livre sous forme de reportage
journalistique et je crois que, même s’il a été enfin remanié en un
récit autobiographique, il reste un reportage de par sa vérité et sa
portée. III-
HISTOIRE DU LIVRE La date
de démarrage de l’écriture de ce livre n’est pas facile à définir,
car, étant mon premier livre publié, il est surtout le résultat d’une
très longue réflexion sur mon pays et moi-même et d’un travail
ininterrompu de journalisme que j’exerce officiellement depuis le mois
de septembre 1990. Toutefois,
le recueil des données de ce récit commence systématiquement à Shanje
en novembre 1996, là où je suis confronté à la question de
l’action/inaction de la Communauté Internationale et des anciens
dignitaires dans la conduite du peuple réfugié. La prise de notes sur
les lieux et les événements se poursuit sans relâche, l’observation
et l’analyse des détails reste plus soutenue tout au cours de mon
voyage. Pour
qualifier littéralement le calvaire traversé, mon premier titre devait
être LE VOYAGE DANS LA MORGUE. Ce titre sera abandonné récemment après
avoir confronté toutes les significations du mot « morgue ».
L’image des mauvaises odeurs et la cohabitation des morts et des vivants
ne transparaissait pas aisément dans toutes les civilisations. D’autres
titres auraient été « RESCAPE DE LA JUNGLE », « TRACES
DES MASSACRES AU ZAIRE » et enfin, « REFUGIES RWANDAIS ENTRE
MARTEAU ET ENCLUME ». C’est ce dernier qui colla à la version
finale du récit. Le livre
paraît ce mois de mars dernier, en pleine commémoration du génocide et
il aura permis d’esquisser une nouvelle vision d’un génocide qui en
cache un autre et l’idée des libertés égales à toutes les victimes
de commémorer les pires moments de leurs histoires. |
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Publication de l'équipe des Journalistes Modérateurs des Grands Lacs (JMGL). |
Directeur : Philippe MPAYIMANA, Journaliste et Militant des Droits de l'Homme. |