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Ressemblances
Dans "la Divine Comédie", dans "Jardin des Délices", au volet de "L’Enfer Musicien", ainsi que dans "Dom Juan", la notion de péché est présente et même primordiale. Le péché qu’on retrouve le plus souvent est la luxure. Dans "la Divine Comédie", chacun des étages est réservé à un des sept péchés capitaux. Donc, si l’on commet le péché de luxure, on se retrouve inévitablement dans le deuxième cercle de cette pyramide qu’est l’enfer. On doit avoir commis ce péché pour s’y retrouver. Dom Juan, pour sa part, commet les péchés. Luxure, hérésie et athéisme, hypocrisie, meurtre, il les commet tous. Il se permet même de laisser sa fiancée, Done Elvire et de « flirter » avec plusieurs paysannes (en même temps) dont une est promise à un paysan de la région. Il est donc normal et évident que celui-ci se fera un jour punir par le Ciel et se retrouvera en enfer. Dans un genre semblable, dans le tableau "L’Enfer Musicien", le péché de la luxure est puni. L’enfer est la conséquence d’avoir commis de tels péchés.
La deuxième ressemblance entre les oeuvres est la présence d’un intermédiaire entre l’enfer en tant que tel et le pécheur. La mythologie grecque nous présenta Charon qui, si on le payait d’une pièce d’or, faisait traverser le Styx, fleuve des Enfers, aux âmes. Ainsi, le Commandeur du "Dom Juan" de Molière peut être relié à Charon parce qu’il fait traverser le libertin jusqu’aux enfers par sa poignée de main. Le personnage mythologique est donc représenté comme une statue de pierre qui prend vie afin de punir Dom Juan de ses nombreux péchés, dont le meurtre de celui qu’il représente. Quant à "la Divine Comédie," Charon fait traverser l’Achéron, permettant ainsi d’accéder aux limbes. Il est cité directement. Dans l’œuvre visuelle, on peut reconnaître Charon grâce aux barques sur lesquelles il repose. Il est représenté comme un trou dans lequel se trouvent des gens; un genre de traversier. Dans l’œuvre musicale de Gluck, l’histoire d’Orphée et Eurydice présente un Charon conventionnel, c’est-à-dire que, comme dans" la Divine Comédie", il se contente de faire traverser le fleuve des Enfers. Il permet alors à Orphée de rejoindre son Eurydice.
Différences
Les motifs pour lesquels les héros de chacune de nos œuvres se rendent en enfer sont différents. Dans "la Divine Comédie" de Dante, le personnage principal s’y retrouve afin de se purifier. Son but est de passer chacune des neuf étapes, représentées sous forme d’étages, et ainsi pouvoir se rendre à Dieu, au paradis. Dans "Dom Juan", ainsi que dans "L’Enfer Musicien", la raison pour laquelle les personnages se retrouvent en enfer est parce qu’ils ont péché. En effet, dans les deux cas, les pécheurs ont commis entre autre la luxure, ou tout autre des sept péchés capitaux. Dans "Orphée et Eurydice," la seule raison pour laquelle Orphée décide de se rendre aux Champs-Élysées, le royaume des morts, l’équivalent de l’enfer moderne, est pour retrouver sa femme qui, mordue par un serpent le jour de ses noces, est morte. Il veut demander au dieu des morts s’il pourrait la ramener sur terre.
Une autre différence pourrait être la représentation que font les artistes de l’enfer. Dans le cas de "L’Enfer Musicien", de Jérôme Bosch, l’enfer est montré de façon explicite. Les personnages ont l’air de souffrir; ils se font torturer à l’aide d’instruments de musique. Les couleurs utilisées sont très foncées, ce qui donne une atmosphère dantesque. L’œuvre est ici utilisée afin d’effrayer les gens. Dans le "Dom Juan" de Molière, qui date de l’époque classique, sous le roi Louis XIV, la représentation de l’enfer, suivant les règles de bienséance de ce siècle, est très épurée. On n’y retrouve ni horreur, ni monstre, ni diable. La simple idée de l’enfer, dans le contexte de la pièce, réussit à causer la peur nécessaire pour éduquer le peuple. En effet, le théâtre, ainsi que tous les autres arts du classicisme, avait pour but premier d’instruire et non d’épouvanter. Dom Juan meurt devant nos yeux, brûlé par un feu intérieur, sans plus de sensationnalisme. La mention d'un fantôme et d'une statue qui bouge contredit déjà le classicisme. Dans "la Divine Comédie", l’enfer est représenté symboliquement par un cône où les neuf étages constituent une section de l’enfer. Si l’on réussit à tous les traverser, cela signifie l’atteinte du paradis. La représentation faite par Dante, au Moyen Âge, est plutôt descriptive; on voulait se faire une idée de ce qu’avait l’air l’enfer. |