Socio
 
 
 
 
 
 
 
   Le livre des Illusions, Paul Auster
Chapitre 2
Le chapitre commence sur une description de la moustache d’Hector, ainsi que de son utilisation dans ses films pour faire comprendre ce qu’il ressent. Cela inclut aussi son utilisation comme effet comique, grâce, entre autre, aux jeux de caméra et à son talent à la faire bouger de sorte qu’il semble qu’elle bouge d’elle-même. De plus, d’après l’auteur, cette moustache définit son casting, la latin lover. Le deuxième détail important de cet acteur est son complet blanc, dont un gag se rattache toujours. Son casting, son apparence le transforment en « héros romantique ». Les personnages féminins ne peuvent que craquer pour lui. On insiste ensuite sur son attitude, qui est plutôt nonchalante.

Dans ses films, il est au bas de l’échelle sociale. Il est rarement marié et souvent débutant dans la vie, selon le métier. Ses films ont deux dénouements possibles. Premièrement, il fait craquer une fille. Sinon, il fait un acte héroïque qui attire l’attention de son patron.

Le meilleur exemple est The Prop Man. Dans ce film, il est régisseur pour une troupe de théâtre et des accessoire, le jour du spectacle, manquent. Il s’engage donc à aller voler les objets manquants, afin d’éviter à la troupe de faire un « flop ». Une scène mémorable dans ce film est caractéristique du personnage. Il tente de voler un collier à une femme âgée. Or, il tente en même temps de faire de l’œil à une jeune femme. Le film se termine sur une pièce de théâtre qui est un succès et Hector qui est emmené en prison pour vol.

L’auteur raconte ensuite le film Mr Nobody. L’histoire ressemble un peu à la propre vie d’Hector, puisqu’il y fait référence à son compagnon de Kaleidoscope, Seymore Hunt. Celui-ci devient C. Lester Chase. Il s’agit d’un jeu de mot sur le nom de l’homme. Dans ce film, Hector a réussi et a une femme. Un jour, au travail, où il dirige une boite de soda, son associé, C. Lester Chase, lui fait goûter un nouveau parfum, qui, après l’avoir fait tomber dans les pommes, le rendra transparent. Chase, durant ce temps, fait croire à la femme d’Hector qu’il est mort et s’approprie de la compagnie. Lorsqu’Hector se réveille, il décide de se venger; il fait un vol dans une bijouterie et laisse des traces jusqu’à sa compagnie, maintenant dirigée par Chase. Les policiers suivent les traces et incriminent C. Lester Chase pour ce vol. Ce soir là, Hector dormira dans un sofa, dans sa chambre, en regardant sa femme. Il redeviendra visible le lendemain.

Ce film est la dernière vrai œuvre de Hector Mann, puisque la suivante, Double or Nothing, n’est qu’un ramassis de scènes non-utilisées des films précédents, afin de renflouer un peu les poches de la compagnie Kaleidoscope qui était presque en faillite.

Thématiques

Langage dans les arts
a) « fil dansant la chaloupée des émotions, la moustache d’Hector est un sismographe de son état profond (…), elle vous indique ce qu’Hector pense, elle vous donne accès à la machinerie de ses pensées. » p.45
b) « la moustache est l’élément de communication et bien qu’elle parle un langage sans paroles, ses tortillements et ses palpitations sont aussi claires et compréhensibles qu’on message épelé en morse. » p.45
c) « l’angle change soudain et (…) est remplacé par un gros plan . Le visage d’hector remplit l’écran et, toutes références à l’environnement étant éliminées, la moustache devient le centre du monde. » p.45
d) « Nous pouvons lire ce qui se passe dans la tête d’Hector comme si c’était écrit en toutes lettres sur l’écran » p. 46
e) « En mouvement, la moustache est un outil capable d’exprimer les pensées de tout homme. Au repos, elle n’est guère qu’un ornement. Elle désigne la place d’Hector dans la monde, établit le type de personnage qu’il est sensé représenter et définit ce qu’il est au yeux des autres » p46
f) « La moustache constitue un lien avec son moi profond, l’expression métonymique d’impulsions, de cogitations et d’orages mentaux. Le complet incarne sa relation au monde social » p47
g) « Le complet blanc et signe de la vulnérabilité d’Hector » p48

Casting
a) « Elle [la moustache] désigne la place d’Hector dans la monde, établit le type de personnage qu’il est sensé représenter et définit ce qu’il est au yeux des autres » p46
b) « il ne peut jamais y avoir de doute quant à la personnalité de celui-là [Hector] : c’est le dandy sud-américain, le latin lover, le mâle basané au sang chaud. » p46
c) « Il était trop grand pour jouer simplement un clown, trop beau pour tenir, à l’instar d’autres comiques, le rôle du gaffeur innocent. Avec ses yeux noirs et expressifs et son nez élégant, Hector avait l’allure d’un jeune premier de deuxième catégorie, d’un héros romantique surdoué » p48
d) Descriptions de casting d’acteurs de films burlesques muets (p48 et 49)

Valeurs
a) « Chaque fois qu’un choix s’offre entre l’amour et l’argent, l’amour a toujours le dernier mot. » p51-52

Procédés postmodernes
a) La vie d’Hector est reflétée dans son film Mr Nobody. Seymour Hunt devient C. Lester Chase. (Seymour = See more, donc See Less = C. Les) (Hunt en français est Chasse, donc Chase) (p55 à 57)

Chapitre 3
David Zimmer écrit son livre sur Hector Mann en près de neuf mois. Il ne fait que ça pendant ce temps-là, vivant en ermite à Brooklyn. Il ne vit que pour son livre, s’habituant lentement à l’absence de sa famille. Pourtant, pendant que son ouvrage passe dans les engrenages de l’édition, il retourne vivre au Vermont. Les premières semaines dans cette habitation sont seulement remplie de tâches pratique.

En février, il reçoit une lettre d’un ancien camarade. Alex Kronenberg l’invite à traduire Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand. Lorsque Zimmer le rappelle, il tombe sur le répondeur et la voix d’un enfant d’environs l’âge de son fils. Il est très ému. Lorsqu’il le rappelle, Kronenberg et lui discutent du livre et du fait que Chateaubriand dût publier son autobiographie avant sa mort pour résoudre des problèmes d’argent.

Ensuite vient un extrait de la traduction de l’avant propos de Mémoires d’outre-tombe. Chateaubriand y rappelle son âge avancé (78 ans) et que sa mort ne tardera pas à le rattraper. Il y dit aussi qu’il a dût vendre ses Mémoires pour de l’argent, raconte qu’elles furent écrites dans plusieurs pays et à divers moments de sa vie et qu’il ignore si le tout plairait. Le texte finit sur un testament sur que faire de son corps à sa mort s’il décédait à l’extérieur de la France.

Dès le lendemain, il travaille à sa traduction et pour une grande partie de l’hiver, il s’isole une fois de plus. Lorsqu’il se décide à faire ses courses dans un magasin près de la ville qu’il habitait avec Helen et les enfants, il y rencontre deux amis qui l’invite à souper. Il est incapable de refuser; il sont si insistant. Or, ces deux amis, Greg et Mary, ont aussi invité une vingtaine d’ancien collègues de l’univesité. Zimmer est mal à l’aise. Il se saoule. Pendant un bref instant avec Karin Müller, dans lequel il ressent « un instant de désir » , il échappe son verre sur elle et se met à l’insulter. Puis, il s’engueule avec Mary, qui veut qu’il aille s’excuser à Karin. Elle lui recommande de vivre malgré la mort d’Helen, ce qui cause à Zimmer maintes émotions et le fait entrer dans une colère encore plus grande.

Deux jours plus tard, une réponse positive des Presses de l’université de Pennsylvanie arrivent, par rapport à son bouquin sur Hector Mann. Trois mois plus tard, il reçoit une lettre d’une certaine Frieda Spelling qui dit être la femme d’Hector Mann, toujours en vie. Elle l’invite à le rencontrer et à voir des films qu’il a réalisés mais toujours inconnus et qui devront être détruits dans les vingt-quatre heures de sa mort. Zimmer croit à une blague, il demande une preuve. Pourtant, cela le déconcentre assez qu’il ne peut continuer à travailler. Ainsi, il se rue sur des découpures d’articles sur Hector Mann.

Au début de sa carrière, les journalistes lui inventèrent un passé flamboyant, qui donnait l’air à Hunt d’être un découvreur de talent. Pourtant, ses prochaines entrevues lui dessinent un passé plus sobres, mais changeant. En effet, il dit toujours être né en Europe ou en Allemagne, mais son trajet dans l’Amérique, après qu’il aie quitté le vieux continent, diffère. Zimmer en déduit que peut-être qu’il était juif et essayait de passer le tout sous silence.

On y parle aussi de l’affaire Hunt. Celui-ci se pendit vers la fin de Kaleidoscope et Mann fit des commentaires disgracieux à son égard. On parle aussi de sa disparition et des mythes que cela a causé.

Thématiques

Thématique des processus de publication d’un livre
- L’univers de l’édition dans les Presses universitaires

Thématique de Chateaubriand
- Conversation d’Alex et David sur les Mémoires d’outre-tombe (p 84-85)
- Extrait de l’avant propos de Mémoires d’outre-tombe (p 87 à 90)

Chapitre 4
Deux semaines plus tard, Zimmer n’a toujours pas de nouvelles de Frieda Spelling. Son intérêt baisse considérablement. Il range ses cartons de coupures de magazines et n’y repense plus.

Une journée pluvieuse qu’il fait ses courses, il a le caprice d’aller au cinéma. Puis, l’envie lui prend d’aller manger au restaurant coréen, repas qu’il arrose avec trois ou quatre bières. Il en a un peu trop bu et en est conscient, alors, lorsqu’il décide de retourner chez lui, il roule très lentement. Or, lorsqu’il voit un chien sur le bord de la route de terre menant chez lui, il donne un coup de volant et de frein pour l’éviter. Le résultat? L’auto fonce tête première dans un arbre et s’enlise dans de la boue. Il se déprend, de moins bonne humeur encore. Il retourne chez lui. Il a oublié d’allumer la lumière extérieure de son domicile. Il fait des pieds et des mains afin de rentrer, de trouver la serrure, etc. Or, une lumière s’allume d’elle même. Une femme est là. Elle s’appelle Alma Grund (qui a une tache de vin sur le visage) et l’attend depuis cinq heures pour l’entretenir d’Hector Mann.

Ils retrouvent les clés de Zimmer qui sont tombés par terre et entrent. Il est de mauvaise humeur et la somme de partir, avec colère. Il déclare n’avoir plus aucun intérêt dans l’histoire Hector Mann et Frieda Spelling. Il quitte et va prendre un bain. Lorsqu’il revient, elle est toujours là. Il décide donc de la questionner.

Frieda n’a pas pu écrire sa réponse parce que Hector a fait une chute dans les escaliers et puis, en pleine opération dans la jambe, une crise cardiaque. Une fois en cardiologie, il a attrapé une pneumonie. Il est en mauvais état et risque de mourir.

Alma quant à elle est la fille de Charlie Grund, le cameraman ayant travaillé avec Hector Mann chez Kaleidoscope. Quand Hector et sa femme ont décidé de refaire du cinéma, son père est allé s’établir à leur ranch, en 1940. Alma est née à ce ranch. À quinze ans, elle est allée en pension, puis au collège. Elle s’est mariée, puis divorcée. Il y a sept ans, pour les funérailles de sa mère, il y est retournée et a décidé d’y rester. Elle est en train d’écrire la biographie d’Hector Mann et elle a absolument besoin d’un témoin. Voilà pourquoi Zimmer est harcelé par Frieda et Alma.

Elle veut l’amener avec lui au Nouveau Mexique et pour se faire, ils doivent prendre l’avion. Parce qu’il dit ne pas prendre l’avion, « pour sa religion », elle lui offre des Xanax et lui avoue avoir fait des recherches sur lui. Il éclate en colère. Il ne veut pas la suivre, alors elle sort l’arme pour le menacer. Au lieu d’avoir peur, celui-ci est fasciné et demande même à la propriétaire de l’arme de lui tirer une balle. Il crie, se frappe la poitrine en la mettant au défi. Elle se met à pleurer, tremble, baisse l’arme. Zimmer est alors convaincu que l’arme n’est pas chargée. Pour punir Alma, il s’empare donc du pistolet et le colle contre sa tempe. Lorsqu’il vient pour appuyer dur la gachette, il se rend compte de celle-ci bloquée par le système de sûreté, mais que l’arme à feu est chargée.

Zimmer envoie Alma, ébranlée, se débarbouiller. Pendant ce temps, il cache le pistolet dans un compartiment du réfrigérateur.

Alma traîne dans la chambre de bain. Lorsqu’il s’en approche, il n’entend plus de sanglots. Il pense alors au pire. Elle est seule dans une chambre de bain avec une pleine bouteille de Xanax… Il frappe, elle répond qu’elle sort dans une minute.

Lorsqu’elle sort, désespérée, elle fait ses excuses et tente de s’en aller. Zimmer la retient pour coucher. Elle dormira sur le sofa. Ils partiront le lendemain matin.

Pendant la nuit, Alma se glisse dans son lit. Zimmer en est à demi conscient. « Avant d’être assez réveillé pour lui demander ce qu’elle foutait dans [son] lit, [il] l’avai[t] déjà entourée de [ses] bras et [il] l’embrassai[t] sur la bouche. »

Ils partent le lendemain avant midi. Pour se rendre à l’aéroport de Boston, ils empruntent les mêmes routes qu’il avait emprunté avec Helen et les garçons la journée même de leur décès. Il revit ce voyage dans sa tête. De plus, il a une conversation avec Alma sur la tache du naissance qu’elle a au visage. Elle lui raconte qu’elle a fini par accepter son visage grâce au conte La marque sur le visage.

Ses conversations sont si intéressantes qu’il en oublie de prendre son Xanax d’avance. Il décide donc de ne pas en prendre et d’essayer de se ressaisir. Or, lorsque l’avion se met en marche, il a l’impression de vivre ce que Helen et ses fils ont vécu. Il éclate en sanglots. Quand Alma le console, vers la fin de sa crise, il a l’impression d’être entré dans le corps de Todd et qu’Alma est sa défunte femme.

Thématiques :

Thématique des sensations fortes à cause du danger
1. « Ce fut l’un des instants les plus sublimes, les plus grisants de ma vie. » p136
2. « j’eus l’impression que ma peau était devenue transparente. » p136
3. « Je n’occupais plus l’espace, je m’y fondais » p136
4. « Je m’émerveillai de la sensation de confort que j’éprouvait et de l’aisance avec laquelle j’acceptais les possibilités de l’instant. » p136
5. « Une immense et horrifiante beauté s’épanouissait devant moi et je ne voulais que continuer à la regarder » p136

Thématique du souvenir
1. L’importance de garder le revolver pour se souvenir de cet instant (p.141-142)
2. « Ce serait mon mémorial secret, un monument à mon flirt avec la mort. » (p.142)

Thématique de la beauté physique et de l’acceptation de soi
1. Discussion d’Alma et de Zimmer sur la tache de naissance (p148 à 151)
2. « ça fait d’une enfant une cible facile. » p.149
3. Relation entre Alma et le conte La marque sur le visage (p.149 à 151)
4. « Les autres portaient leur humanité à l’intérieur d’eux-mêmes, mais j’arborais la mienne sur mon visage. » p. 151
5. « Je n’aurais jamais une vie de bonheur ordinaire mais, après avoir lu cette histoire j’ai compris que j’avais quelque chose de presque aussi bien. » p. 151
6. « La tache de naissance était un test de leur humanité. » p.151

Thématique de la phobie et du traumatisme
1. La crise dans l’avion (p. 154 à 156)

 
 
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