Nos chroniques

Accueil
Le Releveur
Oeil de lynx

Nos sections
spéciales


Le Savant Fou(2003)
Sur la route(2003)
Anecdotes
Poésie
Photos
Chansons
Nos liens
Nos bannières

Les Ligues

MLB
Ligue Northeast
LBSQ
LBEQ
FFBSC (France)
LFBBS (Belgique)

Pour nous écrire



ENTREVUES







Mardi 17 Juin.

Derrière le masque.

Toujours à la recherche de nouvelles connaissances et avec notre défaut de vouloir toujours mieux comprendre, on a décidé cette fois de se plonger dans le monde des officiels. On a tenté de démystifier les personnages les plus controversés sur un terrain de baseball avec l'aide de Goeffroy Gauthier, arbitre dans la LBEQ. Avec toute sa générosité, il a répondu de façon transparente et en toute franchise à nos nombreuses questions. On vous invite à le connaître davantage.

P.B.:Vous arbitrez depuis combien d'années? Pouvez vous nous dresser le tableau des échelons que vous avez gravi dans votre carrière?

G.G.:J'arbitre depuis 19 ans. J'ai débuté dans le mineur à Laval. À mes débuts, j'officiais dans les catégories atome à pee wee. J'évoluais principalement dans les niveaux A et B. Par contre, je ne sais toujours pas par quel hasard mais mon premier match fut une partie de moustique AA au marbre. J'étais tellement nerveux qu'au tout premier lancer j'ai appelé une deuxième prise! Mon confrère sur les buts, qui en était aussi à sa première partie, ne parvenait pas à se rappeler si c'était le premier ou le deuxième lancer du match!

À ma troisième saison, soit à quatorze ans, j'ai été sélectionné pour travailler dans les niveaux AA, toujours à Laval. Étant très jeune pour évoluer à ce niveau, j'ai fait du moustique et pee wee AA pendant près de deux ans tout en ayant la chance de faire des apparitions sporadiques dans les niveaux bantam et midget AA, midget AAA et sénior (maintenant la LBSR). J'ai ensuite gradué aux niveaux supérieurs où je travaillais de façon régulière dans les niveaux déjà mentionnés mais aussi dans le junior AA et le sénior métropolitain (devenu la LBSQ). J'étais donc plus jeune que les joueurs à mes débuts dans le sénior.

J'ai travaillé dans l'ombre, c'est-à-dire seulement à Laval, pendant plusieurs saisons. Lorsque Baseball Québec et le comité provincial des arbitres ont crée le programme excellence. J'ai été sélectionné pour travailler dans la ligue junior élite. Cela fait donc six ans que je travaille pratiquement qu'avec les meilleurs joueurs, entraîneurs et officiels au Québec.

Depuis cette année, j'ai le grand plaisir d'arbitrer dans la ligue professionnelle Canadian Baseball League (CBL).

P.B.:Je présume que vous avez un objectif personnel ou un rêve dans ce "drôle" de métier. Quel serait le summum pour vous?

G.G.: Bien sûr, j'aimerais travailler sur un championnat international, de préférence à l'extérieur du Canada. Peut-être même les olympiques, qui sait! Je suis cependant conscient qu'il y a de nombreux bons officiels au Québec et au Canada et que chacun d'entre-eux attendent leur tour avec impatience. Des gars comme Stéphane Dupont et Jean-François Pruneau ont eu le plaisir de travailler dans des championnats du monde disputé au Québec mais aimeraient aussi voir comment se déroulent de tels championnats ailleurs.

Le baseball professionnel? Très peu pour moi. D'abord, je me fais vieux pour tenter l'expérience. Ce n'est pas à 30 ans, marié et père que l'on se jette dans une expérience où seuls les gens travaillant au niveau majeur vivent bien. Dans les niveaux A et AA mineurs, il faut vivre avec les moyens du bord! De plus, Major League Baseball préfère sûrement utiliser ses visas de travail pour de bons joueurs et je les comprends! Alors, la CBL est déjà très bien à ce point de vue.

P.B.:La compétition la plus importante à laquelle vous avez été appellé à officier? Et quelle est la différence entre le junior et cette compétition?

G.G.:Si j'avais à choisir une compétition en particulier, ça serait vraiment difficile. Chaque compétition est importante. Cela dépend du niveau d'arbitrage auquel on est rendu. Les compétitions ou championnats sont, comme pour les équipes, des moments pour se mesurer face à soi et face aux autres. Quand j'ai fait mon championnat provincial atome à ma troisième saison, c'était gros. Puis, j'ai fait d'autres championnats provinciaux: deux midgets, un sénior et un junior. Je peux vous dire que pour un officiel du Québec, le junior est le championnat le plus important de tous. C'est à ce championnat que sont sélectionnés les arbitres qui auront la chance de faire des championnats canadiens dans le futur. Puis, j'ai été choisi pour faire un championnat canadien pee wee à Summerside, PEI. Quelle belle expérience. J'évoluais dans le junior élite et j'allais arbitrer des ti-culs d'âge pee wee. C'est probablement là que j'ai vu le plus beau baseball de ma carrière. Des stades pleins à craquer, des jeux superbes et des jeunes motivés à jouer! Des joueurs comme N. Bleau et P. Lepage, tous deux récemment repêchés, jouaient pour l'équipe du Québec. Par la suite, j'ai travaillé dans des nationaux midget et sénior. Cette année, j'irai à Windsor pour la coupe du Canada.

Dans le junior actuel, la partie se joue comme dans le hockey semi-pro. C'est-à-dire que les équipes tentent de donner un spectacle avec leurs injures et gestes d'intimidation au lieu de faire parler leurs bâtons et leurs bras. Dans ces championnats, ou dans la CBL, on joue d'abord au baseball puis à l'occasion, on réagit à l'adversaire. Je dirais que la vitesse à laquelle les joueurs s'élancent est très différente d'avec le junior. Souvent, je me dis que le lancer va être une prise, puis boum, la balle est rendue dans l'allée de puissance! Les lanceurs aussi. Le contrôle et le mouvement dans les lancers sont très différents. Par contre, ce qu'un officiel apprécie le plus, c'est la qualité des receveurs.

P.B.: Vous ne serez jamais dans une position gagnante. Il n'y a pas de tableau de victoires et de défaites pour les arbitres. Qu'est-ce qui vous motive donc à être arbitre au baseball?

G.G.: Le jeu. Pensez-y! Qui est le plus dans l'action durant un match après les lanceurs et receveurs? Les frappeurs, oui chacun leur tour, 3 ou 4 fois par partie. Moi je suis là à chaque lancer! Je dois m'imaginer constamment ce que je ferais si j'étais tel joueur ou tel instructeur. Je dois prévoir mes réactions pour toutes les éventualités!

P.B.: Qu'est-ce qui a causé le déclic et qui a fait que vous vous êtes dit; "Je veux devenir officiel au baseball"?

G.G.: En fait, ce n'est pas moi qui ait pensé à devenir arbitre. C'est mon père. À l'époque, j'étais un assez bon gardien de but au hockey. Puisqu'il faut une concentration à toute épreuve et une tolérance au stress phénoménale pour réussir, il a pensé qu'arbitrer au baseball, sport que j'aimais et que je jouais, pouvait m'aider. Il a convaincu le responsable des arbitres de m'accepter même si je n'avais pas encore l'âge minimum. Il m'a donc inscrit comme arbitre à 11 ans! Son idée devait être bonne puisque j'ai atteint le junior majeur au hockey et le professionnel au baseball!

P.B.:Le gabarit a t-il un influence véritable sur la zone des prises d'un arbitre?

G.G.: Le gabarit des joueurs a effectivement beaucoup d'influence sur la zone des prises. Principalement pour les petits frappeurs. Les lancers bas seront des prises pour eux et pas pour les autres. Par contre, les lancers hauts ne seront pas appelés contre eux. Pour la largeur de la zone, non. Cependant, tous les frappeurs qui trichent dans leur façon de se positionner pour réduire leur zone des prises, un peu comme le faisait Pete Rose dans le temps, sont largement punis et leur zone augmente considérablement.

P.B.:Votre zone des prises peut elle varier d'une soirée à l'autre? Et d'une manche à l'autre? Et quelles peuvent en être les causes? (Je ne parle pas ici d'un manque de jugement mais bien d'un facteur quelconque que l'on ignore. L'éclairage, un changement de receveur, la fatigue ou autre)

G.G.: Bonne question. Malheureusement oui. D'abord, il y a les facteurs humains. Dépendament de mon état physique et mental, ma zone sera affectée. Les joueurs d'expérience connaissent ma zone habituelle et si j'arrive fatigué ou perturbé, elle peut varier des matchs précédents. Il y a aussi le subconscient qui peur jouer des tours à l'occasion. Un joueur colérique envers les officiels ne s'en tirera pas souvent sur les lancers à la limite entre une balle et une prise.

Ensuite, il y a les facteurs extérieurs. Il est bien certain que le calibre de jeu va affecter les dimensions de la zone. Par exemple, dans le junior élite, j'ai toujours appelé deux balles au dessus de la ceinture et le bas de la rotule pour la hauteur. Pour la largeur, j'appelais 1 1/2 balle à l'intérieur et 3 balles à l'extérieur. Maintenant que les joueurs utilisent les bâtons en bois, j'ai réduit considérablement la largeur. Encore plus dans la CBL.

Le facteur le plus important pour une zone de prise est le receveur! Il doit me laisser l'espace nécessaire pour bien voir chacun des lancers. Dominic Campeau, maintenant dans la CBL était excellent à ce point de vue. Un bon receveur va éviter de "framer" tous les lancers. Lorsqu'il donne une cible à l'extérieur, il peut se déplacer un peu pour donner l'impression que le lancer arrive directement dans le gant et au dessus du marbre. Mais il ne peut le faire autant sur les tirs à l'intérieur.

P.B.: Le jeu le plus difficile à juger dans une partie?

G.G.: Il y en a deux. Le premier est plutôt rare. C'est le jeu risque tout où le coureur du troisième but tente de marquer et que le frappeur dépose l'amorti. Il faut surveiller tant de choses à la fois: le lancer sera-t-il une balle ou une prise? Le receveur interférera-t-il avec le frappeur? Le lanceur fera-t-il une feinte irrégulière? Le frappeur sera-t-il atteint? Et finalement, le point marque-t-il ou y a-t-il un retrait sur le jeu?

Le second est plus simple. C'est un ballon au champ extérieur où il faut se placer pour voir le retoucher du coureur au troisième but et ensuite se déplacer pour avoir le bon angle pour le jeu au marbre.

P.B.:Le son est aussi important dans les décisions sur les coussins?

G.G.: Vous voulez sans doute parler du mythe selon lequel on se fie au son de la balle dans le gant du joueur pour déterminer si le coureur est sauf ou retiré? Comment ferions nous alors quand les spectateurs sont bruyants et enthousiasmes? Non, le son n'a rien à voir avec nos décisions.

P.B.: Expliquez-nous en vos termes le défi d'être arbitre au baseball?

G.G.: C'est de rendre des dizaines de décisions à chaque match et de convaincre deux équipes qui voient chaque jeu de façon diamétralement opposée que vous rendez la bonne décision. C'est ce que l'on appelle vendre son call. Mais c'est de la vente à pression ça monsieur!

P.B.: Comment arrivez vous à gérer votre amour du baseball et la nécessité d'être impartial?

G.G.: De la même façon que j'apprécie un match entre Arizona et Pittsburgh. J'aime le jeu, voir des bons coups de bâton, des beaux lancers, des jeux défensifs qui coupent le souffle et évaluer les stratégies. J'apprécie le sport et je fais mon gérant d'estrade aussi sauf que je ne peux me permettre de dire tout haut ce que je pense.

P.B.: Vous arrive t-il de féliciter un joueur pour un jeu qu'il a réussi?

G.G.: Bien sûr, autant j'apprécie que l'on me félicite après un match. Peu m'importe le pointage ou les équipes en présences, si j'aime ce que je vois, je le dis.

P.B.: Vous pouvez nous expliquer comment se fait la stratégie pour être aux bons endroits lorsqu'il y a coureur(s) sur les buts?

G.G.: Il faut sentir la game. Bien connaître les règles ne fait pas de vous un bon arbitre, il faut plus que cela. Il faut pouvoir anticiper ce qui va se produire et comment les équipes vont réagir. Une fois que vous avez une bonne idée de ce qui va se produire, vous devez réagir rapidement de façon à être à une quinzaine de pieds du jeu éventuel. C'est pour cela que c'est tellement plus facile à 3 ou 4 officiels. À deux, quand vous anticipez deux jeux possibles, vous devez prévoir le jeu le plus probable et vous déplacer en conséquence. Si vous avez anticipé le mauvais jeu, vous avez l'air fou!!!

P.B.:La chose la plus complexe à apprendre pour être un bon officiel?

G.G.: D'abord la game, pourquoi tel ou tel jeu, telle ou telle réaction. Ensuite les gens. Il faut savoir que tel frappeur ou tel joueur réagit plus difficilement à telle situation, il faut comprendre cela. Sans toutefois accepter les insultes ou les démonstrations de frustration. Le reste du travail n'est que de la mécanique, ça s'apprend avec de la pratique.

P.B.: De quel façon gagnez vous le respect des joueurs?

G.G.: Premièrement en les respectant d'abord. Pour moi, c'est facile. Ce sont les meilleurs joueurs au Québec et je fais un piètre joueur de balle-molle. Juste par leurs habiletés, ils ont mon respect. Ensuite, en les connaissant bien et en leur permettant de me connaître. Je n'hésite jamais à discuter avec un joueur ou entraîneur de situations de jeu. Je me dis que je peux certainement en apprendre sur le sport et qu'eux aussi peuvent en apprendre à mes côtés. Ensuite, je tente d'être honnête. Si je commets un erreur, je ne nie pas. J'admets que je suis humain même si je suis exceptionnel!

P.B.: Les engueulades avec les gérants font parti du baseball. En quoi selon vous elles ont leur utilité, puisque vous aurez toujours le dernier mot?

G.G.: Elles ont trois utilités. La première, elle permet au gérant de prendre la pression au lieu de ses joueurs. S'ils jouent mal, ça leur envoie le message que l'entraîneur tient à gagner. S'il y a des tensions entre l'arbitre et certains joueurs, il vaut mieux que l'attention de l'officiel se porte sur l'entraîneur puisqu'il ne lance pas et ne frappe pas.

Deuxièmement, ça peut créer un doute dans l'esprit de l'officiel. Par contre, le contraire est aussi vrai si c'est fait à outrance.

Troisièmement, ça peut peut-être attiré des spectateurs, quoique je ne suis pas convaincu que le baseball attire beaucoup de fans ainsi.

P.B.: On peut savoir ce qui se dit entre le frappeur et le receveur? Vous en avez sans doute entendu de toutes les sortes? La plus amusante et racontable?

G.G.: J'en ai entendu plusieurs effectivement. La plupart du temps, les joueurs se saluent. Parfois, ils vont échanger sur les charmes de la ville ou des estrades ... Je vois, à l'occasion, des receveurs dire au frappeur quel lancer s'en vient. Mais parfois ils mentent!

P.B.: Vous prenez une mauvaise décision et vous en êtes parfaitement conscient. Mais vous ne pouvez plus revenir en arrière. Comment vous arrivez à "dealer" avec cette situation pour le reste du match?

G.G.: C'est comme une mauvaise présence au bâton pour un joueur, il faut l'oublier et se concentrer sur la prochaine décision. SI l'on jouit d'une bonne crédibilité, on peut l'admettre mais pas à outrance, les joueurs n'aiment pas trop cela. On ne doit jamais tenter de se reprendre. En anglais on dit: two wrongs don't make a right.

P.B.:Dans ce cas, on est porté à croire que les officiels tenteront d'équilibrer les choses plus tard. C'est un fait, ou une impression des amateurs?

G.G.: Je ne crois pas. On en sort jamais. Les situations de matches changent. Rater une décision au premier but avec deux retraits en première manche et le neuvième frappeur au bâton ou rater le même jeu en sixième avec aucun retrait et le troisième frappeur qui s'amène n'est pas la même chose.

P.B.:Une équipe favorite...dans les majeures?

G.G.: Bien sûr, les Expos voyons! Même au Québec ou au Canada, il y a des clubs qui me plaisent plus que d'autres. Cela ne change rien à mon arbitrage. Je me suis régulièrement fait traiter d'anti-homer.

P.B.: Quand vous regardez une partie à la télé, vous observez le travail des arbitres ou des joueurs?

G.G.: Les deux. Quand je vais au stade, j'aime d'abord le match mais je porte aussi attention au travail des officiels. Y en a que j'apprécie plus que d'autres. Et quand ça ne me plait pas, je leur laisse savoir! Et comme je sais ce qui me fait réagir, je réussis toujours par les faire réagir!

P.B.:Plus jeune, alors que je jouais au baseball (pour m'amuser.) je suis au premier but. L'arbitre nous passe un commentaire suite à un amorti raté par notre frappeur: " Pftt! Ce gars là ne sait pas "bunter"". Le joueur de premier but et moi (le coureur.) on s'est échangé un drôle de regard. Est-ce qu'on aurait dû lui dire quelque chose?

G.G.: Oui, mais ça dépend de trop de choses. Je préfère ne pas répondre.

P.B.: À quel moment un joueur, ou un entraîneur va trop loin et risque l'expulsion?

G.G.: À partir du moment où l'officiel lui a clairement fait comprendre que s'en était assez, ou dès qu'il tente de ridiculiser l'arbitre face à la foule. Vous n'avez pas idée de tout ce qui se dit entre le receveur et l'arbitre ou lorsque l'entraîneur donne ses changements.

P.B.:Est-ce qu'il y a une question qu'on ne vous pose jamais mais que vous aimeriez tellement qu'on vous pose pour pouvoir y répondre? Si oui quelle est t-elle? et faites vous (nous) plaisir en y répondant.

G.G.: Pourquoi les parties sont elles aussi longues maintenant?

Premièrement parce que les entraîneurs veulent "overcoacher". Ils décident de chaque lancer. Auparavant, c'étaient les receveurs qui prenaient ces décisions. Ils donnent des signaux aux frappeurs à chaque lancer, qu'il y ait des coureurs ou non. Ça devient ridicule. De plus, ils ont tellement peur de se faire voler leur signaux qu'ils utilisent plusieurs séries de code (clés et familles) pour dire aux joueurs s'il faut prendre au sérieux ou non le signal.

Deuxièmement, les joueurs prennent beaucoup trop de temps entre les manches. Avant, il arrivait que des joueurs soient expulsés parce qu'il n'embarquaient pas en courant sur le terrain entre les manches. Aujourd'hui, j'ai le temps d'aller prendre de l'eau au banc des joueurs et de revenir au marbre et il y a encore des joueurs défensifs sur le banc.

Les ligues devraient agir à ces niveaux si elles cherchent vraiment à diminuer la durée des parties.

P.B.:Certains joueurs arrivent à faire mal parraitre un officiel en restant longtemps figé après une troisième prise sur décision et autres gestes du genre. Avez-vous une façon de regler ce problème puisqu'il risque d'entraîner d'autres joueurs ensuite dans une sorte d'aversion envers l'officiel?

G.G.:Oui mais je ne le conseille pas à tous. Je suis assez confiant en mes moyens pour me permettre des pointes d'ironies. Je peux passer certains messages au frappeur tant que ce n'est pas au vu et su de tous, du genre: "Si tu l'as si bien vu passer celle-là, pourquoi t'as pas réussi à bien voir les deux autres prises avant?"

À l'occasion, ça peut être moi qui aie une mauvaise joute. Dans ces temps là, j'avise les receveurs et/ou les entraîneurs que j'ai pas besoin de me faire rappeler que j'ai un mauvais match et que je prendrai soin de ceux qui voudraient me le rappeler.

P.B.: Croyez-vous que parfois le comportement bouillant du gérant envers un arbitre est une façon de retirer de la pression sur ses joueurs en leur donnant une excuse pour une mauvaise performance?

G.G.: Bien sûr. Je ferais de même à leur place tout en connaissant les conséquences par contre. C'est différent maintenant. Auparavant, chacun savait pourquoi l'entraîneur sortait et ce qui allait arriver.

P.B.:Est-ce qu'il vous est arrivé qu'un gérant vienne vous voir après un match pour vous dire que vous aviez raison malgré qu'il ait fulminé contre vous?

G.G.: Très souvent. Les entraîneurs sont intelligents. Ils savent bien que s'ils ont raison, je serai le premier à le reconnaître et que s'ils ont tord, ils ont intérêt à avoir l'humilité de le reconnaître.

P.B.:Tout comme pour les joueurs, la LBEQ est un bon tremplin?

G.G.: Non, pour la plupart des officiels, la LBEQ est l'aboutissement d'une carrière réussie puisqu'il n'y a que peu d'échelons possibles au-delà de celle-ci.

P.B.: La discipline sur le terrain s'améliore dans le circuit selon vous?

G.G.: Non, malheureusement. Les joueurs et entraîneurs comparent trop souvent la LBEQ au hockey semi-pro et ce n'est pas la même chose. Aussi, les égos de certains prennent de plus en plus de place depuis que plusieurs joueurs se font repêchés par les clubs professionnels. Mais j'imagine que ça ne doit pas être si pire si j'aime encore y être.

P.B.:On comprend où se situe la différence entre les différents calibres pour les joueurs mais qu'en est-il pour les arbitres?

G.G.: C'est aussi une question d'ajustement. On n'a pas la même zone dans la LBEQ que dans la CBL, c'est évident. On doit aussi réapprendre à connaître tous les intervenants lorsque l'on change de calibre. Il faut s'ajuster, c'est certain.

P.B.:Si on vous demandait un jour d'accompagner des amateurs derrière le marbre et sur les coussins et de les laisser juger des situations de jeu dans une activité de raprochement entre les amateurs et les officiels; vous participeriez?

G.G.: Bien sûr. Je pense que toute échange entre les gens impliqués dans le sport peut-être positive. D'ailleurs, je me demande souvent pourquoi les entraîneurs, les joueurs (surtout les lanceurs et receveurs) et les vrais fans ne suivent pas un cours d'arbitrage. C'est le seul endroit où l'on peut apprendre les règles et leurs subtilités qui pourraient être avantageuses.

P.B.: Les officiels ont souvent un excellent sens de la répartie et de l'humour. Est-ce votre cas ?

G.G.: Je crois que oui mais il faudrait le demander aux gens concernés...

P.B.:Vous aimeriez dire un mot aux amateurs?

G.G.: Je préfère m'adresser à eux en personne et échanger avec eux. Si certains vous faisaient parvenir des questions. Il me ferait plaisir d'y répondre.

P.B.:Un dernier commentaire?

G.G.: J'ai penser à d'autres questions mais malheureusement, j'ai oublié. Par contre, si d'autres vous venaient à l'esprit, n'hésitez pas.

Un sincère merci à Goeffroy Gauthier pour s'être prêté à cette entrevue et, surtout pour nous en avoir appris davantage sur le monde de l'arbitrage au baseball. Si vous avez des questions au sujet de l'arbitrage ou des règles faites-nous parvenir vos questions, on se fera un plaisir de les transmettre à Monsieur Gauthier.

Vendredi 23 Mai.

Appellez-le "K"arl.

Le lanceur des Ducs de Longueuil Karl Gélinas vient de franchir une première étape en direction de son rêve. Nous voulions en savoir plus sur lui et sur son cheminement. Le nouveau membre des Angels d'Anaheim nous accorde généreusement une entrevue.

P.B: Qu'est-ce que ça te fait d'être maintenant un membre des Angels d'Anaheim?

K.G.: C'est vraiment trippant. C'est le debut d'un rêve d'enfance, et en plus, c'est avec les champions de la série mondiale.

P.B:Avant d'être un Angels, tu avais une équipe favorite avant? Quelle était-elle?

K.G.:Oui, les Blue-Jays, puisque je les ecoutais toujours parce que mon père était analyste à RDS pour eux. De plus, avant les Angels, c'est eux qui demontraient le plus d'interêt envers moi.

P.B:Est-ce qu'il y a eu un moment dans ta carrière où tu t'es dis que tu avais des chances d'être reconnu par une équipe des majeures un jour?

K.G.:Oui, après ma deuxieme année à l'ABC. Après un magnifique voyage à Cocoa Beach, on dirait que tout a débouché par la suite.

P.B:Est-ce que les Angels t'ont donné un programme spécifique à suivre?

K.G.:Ils vont me donner un entrainement specifique une fois rapporter à la ligue des recrues en Arizona. Ainsi qu'un programme pour la saison morte.

P.B:Comment tu vis ce moment? et qu'en pensent les gens de ton entourage?

K.G.:En ce moment , je flotte, je vie sur un nuage. Mes proches egalement.

P.B:Tu peux nous parler de la suite? Qu'elle sera ton cheminement maintenant?

K.G.:Je me rapporte à la ligue des recrues, à Mesa en Arizona, dès le 8 juin. Ensuite de ça, je vais monter les étapes vers l'ultime but, de jouer dans les ligues majeures.

P.B:Il y a une personne qui t'a aidé à devenir un meilleur joueur? Et de qui il s'agit si c'est le cas?

K.G.:Oh que oui, mon père. Lui-même a evolué dans l'organisation des Pirates. Sans lui, je ne serais pas le lanceur que je suis aujourd'hui.

P.B:Une partie parfaite! C'est un exploit digne de mention dans peu importe le circuit. Mais deux avec Northeastern Oklahoma A&M College ? Tu manges quoi au déjeûner?

K.G.:Hahahhahaha! C'est une question difficile à repondre. Il sagit simplement de bien se préparer pour le match et d'avoir une concentration parfaite et d'être en contrôle de la situation.

P.B:Plus serieusement, parles-nous de ces deux rencontres?

K.G.:C'est deux rencontres où, pour une raison ou une autre, quelque chose clique et tout semble si simple et facile. C'est un mechant bon feeling à avoir, un feeling d'invincibilité. Ce qui est dure, c'est de retrouver ce feeling, dans tes prochaines performances.

P.B:Quelle est la différence entre lancer là-bas et dans la LBEQ?

K.G.:Je crois que la difference c'est les terrains. La qualité et la dimension. De plus, les frappeurs aux États-Unis, sont beaucoup plus difficiles à retirer sur trois prises, ils font souvent contact.

P.B:Tu as aussi été appellé à lancer le dernier match de la série pour les Ducs de Longueuil face aux Card's de Lasalle l'an dernier. Tu avais pas mal de pression puisque tu es même revenu de l'Oklahoma pour cette rencontre décisive. Comment composes-tu avec la pression?

K.G.:Habituellement, je compose très bien avec la pression, je dirais meme que je suis meilleur sous la pression. Je sais élever mon niveau de jeu quand vient le temps.

P.B:Qu'est-ce que t'a apporté la LBEQ dans ton cheminement personnel autant qu'au point de vue de ton ascension vers une équipe des majeures?

K.G.:Je crois que ma première année, avec les Diplomates, a joué un rôle majeure dans mon attitude envers le baseball. J'ai dû surmonter des obstacles et vivre plusieurs echecs afin de réaliser à quel point il faut pas lâcher et travailler pour ce que l'on veut.

P.B:Qu'est-ce qui fait de toi un aussi bon lanceur selon toi?

K.G.:Je crois que c'est ma technique, et ma précision. De plus je crois que j'ai appris à mieux comprendre la "game" et à entrer dans la tête des frappeurs afin de savoir comment les déjouer. Il ya plus que l'aspect physique au baseball, il y a aussi l'aspect intellectuel. Y'a aussi le fait que je lance la balle entre 88-92 mph.

P.B:Parles-nous de ton répertoire de lancers?

K.G.:Je lance une rapide à 2 coutures, à 4 coutures, une balle courbe, un changement de vitesse qui s'éloigne des droitiers et un changement de vitesse qui s'éloigne des gauchers.

P.B:Ce que tu aimerais travailler pour être encore meilleur?

K.G.:Ma velocité et mon chien sur le monticule.

P.B:De quelle façon tu te prépares à affronter un frappeur quand il se présente à la plaque?

K.G.:Je m'assure de prendre les devants, car c'est tellement plus facile lancer quand tu es en avant dans le compte.

P.B:Comment vont tes études et tu étudies en quoi plus précisement?

K.G.:Mes etudes vont très très bien, et j'étudie en études générale pour le moment. J'ai des A et des B partout.

P.B:Tes projets d'avenir?

K.G.:Jouer dans les ligues majeures, mais aussi terminer mes etudes si jamais mon rêve ne ce réalise pas.

P.B:Qu'est-ce que représente le baseball dans ta vie?

K.G.:Comme vous le dites, ma vie.

P.B:Le frappeur le plus difficile à affronter selon toi dans la LBEQ?

K.G.:Il y en a 2 à mon avis, Vincent White, et Jonathan Malo.

P.B:Comment tu entrevois maintenant la saison avec les Ducs de Longueuil?

K.G.:Il ne me reste que trois semaines ici, alors j'entrevois avoir 1 ou 2 departs avant de quitter. Je vais lancer , le 3 juin contre Quebec à Quebec.

P.B:En terminant, il y a des gens que tu aimerais remercier?

K.G.:Oui, mon père , ma mère, et mon frère, pour avoir toujours été la pour moi. Alex Messier, pour avoir eu confiance en moi et m'avoir repêché. Et tout ceux qui m'on coaché.

Karl Gélinas nous démontre qu'il a la tête bien accrochée sur les épaules. Reconnaissant envers ceux qui l'ont aidé, nous le sommes tout autant de nous avoir permis de mieux le connaître. Il nous a aussi aidé à comprendre un peu plus comment les choses se passent parfois sur le monticule. On le remercie et on tentera de le suivre dans son cheminement. On le félicite pour ses performances autant académique qu'au baseball! On lui souhaite la meilleure des chances!

Jeudi 22 Mai.

ENTREVUE AVEC WILLIAMS CASACOLI. (2ème Partie)

Williams Casacoli nous a plongé il y a quelques jours dans l’univers du Club de Baseball de Montpellier-Castelnau, dont il est Gérant-Général. Nous poursuivons ici notre visite avec lui.

Marc M. : Dans la première partie de notre entrevue, nous évoquions la formation et les structures. Montpellier a un historique fort en terme de formation de joueurs pour son propre développement et de liens avec l’encadrement des équipes de France. Peux-tu nous en dire plus ?

Williams C. : C'est vrai que nous sommes fiers de pouvoir dire que la plupart des joueurs qui évoluent au meilleur niveau dans le club sortent du club. Nous allons d'ailleurs renforcer la formation interne grâce aux différents projets dont nous avons parlé plus haut. Nous avons un entraîneur, Thomas PAQUIER, qui intervient dans les écoles de Montpellier et des alentours. Son action nous ramène de plus en plus de jeunes joueurs au club. Ça nous aide à former une bonne base de travail pour les différentes sections.

Marc M. : Thomas qui a été lanceur depuis 1988 ou 1989 si je me souviens bien... J'ai d'ailleurs joué quelques matchs contre lui en cadet régional, l'année du titre national cadet de Clapiers (Petite Commune proche de Montpellier)....

Williams C. : C'est bien lui ! C'est tout à fait ce que je te disais tout à l'heure, nous souhaitons vraiment que les jeunes de cette génération reviennent vers le club pour s'investir à divers niveaux. Thomas en est un très bon exemple... En ce qui concerne les équipes de France, nous avons toujours eu de bonnes relations avec les Entraîneurs Nationaux. Lahcène et moi avons d'ailleurs fait partie du staff France Juniors pendant quelques années. Nous continuons aussi à fournir quelques bons éléments aux Equipes de France dans les catégories jeunes et seniors.

Marc M. : Au niveau jeunes justement, l’an dernier, le Languedoc-Roussillon a brillé lors des Interligues (Tournois inter-Provinces). Peux-tu nous rappeler les résultats et les catégories s’il te plait.

Williams C. : Les Equipes de Ligue Minimes et Cadets ont remporté les Championnats Interligues auxquels elles ont participé. Ces résultats nous ont donné le droit d'accéder aux plateaux européens de la Little League ! C'est une expérience qui devrait être très enrichissante pour le Baseball régional en Languedoc-Roussillon. Suite à une convention passée entre la FFBSC (Fédération Française) et la Little League, les équipes régionales championnes des Interligues participeront tous les ans aux compétitions européennes !

Marc M. : Parles nous de la contribution des joueurs de Montpellier lors de cette épreuve.

Williams C. : Il est évident que les joueurs du club ont largement contribué aux résultats des Equipes de Ligue de par notre rayonnement sur le Baseball local. Mais je tiens à souligner la qualité de formation des clubs du Languedoc-Roussillon. Les entraîneurs sont vraiment très attentifs au développement du jeune et à son évolution au sein du système français. Et comme tu le disais auparavant, la diversité fait la force de notre région.

Marc M. :Il y a 2 paliers, les formateurs des clubs de la région, puis les coachs qui sélectionnent et encadrent lors des épreuves. Je pense entre autres à Mickael Pontiac et Alexandre Sisounthone.

Williams C. : Mickael PONTIAC et Alexandre SISOUNTHONE sont toujours impliqués dans le Baseball et plus particulièrement au club des Phénix de Perpignan. Ils feront très certainement partie de l'encadrement qui accompagnera les Equipes de Ligue cette année.

Les Joueurs Locaux et Internationaux

Marc M. :Vous formez de nombreux joueurs, mais en attirez-vous aussi depuis d’autres clubs français ou même étrangers ?

Williams C. : Ma position est très claire par rapport à ce sujet. Je ne suis pas favorable pour faire du recrutement actif auprès des joueurs français ! Je souhaite vraiment que les joueurs soient attirés par une qualité de jeu et de structure. Nous cherchons à offrir les meilleures conditions de jeu et je pense que nous sommes sur le bon chemin.

Marc M. : Donc une position ferme sur le sujet.

Williams C. : Aujourd'hui, si un joueur veut venir chez les Barracudas, ça ne sera pas pour l'argent ! Bien au contraire...

Marc M. :Et le Manager Général montre l'exemple actuellement....

Williams C. : Ca peut paraître prétentieux, mais je crois vraiment que nous sommes capables d'être un club attractif pour les joueurs français.

Marc M. : Prétentieux ? je laisserai a chacun le soin de le juger, mais vu l'historique et les structures, il y a de quoi penser que le club est attractif....

Williams C. : En ce qui concerne les joueurs étrangers, c'est un peu différent... Nous allons les chercher pour qu'ils viennent renforcer nos effectifs. La démarche est donc différente puisque nous faisons appel à leurs services dans un cas particulier. Le club fait en sorte qu'ils soient bien accueillis (appartement, argent de poche...). Nous avons eu la chance de pouvoir bénéficier du réseau de Greg HAMILTON lorsqu'il était là. Les joueurs venaient renforcer l'équipe pendant qu'ils travaillaient avec lui pour s'améliorer. Alan BUTLER est certainement celui qui a eu le plus d'impact sur le jeu lui-même alors que Jeff ZIMMERMANN est plus connu aujourd'hui de par sa carrière en MLB !

Marc M. : Du beau monde donc.

Williams C. : En ce moment, nous avons un lanceur américain qui est là depuis trois semaines environ. Il s'appelle Darrin MacLEOD et vient de Californie.

Marc M. :C'est un étudiant ? Il va fréquenter l'université en horaire aménagé ? Sportivement et humainement quelles sont ses qualités, ses points forts ?

Williams C. : Darrin est fraîchement diplômé de l'Université de San Diego en Relations Internationales. Il a 24 ans et lance droitier. Il s'est très vite intégré au groupe et nous attendons beaucoup de lui. Pas seulement au niveau du jeu, mais avant tout par rapport à son expérience...

Marc M. : Toujours l'apport de cette différence que nous avons évoquée à plusieurs reprises.

Williams C. : En effet, nous avons un groupe jeune et nous travaillons sur le long terme. J'ai donc recherché avant tout un joueur qui serait capable de transmettre son expérience avec les joueurs des différentes catégories. J'ai étudié une quarantaine de profils avant de m'arrêter sur celui de Darrin... Et dans le même ordre d'idée, je suis déjà en relation avec deux ou trois joueurs pour la saison prochaine. Les bons joueurs sont rares et je dois m'y prendre le plus tôt possible pour avoir des chances de les faire venir à Montpellier.

Marc M. : Tout en respectant l'esprit dont nous avons parlé plus haut quant aux joueurs non formés aux club...

Williams C. : Bien sûr... Je suis d'ailleurs en relation avec deux joueurs étrangers qui souhaitent venir faire la saison chez nous. Malheureusement, l'un d'entre eux ne pourra pas venir, mais l'autre est prêt à faire la démarche à ses propres frais !

Marc M. : Parles nous brièvement des joueurs du cru (« pure laine ») que nous devrions connaître.

Williams C. : Nous avons quelques joueurs qui gravitent autour du Groupe France Senior : Jean-Michel MAYEUR (lanceur), Jean-Philippe MIET (lanceur et champ extérieur) et Frédéric TEMPIER (receveur). Ils iront tous les trois aux sélections cette année... J'oubliais Thomas LANGLOYS (lanceur) qui évolue actuellement avec l'Equipe Fédérale (INSEP).

Marc M. : Voilà pour le présent et le futur international de l'équipe... qu'en est-il du passé récent ?

Williams C. : Le club de Montpellier a toujours fournit des joueurs pour les sélections nationales, et ce dans toutes les catégories...

Marc M. :Une grande fierté des dirigeants successifs je pense..

Williams C. : Bien sûr... Ca fait toujours plaisir de voir que la formation interne est récompensée au niveau national !

Marc M. : Quelques noms au hasard ? Ils font partie de l'histoire du baseball français... ne les oublions pas.

Williams C. : Lahcène BENHAMIDA, Pascal BUSSOLAT, Laurent CASSIER, Emmanuel DANG VAN, Anthony DELARUE, Lionel FRERS, Stéphen LESFARGUES, Vincent LHOSTE, Anthony MEURANT, David MEURANT, Samuel MEURANT, Jean-Philippe MIET, Frédéric TEMPIER... et j'en oublie. Tous n'ont pas été formés au club, mais ils ont joué pour les Barracudas ! La nouvelle génération arrive et ils ont les dents longues... Ça promet pour l'avenir !

Parlons Sport

Marc M. :Vous avez un bon dentiste j'espère ? Quand on parle de dents longues, passons justement à la suite. Nous avons parlé des structures en place, des entraîneurs et des joueurs. Sportivement, quels sont les principaux objectifs que le club s’est fixés à court et moyen terme ?

Williams C. : L'objectif qui m'a été annoncé par le Comité Directeur du club est de ne pas descendre en division inférieure. En effet, il y a eu pas mal de départ cet hiver et l'effectif a largement été rajeuni.

Marc M. :Un objectif à la Guy Roux donc... on vise le maintient... (Guy roux est l’inamovible entraîneur d’un club de sport professionnel qui n’a jamais été rétrogradé en division inférieure en plus de 30 ans de coaching… un exploit dans le système de promotion et de relégation européen. Chaque année, la tradition veut qu’il fixe le maintient en division Elite comme objectif principal, cela fait sourire tous les connaisseurs depuis des années).

Williams C. : Je pense sincèrement que nous allons atteindre cet objectif sans trop de difficultés... J'espère même que nous pourrons créer quelques surprises d'ici la fin du Championnat Elite 2003 ! Maintenant que nous avons pu observer toutes le équipes du Championnat, je peux affirmer qu'aucun club ne nous fait peur. Bien sûr, nous savons que nous n'avons pas les moyens de jouer le titre, et c'est en partie ce qui fait notre force... Nous n'avons pas de pression contrairement à d'autres clubs ! Nous nous reposons sur l'expérience de quelques joueurs comme Olivier BROSSIER (32 ans), Jean-Philippe MIET (24 ans) et Thomas PAQUIER (28 ans). Ca ne fait pas tout mais nous allons nous battre jusqu'au bout ! Nous n'avons rien à perdre... Nous travaillons sur le long terme et nos résultats actuels, sans regarder les victoires / défaites, sont très encourageants ! Je suis sûr que nous allons réussir à prendre quelques matchs aux meilleures équipes françaises dès cette année.

Marc M. : J'allais justement te demander tes opinions sur les clubs avec lesquels la lutte est la plus chaude ?

Williams C. : Je trouve que le niveau des clubs est assez homogène cette année. Rien n'est joué pour le moment et tout le monde peut encore se qualifier pour les phases finales. C'est aussi ce qui fait le charme du sport, tout est possible... De plus, je pense que Lahcène BENHAMIDA est un des meilleurs entraîneurs français. Il est "jeune" dans son rôle de Manager Elite, mais il a l'expérience avec lui. Sa réputation sur et en dehors des terrains n'est plus à faire et nous comptons beaucoup sur lui pour les années à venir.

Marc M. :Les joueurs le suivent, lui et son système de jeu ?

Williams C. : D'après les échos que je peux recueillir, les joueurs sont très heureux de voir Lahcène prendre les commandes de la section Seniors Elite. Les dirigeants aussi...

Marc M. : Des joueurs heureux et des dirigeants aussi... une bonne "marmite" donc....

Williams C. : Pas plus tard qu'hier, des joueurs nous ont encore renouvelé leurs messages de confiance !

Marc M. : La communication semble donc fonctionner à plein au sein du club entre tous les niveaux à ce que je constate.

Williams C. : Les joueurs commencent à comprendre ce que nous voulons mettre en place et les yeux pétillent sur le terrain. C'est bon signe pour l'avenir du club ! Il va falloir un peu de temps pour que tout se mette en place, mais lorsque les éléments seront là, il faudra compter avec les Barracudas !

Marc M. : Les autres équipes sont donc prévenues, les canines de Montpellier repoussent...

Williams C. : Avec Lahcène, nous nous sommes fixé un objectif à trois / quatre ans pour être compétitifs au point de pouvoir prétendre jouer le titre national. Tout ce qui arrivera d'ici-là ne sera que du bonus...

Marc M. : Bonus ? les autres échéances.... Le Challenge Gaz de France par exemple... ou d'autres Tournois nationaux et Européens ?

Williams C. : Nous revenons du Challenge de France qui s'est déroulé en Aquitaine les 08, 09, 10 et 11 mai derniers. Nous avons terminé le tournoi à la 4ème place. Nous ne sommes pas passés loin de créer la surprise et de nous qualifier pour jouer la finale... Les émotions étaient fortes et nous sommes revenus à Montpellier la tête haute. Nous avons fait de très bonnes parties contres les meilleurs clubs nationaux et nous n'avons pas à rougir de nos résultats.

Marc M. : Pour mémoire, peut-on rappeler le podium, sinon le vainqueur ?

Williams C. : Savigny-sur-Orge a battu Rouen 04 à 02 en finale. Paris (PUC) nous a battu 03 à 02 pour la troisième place...

Marc M. :Des matchs serrés, gagnés au couteau donc.

W Williams C. : Exactement...

La Taille Européenne ?

Marc M. : Sur une scène plus large et à long terme, Montpellier a t-elle les moyens, le potentiel, bref le profil pour être un jour un grand d’Europe ? vous avez déjà acquis des titres dans ce domaine.

Williams C. : C'est très difficile de se positionner sur la scène européenne parce que nous n'avons pas les moyens financiers pour lutter contre les clubs professionnels hollandais et italiens. Par contre, nous avons toujours une carte à jouer pour monter sur le podium... La lutte est vraiment très dure en Europe avec des pays de l'Est qui viennent frapper aux portes des meilleures nations. Ces pays ont la faculté de s'adapter très rapidement et de mettre les moyens en face des objectifs qu'ils se fixent !

Marc M. : On entend effectivement parles des clubs de l'Est depuis le milieu des années 90, paysage politique oblige.

Williams C. : La République Tchèque, la Russie et la Croatie sont les plus actifs... Les autres suivent la marche pour le moment, mais je suis persuadé qu'on entendra parler d'eux dans les années à venir ! De son côté, l'Allemagne a connu une forte amélioration de son niveau de jeu depuis quelques années...

Marc M. : Des contacts dans cette direction ?

Williams C. : Nous avons quelques pistes pour contacter des clubs de l'Est, mais pour le moment nous nous concentrons sur la structuration du club et des sections en interne. Une fois que nous aurons la capacité de mettre en place des épreuves sportives ou de participer à des tournois étrangers, nous le ferons...

Marc M. : Avez-vous des clubs modèles ? européens, nord-américains ou asiatiques ? Je recoupe aussi la notion d'identité et de différence évoquée plus haut...

Williams C. : Pas particulièrement parce que nous n'avons pas la chance de connaître les clubs autrement que par leurs palmarès... Ce qui ne reflète pas toujours la qualité d'une structure. Je crois qu'il faut que nous arrivions à puiser les éléments positifs dans chaque type de structure. J'entends par là que nous sommes conscients de l'intérêt que nous avons à nous rapprocher des clubs nord-américains, tout en restant ouverts au autres "cultures" Baseball ! J'ai par exemple beaucoup de respect pour les joueurs qui viennent du continent asiatique. Leur comportement sur le terrain est très souvent cité en exemple...

Marc M. : Je me souviens que certains joueurs internationaux français étaient allés faire des stages au Japon dans les années 90...

Williams C. : En effet, quelques joueurs sont allés au Japon... Lahcène en faisait d'ailleurs partie.

Marc M. : A l'époque des accords de la Fédération avec un grand fabricant de matériel japonais et son représentant. Poursuivons. Qu’est-ce que vous estimez devoir améliorer dans les structures ? On en a déjà évoqué certains points, mais il y a toujours des aspects critiques...

Williams C. : Nous devons améliorer la relation entre les différentes sections du club. Il faut absolument que nous arrivions à identifier clairement la filière sportive des Barracudas, avec tout ce que cela comporte. Nous devons aussi permettre aux entraîneurs du club de se former et d'accéder à un meilleur niveau de connaissances. Ensuite, il faut que nous arrivions à augmenter nos fonds propres pour pouvoir réaliser certaines actions qui sont nécessaires pour le développement du club à long terme. Nous ne nous sommes pas encore posé la question... Tout simplement parce que je suis en train d'aider les dirigeants à mettre en place un Plan De Développement (PDD). Nous allons donc nous poser ces questions dans les semaines qui viennent !

Marc M. : Des nuits blanches en perspective.... Mais le sentiment de participer a la mise en place d'un belle aventure compense largement...

Williams C. : Nous allons certainement travailler sur une olympiade (4 ans). C'est vrai que ça demande beaucoup de temps et d'énergie, mais je sais que ça en vaut vraiment la peine. Je serai très heureux un jour de voir des jeunes pratiquer sur un « vrai » terrain et obtenir les résultats sportifs qu'ils méritent...

Marc M. : Tout le reste s'efface devant le terrain, les joueurs.... et le jeu.

Williams C. : C'est clair... Aujourd'hui, nous sommes partis pour vivre de belles choses avec les joueurs et je ne me fais pas de soucis quant au développement du club des Barracudas. Il nous faut juste un peu de temps pour tout mettre en place... avant le prochain palier !

Parles-nous de Nous.

Marc M. :Question subsidiaire, connais tu le baseball québécois ?

Williams C. : Un peu... J'ai eu la chance de venir jouer au Québec en 1989 avec l'Equipe de France Junior pour les Championnats du Monde à Trois Rivières. A l'époque, c'était un entraîneur canadien qui nous coachait : Gilles DUCLOS. Ça reste une de mes meilleures expériences Baseball que j'ai pu vivre ! Je dois dire que l'accueil réservé à l'Equipe de France pendant la compétition était tout simplement incroyable. J'en ai encore des frissons rien que d'en parler !

Marc M. : Concrètement ?

Williams C. : Concrètement, nous avons eu la chance de rencontrer des personnes formidables. Un soir, juste après être arrivé à l'aéroport de Mirabel, nous marchions dans la rue avec Lahcène et un autre ami. Là, un passant nous a abordé parce qu'il avait reconnu notre accent français... Il nous a fait faire le tour de la ville "by night" dans son pick up puis nous a amené voir le stade parce qu'il connaissait une ou deux personnes qui y travaillaient. Ensuite, il nous a invité chez lui pour que nous rencontrions ses amis. Il a appelé certains de ses collègues qui sont arrivés immédiatement avec leurs billets pour voir "nos" matchs... Ils étaient heureux comme des enfants devant leurs cadeaux de Noël !

Marc M. : Toujours s'enrichir de la différence.... et pourtant c'est toujours le baseball

Williams C. : Nous avons sympathisé avec eux et nous sommes resté quelques heures en leur compagnie. Ensuite, ils nous ont ramené à l'hôtel pour qu'on puisse manger avec le reste de l'équipe. Tout le monde était jaloux... J'ai bien d'autres souvenirs par rapport à ce séjour mais nous n'avons certainement pas le temps de tout dire ici aujourd'hui... Ce sera pour une autre fois j'espère. En tous cas, "je me souviens" (joli dicton) de pratiquement tout ce qui s'est passé pendant ces deux semaines.

Marc M. :On parlais de formation des coachs... tu connais la Convention des Entraîneurs qui se déroule à Montréal tous les ans en janvier ?

Williams C. : Non, je ne connais pas cette convention... Mais j'aimerai bien recevoir des informations à ce sujet si c'est possible.

Marc M. : Les Expos ? resteront, resteront pas ???

Williams C. : J'espère bien que les Expos de Montréal resteront en Ligue Majeure. A mon sens, ce club a une des meilleure filière de formation qui soit, et ce, malgré les problèmes financiers que l'on connaît !

Marc M. : Un dernier commentaire que tu aimerais faire passer ?

Williams C. : Je dois avouer que je suis très heureux que tu m'aies ouvert cette fenêtre vers nos amis québécois. J'espère franchement que d'autres personnes seront intéressées pour avoir la même démarche ici en France. Quelques fois la distance nous fait oublier que nous parlons la même langue et que nos cultures sont très proches. Votre travail permet de passer au dessus de ces considérations... Merci à vous !

Marc M. : Williams, toute l'équipe de Passion Baseball et moi même te remercions encore pour cette entrevue.

Williams C. : Vous êtes les bienvenus !

Marc Mellet

Lundi 19 Mai.

ENTREVUE AVEC WILLIAMS CASACOLI. (1ère Partie)



Williams Casacoli est le Manager Général du Club des Barracudas de Montpellier Castelnau-le-Lez, villes voisines du Sud de la France, situées dans la région du Languedoc Roussillon au bord de la Méditerranée. Au cours d'une entrevue en 2 parties, Williams nous ouvre les portes du club, de ses structures, nous présente ses forces, les projets en cours et le travail de renouvellement et de développement qui se poursuit. Bien sûr, il nous parle des joueurs, et aussi du Québec.

Marc Mellet : Pour nos cyberlecteurs du Québec, du Canada et d'ailleurs, peux-tu nous faire un bref résumé de la création et de l’historique du club ?

Williams C. : Le club des Barracudas est le résultat de la fusion de deux clubs du coin : les Barracudas du Lez de Castelnau et le Montpellier Baseball Club. Les deux entités se sont rapprochées au début des années 90 pour former les Barracudas de Montpellier-Castelnau. Les deux autres clubs existaient depuis le milieu des années 80. Les deux clubs ont toujours eu des résultats sportifs plus qu'honorables... Depuis la fusion, les Barracudas ont remporté pas mal de titres nationaux et régionaux dans pratiquement toutes les catégories.

Marc M. : Des clubs d'âge moyen à l'échelle du baseball français donc.

Williams C. : En effet, il y a eu une vague de création de clubs dans le milieu des années 80, et les Barracudas en font partie.

Marc M. : Effectivement, je faisais référence à cette période encore "faste" en terme de création de clubs et d'augmentation du nombre des pratiquants.

Williams C. : Même si la Fédération en France est une des plus ancienne puisqu'elle a été créée en 1924 ! Malheureusement, la mayonnaise n'a pas pris tout de suite, sinon, nous serions certainement une des meilleures nations en Europe et/ou au monde aujourd'hui.

Des Joueurs, des Entraîneurs, une Administration



Marc M. : Création intervenue suite à la venue de 2 clubs de Ligues Majeures en tournée européenne. Dont Chicago si je me souviens bien. Mais revenons à Montpellier si tu le veux. Combien avez-vous de pratiquants ? combien d’équipes ? Uniquement du baseball ou aussi du softball ?

Williams C. : Le club compte aujourd'hui un peu plus de 120 pratiquants répartis en 6 équipes Baseball et 1 équipe Softball. Nous allons être mis en relation avec certaines personnes qui souhaitent pratiquer le Cricket autour de Montpellier. Ce serait donc une première pour nous si nous ouvrions une section au club.

Marc M. : Rappelons que la Fédération française se nomme Fédération de Baseball, Softball ET Cricket effectivement...

Williams C. : En effet, c'est d'ailleurs Olivier DUBAUT, le président du Comité France Cricket qui doit nous mettre en relation avec ces joueurs... Nous avons connu notre pointe au niveau des licenciés au milieu des années 90 lorsque le club tournait avec environ un peu plus de 240 licenciés...

Marc M. : Cela représente déjà un grand club par rapport aux normes françaises ?

Williams C. : Je dois avouer que oui, mais je ne suis pas satisfait parce que, pour jouer en Elite avec tout ce que ça implique, les Barracudas ne pourront pas rester en dessous de la barre des 150 ou 200 membres... A partir de ces chiffres, on peut commencer à travailler pour prétendre à des titres nationaux !

Marc M. : Quels peuvent être les raisons d'une telle baisse d'intérêt de la part des pratiquants ?

Williams C. : La baisse des pratiquants n'est pas spécifique au Baseball. Pratiquement toutes les autres disciplines souffrent d'un recul des effectifs... D'un autre côté, le Ministère des Sports a souligné le fait que nous étions la Fédération avec le meilleur pourcentage d'augmentation de licenciés ! Je pense que c'est dû à une mise à jour des listings fédéraux qui aurait dû être faite il y a longtemps...

Marc M. : Nous parlions du nombre de joueurs, mais cela demande plus que cela pour être présent au niveau national. En terme de structure, le club représente combien d’entraîneurs, combien de personnes administratives ?

Williams C. : C'est évident que nous ne pouvons rien faire si la structure ne peut pas suivre derrière... Aujourd'hui, le club compte 10 entraîneurs et 1 préparatrice physique. Il y a 4 employés qui s'occupent de tâches administratives et sportives. Le Comité Directeur du club est très dynamique et souhaite améliorer les conditions de jeu. Je suis aussi là pour les aider à aller dans cette direction... En gros, ils vont se servir de mon expérience dans le Baseball français pour faire en sorte que le club des Barracudas se développe et devienne un club de première importance, aussi bien au niveau sportif qu'au niveau structure.

Marc M. : De manière plus spécifique, nous reviendrons bientôt sur ton parcours et tes responsabilités de manière plus détaillée. je crois que cela mérite une tribune séparée.

Williams C. : J'ai oublié de préciser que je ne suis pas salarié par le club... Je suis là en tant que bénévole pour le moment.

Marc M. : Ce qui est tout à ton honneur et montre la passion que tu entretiens pour le baseball et son développement.

Williams C. : Le club souhaite faire en sorte que je sois rémunéré pour mes fonctions mais nous n'avons pas les fonds propres nécessaires pour l'instant.

Des Projets et des Partenaires.



Marc M. : Cependant les projets sur lesquels tu travailles sont déjà en marche. Parlons des partenaires qui vous soutiennent.

Marc M. : Vous êtes porté depuis de nombreuses années par la municipalité de Montpellier (200 000 à 250 000 habitants environ), le département de l’Hérault, et la région Languedoc-Roussillon. Des commentaires ou des remerciements ?

Williams C. : Je dois dire que nous sommes plutôt bien ici à Montpellier... La ville nous a attribué un terrain spécifique dans les années 90 et nous sommes soutenus dans nos actions. Je suis d'ailleurs en train de formaliser les futurs aménagements qui vont être fait sur le terrain dans les années à venir. Pour ce qui est des subventions, nous aimerions bien sûr en avoir un peu plus... Ca nous permettrait de faire face à différents petits problèmes et de mener des actions de développement supplémentaires. Le département nous aide à travers l'Office Départemental des Sports de l'Hérault (ODSH). Quant à la région, elle n'intervient pas auprès du club mais au niveau de la Ligue Régionale.

Marc M. : Ma prochaine question allait porter justement sur le terrain. Vous avez des projets d’amélioration et d’aménagement de votre terrain. Parles-en un peu.

Williams C. : Pour ce qui est du terrain, nous avions un problème ces dernières années parce que la Mairie et l'Université n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur la notion de propriété. Aujourd'hui, la justice a rendu son verdict et une convention a été mise en place entre les deux entités.

Marc M. : Cela n'avait pas été éclairci dès le début ? Quel en a été l'impact sur les possibilités d'aménagement depuis toutes ces années ?

Williams C. : Le fait que la propriété du terrain ainsi que son utilisation étaient controversées ne nous a pas rendu service puisque personne ne souhaitait s'engager sans savoir à qui était le terrain ! Aujourd'hui, l'Université (propriétaire) a signé un bail de plusieurs dizaines d'années (60 je crois) avec la Mairie, ce qui permet à la municipalité de voir venir et de faire des investissements à long terme..

Marc M. : Ce projet de synthétique aurait t-il pu se faire depuis longtemps sans les problèmes mentionnés ? De même je garde quelques souvenirs de balle perdues dans des zones d’ombres lors d'entraînements en nocturne...

Williams C. : La Mairie va financer la mise en place d'un revêtement en synthétique sur l'ensemble du terrain, l'aménagement de zones d'échauffement supplémentaires en bordures des lignes de fausse balle, éclairage supplémentaire, etc...

Marc M. : Des améliorations notables donc pour le cœur du club, les joueurs !

Williams C. : Disons que les projets présentés à la municipalité ont régulièrement été rejetés de par la taille des travaux qui étaient demandés. Mais d'un autre côté, ils ont peut-être fait en sorte que nous puissions obtenir ce genre d'amélioration aujourd'hui... C'est essentiel d'avoir un terrain sur lequel nos licenciés peuvent s'exprimer dans les meilleures conditions. Le sentiment d'appartenance est très fort dans le milieu sportif et le terrain y joue pour beaucoup !

Marc M. : Il y a donc eu un travail de fond qui a fini par être payant en terme de moyens.

Williams C. : C'est possible, je n'ai pas assez d'éléments pour pouvoir analyser les retours du travail qui a été fait précédemment... Mais je crois qu'on peut dire que c'était positif en règle générale. Il faut être constamment au contact des élus locaux et des techniciens qui travaillent sur le terrain. Ca demande énormément de temps et d'énergie mais au bout du compte c'est très rentable !

Marc M. : Vous avez des commanditaires, des sponsors privés ?

Williams C. : Comme la plupart des clubs français, nous avons des difficultés pour trouver des sponsors. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas réellement aller démarcher d'éventuels partenaires à cause du manque de représentativité que nous avons dans les médias. De plus, le travail est assez soutenu et demande beaucoup d'investissement personnel et d'énergie. Maintenant, nous allons essayer de privilégier les partenariats qui sont plus facilement mis en place. Chacun y trouve son compte, même si le retour n'est pas forcément financier au niveau du club !

Marc M. : Etes-vous jumelé ou avez-vous des relations privilégiées avec d’autres clubs. Montpellier est jumelé avec d’autres villes dans le monde. Cela peut être une base intéressante pour vous.

Williams C. : J'ai contacté le club professionnel des Bats de Louisville aux Etats-Unis pour que nos deux structures se rapprochent. C'est l'équipe réserve (AAA) des Reds de Cincinnati... Le fait que Montpellier et Louisville soient jumelées nous encourage à faire cette démarche. Nous n'avons pas encore de retour de leur part mais je ne désespère pas de pouvoir annoncer un résultat positif au cours de l'année. Ce rapprochement entre nos deux clubs serait très intéressant parce que nous pourrions bénéficier d'apports techniques, d'aide en matériel, de formations de joueurs et d'entraîneurs, etc... On pourrait aussi entrer en contact avec leurs partenaires et sponsors !

Marc M. : La différence enrichit...

Williams C. : Si le rapprochement a lieu un jour, je pense que nous n'aurons pas de problème pour trouver des centres d'intérêts de leur côté... Nous partons sur le principe qu'il faut échanger un maximum de connaissances pour alimenter notre "culture" du jeu. C'est d'ailleurs ce mélange qui définira en partie la philosophie des Barracudas. Il ne faut pas oublier non plus que le siège de Louisville Slugger est situé à Louisville. C'est un des plus gros fabricant de matériel sportif au monde... Ça laisse entrevoir de belles opportunités !

Marc M. : Tu parlais d'identité et de sentiment d'appartenance, voire d'esprit de corps. Des commentaires ?

Williams C. : En fait, j'ai eu la chance de tomber dans la marmite quand j'ai commencé à jouer au Baseball au Montpellier Baseball Club. Je suis arrivé au bon moment, au bon endroit ! Aujourd'hui, avec Lahcène BENHAMIDA, nous souhaitons faire en sorte que tous les membres de l'association puisse se dire la même chose... Le pari est très important pour nous parce que nous touchons la "vie" du club. Je veux vraiment que les licenciés du club se sentent bien chez les Barracudas. Il faut absolument que nous arrivions à créer une atmosphère agréable où les gens prennent plaisir à évoluer. C'est ce qui fera notre force dans les années à venir...

Marc M. : Après les structures à pérenniser et à faire évoluer, il y a effectivement cette ambiance où chacun trouvera sa place et se développera, grâce au baseball et autour du baseball.

Williams C. : Si notre association n'a pas de cœur, nous allons à la catastrophe ! Attention, je ne suis pas en train de dire que le club n'est pas "agréable" aujourd'hui, loin de là... Je fais juste remarquer que les dirigeants et moi sommes conscients de l'importance que ça a par rapport au bon développement du club. Nous souhaitons donc y apporter toute notre attention.

Marc M. : Le cœur permet souvent d'avoir ces plus qui transforment une association et amènent les résultats sur le terrain.

Williams C. : Tu sais, il y a toute une génération qui vient de s'arrêter de jouer et je serai vraiment très heureux de les voir revenir sur, et autour du terrain de temps en temps... Ça commence à être le cas mais nous avons encore beaucoup à faire dans ce domaine.

Les Techniciens



Marc M. : Tu évoquais Lahcène BENHAMIDA, peux-tu en parler plus longuement ?

Williams C. : Il vient juste d'arriver à côté de moi... (..) Malheureusement, il n'a pas le temps de rester pour répondre à tes questions parce que l'entraînement du Centre de Formation du club démarre dans quelques minutes... Nous aurons l'occasion de discuter avec lui dans une prochaine interview si tu le souhaites. En attendant; il te passe le bonjour ! (..)

Marc M. : Parles nous des entraîneurs si tu le veux bien. De l'Elite et ceux des autres catégories éventuellement.

Williams C. : La plupart des entraîneurs du clubs sont issus de la section Seniors Elite du club... Il y en a 3 pour les Minimes, 3 pour les Cadets, 2 pour les Juniors, 2 pour les Seniors (régional). Lahcène est le Manager Elite et je l'assiste sur le terrain pendant les entraînements et les matchs. Nos entraîneurs sont jeunes et certains manquent d'expérience de coaching, mais ce qui est très encourageant, c'est qu'ils ont vraiment envie de progresser et de donner le meilleur d'eux-mêmes sur le terrain.

Marc M. : De gros moyens, un bon staff technique. La plupart ont suivi des formations diplômantes et continuent d'apprendre je crois. C’est obligatoire à partir de certaines catégories et dans le championnat national ?

Williams C. : Certains ont déjà passé des diplômes et d'autres sont en train de s'y mettre. Je vais donc les accompagner dans cette démarche pour qu'ils s'améliorent dans certains compartiments du jeu.

Marc M. : Pour nos lecteurs internationaux, la formation en France est-elle bien en place depuis de nombreuses années ?

Williams C. : La formation en France est en place depuis pas mal d'années maintenant, Philippe DENIS y a beaucoup contribué. Aujourd'hui, c'est Eric ELSENSOHN et Gérard MOULIN qui s'en occupent au niveau national. Il y a eu des projets d'obligation de diplôme pour les différentes catégories en fonction des championnats, mais je ne pense pas que tous les clubs respectent l'idée qui s'y raccrochait...

Marc M. : Nous reviendrons une autre fois sur les différentes philosophies du baseball français (et surtout les moyens financiers et humains de chaque club). Cela sort du cadre de notre propos aujourd'hui... Grâce aux entraîneurs, est-ce qu’il y a un style de jeu « Montpellier » ?

Williams C. : C'est assez difficile de définir un style de jeu... C'est pour cela que nous allons mettre en place quelques documents supports. Il est très important que nous mettions en place un "cahier de jeu", un "cahier du joueur" et un "cahier de l'entraîneur". Ces documents, avec d'autres, mettront en avant une certaine façon de faire qui reflètera la philosophie des Barracudas. Ces documents pédagogiques sont très lourds à gérer parce qu'il faut vraiment faire attention à ce qu'on y met. Ils doivent servir de support pour la formation de nos joueurs et de nos entraîneurs pour les années à venir et nous ne pouvons pas nous permettre de nous tromper...

Marc M. : Nos cyberlecteurs Québécois et Canadiens seront sûrement intéressés d’en savoir plus sur la relation du club avec Greg Hamilton, son ancien entraîneur. Dans la méthode il a amené indéniablement une pierre de plus à l’édifice.

Williams C. : C'est clair que Greg HAMILTON a apporté beaucoup au club et au Baseball français en général... Les Barracudas ont ouvert la marche en faisant venir un Manager qui ne serait pas en même temps joueur pour l'équipe phare. Il nous a appris beaucoup sur le terrain et en dehors aussi. Je crois que la plupart des baseballeurs en France savent qui il est ou connaissent au moins son nom ! Aujourd'hui, Greg est le Directeur des Equipes Nationales pour Baseball Canada. Il a des échéances très importantes cette année !

Marc M. : Montpellier a acquis son premier titre de champion Elite (anciennement division 1) sous sa houlette... en 1993... avec un back-to back en 1994....

Williams C. : Les Barracudas ont obtenus trois titres de Champion de France Elite consécutifs en 93, 94 et 95... Les trois avec Greg HAMILTON. Depuis, les Barracudas se sont retrouvés en finale 6 ou 7 fois !

Marc M. : Je crois que les résultats parlent d'eux-mêmes... As t-il participé à la campagne européenne victorieuse ?

Williams C. : Greg est retourné au Canada après la saison 95. Nous avons eu la première médaille française lors d'une Coupe d'Europe alors qu'il était toujours là. Depuis, les Barracudas ont régulièrement accédé aux compétitions internationales grâce à leurs résultats dans les championnats français.

Nous reviendrons dans la suite de l’entrevue sur les joueurs nationaux et internationaux des Barracudas, les objectifs fixés par le Comité Directeur pour la saison 2003, leur avenir. Williams nous parlera même du Québec ! Reclickez-nous dans quelques jours !

Marc Mellet




Nous vous invitons à lire nos entrevues précédentes en cliquant sur notre page 2. (Stephan Bedard, Yann Monnet, Boris Rothermundt, Xavier Rolland, Capi, Alain Mounir, Christian Chenard.)









Passion Baseball


© 2002-2003 Passion Baseball. Tous droits réservés.


This page hosted by GeoCities Get your own Free Home Page


Hosted by www.Geocities.ws

1 1 1