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| IN THE CUT |
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| Cast: Meg Ryan, Mark Ruffalo, Jennifer Jason-Leigh |
| Année:
2003 |
| Studio: Fine Line |
| Longueur: 119 minutes |
| Classé 13 ans+ - Érotisme |
Meg Ryan a bâti sa carrière entière sur une seule et unique chose: le fait que les gens la trouvaient adorable dans des comédies romantiques. Regardez tous les films avec Ryan qui ont fonctionné (When Harry Met Sally, Sleepless in Seattle, You've Got Mail), et elle y joue immanquablement le même genre de personnage dans le même genre de production. Dans une tentative de se distancer de son ombre devenue trop prévisible, l'actrice a décidé de faire équipe avec Jane Campion, l'auteure/réalisatrice de The Piano et Holy Smoke, pour In the Cut (À Vif en v.f.). Campion aurait dû y penser à deux reprises.
S'inspirant du roman de Susanna Moore, le scénario possède comme rôle principal celui de Frannie, une professeure de littérature frustrée tombant un jour dans une liaison avec un inspecteur de police. Ce dernier, le détective Malloy (Mark Ruffalo), enquête sur une série de meurtres ayant lieu dans l'entourage de Frannie...et elle commence à soupçonner qu'il pourrait bien être le coupable en personne. On reconnaît là la touche de Campion, qui a un penchant pour les histoires mêlant désir et danger. Ce à quoi elle ne nous avait pas habitué, par contre, c'est la médiocrité que l'on retrouve bout à bout de In the Cut.
Ce film est méprisable à à peu près tous les niveaux. Pour commencer, son scénario trempe dans les clichés les plus grotesques, et essaye de nous lurer dans une intrigue de film de série B, alors que quiconque ayant vu un strict minimum d'histoires policières à la télévision saura pointer le coupable une éternité avant que son identitée nous soit officiellement dévoilée. Vous remarquerez, il n'y a rien de trop difficile quand le nombre de suspects ne prend pas les doigts d'une main! Lorsque le script tente de jouer l'angle personnel, il n'y aucune espèce de subtilité pour nous montrer son intention de "jouer les durs", en donnant à Malloy des répliques vulgaires et directes à Frannie (il emploie le mot "pussy"! oh!!). Lorsque Malloy n'est pas dans le décors, on a soit droit à des séquences ne rimant pas à grand chose avec la soeur de Frannie, Pauline (Jennifer Jason-Leigh), ou encore à de courtes scènes sorties d'absolument nulle part avec son ex cinglé, joué par Kevin Bacon (à quoi pensait-il, après avoir brillé dans Mystic River?), dont la seule utilité est de tenter lamentablement de brouiller les pistes de l'"intrigue".
La réalisation de Campion ne brille pas beaucoup davantage. En utilisant souvent une caméra à l'épaule et des petites tentatives d'éclairage spécial pas trop réussies, elle joue à l'expérimentatrice. Ce n'est pas tout à fait le genre de film où cela est justifié. Vers le début, elle met en scène une séquence où Frannie descend dans les toilettes d'un bar et voit un homme et une femme avoir une relation sexuelle orale comme si cette femme approchant la quarantaine venait de découvrir un terrain sombre comme nuit qu'elle n'avait jamais même pu imaginer qu'il existait. À quoi Campion pensait-elle? Mais encore là, à peu près toutes les excuses sont bonnes pour nous distraire d'une histoire aussi pauvre. Il demeure néanmoins qu'on saisit mal comment une artiste au telent prouvé et au flair jusque là généralement si juste, a pu faussé de telle sorte, sur toute la ligne. Espérons qu'il ne s'agit que d'une erreur de parcours.
L'erreur, avec un E majuscule, et qui n'est pas seulement de parcours, s'appelle Meg Ryan. Autant je suis le premier à féliciter les vedettes pour prendre des risques, je dois le dire: Meg, tu n'es pas capable. Aussi simple que ça. Je préfère mille fois te voir dans Kate & Leopold 2 que de te voir ruiner des drames à toi-seule. Ryan n'a tout simplement pas ce qu'il faut pour un rôle du genre. Elle rend son personnage si antipathique qu'on éprouve de la difficulté à la supporter au bout de dix minutes. Et plus l'histoire avance, plus l'actrice est demandée de montrer de plus en plus d'émotions, et plus le film s'écroule. Avec une actrice vraiment douée, comme Holly Hunter ou Nicole Kidman, le personnage de Frannie aurait pu égaler une nomination presque automatique aux Oscars; avec Ryan, le personnage et le film n'ont jamais la moindre chance de gagner notre respect.
Pour tous ses péchés, In the Cut possède sa petite entrave de lumière, qui est fournie par Mark Ruffalo. Découvert en 2000 dans le superbe drame familial You Can Count on Me, Ruffalo offre une présence charismatique et même, par moments, magnétique. Son casting est le bon coup dont peut être fière Campion sur ce projet. Mais on se rappellera que Russell Crowe aussi était bien bon dans Proof of Life cette même année... et qu'une certaine actrice du nom de Meg Ryan était parvenue à miner ses efforts avec une "performance dramatique" de tout dernier ordre. In the Cut n'aurait probablement pas été un très bon film avec une autre star, mais au moins il ne nous aurait pas fait grincer des dents. --RJ
Cote: D
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