HOLY SMOKE
Cast: Kate Winslet, Harvey Keitel
Année: 1999
Studio: Miramax
Longueur: 114 minutes
Classé 13 ans+ - Érotisme

On ne peut douter du talent d'une cinéaste, lorsqu'elle parvient à faire remporter un Oscar à une actrice ne disant pas le moindre mot pendant un film entier. Jane Campion a réussi cet exploit en 1993 avec Holly Hunter dans l'excellent drame "The Piano", pour lequel elle a avait elle aussi gagnée pour le scénario original. En 1999, elle a co-écrit "Holy Smoke" ("Le Feu Sacré" en v.f.), en plus de le réaliser tout comme son chef d'oeuvre précédent. Campion refait équipe avec le très sous-évalué et pourtant toujours intense et efficace Harvey Keitel qui joue pour sa part ici PJ Waters, un vrai macho de la quarantaine engagé par une famille australienne pour "déprogrammer" une jeune femme de cette famille ayant été hyptnotisée en Inde par un guru, nommée Ruth Baron (Kate Winslet). Et en seulement trois jours se développe une forte relation entre les deux, isolés au milieu de nulpart, où se succèderont envie, désir, frustration, orgueil et disputes. Bref, toute une bataille des sexes.

Jane Campion possède certainement un don spécial la rendant une réalisatrice supérieure à la moyenne: elle sait diriger ses acteurs. Et ce, à la perfection. Autant que Keitel fait son boulot très difficile irréprochablement (les dernières séquences du film sont particulièrement pénibles pour son personnage), Campion sort de Kate Winslet une performance indélibile, aussi exotique et intense que tout le ton de "Holy Smoke". Elle soutire même avec surprise de ses deux acteurs une chimie superbe, très inattendue. On peut souvent deviner où se dirige "Holy Smoke", et c'est bien normal, ça fait partie de l'intention de Campion, qui parvient tout de même à captiver presque d'un bout à l'autre.

Il reste environ trois minutes à "Holy Smoke", et on a droit à un excellent drame; oui, excellent. Malheureusement, Campion y va d'une bourde impardonnable qui rend le film inférieur (en apparence, après le visionnement du moins) de beaucoup à ce qu'il a livré pendant la centaine de premières minutes. C'est simple: elle continue et rajoute un segment (ceux l'ayant vu sauront à quoi je fais allusion) non pas seulement inutile, mais nuisible à l'ensemble de la perception qu'on tire en bout de compte de "Holy Smoke". Et c'est précisément cet élément qui m'empêche de lui accorder une cote dans les "A". Campion n'a peut-être rien perdu depuis "The Piano", mais elle nous démontre certainement une chose à travers "Holy Smoke": malgré tout son talent, elle est humaine et sait faire des erreurs. --RJ

 

Cote: B+

Retour

 

Hosted by www.Geocities.ws

1