PROOF OF LIFE
Cast: Russell Crowe, Meg Ryan, David Morse, Pamela Reed
Année: 2000
Studio: Warner Bros.
Longueur: 135 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

Pour tous les commérages qu'a créé le couple de l'heure à Hollywood, Russell Crowe et Meg Ryan, tombés amoureux au cours du tournage de Proof of Life (Preuve de Vie en v.f.), leur chimie ne s'avère certainement pas aussi concluante à l'écran que dans la vie. Si Crowe, à son standard habituel (c'est à dire l'excellence) fait tout ce qu'il peut au film, sa partenaire à la chevelure bouclée blonde ne peut vraiment pas en dire autant. Elle incarne Alice Bowman, dont le mari, Peter (David Morse), se fait kidnapper par un groupe de militaires sud-américains contrôlant un important réseau de drogue. Arrive donc à la rescousse Terry Thorne (Crowe), expert négociateur "K & R" (kidnapping et ranson) qui, malgré tout son professionnalisme, ne peut s'empêcher de laisser apparaître une faille: un faible pour Alice. Bien sûr. Mais ça ne constitue pas le pire du film, loin de là.

J'irais même jusqu'à dire que si l'équipe de casting avait fait un meilleur boulot et était allé chercher pour le rôle d'Alice une actrice comme Julianne Moore ou encore Nicole Kidman, entre autres, ça aurait facilement passé. Non seulement cela, mais Proof of Life aurait constitué, et de beaucoup une meilleure production. Ryan possède la chance de travailler avec des gens talentueux, notamment le réalisateur Taylor Hackford (à qui l'on doit notamment Devil's Advocate), d'évoluer aux côtés de l'un des meilleurs acteurs du globe à l'heure actuelle et par-dessus tout, de jouer un personnage facilement intéressant et développable. Et ce qu'elle en fait? Bien simple: elle ruine la grande majorité des nombreuses scènes où elle se fait présente, ressemblant plus à une riche femme ne sachant que faire la cuisine, mettre des chandails à la mode, et pleurnicher quand ça lui dit. Dans le club des acteurs capables de jouer un seul type de personnages, Meg Ryan vient vraisemblablement de confirmer une fois de plus sa présence avec Robin Williams.

Mais il serait trop facile de jeter le blâme entier de Proof of Life sur la comédienne, peu importe à quel point elle peut s'avérer inconvaincante. Car le film se fait à d'autres niveaux aussi bien loin de la perfection. La difficulté évidente de construire un bon rythme au milieu du film n'aide certes pas, tout comme le manque de négociations que l'on a la chance de voir réaliser Terry.

Du côté positif, car il y en a un, autant sinon plus présent, Russell Crowe, comme je l'ai déjà mentionné, confirme une fois de plus son status rapidement acquis dans l'élite hollywoodienne, avec une autre remarquable prestation, dans la veine de son superbe travail dans L.A. Confidential, The Insider et Gladiator, tout cela en moins de cinq ans. Je crois également important de souligner l'impressionnante cinématographie de Slavomir Idziak, qui n'est pas sans rappeler celle de Janusz Kaminski, le bras-droit de Steven Spielberg (les meilleurs directeurs de photographie s'avèrent définitivement en grande partie des Européens!). Proof of Life se présente aussi en quelque sorte comme un documentaire digne des canaux spécialisés. Et je le dis comme compliment, car le film réussit à nous plonger dans ce sombre univers d'une façon particulièrement réussie. Justement, Proof of Life se trouve à son meilleur dans les séquences où David Morse, interprétant à merveille un riche homme d'affaires vite devenu misérable, se débat comme un Diable dans l'eau bénite à des kilomètres de la sécurité, du confort, et de Meg Ryan. Pour l'audience, pourtant, c'est à bien des kilomètres d'elle qu'elle se trouve la mieux. --RJ

 

Cote: B-

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