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| YOU CAN COUNT ON ME |
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| Cast: Laura Linney, Mark Ruffalo, Rory Culkin, Matthew Broderick, Jon Tenney |
| Année:
2000 |
| Studio: Paramount Classics |
| Longueur: 109 minutes |
| Classé Général |
#6 - Top 10 de 2000
Les plus grandes émotions proviennent souvent des plus simples situations. J'ignore si je viens d'inventer ce joli dicton, mais il reste que c'est précisément ce qui m'est venu à l'esprit après le visionnement du petit film magnifique intitulé You Can Count on Me (Tu Peux Compter sur Moi en v.f.). Voilà une splendide petite production sans la moindre explosion, le moindre effet spécial, ou la moindre technique particulière. Et sans rien de particulier en apparence, j'ai rarement été autant satisfait et agréablement surpris d'un film cette année que je l'ai été par rapport à You Can Count on Me.
L'auteur/réalisateur Kenneth Lonergan, qui réalise ici pour la première fois au cinéma (venant du monde du théâtre), a remporté pratiquement tous les prix de scénarisation, dont celui du festival de Sundance, ou le film a vraiment été découvert. Et pour cause. Lonergan a mis en scène une histoire à la fois simple et à la fois complètement non-conventionnelle, celle d'une mère célibataire, nommée Sammy (Laura Linney), élevant strictement son fils de 8 ans Rudy (Rory Culkin), à qui son frère nomade Terry (Mark Ruffalo) rend soudainement visite - il a besoin d'argent. Prenez à peu près n'importe quel script de n'importe quelle production cinématographique, et vous pourrez assez facilement tracer un portrait global, ou du moins un but ou une fin spécifique à laquelle un ou plusieurs personnages désir parvenir. Lonergan jette à la poubelle tout ce qui peut être qualifié de "formulaïque", de "cliché", ou de "prévisible" (chose de plus en plus rare au cinéma de nos jours), et nous sert à la place sur un plateau d'argent un récit vrai, profond, et inoubliable.
Su l'on doit absolument dénicher une piste de base dans You Can Count on Me, c'est probablement le rapport entre Terry et Rudy, et ce qu'en pense Sammy. Et encore là, rien n'est vraiment simple. Terry apparaît peut-être malveillant et sert possiblement de mauvais exemple pour le petit Rudy, mais on se rend vite compte de sa bonté intérieure. Sammy, de son côté, semble sûre d'elle et contrôlée, alors qu'en réalité elle est exactement pareille comme son frère. Aussi perdue, sinon plus. Mais c'est l'une des nombreuses choses qui rend You Can Count on Me si adorable. Dès que l'on rencontre l'un des trois personnages principaux pour la première fois, au bout de trente secondes on les a déjà sous notre aile. Parce que ce sont des saints héroïques? Pas du tout; plutôt parce que l'on croit immédiatement que l'on pourrait rencontrer de tels gens dans la rue n'importe quand. Non seulement cela, mais on voudrait connaître ces gens, se les faire comme amis tellement ils nous sont sympatiques, autant dans leurs réussites que dans leurs misères. Ce film constitue le meilleur exemple de récente mémoire démontrant que le cinéma indépendant peut s'avérer aussi passionnant et intéressant que les grosses aventures commerciales. Les exemples viennent de toutes part. Je ne prendrai que celui de l'excellente scène où Terry ammène Rudy tard le soir, alors que Sammy est partie, jouer au billard dans un bar et qu'il parie rendu là que lui et son neveux peuvent gagner ensemble. Je n'avais pas autant souhaité de voir une équipe gagner un match au grand écran, toutes disciplines confondues, depuis bien des mois. Bien sûr, Terry se le fait vite reprocher. Mais il apprend de ses erreurs, et à travers ses expériences avec Rudy, il devient une meilleure personne, même si son désir de faire la bonne chose ne lui sert pas toujours.
Un autre facteur principal rendant tout cela possible, et c'est une honte que je ne l'ai pas encore mentionné, s'avère sans le moindre doute le cast exceptionnel. À commencer par Laura Linney qui, après un début de carrière caractérisé par des rôles de soutien dans des projets importants (Primal Fear, The Truman Show), explose littéralement ici. Mais une explosion subtile, si l'on veut; Linney expose délicatement et avec une habilité déconcertante chacune des nuances d'un personnage extrêmement complexe et instable. On peut en dire autant de l'autre révélation principale, Mark Ruffalo qui, avec le rôle le plus difficile, livre une prestation aussi renversante qu'inattendue. Le reste de la distribution excelle: du petit Rory Culkin (le frère de Macaulay) à Matthew Broderick (dans le rôle savoureux du patron rigide de Sammy), les acteurs se font tous exceptionnels. Même Lonergan apparaît à l'écran dans le rôle d'un prêtre attentionné, et donne un sens spirituel à l'oeuvre déjà relativement complète.
You Can Count one Me reste gravé dans notre mémoire à cause de son extraordinaire portrait d'éléments ordinaires. C'est un petit bijou grandement touché précisément parce que ça ne prêche jamais et ne supplie pour notre attention. Le meilleur exemple représentant cette situation me venant immédiatement à l'esprit est la merveilleuse scène finale, qui donne les larmes aux yeux par sa beauté réaliste; et elle se conclut avec Sammy demandant à son frère: "Tu te rappelles ce que l'on disait lorsque l'on était enfants?". Dans 95% des scénarios, Terry aurait répondu de manière forcée: "Tu peux compter sur moi", ou un truc du genre. Dans You Can Count on Me, il lui sourit et l'entreint. Un récit pénétrant directement au coeur portant sur l'importance de la famille et l'amour entre proches. Ne manquez pas ce trésor caché. --RJ
Cote: A-
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