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Sexualité

 

 

Sous les jupes des filles

"Dis, comment on fait les bébés ?" . Question piège pour parent embarassé. Que répondre ? Une histoire ? Une légende ? La vérité ? Mais en quels termes ? Doit-on être "précis" ou plutôt "vague" ? Bref, en trois ou quatre mots votre enfant a su vous déstabiliser, d’autant plus que la question est le plus souvent posée à un moment inopportun. Ne paniquez pas et si vous avez besoin de quelques minutes pour préparer votre réponse, n’hésitez pas à dire à l’enfant que vous l’avez entendu et que vous y répondrez lorsque le moment ou l’endroit seront plus propices à ce genre de discussion. Inutile de tenter de l’esquiver, l’enfant a bonne mémoire et n’hésitera pas à vous la reposer. Alors prenez les devants.

Il existe un moment fondamental dans la vie de l’enfant : celui où il percevra l’existence d’une différence sexuelle entre les individus. Bien sûr ce moment est préparé longtemps à l’avance par le sexe que ses parents lui ont assigné dans la manière de l’éléver, le porter, l’habiller, lui parler, ...
Il existe bel et bien une différence entre une petite fille et un petit garçon. Les parents n’élèvent pas une fille comme ils élèveraient un garçon. Heureusement, car c’est grâce à ces différences que les enfants construisent leur IDENTITE SEXUELLE. C’est à l’aide de certains stéréotypes, parfois décriés à certaines époques, véhiculés par ses parents et son environnement, que le nourisson jusqu’à l’adolescent va construire l’identité propre à son sexe génétique et pouvoir affirmer son appartenance à ce groupe : l’enfant doit se reconnaître un sexe en renonçant à l’autre.

Il doit donc reconnaître lui même son appartenance à un sexe : "suis-je une fille ou un garçon ?".

C’est ce qui définit la CURIOSITE SEXUELLE.
On déclare souvent que Feud a "découvert" la sexualité infantile. En fait, bien avant Freud, les très nombreux articles médicaux destinés à montrer les dangers des pratiques sexulles infantiles ainsi que les appareils "destinés à interdire tout attouchement par l’enfant de ses organes génitaux" témoignent que la sexualité de l’enfant était connue mais réprimée. Freud a parlé de la sexualité de l’enfant (petit garçon) sans honte , ni agressivité, ni refoulement.

 

 

Dès le 6° - 7° mois

Lorsque l’enfant découvre les différentes parties de son corps, que les jeux et les soins lui permettent de définir les plaisirs corporels mais également les déplaisirs. Dans ce cadre, la manipulation du sexe devient vite un plaisir masturbatoire relativement essentiel. Cette activité masturbatoire persistera durant toute l’enfance, pour s’intensifier à l’adolescence (découverta de l’orgasme).

Les mères racontent souvent avec fierté, crainte, dégout ou plaisir (c’est selon), qu’à l’heure du bain "il se tire dessus avec vigueur". Là encore, pas de crainte, ni panique, cette activité est normale mais doit rester, pour les enfants en âge de comprendre, un geste purement personnel et intime. Alors en public, les mains (fille ou garçon) dans la culotte peuvent peut-être servir et s’occuper ailleurs...

 

A partir de 2 - 3 ans (et plus tôt encore pour certains auteurs)

L’enfant semble reconnaître son appartenance à un sexe. La curiosité sexuelle s’exprime directement entre 3 et 5 ans accompagnée souvent d’une attitude exhibitioniste :

- questions sur le "zizi" : a quoi cela sert

- pourquoi les filles font pipi assises et cachées, les garçons, eux, touchent et montrent leur sexe
publiquement pour uriner

- questions concernant leurs origines et les liens de parenté

- questions concernant la conception d’un bébé : par les aliments, le baiser

- questions concernant la naissance du bébé : par l’ombilic.

Les enfants reposent toujours les mêmes questions, pour être sûrs d’avoir compris, mais aussi pour vérifier la cohérence des adultes. Souvent même ils ne semblent pas entendre les réponses. Mais, attention, tout ce qui n’est pas compris, est demeuré sans réponses ou n’a pas pu être entendu est remplacé par l’imaginaire.

 

Vers 5 - 6 ans

Apparaîssent des jeux de manipulation ou d’exploration : le jeu du docteur entre garçon et fille, le jeu du papa et la maman ...permettant ainsi la connaissance du corps. Toutefois, par rapport à l’adulte, il s’établit un sentiment de gêne et l’enfant fait très souvent preuve de beaucoup de pudeur.

 

Jusqu'à la purberté

L’enfant a de plus en plus conscience qu’il est différent du sexe opposé et l’autre sexe est généralement mis à distance jusqu’au début de l’adolescence : les garçons jouent avec les garçons et les filles avec les filles. Les questions concernent :

- la sexualité de ses parents

- utilisation de vocabulaire sexuel avec des blagues à l’appui

- interrogations plus biologiques sur la conception (ovules, spermatozoïdes), l’accouchement
(déroulement de la naissance)

- interrogations concernant le fonctionnement de leurs corps (règles, masturbation ...)

- interrogations sur le sida

Les étapes du développement psychosexuel sont communes à tous les enfants avec, toutefois, une évolution propre à chacun en fonction de son rythme biologique mais aussi psychologique. Ce qui implique pour les parents d’avoir à répondre aux questions de l’enfant de façon quasi continue durant toute l’enfance en adaptant le vocabulaire de l’éducation sexuelle en fonction de l’âge de l’enfant.

 

La sexulalité des adolescents

constiturait un article à part entière : changements physiques,biologiques, psychologiques, sociaux sont perturbant et constituent l’essentiel de leurs interrogations. Pourtant, on estime qu’ils doivent faire leur expérience seul et les adultes n’interviennent en matière d’éducation sexuelle que par le biais de mises en garde : attention à la grossesse, au sida, aux maladies sexuellement transmissibles... Mais à cet âge, l’adolescent(e) a toujours l’impression d’être seul à faire ou découvrir la sexualité. Si une réponse n’est pas apportée, l’enfant peut développer une culpabilité ou des complexes dont il aura par la suite beaucoup de mal à se défaire.

Quelque soit l’âge, la sexualité n’est pas purement innocente. Au moment de l’adolescence, cela devient un univers fascinant (vie, rencontres) mais un univers qui gêne, qui trouble et qui fait peur et peut, de ce fait, devenir source de problèmes personnels et sociaux à l’âge adulte (névroses, harcèlement ...). C’est pourquoi elle constitue une force qui a besoin d’être soutenue, contrôlée et humanisée.

 

Il n'existe pas de pédagogie propre à l'enseignement de la sexualité

La sexualité est de l’ordre de l’intime : un adulte ne raconte pas sa propre vie sexuelle sous peine d’impudeur. A l’inverse, il est dangereux de fonctionner sur le mythe de la sexualité naturelle : "je me suis bien débrouillée tout(e) seul(e), mon enfant fera comme moi ". La nature, dans le cas de la sexualité, n’est pas suffisante.

A l’école, la sexualité est traditionnellement réservé à la biologie et concerne la reproduction. L’école propose une réponse organique et mécanique à une demande parfois plus psychologique (rapport aux autres, normalité, images du corps). Elle ne peut répondre à toutes les questions et c’est à la maison et en famille que les questionnements des enfants pourront être plus précis, plus intimes, sans les regards et ricanements de la classe.

 

Ce que les parents disent est très importants

L’adulte doit pré-supposer que L’ENFANT NE SAIT PAS TOUT, même et surtout s’il prétend le contraire. Il faut situer le niveau de connaissances de l’enfant, fournir des explications claires, précises avec le vocabulaire correspondant à son âge, et REPONDRE FRANCHEMENT AUX QUESTIONS. Une fois en confiance, le dialogue pourra se poursuivre durant toute l’enfance et même l’adolescence, les jeunes pouvant poser des questions très concrètes. Vous lèverez ainsi une bonne partie de l’anxiété liée à l’ignorance et aux tabous.Mais il ne faut pas avoir peur de renouveler le dialogue chaque fois que c’est nécessaire, répéter les mêmes explications. Ne jamais croire que ce qui a été dit est acquis.
Vous pouvez également appuyer votre discussion à partir de livres dont les dessins, croquis et explications peuvent vous aider dans votre démarche (à éviter les cassettes vidéo qui relèvent plus du voyeurisme que de l’information sexuelle). Mais la sexualité, c’est aussi parler de sentiments, du rapport aux autres, ce que veut dire être amoureux ou ne plus l’être, le respect de la pudeur et de la nudité...Bref, les livres n’apportent que peu de réponses à ce genre de questions, les camarades étant dans le même état de questionnement ne peuvent aider l’enfant; il reste les adultes, les parents et leurs réponses tant attendues.

En plus des réponses verbales, les conduites au sein de la famille peuvent être source d’explications :

- L’évolution des moeurs, par exemple, a conduit de nombreux parents à un libéralisme au niveau du corps et de la nudité. Se promener nu dans l’appartement, partager la salle de bain, sont devenues des conduites banales dans de nombreuses famille. Toutefois, autant cette conduite est innocente en présence d’un jeune enfant, autant, lorsque l’enfant grandit il peut vivre cette nudité comme une gêne voire une provocation incestueuse.

- ou encore, le couple et ses rapports de tendresse, d’entente et de complicité que l’enfant a sous les yeux déterminera fortement la nature de ses rapports aux autres à court, moyen et long terme.

 

L’éducation sexuelle reste un domaine difficile à aborder. Parler de sexe aux enfants demeure, malgré l’évolution des moeurs, embarassant et parfois angoissant. L’attitude du parent dépend de son éducation reçue durant l’enfance et de ses expériences personnelles dans ce domaine. Toutefois, évitez, dans la mesure du possible,

- de projeter votre propre expérience

- croire que ce qui a été dit est acquis

Si vous êtes une personne parfaitement à l’aise dans le domaine de la sexualité, ne brûlez pas les étapes en pensant à adapter votre vocabulaire à l’âge de l’enfant ainsi que de son niveau de compréhension et, respectez la possible pudeur de votre petit interlocuteur.
Si vous n’êtes pas à l’aise avec le sujet, aidez vous des livres pour vous guider dans le choix des mots. Le naturel, le respect des différences, la franchise (même lorsqu’on ne sait pas répondre) et, une bonne dose d’humour (à ne pas confondre avec la trivialité) devraient permettre de dépasser votre malaise.

 

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