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Bilinguisme

 

 

Au moins la moitié de la population mondiale est polyglotte

Il est à peine besoin d’insister sur l’importance individuelle, économique et culturelle de la connaissance d’une ou de plusieurs langues étrangères. Au moment où s’organise l’intégration européenne, il est évident que chaque pays se doit de préparer ses ressortissants afin qu’ils disposent des moyens éducatifs, particulièrement linguistiques, nécessaires à leur qualification professionnelle.

La problématique du bilinguisme n’est pas récente. L’histoire nous apprend que les familles de la haute société romaine possédaient un esclave grec afin de parfaire l’éducation linguistique de leurs enfants. Aux XIX et au début du XX siècle, il était fréquent de rencontrer dans les familles de l’aristocratie européenne une gouvernante française dont la tâche était à la fois de s’occuper des enfants et de leur apprendre le français.

La différence entre ces temps révolus et notre époque est que le bilinguisme est devenu aujourd’hui une nécessité. Il est indispensable, dans un monde en mutation constante, de fournir aux jeunes enfants les meilleures opportunités d’apprendre intensivement une deuxième langue au cours de la scolarité obligatoire.

 

 

La définition 

’Est bilingue, la personne qui, en plus de sa première langue, possède une compétence comparable dans une autre langue et est capable d’utiliser l’une ou l’autre en toutes circonstances avec la même efficacité’’

Toutefois, le bilinguisme concernerait plutôt le langage oral et serait la faculté de d’utiliser deux mondes parlés différents. Ainsi, le bilinguisme commence « à partir du moment où un individu est capable, en deux langues différentes, de se faire comprendre ». La personne peut se  fondre ainsi dans deux sociétés parlant des langues différentes. L’écrit est alors un plus et on parle alors de traduction.

 

Les différentes formes de bilinguisme 

Le bilinguisme précoce simultané :

C’est le cas le plus fréquent des enfants issus de couples mixtes.
Un enfant, qui au moment où il apprend à parler, est en contact avec deux langues, les acquiert avec aisance dans la plupart des cas. Cet apprentissage se fait apparemment sans effort : il intériorise les deux systèmes et peut donc penser dans l’une et l’autre langue…
Il est vrai que le petit enfant possède des capacités d’apprentissage linguistique, par exemple au niveau de la prononciation qui se perdent avec l’âge ( l’apprentissage tardif [souvent vers 12 ans] dans la plupart des pays européens d’une deuxième langue est une des causes de l’échec des méthodes traditionnelles).

La majorité des études relatées dans la littérature laisse entrevoir que les enfants dont les parents respectent scrupuleusement le principe ’’une personne, une langue’’ sont également ceux qui atteindront le meilleur niveau de bilinguisme et la meilleure compétence dans les deux langues.

Ce principe n’est évidemment pas à prendre au pied de la lettre ( ‘’si tu ne m’adresses pas la parole en français [ dans le cas d’une maman/ d’un papa francophone parlant français à son enfant], tu n’obtiendras pas ce que tu désires !!!’’). Le but premier recherché est d’aboutir à une communication verbale
satisfaisante et riche d’interactivités…qui ne pourra être optimale si les intervenants se trouvent sans arrêt dans une situation conflictuelle…Dans le même état d’esprit, il nous paraît TOTALEMENT dépourvu de sens de faire semblant de n’avoir pas compris !!!

Dans ce cas, pourquoi ne pas utiliser le feed-back positif, et par rapport à un enfant qui demanderait ’’Can I play in the garden with my friends ?’’ à un de ses parents francophones ( qui est en mesure de comprendre…), pourquoi ne pas répondre : ‘’si tu as envie d’aller jouer dehors avec tes copains, c’est d’accord, mais enfile ta veste et tes bottes !!!.OU ‘’non, c’est impossible pour X raison !’’

Le bilinguisme précoce consécutif :

C’est le cas des enfants qui, ayant grandi dans une famille avec une seule langue, et ne parlant donc qu’une seule langue, découvrent, à leur entrée à l’école, une deuxième langue qui est celle de l’école ou celle de la société qui les entoure.
Le bilinguisme ainsi acquis peut devenir assez profond, mais, il conserve un certain déséquilibre de fonction et d’usage entre les langues, lié à la situation sociale qui le produit.
La première langue de l’enfant sera la langue familiale et plus personnelle et la deuxième sera celle, plus officielle, de l’école et des fonctions sociales.

 

Le bilinguisme soustractif :

Il se produit lorsqu’une personne vit dans une communauté dans laquelle sa langue est minoritaire et jouit d’un statut moins élevé que la langue parlée par la communauté. C’est la cas au Canada ( hors Québec) où l’anglais est la langue à haut prestige. L’attrait de faire partie d’une communauté plus valorisée va parfois amener ces locuteurs à négliger leur langue maternelle au profit de la langue de la communauté.

En s’interdisant de parler leur langue maternelle, cela affecte l’identité même de cette personne, ce qui influence négativement le rendement cognitif et le comportement social.

 

Le bilinguisme scolaire :

C’est l’apprentissage dans le pays d’origine de l’individu d’une deuxième langue de façon strictement scolaire.

C’est la manière la plus courante dans les pays monolingues. Dans ce cas, les compétences dans la deuxième langue sont très limitées, d’autant que ce type d’apprentissage met l’accent sur les structures linguistiques, en négligeant complètement les compétences de communication .

Une autre cause de l’échec des méthodes traditionnelles est que l’apprentissage scolaire est trop réflexif et que les apprentissages sont essentiellement de type traductif…

 

Le bilinguisme adulte :

C’est l’acquisition de la deuxième langue de manière spontanée ( !) par le contact avec la société qui parle cette langue.

C’est le cas de la personne immigrant adulte qui arrive dans un pays dont la langue est différente de la sienne. Acquise de cette manière, le bilinguisme est forcément très limité, mais suffisant pour utiliser cette langue comme moyen de communication.

Il est aussi fréquent de rencontrer un « bilinguisme passif » chez une personne confrontée quotidiennement à une langue qu’elle n’a aucune obligation d’apprendre

 

Le développement langagier de l’enfant bilinguees

La plupart des spécialistes s’accordent pour dire que la meilleure façon de devenir bilingue est d’être exposé à deux langues dès la naissance. Ainsi un enfant apprendra simultanément à utiliser deux langues.

Durant son développement langagier, il existe une phase où l’enfant ‘’mélange’’ les deux langues, utilisant les mots ou des parties de phrase d’une langue dans une phrase dans l’autre langue.
Ceci est une évolution normale pour un enfant bilingue. Très vite, il apprendra à séparer les deux systèmes et à utiliser la ‘’bonne’’ langue avec les ‘’bonnes’’ personnes !

Nous savons aujourd’hui que l’être humain est doté de capacités innées spécifiques au langage et que l’environnement linguistique est nécessaire mais pas suffisant pour l’apprentissage d’une langue.

Dès les premiers jours de vie, les nourrissons sont sensibles aux sons articulés de l’adulte et ils peuvent discriminer pratiquement tous les contrastes phonétiques des langues naturelles et différencier leur langue maternelle d’une langue étrangère !

Jusqu’à l’âge de 6 à 8 mois, les enfants sont capables de différencier sans difficultés les syllabes des langues étrangères, contrairement aux adultes qui en sont incapables.

Vers 10/12 mois, la discrimination de ces contrastes se perd, à l’âge où l’enfant commence à reproduire les syllabes phonétiquement conformes de sa langue maternelle.

Bien que capable d’apprendre n’importe quelle langue à sa naissance, l’enfant n’apprendra pourtant que sa langue maternelle, ou ses langues maternelles, s’il grandit dans un environnement multilingue.

La facilité d’apprentissage dépendra largement de l’âge d’acquisition.

Les spécialistes s’accordent pour dire que l’acquisition est optimale jusqu’à 7 ans, mais décline par la suite, surtout après la puberté, où de grandes différences individuelles apparaissent.

 

La meilleure manière d’assurer un bilinguisme équilibré est d’assurer un contact régulier et stimulant dans chacune des langues, en veillant plus particulièrement à la langue minoritaire, c’est-à-dire celle qui n’est pas parlée dans la communauté.

 

Il est important dans ce cas que le parents qui parle la langue ‘’minoritaire’’ la parle régulièrement à son enfant.

Aujourd’hui encore, il existe de nombreuses idées préconçues, de véritables mythes, à propos du bilinguisme, combien de parents se sont entendu dire par des professionnels de l’enfance ( pédiatres, psychologues, enseignants) de ne parler que le français à leur enfant ! ! !

ECOUTEZ-VOUS ET PERSEVEREZ DANS VOTRE BUT DE TRANSMETTRE SES DEUX LANGUES ‘’MATERNELLES’’ A VOTRE ENFANT !

 

Bilinguisme et retard langagier

Le problème de l’exposition bilingue chez des enfants dysphasiques et en important retard de langage est un point délicat et les réponses difficiles à donner par manque de données empiriques systématiques.

Sachez que : l’apprentissage d’une seconde langue, précocement ou plus tardivement, n’est pas de nature à améliorer le fonctionnement en langue maternelle chez des enfants, adolescents ou adultes présentant une pathologie langagière.

Mais il n’y a aucune raison sérieuse de ne pas chercher à favoriser chez les enfants présentant un retard langagier l’apprentissage d’une seconde langue.
A conditions que :

  • l’intervention orthophonique soit régulière et soutenue dans la langue maternelle,
  • nous n’exposions pas les enfants en retard de développement langagier à un apprentissage bilingue trop systématique au cours des premières années.

 

En conclusion

La précocité associée au caractère systématique et prolongé de l’entraînement langagier est une condition nécessaire au succès.

En laissant de côté les situations de bilinguisme simultané précoce ( intéressantes, mais non généralisables), il faut commencer à la maternelle. Outre la précocité, on dispose de davantage de temps à consacrer à des apprentissages langagiers, que plus tard le curriculum scolaire.

 

A RETENIR

L’acquisition de deux langues dans la petite enfance est une expérience normale et courante,

La grande majorité des enfants est capable d’apprendre deux langues très tôt,

La connaissance de la langue de ses deux parents est un facteur essentiel dans le développement de son identité culturelle et pour son sentiment d’appartenance,

L’acquisition bilingue est facilitée si l’enfant a des expériences régulières et variées dans les deux langues,

Un bilinguisme équilibré est atteint si l’enfant a plus de soutien dans la langue ‘’minoritaire’’ c’est-à-dire celle qui n’est pas parlée en dehors de la maison,

Les parents devraient utiliser la langue qu’ils maîtrisent le mieux, avec leur enfant dans des situations variées,

Dès l’âge de 3 ans, la question du choix de l’école s’impose. Voici quelques conseils pour soutenir votre enfant :

Évitez les interrogations du type ‘’qu’est-ce que tu as appris aujourd’hui en anglais ?’’
Dans le cas idéal, l’enfant ne se rend pas compte, au début, qu’il entend une autre langue.

Evitez de lui demander de se produire devant des spectateurs ( famille, amis), du type :’’chante à mamie la chanson anglaise que tu as apprise’’…

Evitez de contrôler ses acquisitions, du type : ‘’comment on dit’’chien’’ en anglais ?’’

Pour le maintien ou le démarrage du bilinguisme de votre enfant, le choix idéal est l’école maternelle bilingue, où la langue minoritaire, est le support de toutes les activités pédagogiques, avec des enseignants locuteurs natifs, exclusivement.

 

Ce que vous pouvez faire pour motiver votre enfant dans l’apprentissage d’une seconde langue :

Un enfant apprend d’autant plus volontiers une langue ‘’étrangère’’ qu’il sait que ses parents parlent eux-mêmes cette langue et qu’il les sent intéressés par cet apprentissage.

Un environnement ouvert, au-delà des frontières, ouvert aux autres cultures, aux gens et à leurs langues, est stimulant pour un enfant en situation d’apprentissage d’une langue étrangère.

Voici quelques propositions pratiques :

    • passer vos vacances dans le pays concerné,
    • trouver une colonie de vacances sympa dans le pays ( attention : ne pas envoyer l’enfant seul trop tôt ! ! !),
    • lui proposer des revues, livres, chansons, films en langues étrangère…

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