Post hoc, ergo propter hoc
Essayons de résumer par ordre chronologique les points essentiels avant de répondre à
la fameuse question à savoir si j'étais mentalement malade. Voici les faits
indiscutables:
1. Selon les lettres de mes enfants, écrites avant mon internement, j'ai fait tout ce que
je «pouvais faire pour eux et leur mère» et ils se sentaient comme des «rois» à mes
côtés ;
2. Quatre mois avant mon internement, le docteur Juretic, professeur en psychiatrie, a
écrit, en guise de référence, que j'étais «un médecin honnête et brillant» ;
3. Selon la lettre de la mère de mon épouse, j'étais «un bon et honnête homme»;
4. Selon une lettre de mon épouse, écrite un mois avant notre arrivée au Canada, «la
charge de ma famille a toujours été sur mon dos»;
5. Dans le dossier, il est noté que j'ai «même pu faire un bon train de vie à ma
famille».
6. Pendant mon internement, mon ex-épouse a réitéré le fait que j'étais un «bon
père de famille qui aime les enfants» ;
7. Selon le dossier psychiatrique, j'ai indiqué à douze reprises que mon épouse était
mentalement malade et qu'elle avait déjà été hospitalisée pour cette raison mais ces
remarques ont tout simplement été ignorées (lire le dossier). Le fait qu'elle ait
utilisé des moyens détournés pour faire interner un «bon père de famille» et «un
médecin honnête et brillant» démontre bien qu'elle n'était pas mentalement normale;
8. Le dossier médical, au contraire de ce que les psychiatres ont eu l'intention de
prouver, à savoir que j'étais mentalement malade, démontre clairement que les
psychiatres sont malhonnêtes et inintelligents;
9. Selon le docteur Dimitrije Pivnicki (qui est aussi professeur), les dossiers ne peuvent
justifier «ni admission, ni transfert... (ou) la poursuite d'un traitement continu»;
(voir exhibit No. 28)
10. Selon André Munch, un spécialiste en documents et police scientifique, le dossier a
été falsifié ;
11. Le diagnostic initial de «schizo-paranoide» n'existe pas77;
12. Le diagnostic de «schizo-paranoïde» fut inventé par le docteur Jacques Grenier,
sans avoir jamais eu l'occasion de me rencontrer (j'habitais à Hamilton lorsque le
docteur «rédigea» le soi-disant diagnostic);
13. Le diagnostic, tel que l'écrivit le docteur Grenier, fut accepté par le docteur
Jacques Dufour sans aucun examen préalable, y ajoutant toutefois quelques mots de son
propre cru (comme délirant, paranoïde, a menacé de tuer sa femme, halluciné, etc.
(lire Certificats médicaux);
14. Le diagnostic «schizo-paranoide» (sic) et les mots, comme délirant, paranoide, a
menacé etc., furent déniés immédiatement pendant le premier jour de mon internement
par l'étudiant J. Boucher;
15. De plus, le troisième jour de mon internement, même l'«impression» au moment de la
première interview, soit «état paranoïaque», fut atténuée en «impression d'état
paranoïaque ou troubles transitoires situationnels» ;
16. Le jour suivant, le quatrième de mon internement, j'étais sur le point d'être
libéré. Néanmoins, le couple Dionne intervint et insista pour que je demeure à
l'hôpital. De son côté, le même jour, le docteur Filip Juretic, professeur en
psychiatrie, exprimait une opinion sans équivoque sur mon cas d'internement: «c'est
précisément une tempête dans un verre d'eau» (lire le dossier.
17. Le 22 novembre 1971, le Bureau mental ordonna une cure fermée pour diagnostic: état
paranoïaque. Ce «Bureau», je n'ai jamais eu l'occasion de le voir. Le diagnostic a donc
été établi sans aucun examen préalable ; pourtant, selon les certificats médicaux
existent deux dates de la cure fermée -- celle du 22 novembre et du 12 novembre 1971
(voir Certificats médicaux Pièce No 14c, Pièce No 14d).
18. Le 17 février 1972, je fus «libéré définitivement» par le Comité de
révision de l'Hôpital Saint-Michel-Archange. En réalité, je fus transféré, sous une
escorte digne d'un grand criminel, à l'Hôpital Saint-Jean-de-Dieu de Montréal (Voir Pièce No 22: «LIBÉRÉ définitivement»).
19. Après trois mois(!), le même jour, on a posé le «diagnostic provisoire:
paranoïa».
20. Le 18 février 1972, le docteur Juretic décela que je n'étais pas «psychotique».
Cependant, il a falsifié la note de cette date un peu plus tard lorsque je le poursuivis
devant les tribunaux.
21. Le 23 février 1972, le professeur a posé le diagnostic non-existant de «dépression
situationnelle» et a recommandé la cure libre. Cependant, le même jour, il écrivait
que je n'avais «pas la permission de téléphoner ni de sortir de la salle». C'est une
violation flagrante de la loi et mes droits de l'homme.
22. Le 2 mai 1972, je fus libéré avec le diagnostic de «dépression situationnelle»;
le professeur ajoutait le mot «psychotique» entre dépression et situationnelle; il a
noté la remarque: «amélioré», c'est-à-dire, non complètement guéri; selon le Code
de déontologie - et le sens commun - les patients qui ne sont pas guéris doivent être
sous surveillance ou traités par des médecins jusqu'à leur guérison.
23. Le 2 mai, en fait, je fus «dirigé vers l'Ontario (Hamilton)»; ce qui représente ni
plus ni moins un exil illégal ordonné par les psychiatres;
24. Le congé sans surveillance et l'exil illégal prouvent implicitement que les
psychiatres ont agi, professionnellement et légalement, de façon irresponsable;
25. Les dossiers médicaux, tels qu'ècrits, prouvent sans équivoque que j'étais plus
que sain d'esprit, considérant la situation dans laquelle j'étais placé en cure fermée
au milieu de malades mentaux, dérangé par des psychiatres et parfois par des
infirmières qui insistaient pour que j'accepte le fait que j'étais mentalement malade
ainsi que les cruelles «politiques disciplinaires», etc.;
26. Plusieurs de mes amis m'ont posé la question: «Comment se fait-il que tu ne sois pas
devenu fou et dangereux après tout ce que tu as éprouvé pendant ton internement?»
Depuis que mes «éminents collègues» m'ont poussé dans cet enfer, je me pose la même
question. Dans ma situation toute personne «normale» deviendrait un vrai schizophrène
ou aurait envie de tuer quelqu'un.
Le lecteur peut remarquer qu'au tout début, cette histoire semblait presque banale - il
s'agissait «d'une tempête dans un verre d'eau», comme il est bien noté dans le dossier
au quatrième jour de mon internement. Si le lecteur a lu attentivement le dossier, il
peut remarquer que même mon ex-épouse ne voulait pas en faire une grosse affaire. Les
querelles conjugales sont presque quotidiennes et ne méritent certainement pas d'être
réglées dans des hôpitaux psychiatriques. Mon ex-épouse voulait plutôt me donner
«une bonne leçon» (voir Pièce No 18). En fait, elle
désirait faire de moi un meilleur cocu que je ne l'étais déjà. Avec mon internement,
je présume qu'elle a perdu un bon bailleur de fonds pour ses aventures personnelles. De
plus, j'ai la certitude qu'elle a éprouvé beaucoup de problèmes avec les enfants.
Cependant, les «amis» de mon ex-épouse s'en sont donnés à coeur joie dans cette
affaire et ils ont tout fait pour transformer cette «tempête dans un verre d'eau» en un
violent ouragan. Un ouragan qui va tout d'abord toucher mes enfants puis moi.
Pour le moment, concernant mon cas ou ma situation plutôt, on peut constater de nombreux
aspects. En poursuivant mon récit, je vais répéter certains points mais je vais aussi
tenter de mettre en relief les points les plus importants. Ceux qui prouvent hors de tout
doute que les personnes impliquées, qui ont continué à agir de façon malhonnête même
après l'internement, ont emprunté des méthodes plus ou moins louches afin de prouver
par tous les moyens que j'étais mentalement malade. Par conséquent, les preuves que je
vais apporter vont démontrer rétroactivement que ces gens sont moralement dégradés.