Préface <<====>> Introduction
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En lieu d'avant propos

Il existe la corruption et la dégradation morale à tous les niveau de la société Québécoise.
Déclaration à l'Assemblée nationale du Québec, le 14 mai 1975.
Jérome Choquette, ex-ministre de la justice au Québec. 2

La vérité d'abord sur les procédures et les tortures dans des hôpitaux psychiatriques du Québec.

Arrêté sans mandat, j'ai été étiqueté comme étant un «schizo-paranoide» (sic), conclusion tirée sans aucun examen préalable. Interné en institut psychiatrique sans aucune décision judiciaire de quelque sorte, je fus maltraité de la manière la plus sauvage qui soit durant six mois. Les chiens enragés auraient sûrement bénéficié d'un meilleur traitement que le mien.

À la fin, j'étais «congédié» de l'hôpital avec le diagnostic «dépression situationnelle», diagnostic qui n'apparaît dans aucun ouvrage de médecine, pas plus d'ailleurs que le terme «schizo-paranoide». En fait, j'ai été carrément expulsé de la province de Québec, toujours sans aucune décision judiciaire et sans aucune justification psychiatrique. Étant moi-même médecin, je sais qu'un patient chronique, comme j'étais traité, doit être sous surveillance ultérieure et doit bénéficier d'un traitement adéquat.

Mais tel est loin d'être mon cas. On jurerait que j'ai été torturé uniquement pour faire plaisir à des gens sans scrupules. Je suis parfaitement conscient que mon récit peut sembler incroyable mais le temps est enfin venu d'ouvrir les yeux, de lire les dossiers écrits par les psychiatres, de lire les preuves indiscutables qui y sont produites et de tirer ses propres conclusions. Pour ma part, j'ose défier quiconque ayant contribué à la destruction de ma vie. Si l'un d'eux prouve son point de vue, je m'engage solennellement à me soumettre à des traitements psychiatriques jusqu'à la fin de mes jours.

Deux hommes néfastes sont à la source même des événements qui ont totalement bouleversé mon existence. Ce sont messieurs Jean-Marc Lyonnais, alors simple commis voyageur, et le docteur Louis Dionne, chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Québec. Ils sont les seuls responsables de mes malheurs et on ne connaîtra la vérité que lorsqu'une enquête publique aura établi nettement leurs actes et leurs responsabilités dans cette affaire, ce sur quoi j'ai insisté et insiste toujours depuis le tout premier jour de mon hospitalisation.

Ils apparaissent comme étant les esprits les plus compliqués, hantés d'intrigues romanesques: les déclarations et les appels téléphoniques anonymes, les rendez-vous dans les endroits déserts, les femmes mentalement et moralement problématiques qui colportent des prétendues preuves accablantes, etc... Ce sont eux qui imaginèrent de dicter le certificat médical pour mon internement; ce sont eux qui rêvèrent de voler mes lettres et documents personnels afin de «trouver» des preuves de ma «maladie mentale». Et je n'ai pas à tout dire, qu'on cherche, on trouvera.

Je déclare simplement que messieurs Jean-Marc Lyonnais et Louis Dionne sont, dans l'ordre des dates et des responsabilités, de facto, les premiers coupables de l'effroyable erreur psychiatrique qui a été commise. Le certificat, «l'histoire» émanant du docteur Jacques Grenier, sans qu'il n'ait eu le loisir de me rencontrer, était depuis quelque temps déjà entre les mains du docteur Louis Roy, surintendant de l'hôpital psychiatrique Saint-Michel-Archange. Alors que le certificat avait été fait d'avance, le premier jour de mon arrivée à Québec, je suis arrêté et «amené à l'urgence par le docteur Louis Dionne pour évaluation psychiatrique».

La lumière se fit peu à peu: cet auteur ne pouvait être qu'une demoiselle, Jeanne d'Arc Drouin, alors simple garde-malade à l'Hôtel-Dieu de Québec. Une erreur grave manifeste, qui montre avec quel esprit superficiel on avait étudié le certificat car un examen sensé démontre qu'il ne pouvait s'agir que de falsifications et de déclarations nauséeuses.

On cherchait donc chez moi des haches, des preuves de ma «maladie» partout mais toujours sans succès. Et jamais on ne chercha à Hamilton, Ontario, l'endroit où j'avais demeuré les trois derniers mois. Et sans que je veuille refaire ici une histoire connue en partie, les messieurs Lyonnais et Dionne entrent en scène dès qu'ils se sentent «menacés». A partir de ce moment, ce sont eux qui inventèrent ma «maladie mentale»; la «maladie» devient leur affaire; ils se font forts de me confondre, de m'amener à l'aveu que j'étais malade.

Il y a bien sûr le psychiatre, le docteur Jacques Grenier, grand responsable de mon hospitalisation. Il confie mon histoire à la garde-malade Jeanne-d'Arc Drouin, qui l'a écrite sur la seule base des renseignements de mon ex-épouse déjà traitée comme mentalement malade.

Cette histoire, c'est-à-dire la déclaration d'une femme mentalement malade, sera la seule preuve de ma «maladie mentale»! Ces déclarations monstrueuses seront l'unique motif pour les cruelles tortures et les lavages de cerveau subis durant les six mois qu'a duré mon hospitalisation. Ils seront mes seuls traitements psychiatriques pendant mes six mois «en cure fermée». On ne saurait concevoir les expériences auxquelles j'ai été soumis, les pièges dans lesquels ils ont voulu me faire tomber, les enquêtes folles, les imaginations monstrueuses, toutes sortes de choses frôlant la démence.

Le docteur Louis Dionne, alors lorsque j'étais loin de lui (Hamilton, Ontario), court d'un psychiatre à un autre. Il cherche à convaincre, à faire la preuve que je suis mentalement malade et qu'il y a «danger d'homicide» à me laisser en liberté (lire la Déclaration hors-cour (extraits) et Plaidoyer Pièce No 30 du Dr Grenier). Il réussit! Pendant des mois, j'ai passé des nuits sans sommeil, hurlant mon innocence. Et l'instruction a été faite ainsi, comme dans une chronique du quinzième siècle...

Les répugnantes calomnies du docteur Dionne et de man ex-femme n'étaient pas seulement un tissu de mensonges des plus vulgaires, elles étaient aussi la plus vilaine des escroqueries car les dénonciations qu'elles contenaient étaient toutes sans aucune valeur psychiatrique et juridique. J'insiste donc pour dire que le Canada est malade. Je voudrais démontrer comment l'erreur judiciaire et psychiatrique a pu être possible, comment elle est née des machinations de messieurs Lyonnais et Dionne - car la demoiselle qui écrivit la déclaration n'avait pas la compétence suffisante pour faire tout cela d'elle même - comment les docteurs Grenier, Dufour, Roy et Dorion ont put s'y laisser prendre, engager peu à peu leur responsabilité dans une vérité qui ne se discute même pas. Au début, il n'y a donc de leur part que de la bêtise. Tout au plus les sent-on céder aux passions du milieu et aux préjugés de l'esprit de corps. Ils se sont laissés berner, tout simplement.

Monsieur Louis Marceau, Protecteur du citoyen et monsieur Raymond Gagnon, directeur de l'Assistance juridique, applaudirent à la dégradation publique. Ils permettront que je reste sur mon banc d'infamie, dévoré par les soucis. Sont-elles donc vraies, les choses indicibles, les choses dangereuses qu'on a dû enterrer soigneusement derrière ce huis-clos? Non! Il n'y a eu sous cette affaire que les imaginations romanesques et démentes du docteur Louis Dionne, de Jean-Marc Lyonnais et de mon ex-femme hystérique. Tout cela constitue le plus saugrenu des romans-feuilletons. Et il suffit pour s'en assurer d'étudier attentivement les déclarations, les certificats médicaux et mon dossier d'hospitalisation.

Quelle énorme farce que ces actes d'hospitalisation! Qu'un homme ait pu être hospitalisé sur ces actes, c'est un prodige d'iniquité. Je défie les honnêtes gens de la lire sans que leur coeur ne bondisse d'indignation et ne crie leur révolte à la pensée de l'expiation démesurée de mes enfants et de moi-même. J'aime beaucoup mes enfants: folie! (selon la déclaration et le dossier médical); Je n'ai pas terminé mes études à cause de la guerre: folie! J'ai fait trois ans de prison politique: folie! Mes enfants m'aiment beaucoup: folie! J'ai pu assurer un bon train de vie à ma famille: folie! J'ai été dégoûté de mon hospitalisation: folie! On n'a trouvé aucune preuve que je sois dangereux: folie! J'ai le souci de tout savoir: folie! J'ai trouvé sordides les gens impliqués dans mon hospitalisation: folie! Je ne me trouble pas: folie! Je me trouble: folie! Je n'accepte pas que je sois malade: folie! J'accepte que je sois malade: folie! On avait parlé d'un grand nombre de symptômes «sérieux». À la fin, je suis congédié avec le diagnostic: dépression situationnelle, cérumen dans les oreilles et des durillons plantaires!

Après mon hospitalisation, de nombreux experts - entre vingt et vingt-cinq - en examinant mon dossier médical et en me soumettant à des examens, en sont venus à la conclusion que la seule cause de mon hospitalisation était la déclaration et les sales machinations de leurs confrères des hôpitaux psychiatriques. L'unanime conclusion de ces experts était que je n'ai été hospitalisé et torturé que sur une base de ouï-dire.

Je ne saurais terminer sans signaler mes deux derniers psychiatres «traitants», soit les docteurs Raymond Legault et Filip Juretic. Si tous les psychiatres impliqués m'ont traité cruellement, les deux derniers ont exagéré encore plus. Je passe sous silence le fait que j'ai été traité d'une manière beaucoup plus brutale par ces derniers que par leurs prédécesseurs; mais je dois signaler aussi qu'ils m'ont jeté à la rue comme un chien méchant sans aucun moyen de subsistance. De plus, ils me défendirent tout contact avec ma famille, m'interdirent de voir mes enfants et m'expulsèrent de Québec à Hamilton, en Ontario. Ces choses ne se produisent pas, même dans les pays les plus primitifs.

Dans mon cas, le docteur Juretic, je me dois de le mentionner, est celui qui m'a maltraité avec le plus de raffinement. Nous avons le même pays d'origine, nous parlons la même langue et nous avons presque été des amis très intimes. J'avais insisté, depuis les tous premiers jours de mon hospitalisation, pour changer d'hôpital et pour être mis sous ses soins. Remarquez bien qu'à cette époque, le docteur Juretic n'était compromis en rien, étant tout nouveau. Il pouvait donc faire éclater la vérité. Est-ce corruption, terreur de ses prédécesseurs ou crainte de livrer tous les psychiatres coupables? Et depuis lors, sa responsabilité n'a fait que grandir; il a pris à sa charge les crimes des autres. En plus, le docteur Filip Juretic a fait une déclaration odieuse et mensongère (lire Déclaration hors-cour (extraits) du docteur Filip Juretic). Dans tous les pays un peu civilisés, sa déclaration aurait été traitée à l'instar d'un parjure et aurait servi d'indication qu'il s'agit d'une machination bel et bien monté. Voici un quart de siècle que les psychiatres et les autorités juridiques impliqués savent que j'ai été victime de malfaiteurs et que j'ai été torturé dans des hôpitaux. Et ces gens-là dorment et ils ont des femmes et des enfants qu'ils aiment!

Une fois le crime commis, que les coupables ne l'avouent pas, c'est compréhensible! Monsieur Louis Marceau et monsieur Raymond Gagnon avaient la possibilité de sauver l'honneur des psychiatres et de la justice du Québec. Par ignorance ou pour quelque autre raison, ils se sont contentés d'assister à l'accomplissement d'un crime. Même après mon hospitalisation, alors que je trouvais beaucoup d'appui et de compréhension en Ontario, au Québec, je ne trouvais qu'obstruction. En effet, la décision récente du Protecteur du citoyen de considérer «mon dossier comme étant détruit» m'a persuadé que je ne puis garder aucun espoir de régler mon affaire devant une cour du Québec.

L'Honorable Pierre Boudreault, le juge de la première instance de ma cause, a écrit un jugement de plus de 200 pages. En face de preuves incontestables - les dossiers falsifiés par des psychiatres, les parjures, les manipulations dolosives et, en dépit de «preuves accablantes», selon ses propres paroles, il a honoré les malfaiteurs en les acquittant comme étant compétents et honnêtes!?

Et, le jugement supporté avec les preuves accablantes était félicité par les juges de la Cour d'appel. Si je paraphrase Orwell, c'est comme si la justice, c'est l'injustice; l'injustice, c'est la justice!

Je suis actuellement citoyen canadien. Ce que je revendique, c'est un droit qui m'appartient. J'exige, j'insiste au nom d'une loi qui m'appartient. En plus, j'accuse la législation, la loi québécoise, canadienne - loi analogue à la loi d'inquisition - de permetre aux psychiatres de perpétrer des crimes organisés contre l'humanité.

J'accuse messieurs Louis Marceau et Raymond Gagnon - le Protecteur du citoyen et les représentants de la loi ainsi que tous les psychiatres impliqués dans mon cas.

J'accuse monsieur Jean-Marc Lyonnais, le docteur Louis Dionne et ma femme d'être les principaux instigateurs de l'affaire et d'avoir appuyé leur oeuvre néfaste par les machinations les plus odieuses et saugrenues.

Enfin, j'accuse la Corporation professionnelle des médecins du Québec de servir d'abri à des médecins incompétents et malfaiteurs.

En portant ces accusations, je n'ignore pas que je me mets sous les coups de la loi qui punit les délits de diffamation, surtout si je publie cet écrit. Et c'est tout à fait volontiers que je m'y expose.

Quand aux gens de justice que j'accuse, je n'ai contre eux ni rancune ni haine. Ils sont pour moi des entités, des esprits de malfaisance sociale et l'acte que je pose ici n'est qu'un moyen révolutionnaire - l'épithète que m'ont attribué les psychiatres, je l'accepte comme un compliment - pour hâter l'explosion de la vérité et de la justice.

Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière. J'agis en mon nom, au nom de mes enfants innocents et au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme.... Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour!

Alors, j'attends avec grande impatience...

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