Le Québec, foyer national du seul peuple francophone
d’Amérique du Nord, devrait devenir un pays souverain. Aspirer à la
souveraineté pour un peuple n'est rien de plus que de demander à vivre
normalement, selon sa personnalité, son caractère propre et en fonction de ses
aspirations, et de vouloir se donner les meilleurs moyens politiques d'y
arriver.
L’Affirmation nationale est de cet avis et souhaite
que le Québec devienne un jour un pays indépendant. Mais entre le souhait et la
réalisation, il y a une distance qu'il n'est pas souhaitable de franchir sans
l’accord clairement exprimé de la population.
Au milieu des années soixante, l'Union nationale et
son chef Daniel Johnson avaient publié une brochure "Égalité ou
indépendance", pour bien faire sentir l'orientation de son programme en
matière de politique nationale. L’idée est toujours d'actualité. Pour quiconque
est à l'écoute de la population, il est facile de constater que le peuple
québécois ne voudra de l'indépendance que si elle lui apparaît nécessaire tant
au plan de son identité culturelle et linguistique que de la qualité de sa vie
économique. L’Affirmation nationale prend acte de cette réalité.
Lors d’un prochain référendum, si la
conjoncture nous force à en tenir un, nous croyons que la question devrait
porter sur une demande de statut particulier pour le Québec, dans la
perspective du règlement final de la crise constitutionnelle Québec-Canada.
Le statut particulier s'articulerait autour d'un
certain nombre d'éléments significatifs, à savoir : le pouvoir exclusif pour le
Québec de légiférer en matière de langue et de culture, d'éducation et de
formation, de santé et d'affaires sociales et de politique fiscale. Il y aurait
aussi reconnaissance officielle de la nation québécoise dont le gouvernement se
verrait accorder un pouvoir accru d'intervention sur la scène internationale.
Un référendum portant sur ces points a présentement de fortes chances d’être
remporté par les forces du « oui ».
Advenant qu'Ottawa et les provinces
acceptent de respecter le résultat d'un tel référendum favorable au statut
particulier, le gouvernement québécois, jouant franc jeux, s’engagerait à ne
plus faire la promotion de la souveraineté, puisque le peuple québécois se
verrait doté des outils nécessaires à la préservation et au développement de
son identité culturelle et sociale. En cas de refus du gouvernement fédéral et
des autres provinces de prendre acte de la volonté des Québécois, le
gouvernement du Québec pourrait alors orienter son offensive vers la
souveraineté avec de bonnes chances de succès. Mais, cela devra se faire assez
rapidement. Le temps est compté. Dans une décennie, il sera peut-être trop
tard. Et même le statut particulier pourrait bien ne plus recueillir la faveur
populaire. Pourquoi ?
Plus le temps passe, plus nombreux sont les
immigrants qui élisent domiciles chez-nous. Comme notre faible taux de natalité
ne réussit plus à garantir le renouvellement de la population québécoise (chez
les Québécois francophones en particulier), il est impensable de ne pas
recourir à l’immigration pour assurer la relève économique. Par leur nombre, auquel s’ajoute celui de
leurs descendants nés au Québec, les nouveaux venus, ne parlant pas le français
pour la plupart, en modifient déjà profondément le tissu social qu’ils tissent,
bien entendu, à leur image.
Les nouveaux arrivants et leurs enfants nés au
Québec n’ont pas la même sensibilité que nous face à la question nationale. Il
ne faut certes pas les blâmer de vouloir se tenir loin de nos revendications
constitutionnelles, à tout le moins d’être très prudents face aux changements
qu’elles supposent. Les immigrants sont souvent venus au Canada pour échapper à
ce genre de questions, en raison de situations difficiles de nature politique
vécues dans leur pays d’origine. Ils perçoivent très souvent les revendications
politiques et les demandes de changements constitutionnelles comme contraires à
leurs intérêts d’immigrants. En
conséquence, au mieux, la revendication de statut particulier pour le Québec
devrait les laisser indifférents, au pire, ils pourraient bien s’y opposer,
comme ils le font pour la souveraineté
Encore dix ans et la question nationale québécoise
ne se posera probablement plus. Nous l’aurons réglé équitablement à notre juste
avantage ou elle se sera réglée d’elle-même... à notre désavantage.
Claude Lalande
2005
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Stratégie <dernière
chance> Monière-Bouthillier
D’abord rechercher les intérêts du
Québec
Jugement sur la sécession
du Québec
Un statut particulier
au lieu de la souveraineté
Urgence d’une politique
nataliste pour le Québec