La question nationale

 

 

 

Depuis plus de cinquante ans le mouvement indépendantiste au Québec, plus particulièrement le Parti Québécois, depuis trente ans, s’active courageusement à faire avancer le wagon de la souveraineté. La gare est encore loin et le train souverainiste pourrait bien ne jamais l’atteindre, si le chemin emprunté demeure le même.

 

Le Québec, foyer national du seul peuple francophone d’Amérique du Nord, devrait devenir un pays souverain. Aspirer à la souveraineté pour un peuple n'est rien de plus que de demander à vivre normalement, selon sa personnalité, son caractère propre et en fonction de ses aspirations, et de vouloir se donner les meilleurs moyens politiques d'y arriver.

 

L’Affirmation nationale est de cet avis et souhaite que le Québec devienne un jour un pays indépendant. Mais entre le souhait et la réalisation, il y a une distance qu'il n'est pas souhaitable de franchir sans l’accord clairement exprimé de la population.

 

Au milieu des années soixante, l'Union nationale et son chef Daniel Johnson avaient publié une brochure "Égalité ou indépendance", pour bien faire sentir l'orientation de son programme en matière de politique nationale. L’idée est toujours d'actualité. Pour quiconque est à l'écoute de la population, il est facile de constater que le peuple québécois ne voudra de l'indépendance que si elle lui apparaît nécessaire tant au plan de son identité culturelle et linguistique que de la qualité de sa vie économique. L’Affirmation nationale prend acte de cette réalité.

 

Lors d’un prochain référendum, si la conjoncture nous force à en tenir un, nous croyons que la question devrait porter sur une demande de statut particulier pour le Québec, dans la perspective du règlement final de la crise constitutionnelle Québec-Canada.

 

Le statut particulier s'articulerait autour d'un certain nombre d'éléments significatifs, à savoir : le pouvoir exclusif pour le Québec de légiférer en matière de langue et de culture, d'éducation et de formation, de santé et d'affaires sociales et de politique fiscale. Il y aurait aussi reconnaissance officielle de la nation québécoise dont le gouvernement se verrait accorder un pouvoir accru d'intervention sur la scène internationale. Un référendum portant sur ces points a présentement de fortes chances d’être remporté par les forces du « oui ».

 

Advenant qu'Ottawa et les provinces acceptent de respecter le résultat d'un tel référendum favorable au statut particulier, le gouvernement québécois, jouant franc jeux, s’engagerait à ne plus faire la promotion de la souveraineté, puisque le peuple québécois se verrait doté des outils nécessaires à la préservation et au développement de son identité culturelle et sociale. En cas de refus du gouvernement fédéral et des autres provinces de prendre acte de la volonté des Québécois, le gouvernement du Québec pourrait alors orienter son offensive vers la souveraineté avec de bonnes chances de succès. Mais, cela devra se faire assez rapidement. Le temps est compté. Dans une décennie, il sera peut-être trop tard. Et même le statut particulier pourrait bien ne plus recueillir la faveur populaire. Pourquoi ?

 

Plus le temps passe, plus nombreux sont les immigrants qui élisent domiciles chez-nous. Comme notre faible taux de natalité ne réussit plus à garantir le renouvellement de la population québécoise (chez les Québécois francophones en particulier), il est impensable de ne pas recourir à l’immigration pour assurer la relève économique.  Par leur nombre, auquel s’ajoute celui de leurs descendants nés au Québec, les nouveaux venus, ne parlant pas le français pour la plupart, en modifient déjà profondément le tissu social qu’ils tissent, bien entendu, à leur image.

 

Les nouveaux arrivants et leurs enfants nés au Québec n’ont pas la même sensibilité que nous face à la question nationale. Il ne faut certes pas les blâmer de vouloir se tenir loin de nos revendications constitutionnelles, à tout le moins d’être très prudents face aux changements qu’elles supposent. Les immigrants sont souvent venus au Canada pour échapper à ce genre de questions, en raison de situations difficiles de nature politique vécues dans leur pays d’origine. Ils perçoivent très souvent les revendications politiques et les demandes de changements constitutionnelles comme contraires à leurs intérêts d’immigrants.  En conséquence, au mieux, la revendication de statut particulier pour le Québec devrait les laisser indifférents, au pire, ils pourraient bien s’y opposer, comme ils le font pour la souveraineté

 

Encore dix ans et la question nationale québécoise ne se posera probablement plus. Nous l’aurons réglé équitablement à notre juste avantage ou elle se sera réglée d’elle-même... à notre désavantage.

 

Claude Lalande

2005

 

 

 

Stratégie <dernière chance> Monière-Bouthillier

D’abord rechercher les intérêts du Québec

Jugement sur la sécession du Québec

Un statut particulier au lieu de la souveraineté

Urgence d’une politique nataliste pour le Québec

 

 

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