La
stratégie "dernière chance" de Monière-Bouthillier
L'idée de Denis Monière et de Guy Bouthillier n'est pas tout à fait
nouvelle. Elle a déjà été avancée en substance par le politologue Pierre Drouilly
et, sauf erreur, par le professeur Balthazar de l'Université Laval. Il y en a
probablement d'autres qui pensent comme eux depuis passablement longtemps. Pour
ma part, j'ai manifesté ma sympathie
pour ce genre de démarche avant même le référendum de 1995.
Ce qui m'apparaît différent, cette fois-ci, c'est le recours à un premier référendum pour
demander au peuple québécois s'il veut que son existence s'incarne dans un
nouveau statut politique, et la mise en
marche d'un processus de constituante lourd et compliqué. Ces deux étapes
m'apparaissent peu utiles. Un : il est évident depuis des décennies que
les Québécois souhaitent un statut
particulier pour le Québec à l'intérieur de la fédération canadienne, si cela
est possible. La souveraineté si nécessaire, mais pas nécessairement la
souveraineté, disait Daniel Johnson, père. Deux : les conclusions de la
Commission Bélanger-Campeau (et aussi
le rapport Allaire) fournissent des indications suffisamment claires sur ce
devraient être les nouveaux pouvoirs qui garantiraient au Québec son
développement culturel, éducationnel, social
et économique.
Il est facile de tenir un référendum pour faire entériner les conclusions
de la Commission Bélanger-Campeau par
la population québécoise. Un "oui" confortablement majoritaire est probable. Si le reste du
Canada refuse les demandes québécoises, alors émergera une majorité
souverainiste prête à passer à l'action. Si le contraire se produit, le peuple
québécois se verra doté des outils
nécessaires à la préservation et au développement de sa spécificité en Amérique
du Nord.
Claude Lalande
24 avril 1999