L'histoire de la sorcellerie

"It has recently come to our ears, not without great pain to us, that ... many persons of both sexes, heedless of their own salvation and forsaking the Catholic faith, give themselves over to devils male and female."

— La bulle papale de 1484, dans laquelle
la première persécution légale
de la sorcellerie a été approuvée

ien que la première personne ait été brûlée vers 1000 après J.-C., les cas majeurs n'ont pas eu lieu avant le 15è siècle. Les bases pour la persécution ont été fondées durant cette période médiévale.

Au 8è siècle, la loi Salique (la législation franque) a été transcrite sous Clovis. Elle décrivait les châtiments pour la sorcellerie, y compris ceux qui suivent:

72 sous et une demi-monnaie pour avoir maudit quelqu'un;

La même punition pour avoir participé à un Sabbat;

187 sous pour accuser une femme d'être sorcière; et

200 sous pour n'importe quelle sorcière reconnue coupable de s'être régalée de chair humaine (Summers 353).

Pendant l'époque de Charlemagne, la punition pour la sorcellerie était plus sévère. Il y avait des amendes et des emprisonnements (356). Vers le début du millénaire, les poursuites judiciaires des sorcières ont augmenté en Europe. L'attente du retour de Jésus-Christ rendait les gens fous ; ils croyaient voir des apparitions et des démons (359). La démence avait commencé.

En 1233, la bulle papale de Gregory IX a permis la première persécution des sorcières. En ce temps-là, il s'agissait des Lucifériens ("Joan's"). En 1252, Innocent IV a consenti à la torture dans les procès pour l'hérésie. Bientôt, l'hérésie et la sorcellerie sont devenues synonymes (Summers 365).

Avant l'année 1500, moins de 500 personnes ont été assassinées pour sorcellerie en Europe, selon Witchcraze: A New History of the European Witch Hunt, un livre écrit par Anne Llewellyn Barstow et cité sur le website "Deaths from the European Witch Craze". Avec l'aide de théologiens connus, comme St. Thomas d'Aquin et Martin Luther, le désir de purger la société des sorcières s'est intensifié.

En 1431, Jeanne d'Arc mourut sur le bûcher à Rouen. On trouvait dans les rumeurs des accusations qu'elle était sorcière, mais on a démenti cette théorie dans l'intervalle. Elle a été brûlée à cause de ses actions politiques : "It has long been clear that most of the charges leveled against Joan were deliberate falsifications" (Russell 261).

Un autre cas de grand renom était celui de Gilles de Rais, le grand Maréchal de France. On l'a accusé d'alchimie et de sorcellerie. Ces inculpations incluaient l'abus sexuel et le meurtre de milliers d'enfants. Sous la torture, Rais a avoué avoir pratiqué la sorcellerie et avoir tué des enfants après les avoir abusés. Mais maintenant, selon les historiens, il n'a pas vraiment participé à la sorcellerie. Il était simplement corrompu: "Gilles' pleasures were his own, not a part of the phenomenon of witchcraft" (Russell 263). Dans ces deux cas, nous pouvons voir une tendance inquiétante: beaucoup de personnes, y compris des personnages de haut pouvoir, étaient accusées de sorcellerie sans preuve manifeste.

Entre 1427 et 1486, le nombre des procès a augmenté - il y en avait plus d'une centaine - plus que pendant les deux derniers siècles réunis. Vers la fin du 15è siècle, deux évenéments se sont produits qui ont contribué de manière substantielle à l'hystérie. En 1484, Innocent III a fait paraître sa bulle papale décrétant que les inquisiteurs auraient le pouvoir de faire n'importe quoi pour abolir la sorcellerie en Europe. Il leur a donné le droit "to proceed to the just correction, imprisonment, and punishment of any persons, without let or hindrance" ("Joan's").

Deux de ces inquisiteurs étaient Sprenger et Kramer. Peu après ce décret, le deuxième événement a eu lieu: la publication du livre Malleus Maleficarum, un manuel pour aider à identifier les sorcières, écrit en partie par Sprenger . Au Moyen ge, "malefica" est devenu un des noms en Latin pour "sorcière", l'autre étant striga. Jadis, le mot signifiait n'importe quelle sorte de crime; à présent il voulait dire la sorcellerie en particulier [Russell 65].) Ce livre a été imprimé et on voit ici un exemple néfaste (probablement le seul) de l'imprimerie comme ayant contribué à rendre publique et à renforcer la croyance selon laquelle les femmes étaient des êtres maléfiques. (On peut en trouver des extraits dans la partie de ce rapport où l'on traite des femmes de cette époque. Cliquez ici pour y arriver.)


Ci-dessus: Hans Baldung Grien, Preparing for Witches Sabbat (Woodcut, 1509)



Entre 1427 et 1486, le nombre des procès a augmenté— il y en avait plus d'une centaine — plus que pendant les deux derniers siècles réunis. Vers la fin du 15è siècle, deux choses se sont passées qui ont contribué de manière substantielle à l'hystérie. En 1484, Innocent III a fait paraître sa bulle papale décrétant que les inquisiteurs pouvaient faire n'importe quoi pour abolir la sorcellerie en Europe. Il leur a donné le droit "to proceed to the just correction, imprisonment, and punishment of any persons, without let or hindrance" ("Joan's"). (En cliquant ici, vous pouvez en lire d'autres extraits intéressants.)

Deux de ces inquisiteurs étaient Sprenger et Kramer. Peu après cette annonce, le deuxième événement a eu lieu: la publication du livre Malleus Maleficarum, un manuel pour aider des gens à identifier les sorcières, écrit en partie par Sprenger. (Au Moyen Âge, "malefica" est devenu un nom en Latin pour "sorcière" [l'autre étant striga]. Jadis, le mot voulait dire n'importe quelle sorte de crime; à présent il signifiait la sorcellerie en particulier [Russell 65].) Voilà un exemple de l'imprimerie comme ayant contribué à empirer le statut des femmes. (Plus extraits peuvent être trouvés dans la partie de ce rapport où l'on traite des femmes de cette époque. Cliquez ici pour y arriver.)

Durant tout le 16è siècle, les poursuites judiciaires des sorcières en France ont progressivement augmenté. Les tibunaux civils ont reçu le droit de les poursuivre "who dealt with delinquents and suspects with a severity that almost amounted to cruelty" (Summers 396). Le statut des sorcières s'est empiré au 17è siècle ; cependant, avec l'arrivée du siècle des lumières, la persécution s'est finalement ralentie. La dernière exécution en France a eu lieu en 1718.

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