Le Journal de la Petite Place

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Petite chronique française :

Petite chronique française -

L'arrivée

La première chose qui frappe en débarquant de l'avion, ce sont les étranges véhicules roulant autour de l'aéroport. On a un peu l'impression d'être débarqué sur une autre planète ! Parce que côté voitures, il y a peu de modèles en commun entre le Québec et la France. Même les marques qu'on connaît (Ford, Honda, Nissan) ne construisent pas les mêmes modèles pour l'Europe, même si parfois ils portent le même nom ! Alors on a par exemple une Toyota bizarre qui porte le nom de Corolla, mais ça ressemble à tout sauf à une Corolla. Et les autos sont petites ! Microscopiques. Certaines ont l'air de jouets, comme la Twingo et la Smart.

La deuxième chose qui frappe une fois le nez dehors, c'est l'odeur. Eh oui, la France a une odeur ! Je la décris comme un mélange de diesel et de parfum de savon à linge. Le diesel saute au nez parce que contrairement à nous, la majorité des autos roulent au diesel en France. Forcément, dans les villes le diesel, qui sent fort, est très présent. Pour ce qui est du parfum, c'est simple : le savon à linge français n'a pas la même base parfumée que le savon qu'on utilise au Québec, donc comme c'est une odeur qu'on ne connaît pas, on la remarque plus. Les premières semaines, j'avais l'impression que ça sentait tout le temps le parfum et le diesel. Éventuellement on s'habitue et on ne sent plus rien. J'imagine que les Français ont cette même impression quand ils débarquent chez nous au début.

Donc dans les premières heures de votre arrivée en France, vous vous retrouvez dans un monde étrange où ça sent bizarre et où il y a des drôles de machins à roues qui circulent un peu partout. Va pour le dépaysement originel.

Évidemment, vous ne serez pas épargnés par d'autres agressions olfactives de mégères badigeonnées de Poison ou de Channel passé date, particulièrement au cinéma où certaines apprécient particulièrement empester les autres de leurs effluves et viennent s'asseoir juste à côté de vous. Puis, fumeurs ainsi que non-fumeurs ne seront certainement pas indifférents à l'odeur des Gitanes Maïs et autres cigarettes odorantes qui circulent partout et qui rendent doigts et dents jaunes.

C'est là que j'aborde un autre sujet : l'hygiène dentaire. Pas terrible en France. Le métier d'hygiéniste dentaire n'existe pas, donc personne pour montrer aux enfants à l'aide d'Oscar le gentil dentier comment bien se brosser les dents et se passer la soie dentaire tous les jours. Les dentistes détartrent, nettoient et bouchent les trous, mais font tout eux-mêmes, donc forcément ce n'est pas la même dynamique. Résultats, les statistiques démontrent qu'en moyenne un Français va chez le dentiste une fois aux cinq ans et change de brosse à dents aux deux ans.

En résumé, ce qui frappe le plus en arrivant en France, mis à part l'accent, ce sont les voitures, les odeurs et la couleur des dents !

Ce qui frappe ensuite, disons en arrivant en ville, c'est l'architecture mais surtout l'urbanisme. Dans les nouveaux quartiers rien de spécial mais dans les vieux quartiers, on dirait que rien n'a changé depuis l'an 1000. Comme les fils électriques, téléphoniques et de câblodistribution sont enterrés, à l'œil nu ça n'a effectivement pas beaucoup changé, ce qui donne un cachet incroyable aux villes de France.

Ce qui surprend aussi en ville, ce sont les méthodes de stationnement des voitures. À moins d'être indiqué spécifiquement sur un panneau, il est autorisé de stationner une roue ou la voiture au complet sur le trottoir ! Avec les rues étroites pas du tout pensées pour les voitures à moteur, on n'a généralement pas le choix de faire ça. Il faut dire aussi que la police n'est pas très regardante sur le stationnement, donc à moins d'être carrément dans les jambes, il est assez rare de se voir attribuer une contravention (qu'ils appellent ici " PV " pour procès-verbal d'infraction) et encore plus improbable de se voir faire remorquer ! Résultat, c'est un peu le bordel dans les rues avec les autos stationnées n'importe comment, mais c'est quelque chose qu'on ne voie plus après quelques jours, et qu'on apprécie grandement quand on peut nous même stationner n'importe comment sans se soucier des petits bonhommes verts !

Vous voilà maintenant arrivés à l'hôtel ou l'appartement où vous allez déposer vos pénates. Si vous arrivez le soir, vous allez constater qu'il n'y a pas de lumière dans l'escalier ! Le bouton rond rétro-éclairé à votre droite là, oui, juste là, appuyez dessus, magie ! Tous les corridors et escaliers en France fonctionnent avec un système de minuterie pour sauver l'énergie. La " switch " est habituellement facile à trouver et éclairée. Au bout d'une minute ou deux, les lumières s'éteignent toutes seules et voilà ! Dans les immeubles récents les détecteurs de mouvements remplacent souvent le bon vieux bouton.

Puis pour clore cette première chronique, vous n'avez pas une petite envie de pipi ? Les toilettes en France peuvent parfois surprendre, surtout quand elles sont sous forme de toilettes turques ! La toilette turque, ou toilette " à pédales ", c'est un trou dans le plancher, en fait ce n'est pas si primitif que ça, je trouve que ça ressemble à un fond de cabine de douche avec le drain au milieu, et de chaque côté du drain il y a une plate-forme où mettre les pieds pour ne pas se les mouiller. Il y a des poignées de chaque côté pour se tenir, et hop ! tout va direct dans le trou sans passer go et sans réclamer 200 dollars. Les toilettes turques sont plus communes dans le Sud, dans les restos et toilettes publiques en général. Dans les centres d'achats, souvent on a le choix, il y a la moitié des cabines en toilettes " normales " et l'autre moitié en toilettes turques. Dans les toilettes publiques toujours, souvent sur les toilettes " normales " il n'y a pas de banc pour s'asseoir (ça je vous avoue que ça me dépasse), donc on doit de toute façon se suspendre au-dessus, tant qu'à faire je préfère une toilette turque.

À bientôt pour la suite de mes délires français !

Décembre 2002


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