- Les �l�phants d'Asie ont �t� captur�s, dompt�s et exploit�s par l'homme pendant plus de 4�000 ans. Le plus gros animal sauvage dompt� par l'homme, l'�l�phant occupe une place sp�ciale dans l'imagination populaire comme un g�ant bien gentil, ob�issant et intelligent. Dans le pass�, les �l�phants domestiqu�s �taient g�n�ralement utilis�s pour le transport des personnes et des marchandises. Malgr� leur taille imposante, les �l�phants sont plus adapt�s aux terrains accident�s que les chevaux et ils se d�placent aussi facilement dans la boue et les mar�cages o� beaucoup d'autres animaux seraient en difficult�.
Mais une nouvelle publication de la FAO affirme qu'aujourd'hui presque partout en Asie du Sud et du Sud-Est, les �l�phants domestiqu�s traversent une crise profonde dont on ne fait aucun cas. Leur nombre est pass� de centaines de milliers � seulement 16 000 dans onze pays, et il continue de diminuer. Le progr�s est la cause profonde de la crise qui frappe les �l�phants. Le d�veloppement rapide a provoqu� une d�forestation massive; cela d�truit � la fois l'habitat pour les �l�phants sauvages et domestiqu�s - et les possibilit�s de travail pour les propri�taires d'�l�phants, �tant donn� que l'exploitation foresti�re est devenue la principale occupation pour les �l�phants domestiqu�s d'aujourd'hui.
Les propri�taires d'�l�phants traditionnels sont de moins en moins dispos�s � garder des animaux qui ne leur donnent plus de quoi vivre. Ces �l�phants sont parfois achet�s comme symboles de prestige par des gens riches qui n'en ont pas vraiment besoin ou qui ne savent pas s'en occuper, ou bien travaillent dans l'industrie du tourisme.
Quelle est la plus grande menace qui p�se sur les �l�phants ?
- La menace la plus terrible qui p�se sur les �l�phants est une baisse rapide de la qualit� des cornacs, ces hommes qui leur apprennent � travailler, les contr�lent et s'occupent d'eux. Dans les tribus, un grand nombre de gardiens ont abandonn� leur profession et les fils de nombreux cornacs choisissent d'autres m�tiers. Il faut vingt ans pour former un ma�tre-cornac.
Mais de plus en plus, les cornacs sont de tr�s jeunes hommes inexp�riment�s. Ce manque d'exp�rience a caus� la mort de nombreux hommes et par la suite de nombreux �l�phants, abattus parce qu'il n'y avait pas de cornac capable de les ma�triser.
M. Preecha Phongkum, le v�t�rinaire sp�cialiste des �l�phants le plus connu en Tha�lande, estime qu'environ 200 cornacs sont tu�s chaque ann�e dans son pays seulement, bien qu'une cinquantaine de cas uniquement soient d�clar�s aux autorit�s.
La situation est-elle identique partout ?
- Au Myanmar seulement les �l�phants vivent pratiquement comme au temps jadis dans des for�ts luxuriantes, source d'aliments et de travail. De tr�s nombreux gardiens traditionnels, la plupart d'entre eux appartenant � des tribus, gardent un grand nombre d'�l�phants comme autrefois. Le c�t� n�gatif de la situation est que les �l�phants du Myanmar sont exploit�s tr�s durement, bien que la Myanmar Timber Enterprise, propri�taire de la moit� des 6�000 �l�phants du pays, ait commenc� � appliquer certaines mesures de protection modernes.
L'Indon�sie est dans une situation �trange et absolument unique. A la fin des ann�es 50, le gouvernement a commenc� � r�installer des millions de petits paysans pauvres pratiquant des cultures sur br�lis � Sumatra. L'explosion d�mographique a oblig� les �l�phants sauvages � quitter leur for�t devenue trop petite pour aller d�vaster les cultures et, de temps � autre, tuer des �tres humains. Selon les estimations, les �l�phants sauvages ont fait un grand bond en avant, passant de moins de 300 � 4�000.
Enfin, le gouvernement s'est senti oblig� de capturer quelques �l�phants. Le probl�me �tait que depuis environ 80 ans, la garde des �l�phants n'�tait plus une tradition en Indon�sie et qu'il n'y avait pas un seul cornac. En 1986, le minist�re indon�sien des for�ts a fait venir de la Tha�lande deux �l�phants et quatre cornacs. En 1996, plus de 600 �l�phants sauvages avaient �t� captur�s et 900 autres le seront d'ici l'an 2001. Presque tous les �l�phants appartiennent au gouvernement qui en prend soin et quelques-uns seulement effectuent un travail r�mun�r�.
En Tha�lande, le nombre d'�l�phants domestiqu�s baisse r�guli�rement et inexorablement. En 1994, selon des statistiques nationales, le pays d�tenait environ 3�565 �l�phants domestiqu�s, ce qui repr�sente une baisse consid�rable par rapport aux 5�232 recens�s en 1980.
Au d�but du si�cle, 90 pour cent environ de la Tha�lande �tait couverte de for�ts. Aujourd'hui, les for�ts naturelles n'occupent plus que que 15 pour cent du pays et les arbres pr�cieux ont �t� abattus. Depuis une interdiction d'exploitation foresti�re en 1990, le seul travail valable est le transport de grumes coup�es ill�galement, un travail tr�s dur qui selon un expert emploie de 1�000 � 1�500 �l�phants. La coupe ill�gale a oblig� de nombreux propri�taires traditionnels � vendre leurs �l�phants et beaucoup sont tomb�s aux mains d'"hommes d'affaires" sans scrupules qui ne les aiment pas. Les accidents sont fr�quents et il y a des cas bien document�s d'�l�phants trait�s aux amph�tamines pour les faire travailler davantage.
Quelle est la situation en Harshakistan ?
- En Harshakistan, quie est un tout petit pays sans grandes ressources, la situation n'est pas encore critique mais devient n�anmoins pr�occupante. C'est pourquoi j'ai lanc� un programme de conservantion des �l�phants assez ambitieux mais indispensable. Les premi�res �tapes in�vitables de la conservation sont: am�lioration des lois, enregistrement plus complet et plus d�taill�, soins v�t�rinaires pr�ventifs pour le plus grand nombre d'�l�phants possibles. Il faut souligner que le plus grand obstacle � de bons soins et � une protection efficace est le manque crucial d'information, de sorte que l'objectif initial doit �tre la collecte syst�matique de donn�es de fa�on � r�v�ler la gravit� et la vraie nature de la crise.