Harcèlement moral:
Remake des "Dix Petits Nègres":
enquête sur les facteurs de mortalité et de
morbidité en milieu hospitalier et
propositions pour en sortir
(liens actualisés : 20/09/05)
Psyber café : http://groups.yahoo.com/group/psybercafe/
Harcèlement Professionnel : http://fr.groups.yahoo.com/group/harcelement_professionnel/
Cette histoire rappelle celle des "Les
Dix Petits Nègres" d'Agatha Cristie, sauf qu'il
ne s'agit pas d'un roman mais qu'elle se situe dans la vie réelle. Elle n'a pas
pour décor un lieu de vacances mais le centre psychothérapique d'un petit
hôpital public de province. Ses acteurs ne sont pas des statuettes ni des
invités, mais des soignants. Ils ne sont pas dix, mais quinze. (octobre 2003).
Il y a des morts, mais , comme dans le livre, à priori
pas d'assassin.
Entre 1981 et 2003 Annie B, infirmière, a
été retrouvée pendue chez elle. Puis Pascal D., infirmier, est mort d'une
overdose de médicaments. Marc C , infirmier, s'est
ensuite jeté sous un camion, Serge T, médecin, est mort également d'une
overdose de médicaments, ainsi que Jean-Pierre et Renée E., un couple
d'infirmiers. Jean-Jacques C, infirmier, s'est tué dans un accident de
deltaplane, Ariel G, psychologue, a été retrouvée morte chez elle (cause
inconnue). Emilie B, infirmière, est morte d'une leucémie, Thierry B,
infirmier, du sida, Roger T , surveillant, d'une
pancréatite aiguë foudroyante, Bernard L, médecin, soigné pour un cancer depuis
plusieurs années, d'une embolie, Nanou C, infirmière,
d'une tumeur au cerveau, Marie-Claude D, infirmière (2002), d'un cancer ainsi
qu'Alain B, infirmier et mari d'Emilie (2003).
Sans compter les gens actuellement vivants
ayant été soignées pour des cancers (une infirmière, une surveillante, un
médecin) et pour dépression encore en fonction, (6 infirmiers, 1 surveillant)
sur un effectif d'une centaine d'infirmiers.
Le médecin du travail qui suivait cette hôpital et connaissait bien le personnel dont elle
était appréciée, a fait ce qu'elle a pu dans le cadre de ses fonctions, puis a
fini par démissionner il y a deux ans. Elle vient juste d'être remplacée.
J'ai travaillé moi-même comme infirmière
dans ce centre dont je suis partie en 1991 après quinze années de bons et
loyaux services, confrontée à l'incapacité d'effectuer le travail pour lequel
j'avais été formée et pour lequel j'étais rétribuée. (voir
Le Carrefour des Impasses).
Sur la base des données dont je disposais,
j'avais tiré la conclusion que nous étions prisonniers d'un système de
contrôle. Durant plusieurs années j'avais tenté d'influer sur la situation de
l'intérieur, en mettant sur pied, à la demande de mon médecin chef et du
directeur d'alors, des conditions de soins vivables, qui s'étaient révélées
efficaces et avaient été bien accueillies des patients, mais m'avaient valu les
foudres de ma hiérarchie trois ans plus tard, ces mêmes résultats ayant été
considérés comme "remettant en cause toute l'institution". Confrontée
à une incompatibilité entre le bien-être des patients et la structure de
l'administration auxquels ils étaient confiés, j'avais dans un deuxième temps
utilisé le terrain pour étudier de l'intérieur un système de contrôle et y
expérimenter in vivo un ensemble de stratégies permettant d'y insérer des
portes de sortie non prévues par ce système. Puis ma présence dans
l'établissement n'ayant plus lieu d'être, j'ai démissionné.
L'attitude du public sur les professionnels
de psychiatrie repose sur quelques idées préconçues selon lesquelles le contact
avec la folie serait moralement éprouvant et entraînerait une fragilité
psychique. Ce taux de mortalité, qui éveillerait des interrogations dans un
autre milieu, est imputé aux individus eux-mêmes, à une fragilité inhérente à
leur nature, et considéré comme "normal", ce qui permet d'éviter
toute réflexion sur cette hécatombe.
Or depuis un certain nombre d'années, on
assiste au même phénomène dans d'autres services publics, particulièrement au
sein des forces de l'ordre, qui n'ont pas du tout la même image.
Alfred Korzybski :
"Un homme est un tout psycho-somatique dans son
milieu qui le pénètre et auquel il réagit."
A ce point il me semble important d'examiner
le contexte dans lequel se situent ces morts : qu'en est-il aujourd'hui en
octobre 2003 ? En raison du manque de personnel, la situation est devenue
ingérable et un syndicat vient de publier le texte suivant:
|
SOINS
PSYCHIATRIQUES EN
DANGER AU SECTEUR IV Aujourd'hui le secteur de psychiatrie
adulte de T. n'a plus les moyens humains de prendre en charge, comme il se
doit, les patients, aussi bien en intra-hospitalier,
qu'en extra hospitalier. La non-gestion
par notre administration des absences du personnel infirmier (départ à la
retraite, maladie, congé maternité, accident ...) entraîne depuis un mois
l'arrêt presque complet des soins spécifiques au secteur Psy. Notre direction ne nous propose que le
remplacement de trois postes sur les 13 manquant, évoquant les difficultés
financières de notre établissement, dont en aucun cas la psychiatrie est
responsable. Mais les démarches de recrutement n'ont
débuté que cette semaine sous la pression de notre syndicat et du personnel.
cette situation est intolérable pour les soignants, les patients et leurs
familles. Le personnel malgré sa bonne volonté ne peut plus assurer que le minimum, mais en aucun cas l'ensemble des soins que les patients sont en droit d'attendre. La psychiatrie subit de plein fouet les restrictions budgétaires des hôpitaux, et on est en droit de se demander si cela n'est pas une volonté délibérée de la faire disparaître. |
Née dans les années soixante-dix, la psychiatrie
locale faisait, à l'ouverture du centre psychothérapique en 1973, figure
d'avant-gardiste : services ouverts, pas de chambre de contention, un personnel
satisfaisant, et des élèves non inclus dans les effectifs. Cette situation
était due aux deux médecins chefs responsables chacun d'un secteur, qui
travaillaient en bonne entente et avaient à cœur de mettre sur pied une
pratique respectueuse des patients. (voir à ce sujet Hommage au Docteur Bernard L. )
Dans les années quatre vingt, la fermeture
des centres de formation puis la réduction des lits (de 25 à 20 par unité) ont
entraîné des réductions d'effectifs qui n'ont fait qu'augmenter. Le mandat de
Jacques Ralite permit des avancees
: le personnel avait carte blanche pour monter des projets, les > directeurs
d'hopitaux (en tout cas celui que j'avais a l'epoque) n'etaient pas seulement
des administratifs, mais encourageaient les objectifs soignants et donnaient
les moyens materiels de les realiser,
et
la "voie hierarchique" etait
inexistante (voir le groupe B 23
qui s'est monte dans ce contexte).
Avec l'apparition du "dossier de
soin" censé faciliter la prise en charge des patients, les infirmiers se
sont retrouvés avec une masse de paperasserie quotidienne à remplir :
annotation sur les dossiers de soins en plus des transmissions journalières des
cahiers de rapport, censées être utilisées à des fins de sacro-saintes
statistiques.
Les changements structurels survenus dans la
profession (ouverture d'écoles de cadre pour les surveillants) ont entraîné un
changement dans les relations internes au personnel : de soignants qu'ils
étaient auparavant, les surveillants se sont transformés en administratifs et
en professionnels de l'autorité.
Privés du personnel pour les faire
fonctionner, les services d'activités (restaurant, cafétéria, ateliers divers,
appartements thérapeutiques, etc.) ont disparu.
Alors qu'auparavant la fonction de la
psychiatrie consistait à répondre aux besoins des hospitalisés, elle s'est un
beau jours complètement déconnectée de ceux-ci, sa nouvelle fonction consistant
à faire des économies. Les patients et le personnels sont devenus de simples
objets de ce mode de gestion, et ceux faisant fonction de grains dans la
machine ont été mis de côté: piratage du travail, harcèlement moral, contrôles
disciplinaires accrus : tous les trois mois chaque infirmier doit subir une "évaluation"
(voir l'enregistrement de l'une d'elle Evaluation
datant de 1990 ) : il est reçu pendant une heure par un surveillant et le
surveillant chef, une note lui est attribuée ainsi qu'une annotation, censée le
maintenir toujours sous pression, sous la menace de sanctions diverses, et au
pire, d'une mutation.
Parallèlement, pour dissuader les gens de
partir, ont été mises en place un ensemble de restrictions à l'exercice du
métier (voir l'article Pénurie d'infirmières: un phénomène planifié sur le long terme ).
Alors qu'auparavant les différents échelons
de la hiérarchie travaillaient ensemble sur la base des mêmes objectifs
soignants, sous l'impulsion du médecin-chef, celui-ci a été assujetti aux
administratifs, et départi de son pouvoir de décision quant à la nature des
soins prescrits, ceux-ci devant d'abord passer par le filtre de
l'administration avant d'être acceptés, toujours sur la base d'objectifs
comptables. Il n'a plus non plus droit de regard sur le personnel infirmier qui
dépend à présent des seuls administratifs.
Parallèlement est insufflée par les écoles
de cadres une idéologie corporatiste opposant le pouvoir infirmier au pouvoir
médical, destinée à désolidariser les différents membres des équipes
soignantes.
L'hôpital est devenu un affrontement
d'objectifs devenus antagonistes : d'une part l'objectif soignant, et d'autre
part l'objectif économique, ce dernier ayant tout pouvoir sur le premier.
Ce processus ne s'est pas limité à cet
hôpital : il est responsable de l'hémorragie du personnel infirmier.
Les surveillants qui ne se sont pas coulés
dans le moule de l'école des cadres se sont vus mis à l'écart, sanctionnés, et
soumis au même harcèlement moral que les infirmiers jusqu'à ce qu'ils se
retrouvent en longue maladie ou changent de voie professionnelle.
Nous en sommes ainsi arrivés à cet état de
fait incroyable qu'une partie du personnel, l'administratif, est sciemment
payée pour détruire l'autre, le soignant, ceci à grand frais d'années de
formations onéreuses, de centaines d'heures passées en réunions, en évaluation
et entretiens disciplinaires, d'arrêts maladie qui n'auraient jamais eu lieu
hors de ce contexte, et qui viennent ajouter au déficit de la sécurité sociale.
Sans compter également les conséquences sur le plan social, où des patients qui
auraient autrefois bénéficié d'une prise en charge psychologique digne de ce
nom se voient renvoyés dans leur milieu au bout de quelques jours par faute de
manque de lits d'hospitalisation, sans que les conditions de vie qui les
avaient amenés en psychiatrie aient changé d'un iota.
Bien évidemment, l'augmentation de personnel
administratif a été proportionnelle à la baisse des effectifs soignants. Ce
nouveau système, qui est en fait ruineux, permet de douter de l'objectif avancé
pour le justifier, les sources d'économies. S'il permet effectivement
d'économiser à court terme, il se solde par des dégâts humains et sociaux
considérables.
Harcèlement moral :
Le phénomène a acquis une telle ampleur que
la médecine du travail lui consacre maintenant des dossiers spécifiques. Les
pathologies qu'il engendre, meurtrières, viennent s'ajouter aux maladies
professionnelles déjà existantes.
Voici un document édifiant trouvé dans la documentation destinée aux médecins du travail sur internet : http://perso.wanadoo.fr/christian.crouzet/smpmp/images-SMT/circul-du-A4.pdf
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Eléments d'orientation pour
la consultation liée à un HARCELEMENT moral S E R V I C E d e P A T H O
L O G I E P R O F E S S I O N N
E L L E Cette trame comprend un descriptif
schématique des techniques de harcèlement et du tableau clinique des victimes
psychiques. 1 Techniques de harcèlement
: isoler, humilier, maîtriser, punir,
disqualifier : Techniques relationnelles : la relation de pouvoir - tutoyer sans réciprocité, - couper la parole, - niveau verbal élevé et menaçant, - absence de savoir-faire social (ni
bonjour, ni au revoir, ni merci), - critiques systématiques du travail ou du
physique, - injures publiques, sexistes, racistes, - absence de communication verbale (post-it, note de service), - siffler le salarié, - regarder avec mépris, - bousculer,
Techniques d"isolement du salarié : la désaffiliation du groupe d'appartenance - séparation du collectif de travail par
changement d'horaires de table, - omission d'information sur les réunions, - injonction aux autres salariés de ne
plus communiquer avec la personne désignée, Techniques persécutives
: la surveillance des faits et gestes - contrôle des communications
téléphoniques par ampli ou écoute, - vérification des tiroirs, casiers,
poubelles, sacs à main du salarié, - contrôle de la durée des pauses, des
absences, - contrôle des conversations et des
relations avec les collègues, - obligation de laisser la porte ouverte
" pour que je vous vois ", - enregistrement, notations sur un cahier. Techniques d'attaque du geste de
travail : les injonctions paradoxales : la perte du
sens du travail - faire refaire une tâche déjà fait, - travailler par terre, - brosser le sol avec une brosse à dents, - corriger des fautes inexistantes, - définir une procédure d'exécution de la
tâche et une fois qu'elle est exécutée, contester la procédure, - déchirer un rapport qui vient d'être
tapé car devenu inutile, - exiger de coller les timbres à 4 mm du
bord de l'enveloppe en s'aidant d'une règle, - donner des consignes confuses et
contradictoires qui rendent le travail infaisable et qui poussent à la faute, - faire venir le salarié et ne pas lui
donner de travail sans local d'attente. Techniques d'attaque du geste de
travail : la déqualification du poste : la mise en scène
de la disparition - supprimer des tâches définies dans le
contrat de travail ou le poste de travail et notamment des tâches de
responsabilités pour les confier à un autre sans avertir le salarié, - privation de bureau, de téléphone, de
PC, - armoire vidée, - faire faire des shampoings à une
coiffeuse, - enlever le dispatching des patients à
une surveillante d'étage, - faire faire des sandwiches à un chef de
station service. Techniques d'attaque du geste de
travail : la surcharge du poste de travail : la rédition émotionnelle par hyperactivité - fixer des objectifs irréalistes et
irréalisables entretenant une situation d'échec, un épuisement professionnel
et des critiques systématiques, - déposer les dossiers urgents 5 minutes
avant le départ du salarié. Techniques punitives : mettre le salarié en situation de justification - notes de service systématiques hors
dialogue pour tout événement (jusqu'à plusieurs par jour), - utilisation de lettre recommandée avec
AR, - avertissements montés de toutes pièces, - heures supplémentaires non payées, - indemnités d'arrêt de maladie non
payées, - vacances non accordées au dernier
moment, - horaires de table incohérents. 2 - Tableau clinique des victimes
de harcèlement moral 1. Première phase d'alerte dite de
"tenir" - asthénie globale, ennui, - repli social, - silence injustifié, - hypervigilance
défensive, - anxiété latente ou manifeste, - troubles du sommeil, - augmentation de la prise de psychotropes,
d'alcool. 2. Deuxième phase dite de
décompensation : en 2 temps Premier temps : tableau clinique
superposable à l'état de stress post traumatique : (le sujet a été exposé à un ou des
évènements traumatiques dans lequel il a vécu une menace pour son intégrité
physique et/ou psychique avec réaction de peur ou d'impuissance). - souvenirs répétitifs des scènes
violentes, d'humiliation provoquant un sentiment de détresse et comprenant
des images, des pensées, des perceptions, - angoisse, détresse psychique, déclenchées
par une perception évoquant ou ressemblant à un aspect des scènes
traumatiques, - affects de peur ou de terreur sur le
chemin du travail, état de qui-vive (hypervigilance
anxieuse), - anxiété paroxystique ou diffuse et
permanente avec manifestations physiques : tachycardie, tremblements, sueurs,
boule oesophagienne - rêves répétitifs des scènes
traumatisantes, cauchemars intrusifs, - réveils en sueurs, - insomnie réactionnelle, - affects dépressifs, - désarroi identitaire, perte des repères
moraux (le bien et le mal, le vrai et le faux, le juste et l'injuste), - sentiment de culpabilité, position
défensive de justification, - perte de l'estime de soi, sentiment de
dévalorisation, de perte des compétences, d'échec, - restriction de la vie sociale et
affective (diminution des intérêts, détachement), - pleurs fréquents, - répression de l'agressivité
réactionnelle, - troubles cognitifs : attention,
concentration, mémoire, logique, - atteintes somatiques : perte ou prise de
poids, décompensation psychosomatique progressive, de gravité croissante, - raptus suicidaire. Deuxième temps : décompensation structurelle - dépression grave, - bouffée délirante aiguë, - paranoïa, - décompensation psychosomatique, - conduites de dépendance (alcool,
psychotropes, trouble des conduites alimentaires...). Article L.122-49 : Aucun salarié ne doit subir les agissements
répétés de harcèlement
moral qui ont pour objet ou
pour effet une dégradation
des conditions de travail susceptible
: • de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, • d'altérer sa santé physique ou mentale ou • de compromettre son avenir professionnel.... |
Ce document permet de constater que les
médecins du travail se trouvent ici face à une stratégie de destruction des individus.
Le but ici n'est pas de faire des économies, il est d'arriver aux conséquences
de ces stratégies diffusées par les écoles de cadre, conséquences décrites et
parfaitement connues, qui reviennent à éliminer les gens purement et
simplement, en les mettant devant l'alternative suivante : mourir ou partir. Ce
dont il est question ici est d'extermination invisible.
Parallèlement, les recours des intéressés
face à ces agressions psychiques, qui sont en théorie illégales, représentent
un parcours du combattant : en cas de harcèlement moral, le harcelé doit
obtenir le consentement de la direction de l'établissement pour poursuivre le
harceleur, ce qui est absurde, puisque ce dernier agit avec le cautionnement de
la direction :"La procédure pénale peut être engagée si, en
application de l'article 11, alinéa 3 du titre Ier du
statut général des fonctionnaires, l'administration dépose plainte contre
l'auteur du harcèlement, aux côtés de la victime, en invoquant le nouvel
article 222-33-2 du code pénal. Pour ce faire, le Directeur, représentant légal
de l'établissement, doit être autorisé à ester en justice par le Conseil
d'administration (art. L. 6143-1, 16° du code de la santé publique).
En cas de dépôt de plainte par la victime,
l'administration pourra s'y associer et devra prendre à sa charge le
remboursement des honoraires et des frais de procédure. Pour ce faire, elle
devra néanmoins avoir donné son accord préalable pour l'engagement des
poursuites pénale" (Philippe Jean pour l'ANMTEH )
Quant aux syndicats, leurs représentant sont
la plupart du temps les surveillants qui sanctionnent le personnel.
Tout est conçu pour que ce qui est au niveau
légal interdit soit permis, officialisé et non réprimé
dans les faits. Il existe une règle, mais elle est truquée, une législation,
mais elle est faite pour être détournée.
Autre documentation sur le même thème qui contiennent des informations sur les textes législatifs et
des conseils utiles :
HARCELEMENT MORAL : Docteur Hélène Montera- 06/02
http://perso.wanadoo.fr/sudptt18/archives/harcelementmoral.htm#sommaire
Prud'hommes : http://prudhommesisere.free.fr/prudhommes/harcelement/harcelerprevenirreprimer.html
Harcèlement moral : http://harcelement-professionnel.chez.tiscali.fr/definition.html
Récapitulatif des textes nouveaux ou modifiés par la loi de modernisation sociale http://www.chez.com/b105/lois/hm/Harcelement%20moral.htm
Conseils pour les fonctionnaires harcelés : http://www.rhmt.net/conseils.htm (très bon site)
Questions :
1. Comment des gens qui traitent ainsi le personnel
peuvent-ils se prétendre aptes à prendre des décisions en matière de santé
publique et se voir confier la responsabilité de la vie des citoyens ? Les
conséquences sur les patients sont dramatiques: impossible à un personnel
épuisé physiquement et psychiquement, contraint de courir sans arrêt, de
travailler de façon "thérapeutique": elles engendrent des
maltraitances qui n'auraient pas lieu dans un autre contexte et banalisent le
mépris de la personne humaine. Les exécutants de ce système, à savoir les
surveillants, constatent ces conséquences dans la mesure où ils y sont
confrontés en permanence. Ils ne peuvent prétendre les ignorer, dire qu'ils ne
savaient pas.
2. Comment se fait-il que ces agents
puissent non seulement cautionner ce système, mais y participer en pleine
connaissance de cause ?
Les critères de travail qui avaient cours
autrefois : l'esprit du service public, les respect de la personne humaine, les
devoirs des soignants, ont disparu. Non seulement ils n'ont plus voie de cité, mais quand ils sont énoncés, ils font figure de
blasphème et sont considérés comme subversifs !
Conséquences :
Contrairement à un discours abstrait qui
divise la population entre "malades" d'un coté et "bien
portants" de l'autre, comme si ces termes appartenaient à l'identité des
gens, dans les faits, la plupart des "bien portants" ont affaire de
temps à autres à l'hôpital (consultations, soins externes, hospitalisation
courtes), et subissent également les préjudices de la dégradation. De même que
la plupart des "malades" ne le sont que de façon transitoire.
Cette division sémantique artificielle de la
population en deux catégories différentes est absurde et coupée de la réalité.
Ce discours officiel est censé accréditer l'idée qu'il y aurait des
"spécialistes" qui seraient seuls habilités à décider pour "les
malades", engendrant l'infantilisation de ces derniers, leur refusant tout
droit de regard sur leur santé.
D'où la multiplication des procès en
justices intentés ces dernières années aux établissements de soins par les
usagers. La profession réagit en prétendant un manque de tolérance du public,
alors qu'il est dû en fait à la multiplication des fautes professionnelles et
des accidents inhérents à ce système de gestion.
Au delà du milieu médical, la même stratégie
est appliquée dans l'ensemble du monde du travail, d'où le fait que le
harcèlement moral est devenu un fléau national et représente aujourd'hui un
pourcentage important des causes de consultation en psychiatrie.
A travers ce système, c'est non seulement le
droit du travail qui est bafoué, mais la notion de citoyenneté elle-même qui
disparaît. C'est la fin de l'état de droit, la généralisation de la dictature,
non pas au travers un changement politique issue de la volonté du peuple, ni
par un coup d'état visible, mais imposée sournoisement par une minorité d'administratifs,
sans concertation des citoyens ni des instances médicales, à leur insu,
s'exerçant à leur détriment, et dans lequel les instances légitimes se
retrouvent dépossédés de tout pouvoir de décision et mis devant le fait
accompli.
Idéologies qui sous-tendent
cette stratégie:
De l'observation de ces faits à l'hôpital au quotidien est sorti un livre : "Des systèmes de contrôle: techniques de contrôle et stratégies de non-contrôle"
J'ai adopté à l'égard du phénomène
l'attitude d'un biologiste dans son laboratoire étudiant les agents
étiologiques d'une maladie, et cherchant des traitements.
Aujourd'hui, deux idéologies me semblent
s'en rapprocher le plus :
La voie d'infiltration par le biais duquel
cette stratégie de destruction a été généralisée sont les centres de formations
des écoles de cadre, de management d'entreprise, qui ont généralisé des
méthodes de gestion fondées sur l'escroquerie institutionnalisée, permettant
aux gens qui en tirent les ficelles et en connaissent les règles de déposséder
le vulgus pecum à son insu
par le biais de méthodes mafieuses.
Le phénomène n'est pas seulement français :
il est mondial et s'est diffusé avec le phénomène économique de la
mondialisation impulsé par les Etats Unis. Ce n'est pas seulement
l'administration française qui est en cause, mais la généralisation planétaire
de cette idéologie par le biais de l'économie, elle même fondée sur le postulat
de la valeur absolue de l'argent et l'infériorisation de la valeur humaine.
Elle touche tous les pays, y compris les Etats-Unis et leurs citoyens.
A ce niveau, ce à quoi nous avons affaire
est un système anti-humain global dans le cadre d'une guerre idéologique.
Historique des écoles de cadre :
Pour ne parler que de la France, il est
édifiant de considérer l'historique des écoles de cadre apparues dans les
années quatre-vingt.
Décret n° 80-172 du 25 février 1980 portant statut des personnels
d'encadrement et de surveillance des écoles de cadres et des écoles et
centres préparant aux professions paramédicales relevant des établissements
d'hospitalisation publics
Article 12 Les adjoints et adjointes d'internat sont
chargés, sous l'autorité du directeur et du directeur technique de l'école,
de veiller au maintien de l'ordre et de la discipline. Article 13 Les adjoints et adjointes d'internat sont
recrutés : 1° Par concours sur épreuves ouverts aux
candidats titulaires du brevet d'études du premier cycle du second degré ou
d'un diplôme équivalent ou qui justifient du passage en second cycle du
second degré et âgés de vingt-cinq ans au moins et de quarante-cinq ans au
plus au 1er janvier de l'année du concours ; 2° Après examen professionnel ouvert aux agents
titulaires des établissements hospitaliers publics âgés de quarante-cinq ans
au plus au 1er janvier de l'année de l'examen et ayant accompli au moins cinq
ans de services effectifs dans ces établissements. Ces limites d'âge peuvent être reculées
dans les conditions prévues à l'article 2 du décret n° 68-132 du 9 février
1968. Ces concours ou examens sont organisés dans chaque établissement selon les modalités déterminées par arrêté du ministre chargé de la santé. |
Dans le passé, les écoles de cadre avaient
été créées en 1943 par le maréchal Pétain :
|
Archives de l'Institut National
Audiovisuel : Le Maréchal en visite - France
(Journal du 20 Août 1943: Séquence 1) L'École des cadres
civiques de Mayet-de-Montagne reçoit le Maréchal -
25" ] Le gouvernement, considérant que la défaite résulte du manque de véritables chefs, veut également réformer l'éducation des élites. Des écoles de cadres sont crées en conséquence. On y forme les futurs dirigeants par un entraînement physique, une formation politique, morale et civique qui doit développer chez eux les qualités de chefs. Dès mars 41, on compte 60 écoles de cadres dont la moitié sous l'égide du secrétariat général à la jeunesse. Toutes ne sont pas rattachées à la cause de la "révolution nationale". Ainsi, l'école des cadres d'Uriage passe à la résistance en novembre 42. L'école des cadres de Mayet-de-Montagne fut créée en octobre 1941 par Marion, secrétaire chargé de l'information et de la propagande. Elle a pour fonction de former des propagandistes de Vichy. Certaines catégories sociales, comme les instituteurs, les chefs de cabinet de préfets, les syndicalistes ouvriers ou les officiers de l'armée d'armistice, ont des stages réservés. On disait à l'époque que l'atmosphère y régnant "prônait la lutte des classes, qu'elle était antipatronale, ultra-collaborationniste, opposée à la légion des combattants et à l'Angleterre, violemment hostile au Gaullisme, acquise aux idées nazies ..." |
Assez étrangement, on constate entre les
deux époques les similarités suivantes :
Selon les documents traitant du harcèlement
moral, la sphère dans lequel il serait le plus exacerbé est l'administration.
Ceci expliquant cela, on comprend mieux
comment on en est arrivé là. Il est néanmoins navrant que l'équipe au pouvoir
qui a appliqué un tel système ait été celle qui se prétendait la plus
représentative du peuple, et qui disposait de la confiance de celui-ci. S'il
avait été instauré par un vulgaire Le Pen, cela
n'aurait étonné personne; cela aurait été dans le cours des choses. Or mis en
place par les libéraux et appliqué par la gauche, il est du à ceux qui se
présentaient comme les défenseurs de l'Etat de droit et de la démocratie.
Or cette stratégie de déshumanisation est
parfaitement inconstitutionnelle, comme le rappelle Philippe Jean :
|
"les obligations déontologiques stipulées notamment par les articles 2 du code de déontologie médicale et des règles professionnelles infirmières (il doit exister des dispositions équivalentes dans les codes de déontologie des sages-femmes, des masseurskinésithérapeutes) et imposant l'exercice de la profession dans le respect de la dignité de la personne humaine ; ce principe général du droit a une valeur constitutionnelle, étant inséré en 1946 (Aux lendemains de la Victoire remportée par les Peuples des Nations Unies contre le Nazisme et le Fascisme) dans le préambule de la Constitution de la IVème République, maintenu en vigueur par le Préambule de la Constitution du 5 octobre 1958. (voir A propos du harcèlement moral en milieu hospitalier De la complexité à le définir ... ... à la difficulté à le réparer par Philippe JEAN pour l'ANMTEH p. 3 ) |
Elle est également en complète contradiction
avec les principes du Comité
Médical Consultatif d'Ethique qui
reposent sur le respect absolu de la personne et de la connaissance et qui vise
à résoudre des problèmes que la science n'est pas parvenue à résoudre
antérieurement.
En d'autres termes, elle est parfaitement illégale
et proprement inacceptable.
Dans ce contexte, le procès de Maurice Papon
fait figure de mascarade destinée à condamner le régime de Vichy pour
accréditer l'idée que ses méthodes seraient révolues afin de les réactualiser.
Cela ne signifie pas pour autant que le
régime sous lequel nous vivons soit similaire à celui de Vichy, ce que je me
garderais de dire car cela ne correspond pas aux faits à mon sens. Cela
signifie seulement qu'il y a une similarité de structure dans les mécanismes de
pensée de l'administration entre les deux époques, mécanismes bien antérieurs
au XX° siècle et sans rapport avec le nazisme, mais avec son origine, qui date
de en réalité de Philippe le Bel (XIII°-XIV° siècles), père d'une
"administration moderne" qui est en réalité moyenâgeuse. Mais ceci
est une autre histoire.
Comment en sortir :
Contrairement à
l'idée accréditée par cette idéologie, les portes de sortie existent.
J'ai décrit dans
le livre sur les systèmes de contrôle les stratégies de non-contrôle que j'avais personnellement expérimentées, et je
peux dire aujourd'hui avec le recul qu'elles se sont avérées efficaces, et
m'ont préservée des conséquences dramatiques dont mes collègues ont souffert.
Non seulement ce
contexte destructeur ne m'a pas détruit, mais c'est avec une jubilation
certaine que je l'ai utilisé comme objet d'expérimentation.
Les stratégies
utilisées sont valables pour tous les systèmes de contrôle et applicable par
n'importe qui. Elles demandent peu de moyens mais nécessitent toutefois un
changement d'attitude mentale et un travail personnel.
Personnellement,
je n'ai jamais regretté mon départ de psychiatrie, en dépit des préjudices
financiers qui en ont découlé, car j'ai perdu en partant tous les avantages
acquis de mes quinze années de travail dans l'administration. Mais il n'est pas
possible d'avoir le beurre et l'argent du beurre: ma santé et ma liberté de
pensée n'ont pas de prix, et même si mes revenus sont minimums, j'ai le temps
et je me donnent les moyens de faire des choses qui me passionnent, même si
elles ne me rapportent pas d'argent.
Il importe en de
telles circonstances de faire la part des choses : en aucun cas un avantage
acquis ni un travail ne justifient la perte de sa santé, de sa dignité, ou de
sa vie. A plus forte raison s'il est éreintant physiquement et moralement, mal
payé, et s'il sert à enrichir des gens qui vivent sur le dos de ceux qui le
réalisent. Quel intérêt de jouer un jeu truqué à la
base, mis en place par des gens pervers et sans scrupule, dont l'issue est
prévisible et inéluctable, et dans lequel soignants et soignés sont de toutes
façon les dindons de la farce ? C'est ce qui s'appelle prendre les gens pour
des imbéciles, ou je ne m'y connais pas.
Pour les gens
harcelés au travail et les pathologies engendrées par le milieu, il convient
d'être clair : les troubles dont ils souffrent ne sont pas liés à des
étiologies inhérentes à eux-mêmes, ni à leur structure de personnalité, ni à
des traumatismes infantiles : ils sont sciemment créés de toute pièce par le
milieu ambiant, qui est éminemment pathogène. En conséquence il n'est pas honnête
de faire croire aux gens que leurs troubles sont d'origine endogène et de les
pousser à les soigner tout en les maintenant dans de telles conditions: la
solution la plus saine consiste à sortir de ce milieu.
Le principe
consiste à imposer aux gens des conditions de vie invivables en leur faisant
croire que la souffrance qu'ils éprouvent est due à leur structure de
personnalité, afin de leur en faire endosser la culpabilité. Or quand les
pathologies engendrent la mort des individus, ce n'est pas seulement de
"maladie professionnelle" dont il est question, mais de "morts professionnelles", ce qui n'est plus du tout
la même chose. Quand ces morts sont planifiées et induites en pleine
connaissance de cause, les termes de droit généralement utilisés sont : meurtre avec préméditation.
Enfin,
au delà de la question du droit, il importe ici de poser la question de la cohérence de cette situation : le monde du travail repose sur
des contrats d'embauche. Un contrat implique l'accord de tous les partenaires
sur les mêmes bases, et le respect de ces bases par tous ceux-ci. Un travail
consiste à être engagé pour accomplir un travail donné, en échange de quoi le
salarié gagne une somme d'argent donnée. Il repose donc sur une convention
entre l'employeur et l'employé. Voir à ce sujet l'article Nouvelles données sur l'argent: De quoi parlons-nous
exactement ?
Si
le contrat est respecté de part et d'autre, le travailleur accompli le travail
demandé en retour de quoi il acquiert l'argent qu'il a gagné. Si l'un des
partenaires transgresse les clauses, il rompt le contrat de fait et décharge
son partenaire de ses propres engagements. Il n'y a alors plus de convention,
donc plus contrat.
Or
ce qui est attendu en réalité du salarié dans le cadre actuel n'est pas qu'il
accomplisse le travail requis sur le papier, en l'occurrence dans un hôpital,
apporter une qualité des soins correspondant aux besoins des patients, mais
qu'il accomplisse une somme de travail correspondant à la capacité d'exécution
de plusieurs personnes, afin qu'il rapporte beaucoup plus d'argent qu'il n'est
censé en rapporter, tout en le spoliant parallèlement d'une partie des
bénéfices auxquels il a droit sur la base du contrat de travail.
Il
y a d'une part la demande
exprimée sur le contrat, et d'autre
part la demande réelle des employeurs, qui est non formulée, implicite. Le
but du jeu consiste alors à obliger les gens à accepter de faire un travail qui
ne leur est pas demandé et qui aboutit aux résultats inverses de celui auquel
ils ont été formés, pour un bénéfice inférieur à celui qui leur est promis.
Bien évidemment, si les choses étaient
claires dès le départ, elles seraient formulées de la façon suivante:
"Voilà : je vous engage pour faire le travail de trois personnes, sans
lien avec votre fonction, pour un salaire inférieur à celui d'une seule."
Mais personne n'accepterait alors de telles conditions.
Exemple : en tant qu'infirmière psy, mon
travail consistait en 1979 à amener les soignés à un état de mieux être et
d'autonomie dans le cadre d'un effectif de 6 soignants pour 25 lits
d'hospitalisation. En 1990, il consistait à maintenir les patients dans un état
de dépendance psycho-somatique dans le cadre d'un
effectif de 2 soignants pour 20 lits d'hospitalisation, ce qui n'est pas du
tout la même chose.
En 1979, le but des soins consistait à faire
en sorte que les patients puissent repartir dans la vie active dans la mesure
du possible une fois leurs difficultés résolues. En 1990, le but de la
structure consistait à avoir une augmentation de patients et des statistiques
de soins, de la "file active", afin de justifier pour l'année
suivante de crédits supérieurs à celui de l'année d'avant. Ce qui n'est pas du tout la même chose non plus.
En 1979 un infirmier était censé travailler
37 ans avant de partir en retraite, en 2003, il sait qu'il devra travailler 40
ans minimum, sans certitude par rapport au maximum.
Le glissement de l'un à l'autre repose donc
sur le passage d'un contrat
digne de ce nom à un marché de dupes.
Tout le but du jeu consiste de ce fait à faire avaler cette couleuvre aux gens,
tout en les obligeant parallèlement à rester à leur poste, en leur faisant croire
qu'il n'ont pas d'autre alternative hors de l'administration. Car s'ils
partent, c'est toute la structure hospitalière qui s'effondre.
Autrement dit, ce dont il est question ici
n'est pas de contrat de travail, mais d'escroquerie pure et simple.
Personnellement, je ne peux pas travailler
sérieusement dans de telles conditions.
b.
Les solutions de remplacement :
La faille majeure de ce système réside dans
le fait qu'il est organisé par des gens non nécessaires à la structure
soignante, qui la parasitent et vivent à son détriment comme un cancer se
développe au détriment de son hôte. Mais comme le cancer, il a fondamentalement
besoin de l'hôte, sans lequel il ne peut vivre. Il a besoin de l'aveuglement et
du cautionnement des intéressés (soignants et patients), qui ont tout à y
perdre. Il s'effondre quand ces derniers décident de cesser de se laisser
asservir pour s'organiser entre eux, en fonction de leurs besoins humains réels
et de leurs capacités respectives, ce qui implique qu'ils se réapproprient leur
pouvoir de réflexion et de décision sur leur propre vie, et regroupent leurs
moyens (compétences professionnelles pour les uns, moyens financiers pour les
autres).
Ainsi la meilleure parade aux systèmes de
contrôle comme celui-ci consiste non pas à lutter contre lui avec les outils
qu'il a prévus pour ce faire, ce qui est complètement inefficace, mais à être
en mesure de faire mieux que ce qu'il fait sur le plan de l'efficacité et de la
qualité des soins, ce qui n'est pas difficile en l'occurrence, afin de s'en
passer purement et simplement.
En raison de la lourdeur des démarches
concernant les recours judiciaires d'une part, et de l'incapacité de la réalité
hospitalière à répondre aux besoins des patients d'autre part, il existe
d'autres possibilités vers lesquelles il convient de se pencher, basées sur
l'organisation entre les gens strictement nécessaires à la structure et
permettant d'éviter le personnel parasite, la corruption et la fuite des
capitaux. Il est possible d'envisager d'autres alternatives de travail qui
permettent d'offrir des alternatives a l'hôpital pour
les infirmiers, les patients et leurs familles :
Toutefois cette
possibilité, mal exploitée jusqu'ici, permettrait aux infirmiers de secteur psychiatrique
de travailler avec les médecins généralistes et les cabinets d'infirmières
libérales sur le terrain, et de pouvoir mettre au service de la population les
connaissances et pratiques qui leurs ont été dispensées dans le cadre de la
formation professionnelle, et qu'ils n'ont que rarement la possibilité
d'utiliser en milieu hospitalier dans la mesure où elles ne sont pas connues
des médecins et psychologues, et ne peuvent à ce titre être intégrées au reste
de l'équipe soignante.
Sur les lieux de
vie et familles d'accueil existant, voir le site Famidac
http://www.famidac.net/ qui contient de nombreuses informations et la
documentation relative aux démarches de mise en place.
location de maisons avec jardin pouvant abriter 3 ou 4 couples,
ou 8 personnes maximum : le prix de la location est partagé entre les
habitants, ce qui permet de louer une habitation confortable et agréable à un
prix abordable (1500 euros / 8 = 187,50 euros par personne ) et est bien moins
onéreux qu'un hébergement en maison de retraite.
emploi à temps plein d'une infirmiere
psy et d'une aide soignante comme salariées ou indépendantes : dans les deux
cas les salaires étant partagés par les 8 personnes, ils représentent pour
chaque résident une somme de 500 euros maximum.
les dépenses en charges diverses partagées en 8 sont moins
onéreuses que les charges payées en habitation individuelle.
mise en
place à l'intérieur de la maison d'une organisation de vie familiale, en lien
avec la vie locale, à laquelle participent les personnes âgées valides : faire
la cuisine, cultiver des légumes, s'entraider, participer à des activités
extérieures, à la vie sociale (voyages, rencontres troisième âge, chorale, aide
aux jeunes : garde d'enfants, interviews filmées de personnes âgées permettant
de transmettre la mémoire aux jeunes générations, etc.) afin de restituer aux
personnes âgées leur rôle au sein de la cité.
Le principe
serait similaire à celui des "appartements thérapeutiques" mis en
place en psychiatre, à cette différence qu'ils seraient gérés par les
intéressés eux-mêmes, qui pourraient se choisir entre eux, et choisir leur
personnel, à un coût bien inférieur à celui des maisons de retraites, ou, pour
le même prix, avoir une qualité de vie bien supérieure.
Pour
la mise en place pratique :
Création d'un site internet où rassembler :
* les coordonnées des personnes âgées demandeuses
* les coordonnées des soignants disponibles et intéressés : médecins,
infirmiers, aides soignants. * les échanges entre eux.
Ce ne sont là que quelques idées
personnelles, qui sont certainement loin de représenter l'ensemble des
possibilités, mais elles sont applicables et maîtrisables à l'échelle humaine.
Pour
les gens désireux de voir du pays, il est facile de travailler
dans d'autres pays de l'espace européen, dans la mesure où le diplôme
d'infirmier de secteur psychiatrique répond aux normes du diplôme européen, et
où les limitations existant en France sont absentes dans les autres pays.
Ainsi la Belgique
offre des possibilités de travail certaines dans les domaines suivants :
Pour les
centrales de soins, il convient d'être vigilant par rapport au salaire, certains employeur pratiquant des contrats de fausse
indépendance et s'octroyant en toute impunité jusqu'à 60 % du prix des soins
effectués. Les structures publiques offrent des garanties de conditions de
travail correctes, et des barèmes de salaires décents comparativement au privé,
mais il n'est pas facile d'y entrer car elles forment souvent leur propre
personnel au fur et à mesure des besoins, et les emplois y sont généralement
très demandés.
Harcèlement
professionnel dans le cadre d'un CMP
Pénurie
d'infirmières: un phénomène planifié sur le long terme (2° version)
Enquête
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