Technique vocale
Encore là, je ne suis pas prof de chant, mais je peux quand même vous donner quelques notions élémentaires de techniques vocales. D’ailleurs si vous participez dans un cours de chant, ce sont des choses que l’on va constater très rapidement. Le chant populaire n’est pas si facile qu’il en a l’air, mais le chant classique par contre est très exigeant sur la technique vocale.
- Lorsqu’on chante assis, la façon de s’asseoir, c’est sur le bout de la chaise en avant le dos bien droit afin de bien dégager les muscles abdominaux et l’appareil respiratoire.
- Qu’on soit debout ou assis, les épaules bien décontractées (pas relevées) et les bras en bas bien droits.
- Il est bon de se faire un réchauffement surtout avant un spectacle afin de préparer l’appareil vocal. Si l’on part non préparé dans une chanson bien rapide et qui monte très haut, l’on n'aura qu’un son dur et désagréable. Votre voix n’aimera pas se faire malmener et nos oreilles non plus. Un réchauffement consiste à faire de petites vocalises (suite de notes sur des voyelles) pas trop violentes et n’allant pas dans les extrêmes (rapide ou très aiguë ou très grave). Faire un exercice de réchauffement, c’est habituellement le travail du directeur musical ou du professeur de chant. Mais si vous ne connaissez pas déjà d’exercices de réchauffement. Faites en sorte d’en écouter quelques-uns et répétez-les en solo.
- Commencez à travailler la respiration et le soutien, il faut comprimer à partir du bas du ventre et non à partir de la cage thoracique. Pratiquez-vous à utiliser le moins d’air possible. Ça demande des mois de pratique et l’encadrement d’un expert. C’est plus facile à dire qu’à faire et il n’y a pas de manuel en étape.
Ensuite ce qui suit s’adresse plus à des choristes un peu plus expérimentés.
- Commencer à travailler la position de votre bouche, Bien articuler pour que le texte soit compréhensible. Il faut parfois exagérer sa prononciation. Notez la position du palais mou la prochaine fois que vous baillez car c’est la position qu’il doit avoir lorsque vous chantez. Ne gardez pas la bouche trop fermée, La langue collée sur les incisives inférieures quand vous chantez sur des O, A, E, È, É et OU, Et la langue un peu plus collée sur le palais pour les I et les U. Si vous avez un répertoire classique ou comédie musicale, laissez l’accent local comme l’accent québécois pour prendre un français de base. Si par contre vous avez un répertoire populaire, là il est plus approprié de prendre l’accent local vu que c’est une histoire qu’on raconte et que c’est de la langue parlée. Il y a des liaisons que l’on ne fait pas volontairement. Lesquelles ? Ça c’est la job du directeur musical de nous le dire.
- On donne la priorité aux voyelles. C'est-à-dire que l’on chante les voyelles le plus longtemps possible et les consonnes le moins longtemps possible
Par exemple, imaginez le mot « blesse ». Verbe blesser qui est une seule syllabe mais qu’on a à chanter sur une note longue, Il doit être prononcé
BLEEEEEEEEEEEEEEESS
En passant le plus de temps possible sur le « È » et non sur le BL ou sur le S (surtout sur les S). Autrement dit ne pas faire BBBBBLLLLLLESSSSSSSSSSS avec un « SSSSSSSS » à la fin comme un serpent.
Si les « S » traînent, ce n’est pas long que le directeur musical va le dire.
Ceci va aussi pour les diphtongues. Une diphtongue c’est lorsqu’on a deux ou plusieurs voyelles collées à prononcer. On doit prioriser la première voyelle et non la deuxième.
Par exemple le mot « SOLEIL » à la fin, on prononce È-I-L. On doit insister sur le « È » et non sur le « I » et encore moins sur le L. ça devrait donc donner
ÈÈÈÈÈÈÈÈÈÈÈÈÈÌILL
Et non pas ÈÈÈÌIIIIIIIIILLLLL
Dans les notes longues, on a tendance à déformer et à accorder trop d’importance à la deuxième note et ça rend le texte incompréhensible. Le chant c’est de la langue parlée et l’on ne doit rien dénaturer. En français, nous sommes chanceux, il y a peu de diphtongues mai en anglais, c’est l’enfer !
- Pensez à projeter le son en avant (et non tout partout) Imaginez-vous qu’il sort par les yeux, envoyez le tout en avant. Pensez à fredonner un "Mmm" qui place le son là où il devrait être et pensez toujours plus haut dans le nez.
- Surveiller son rythme de vie. Enfin ce que vous savez être du gros
bon sens ; les nuits blanches, le tabac, crier dans les bars, les endroits
surchauffés etc, ça ne vous gardera pas en forme et encore moins votre
voix.
Si chanter, vous procure certains malaises, c’est fort probablement dû à un problème de technique vocale. Donc à surveiller ou voir avec les spécialistes pour :
- Fatigue à la gorge
- Sons pas trop agréables
- Manque de puissance, vous forcez et c’est difficile
- Vous avez du mal à aller chercher les aiguës alors que théoriquement ce sont des notes que vous pouvez atteindre (surveiller l’ouverture de la bouche et le soutien respiratoire)
- Vous manquez d’air alors que vous n’êtes pas à un endroit dans la partition où l’on est supposé respirer et vous n’avez pas oublié de respirer la dernière fois que vous en aviez la chance.
- Vous avez l’impression que c’est trop haut ou trop bas. Peut-être n’êtes-vous pas tout simplement dans le bon pupitre. Parlez-en à votre directeur musical.
La Grippe. Oh catastrophe, essayez de chanter avec une grippe, ce n’est pas rare que ça nous fasse perdre le ¾ de l’étendue de notre voix en commençant par l’aiguë voir l’extinction complète. Reposez-vous ! Bien que vous puissiez quand même aller à vos répétitions, question d’écouter. Il reste à souhaiter que ça ne vous arrive pas au spectacle. Au cours des deux dernières années, il y a eu 3 cas de lipsing (c'est-à-dire faire semblant de chanter) à cause de la grippe. Peu avant les spectacles, mettez en application les bons conseils pour éviter les grippes. Mais si vous avez une vraie grippe d’homme (enfin je dis ça pour qu’on me comprenne car je déteste cette expression que je trouve sexiste et que si on la disait en sens inverse, ça ne passerait pas ;-), le repos et quelques médicaments prescrits par un médecin sont très efficaces.