S.W.A.T.
Cast: Samuel L. Jackson, Colin Farrell, Josh Charles, Michelle Rodriguez, LL Cool J, Olivier Martinez
Année: 2003
Studio: Columbia
Longueur: 118 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

Avec S.W.A.T. (même titre en v.f.), il semble que cet été, lorsque Hollywood ne nous balance pas une suite inutile, il nous sert un remake inutile. Possédant ses origines dans la série télévisée populaire du milieu des années '70 pareillement intitulée, S.W.A.T. suit la vie professionnelle des membres de l'équipe d'intervention spéciale de la police de Los Angeles. Le film ne s'avère toutefois pas tant une observation qu'une tentative de recrutement pour les corps policiers de la côte ouest américaine. Macho, superficiel et peu ambitieux, la production n'avait à la base pas l'intention de faire beaucoup de bruit mais, voyant la popularité grandissante à vue d'oeil de Colin Farrell, Columbia Pictures d'accorder une bonne dose de publicité à un produit qui, autrement, n'en aurait probablement pas mérité particulièrement...

C'est justement Farrell qui, dans le rôle du jeune agent Jim Street, constitue le meilleur élément du film. Mais, pour la première fois en quatre films déjà depuis le début de 2003 (The Recruit, Daredevil et The Phone Booth), il paraît relativement banal. La raison est simple: ces trois autres films lui offraient une opportunité de briller; rien de S.W.A.T. ne brille vraiment, à part le caractère macho et le manque béant de créativité. Le scénario, écrit par David Ayer et David McKenna, n'offre ni à Farrell, ni à Samuel L. Jackson, dans le rôle du chef du SWAT, la moindre réplique ou le moindre trait de personnalité pouvant leur permettre de faire vivre leur personnage.

En fait, rien n'est trop vivant dans S.W.A.T. car, même si le film est réalisé de façon généralement compétente par le nouveau-venu Clark Johnson, tout semble fonctionner sur l'auto-pilote. Cela s'avère d'autant plus décevant en voyant l'idée de départ (une équipe de police d'élite devant transporter à une prison fédérale un criminel qui promet 100 millions $ à quiconque le libérera) ainsi que les deux scénaristes engagés pour la développer (Ayer a écrit Training Day, alors que McKenna a signé American History X et Blow). Le scénario de Training Day était celui d'un thriller policier remarquable car ils mettaient face à face des personnages complexes et symboliques et les faisaient interagir intelligemment dans des situations qui remettaient les tactiques de la rue en question. S.W.A.T. ne perd aucun temps à jouer avec le concept de réflexion; ses revirements s'avèrent aussi bêtes que prévisibles.

Et pourtant, le tout se regarde. C'est vide sans être pénible. À l'exception de l'emploi de chansons les unes les plus mal choisies que les autres (le superviseur musical n'a ici clairement pas le sens du rythme à l'écran), S.W.A.T. bouge assez sans toujours tomber dans l'exagération excessive (comme Bad Boys II le faisait, par exemple). Tout le monde impliqué dans la production semble au moins réaliser qu'ils bâtissent un simple divertissement de fin d'été sans grande ambition, et l'unique souci de divertir partagé par les cinéastes derrière S.W.A.T. nous fait beaucoup plus facilement diriger le morceau. Voilà un film policier qui ne passera pas à l'histoire pour son brillo, mais dont on ne se souviendra pas pour sa médiocrité non plus. --RJ

 

Cote: C+

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