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| BAD BOYS II |
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| Cast: Martin Lawrence, Will Smith, Gabrielle Union, Jordi Molla, Joe Pantoliano
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| Année:
2003 |
| Studio: Columbia |
| Longueur: 146 minutes |
| Classé 13 ans+ - Violence |
Pearl Harbor, sorti à l'été 2001, durait trois heures; là-dessus, la première ne contenait aucune séquence extensive d'action. Le producteur Jerry Bruckheimer et le réalisateur Michael Bay se retenaient pour nous offrir, au coeur du récit, une attaque approchant les 45 minutes. On sentait qu'ils avaient gardé en eux toutes leurs pulsions nerveuses de tout faire sauter jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus. Le duo laisse tomber toute cette forme de retenue avec Bad Boys II (Mauvais Garçons 2 en v.f.), où ils font déferler le plus d'images ayant le potentiel d'impressionner les sens des garçons adolescents. Explosion sur explosion sur explosion, jusqu'à ce que même John Woo puisse se sentir jaloux.
Il n'y a rien de moindrement surprenant à cela; à quoi d'autre pouvait-on s'attendre d'une suite entièrement inutile et surproduite nous venant de deux des plus grandes emblèmes du cinéma "pop corn"? Bad Boys II ne choque pas par le fait qu'il saute à pieds joints dans ce genre de production mais plutôt par son cynisme complet par rapport à cela. Le film, une vague d'expression macho s'élevant au plein coeur de l'été, se caractérise par autant par sa sur-exploitation que par la fierté qu'il en retire. Tout est con, vide et bruyant, et Bay se fait une tâche personnelle de faire en sorte que son récit ne sorte jamais de cette boucle. En fait, les quelques rares moments de silence dans le film sont probablement ceux qui marquent le plus tellement ils nous font du bien.
Martin Lawrence et Will Smith ont largement eu le temps de devenir des supervedettes depuis l'original, et pourtant toutes les années passées n'ont pas aidé à rendre leurs personnages vraiment plus intéressants. Marcus (Lawrence) et Mike (Smith) font toujours équipe dans la police de Los Angeles, mais se servent davantage de leur titre pour faire tout ce qui leur plait que de vraiment faire respecter l'ordre. Peut-être cela n'a-t-il rien de révoltants quand ils s'autoproclament "mauvais garçons", mais il existe néanmoins une nuance importante entre le non-conformisme et l'égoïsme. Les héros s'avèrent ici si centrés sur leur unique personne qu'ils semblent oublier qu'ils sevent justement de héros à l'histoire.
Le film souffre du même problème. Le scénario, suivant vaguement une investigation de Marcus et Mike dans le monde de la transaction d'extasy à L.A., ne sert que de plateforme pour permettre à Bay et Bruckheimer de faire ce que bon leur semble. Tournons une scène de poursuite de voitures en utilisant le plus de gros plans rapides possibles afin de donner un "look cool" à l'action! Qui se soucie que la sélection de plans soit si mauvaise et exagérée que l'on ne peut même suivre la géographie de la scène, ne même pas savoir où les véhicules se trouvent?! Pas de problèmes pour les cinéastes, qui atteignent leur but: mettre en focus la nouvelle Ferrarri, et bêtement essouffler l'audience. Dans le même ordre idée, Bruckheimer assouvit son plus grand fantasme personnel - les explosions, quoi d'autre - en étirant un film déjà trop long (approchant les deux heures et demie) pour la simple et unique raison de pouvoir faire "péter" une énorme baraque à la fin. Ça n'améliore peut-être pas le film, mais certainement la bande-annonce du film!
Bay plonge la majorité du reste du film dans le même genre d'excès agaçant. Cela se traduit parfaitement clairement dans son style. À un certain moment, Mike se trouve accoté sur un mur en arrière duquel se trouvent des criminels; Bay a l'excellente idée à la base de faire tourner sa caméra sur 360 degrés autour de l'action. À son deuxième tour, on admire la technique pour sa beauté, son élégance et sa réussite; au cinquième, on lève les yeux au ciel. Le scénario trempe lui aussi dans le même moule, additionnant les scènes voulant tout simplement trop être drôles. Une seule réussit vraiment sur toute la ligne, mais à la défense du film, il fait rire autant - sinon plus - que n'importe quelle autre depuis le début de l'été. C'est à ce moment précis, alors que Marcus, avec l'aide de Mike intimide à la blague le petit ami de sa nièce, que l'on remarque le pur plaisir avec lequel Lawrence et Smith peuvent charmer et enflammer un public - lorsqu'ils ont le matériel pour le faire.
Seulement, tout brûle dans Bad Boys II, sans vraiment qu'aucune énergie réelle n'aie été dépensée. La seule chose vraiment dépensée sur ce film est le nombre astronomique de millions de dollars, qui reviendra malheureusement assez vite au studio - et qui ne pourra faire que l'encourager à pousser encore davantage la "limite" des excès. --RJ
Cote: C
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