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| BLOW |
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| Cast: Johnny Depp, Penelope Cruz, Jordi Molla, Franka Potente, Ray Liotta, Paul Rubens, Rachel Griffiths |
| Année:
2001 |
| Studio: New Line |
| Longueur: 122 minutes |
| Classé 13 ans+ |
On dit que chaque acteur se voit présenter un jour le rôle de sa vie. Une performance unique, "once in a lifetime" en bon français. On peut facilement penser à Nicolas Cage dans Leaving Las Vegas ou Julia Roberts dans Erin Brockovich, dans les dernières années. Eh bien c'est au tour de Johnny Depp, se sortant d'une passe difficile (après les flops de The Astronaut's Wife et The Ninth Gate), d'offrir ce qui constitura fort possiblement la meilleure prestation de sa carrière entière. Et ce, il ne le fait pas dans n'importe quelle production, mais plutôt dans l'une des meilleures des deux dernières années, intitulée Blow, basée sur un fait vécu.
Depp incarne (et 'incarner' ne pourrait être plus précis comme terme dans ce cas) George Jung, à qui l'on doit en majorité l'arrivée de la cocaïne aux États-Unis et qui était, à un certain moment de l'histoire, responsable de près de 90% du commerce de cette drogue en sol américain. Blow retrace tout: de son enfance modeste et souvent malheureuse à ses débuts dans le domaine à la fin des années soixantes alors qu'il vendait de la marijuana, à son ascension fulgurante dans la décennie suivante alors qu'il devint important protégé de Pablo Escobar, et puis finalement son inévitable et douloureuse chute dans les années '80 (le vrai George Jung sert présentement une sentance en prison jusqu'en 2014).
Blow se trouve à être le troisième film américain en moins de six mois à parler de l'univers de la drogue, après Traffic et Requiem For A Dream. Et c'est le troisième excellent, et pas à peu près, au point où je ne sais trop par où commencer pour le complimenter de tout bord tout côté. Mais comme je le disais plus haut, je crois que les toutes premières éloges se doivent de revenir à Johnny Depp qui, apparessant dans virtuellement la totalité des scènes d'un récit de plus de deux heures, nous tient accroché à lui comme sa drogue rend ses clients dépendants, et ce tout en jouant un anti-héros. Depp crée un personnage auquel on s'intéresse malgré toutes les mauvaises actions qu'il peut commettre et le tort qu'il peut causer. Blow et Depp ont l'intelligence de ne pas faire de George un démon assoiffé de destruction et de chaos sans la moindre nuance, mais d'y aller plutôt en sens inverse. Malgré ses actes illégaux et souvent insoucients, George ne constitue pas véritablement une mauvaise personne, mais davantage un pauvre homme faisant toujours les mauvais choix et finissant par blesser le plus les personnes qu'il tente en vain d'aimer.
Et là réside toute la tragédie qu'est Blow: en traçant des relations parents-enfants déchirées et émotivement saisissantes, réussissant facilement à nous soutirer des larmes dans son dernier quart d'heure notamment. George ferait n'importe quoi pour sa petite fille qui est éloignée de lui tout comme son père (Ray Liotta, avec une présence toujours juste et poignante) a fait avec lui et continue de le faire. Et en somme tout ce qu'il parvient à faire est de profondément leur faire du mal, malgré sa volonté. Et si Liotta et Depp peuvent déjà sembler des choix hâtifs pour les prochains Oscars en ressortant du lot, ce dernier épate en son entier. De la sous-évaluée Penelope Cruz au nouveau venu Jordi Molla, voici une distribution toute-étoile authentique.
Parlant d'authenticité, Blow en regorge. Le réalisateur Ted Demme (le frère de Jonathan Demme, ayant signé The Silence of the Lambs) trace un portrait fidèle et énegétique étalé sur trois décennies, chacune à la fois distincte et uniforme à l'ensemble du film. Il utilise habilement plusieurs procédés techniques saisissants, et il réussit à toujours aller chercher l'important dans chaque scène, peu importe la situation ou l'émotion. Si je ne croyais pas revoir de films retraçant avec autant d'authenticité et de vie les années '70 et '80 que Boogie Nights l'avait fait en 1997, Blow vient tout juste de me prouver le contraire. Ce film est une véritable bombe de qualité, d'humanisme et de talent parfaitement utilisé; un vrai petit bijou comme on en voit rarement si tôt dans l'année. --RJ
Cote: A
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