TRAINING DAY
Cast: Ethan Hawke, Denzel Washington
Année: 2001
Studio: Warner Bros.
Longueur: 123 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

Il n'y a rien de tel qu'un méchant avec du charme. Un "bon diable", si on veut. Joué au cinéma par une superstar de Hollywood ne fait qu'améliorer la chose. Dans Training Day (Jour de Formation en v.f.), Denzel Washington saute sur le rôle d'Alonzo Harris, un détective haut placé de la brigade des stupéfiants de la police de Los Angeles, et il crée littéralement une explosion à l'écran. Après les presque saints qu'il a incarné les deux dernières années dans The Hurricane et Remember the Titans, Denzel laisse ici une impression indélibile, possiblement sa plus puissante en carrière.

Il est jumelé à Ethan Hawke, qui lui a le rôle plus conventionnel - et aussi moins amusant - du jeune officier Jake Hoyt, un flic ayant comme ambition d'accéder au genre de boulot d'Alonzo et devant, pour se faire, suivre sa formation. En 24 heures, Jake aura tôt fait d'en avoir appris et bavé pour sa carrière. Training Day nous montre la journée d'entraînement à laquelle aura droit l'idéaliste recrue avec son maître, un homme dont on vient à douter de l'honnêteté...

Pratiquement toutes les accolades et les récompenses que Training Day va aller chercher vont inévitablement aller à Washington pour son travail époustoufflant. Et c'est autant une bonne chose qu'une honte. Où c'est bien, c'est que ça sera pleinement mérité. Il serait facile de s'étendre sur toutes les scènes qu'il vole avec sa voix convaincante, ses répliques percutantes, et sa performance générale qui maintient l'énergie du film. Pourtant, je serai probablement un des rares ayant été davantage frappé par le boulot extraordinaire accomplit par sa co-vedette Ethan Hawke, possédant le côté sale du duo. Il a le rôle beaucoup moins accrocheur, demande (et reçoit) moins d'attention, et doit jouer davantage en douceur. Et c'est ça qui m'a renversé chez lui. Lorsqu'Alonzo répète à Jake qu'il a de la magie dans l'oeil, eh bien il ignore à quel point il a raison. Ethan Hawke a de la magie dans l'oeil; il nous est sympathique du moment où il apparaît à l'écran, et on ne cesse de prendre parti pour lui. Il nous fait s'y attacher aussi facilement que Washington nous fait détester son anti-héros. Quoiqu'il en soit, ils forment ensemble une équipe parfaite.

L'aspect le plus surprenant de Training Day demeure sûrement son intelligence inespérée. Au lieu de nous servir stupidité sur stupidité servant seulement à alimenter le nombre de balles tirées, le film soulève des question d'une intelligence - et importance - particulière. Un justicier doit-il se salir s'il tient vraiment à pouvoir opérer dans les quartiers durs? Jusqu'à quel point? Sur les rues, où se situe la ligne séparant le bien du mal, la justice de l'injustice? Training Day prêche rarement, préférant davantage nous laisser tirer nos propres conclusions sur un sujet méritant notre attention. L'intelligence du film se fait également sentir dans la structure bien élaborée de son scénario. Presque chaque scène a une incidence plus tard sur une autre, et ce sans que l'on s'en aperçoive. Chaque séquence fait du sens, en plus de servir à l'histoire directement. On ne peut pas dire ça de tous les films d'action! De plus, le personnage d'Alonzo fonctionne à merveille dans le récit car, justement comme un bon diable, il commet une mauvaise action, mais comme Jake, on parvient à le comprendre, à le pardonner. Puis ça recommence, et encore. Jusqu'à un point où un conflit devient inévitable.

Et c'est là, à la fin, que Training Day dérape un peu pour la première et la seule fois. Les dix dernières minutes, sans être mauvaises, ne s'avèrent pas à la hauteur du reste, alors qu'elles auraient dû être même supérieures afin de laisser un impact le plus grand possible. Plutôt, on tombe dans certains clichés et une conclusion quelque peu facile et hâtive. Toutefois, on a vite fait de pardonner ces défauts mineurs à cette excellente production, ne serait-ce que pour les raisons ci-haut mentionnées et l'incroyable niveau d'intensité du début à la fin. Le réalisateur Antoine Fuqua fait enfin preuve d'un talent remarquable (après les médiocres The Replacement Killers et Bait), et il donne, avec l'aide de ses deux acteurs, une quantité d'adrénaline que l'on voit rarement. Encore une fois, pour citer Alonzo, "Boom!"; Training Day est de la pure dynamite! --RJ

 

Cote: A-

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