BAIT
Cast: Jamie Foxx, David Morse, Doug Hutchison, David Paymer, Kimberly Elise, Mike Epps
Année: 2000
Studio: Warner Bros.
Longueur: 119 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

La situation du cinéma commercial américain est illustrée pratiquement à la perfection dans Bait (Piégé en v.f.). On tente de nous en mettre plein la vue visuellement avec des mouvements de caméra effreinés, un montage sonore et visuel rapide, une hausse considérable de l'emploi d'Afro-Américains en première ligne, et l'abscence totale de quelque sorte de script de qualité. Et cette situtation ne fait pas trop progresser Hollywood selon moi. Ce que ça produit, au contraire, est la sortie presque hebdomaire de flops comme Bait. L'année 2000 entière en est la preuve, jusqu'à maintenant du moins.

L'Afro-Américain qui se voit mettre en première ligne ici se trouve à être Jamie Foxx, vedette montante depuis l'an dernier alors qu'il a surpris tout le monde (moi le premier) comme nouveau venu dans Any Given Sunday d'Oliver Stone. Foxx tente dans Bait de faire exactement ce qu'un autre Noir comique, Chris Tucker, a fait il y a trois ans dans Money Talks. Seulement ici ça ne fonctionne pas. Il joue Alvin Sanders, un criminel stupide de petite envergure qui va aider le gouvernement, mené par le dur Edgar Clenteen (David Morse), à pincer un dangereux et puissant voleur nommé Bristol (Doug Hutchison). Sanders sert en fait d'"apât" pour attraper Bristol, à cause d'un système de mise sur écoute sur lui qu'il ignore. Ça semble vague? Ça l'est à peine moins dans le film.

Mais si le scénario se fait incohérent, alors les images sont encore pire. Le réalisateur Antoine Fuqua (The Replacement Killers) ne sait apparament pas comment une scène d'action sans qu'on s'y perde en cours à cause de son affreuse technique. C'est plus que flou, ça nous fait perdre de l'intérêt même pas dans les scènes se voulant excitantes tellement c'est pénible à suivre. Fuqua semble également avoir été largement influencé par Tony Scott et son travail hallucinant sur Enemy of the State: il copie exactement ce qu'il a fait en '98 avec les vues aériennes accélérées et informatisées. Mais dans Bait, ça ne sent que le réchauffé, même si c'est souvent très impressionant visuellement.

Tout sent d'ailleurs fort le réchauffé dans ce film, dont le héros et toute l'enquête l'entourant. Foxx a un potentiel d'acteur intéressant, je n'en doute pas; il l'a clairement démontré dans Any Given Sunday. La différence est peut-être que dans ce cas, le réalisateur le dirigeant savait plus ce qu'il faisait. Mais Foxx ne va jamais assez loin pour être assez drôle, comme Tucker l'était dans Money Talks et même Rush Hour. Je ne vois donc pas vraiment d'où l'intérêt du spectateur peut venir pour Bait. Et ça aussi ça sent le réchauffé. Mais ça se fait bien normal, non? Après tout, des productions comme Bait, on en reçoit à chaque semaine. --RJ

 

Cote: C-

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