THE RECRUIT
Cast: Al Pacino, Colin Farrell, Bridget Moynahan
Année: 2003
Studio: Touchstone
Longueur: 115 minutes
Classé Général

En voyant le slogan "Dans la C.I.A., les apparences sont trompeuses", associé au film The Recruit (Le Nouvel Agent en v.f.), on se trouve en droit de s'attendre à une histoire des plus clichées. Heureusement, au contraire, la production de Roger Donaldson (un cinéaste autrefois médiocre qui s'est resaisi en 2000 avec Thirteen Days) se sert de ce principe fondamentalement attaché au déjà-vu pour le retourner contre l'audience et constamment la surprendre.

Il n'y a toutefois rien de sorcier dans le casting d'Al Pacino pour le rôle de l'officier vétéran Walter Burke, un vieux loup cherchant à capturer une nouvelle proie pour joindre la Central Intelligence Agency. Son regard s'arrête sur James Clayton (Colin Farrell), un jeune expert en informatique dont le père est mort dix ans auparavant justement en tant qu'agent de la CIA. Après avoir hésité quelque peu, James décide de suivre Burke et de suivre le camp d'entraînement, où il découvrira, bien malgré lui, que dans les faits, les apparences sont vraiment trompeuses.

The Recruit nous présente la CIA sous un angle que l'on pourrait qualifier, en prenant une position strictement critique, de plutôt naïf. L'agence est propre, parfaitement intentionnée, et ne contient à peu près que des gens tentant de faire du monde un endroit plus sécuritaire où vivre. On sait bien que la vérité s'avère être quelque peu différente. Mais là n'est pas l'intérêt du film. C'est une histoire d'espionnage dont les rebondissements se font fréquents et inattendus. The Recruit vous donne l'impression de savoir où l'on s'en va, pour ensuite vous couper l'herbe aux pieds. Le scénario, co-écrit par Robert Towne, Kurt Wimmer et Mitch Glazer, a le don de nous accrocher et de nous faire douter de nous-mêmes. Si le script s'égare en fin de parcours, en tombant tristement dans une opération d'écriture de routine, il se fait, jusqu'au dernier quart d'heure, captivant.

La réalisation de Donaldson capture bien cette énergie, sans tomber dans le piège facile d'en faire un simple jeu vidéo. À cet égard, il sait employer avec justesse la musique électronnique de Klaus Badelt et la photographie parfois glaciale de Stuart Dryburgh (The Piano). Les deux acteurs se donnant la réplique, le premier une légende vivante, le deuxième une star de demain, développent une chimie surprenante, qui n'est pas sans rappeler, bien qu'à un niveau moindre, celle entre Denzel Washington et Ethan Hawke dans Training Day. En bout de ligne, The Recruit n'atteind pas le calibre de ce dernier film, mais demeure néanmoins une agréable surprise de début d'année. --RJ

 

Cote: B+

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