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[Les deux
s’endormirent immédiatement. Mais cette nuit-là, malgré les souhaits
de Scram, Frotteux ne fit pas de beaux rêves mais plutôt davantage
de cauchemars horribles à propos de cette petite créature visqueuse
qui le pourchassait d’un rêve à l’autre, tel un croque-mitaine dans
un mauvais film d’épouvante, afin de lui fouiller dans le cul avec
ses longs doigts glacés. Le grobit fut extirpé de ses mauvais rêves
à l’aube par la voix autoritaire et l’haleine millénaire de L-Rond.]
L-Rond : Réveillez-vous et venez avec moi immédiatement, maître
Backins. Allez !
Frotteux : Argh !
[Le Grobit grogna de mauvaise humeur mais n’eut d’autre choix que
d’obéir aux ordres que lui aboyait le maître des lieux.]
L-Rond : Suivez-moi jusqu’à mon laboratoire secret sur le champ.
[Frotteux, les deux yeux dans la graisse de bines, suivit le
vieil Elfe dans le dédale des couloirs, en apercevant au passage
pratiquement tous ses compagnons qui faisaient la file devant la
porte des toilettes afin d’y vomir leurs tripes dans des bols
débordant d'étrons, de rats et de tampons ensanglantés appartenant à
la princesse Analrwen. Il semblait bien que ce n’était pas tout le
monde qui avait l’estomac aussi solide que lui pour résister aux
tournedos qu’ils avaient ingurgités la veille.]
L-Rond : Mon laboratoire est par là.
Frotteux : Qu’est-ce que vous m’emmenez faire dans votre
laboratoire, monsieur Luron ? Ça n’a rien à voir avec le Cockring
j’espère ?!
L-Rond : C’est votre bras. Je croyais que vous m’aviez demandé de
vous en faire pousser un nouveau.
Frotteux : Oui. C’est vrai. Ce serait vraiment apprécié parce que je
vais en avoir de besoin quand je vais revenir dans mon trou de
marmotte et que je vais recommencer à me branl…
L-Rond : Faites silence avec cela, s’il vous plaît. Je ne veux plus
jamais en entendre parler.
[L’Elfe semblait encore plus contrarié que d’habitude au moment
où ils arrivèrent enfin dans son laboratoire secret qui se trouvait
dans une chambre sans porte tout juste à l’entrée très achalandée de
cet établissement très fréquenté.]
L-Rond : Comme j’ai eu bien de la difficulté à dormir cette nuit,
probablement quelque chose que j’ai mangé, j’en ai profité pour vous
concocter cette potion de régénération. Tenez, buvez en. Vous aurez
un nouveau bras grâce à ses vertus magiques. Allez. Buvez
immédiatement. Et que ça saute.
[Frotteux inspecta avec suspicion le contenu brunâtre et
filamenteux de la fiole que lui avait tendue L-Rond. Il n’était pas
sûr mais il croyait avoir vu quelque chose bouger au fond de cette
dernière. Mais devant le visage furieux de l’Elfe qui se grattait le
derrière de la flèche avec impatience, il pris la décision d’avaler
ce contenu inquiétant, en ayant souhaité avoir ses deux bras afin de
pouvoir se pincer le nez comme il redoutait le goût de la potion. Il
but d’un seul trait et sentit immédiatement un nouveau bras lui
pousser à la place de l’ancien. Il en était fortement soulagé.]
Frotteux : Wow ! Ça marche votre truc, m’sieur L-Rot. Regardez-moi
ça. Un nouveau bras tout neuf.
L-Rond : Bon ! Donnez-moi cette fiole vide maintenant avant qu’il
n’arrive un malheur par votre faute.
Frotteux : C’est cool ! J’ai les mêmes cicatrices pis les mêmes
grains de beauté aux mêmes places.
L-Rond : Très bien. Allons nous en d’ici maintenant. Il y a
quelqu’un qui…
Frotteux : Attendez un instant. Il y a une question que j’ai envie
de vous poser depuis hier soir. C’est un peu délicat.
[Le vieil Elfe regardait le Grobit avec un air de bœuf.]
L-Rond : De quoi s’agit-il encore ?
Frotteux : C’est à propos de votre fille.
L-Rond : Ma fille ? Mais qu’est-ce que vous voulez me dire à son
sujet ? Vous ne l’avez même jamais rencontrée.
Frotteux : Pas tout à fait. Voyez-vous, hier, avant le souper,
j’étais en quête des chiottes de toute urgence et sans faire exprès,
je suis entré dans la chambre de la princesse. J’ai eu la surprise
de ma vie quand je me suis rendu compte que votre fille était nulle
autre que l’actrice de films de c…
L-Rond : Non ! Ne prononcez pas son nom d’actrice. Je vous en
conjure. Il est déjà assez humiliant pour moi d’avoir à vivre et à
garder ce terrible secret de famille tellement honteux.
Frotteux : Donc ! Vous le saviez. Pourtant hier vous avez nié savoir
de qui je parlais quand j’ai prononcé le nom que vous ne voulez pas
que je prononce encore une fois.
L-Rond : C’est que le seigneur Avalgorn n’en sait rien, lui. Et il
ne faut absolument que cette atrocité lui parvienne à l’oreille.
Jamais m’entendez-vous. Cela pourrait mettre notre accord en péril.
Frotteux : C’est d’accord mon pote. Je ne vais jamais le lui dire
bien qu’il ne sait vraiment pas ce qu’il manque le pauvre. Hé !
L-Rond : N’en dites pas plus.
Frotteux : Vous ne devriez vraiment pas avoir honte de la carrière
que mène la princesse Analrwen. Elle est vraiment très douée dans ce
qu’elle fait, vous savez.
L-Rond : NNNNOON! SILENCE !
Frotteux : Bon. Et
bien vu que vous n’êtes vraiment pas très proactif ce matin, je vais
remonter à ma chambre afin de me préparer pour notre départ.
L-Rond : Attendez… Avant d'aller dans votre chambre, il y a
quelqu'un que vous devez absolument rencontrer.
Frotteux : Hein ? Qui ça ?
L-Rond : Quelqu'un que vous connaissez bien et que vous n'avez pas
vu depuis longtemps.
Frotteux : Qui ça ? Mon dentiste ?
L-Rond : Non, bougre de petit con. Votre oncle ?!
[Frotteux devint plus rouge que les tomates dans lesquelles il
aimait bien glisser son engin reproducteur lorsqu'il entendait le
son de sa caissière préférée dire au micro du magasin de fruits et
légumes de la Chire "C'est quoi le prix d'une livre de Zukinis ?"]
Frotteux : Mon Oncle. De quel oncle, parlez-vous ?
L-Rond : Votre oncle, Bimbo.
Frotteux : Ah non!!!!! PAS LUI !!!!!
[Frotteux gardait des souvenirs horribles de son oncle : des
souvenirs traumatisants de son enfance. Des souvenirs de pots de
vaseline et de livres compliqués avec des dessins de monsieurs qui
s'imbriquent les uns dans les autres.]
Frotteux : Il est ici ce sale vicieux. Mais pourquoi n’était-il pas
du souper hier soir ?
L-Rond : Il ne se sentait pas bien. La diarrhée je crois.
D’ailleurs, il l’a toujours si je ne m’abuse.
Frotteux : Je ne veux plus jamais avoir affaire avec ce pervers.
[L-Rond ne voulait rien savoir des protestations lamentables du
Grobit et il l'amena de force comme un petit garçon qui vient de
chier dans ses culottes et qu'on emmène aux chiottes en le tirant
par les oreilles et en lui foutant des claques derrière la tête. Ce
qui était exactement le cas car Frotteux venait de faire dans ses
shorts tant il avait peur de revoir son oncle. L-Rond l'abandonna
donc tout seul devant la porte de son cabinet de toilettes privé au
sous-sol derrière laquelle se trouvait Bimbo.]
*arrrrrrrrrrgggg* *splouch*
Frotteux: Mon oncle ?
*rrrrraaaaagh* *splitch*
Frotteux: Oncle Bimbo, est-ce que c'est toi ?
*sssspppppprrrrrroooouuuuuuuiiiiiiiitttttttt*
Bimbo: Qui cé tu veux que ce soit mon p'tit vicieux ! T'as toujours
aimé écouter les gens chier hein ! P'tit cochon dodu !
Frotteux: Ben... non, non ! On m'a demandé de venir t'attendre
ici...
Bimbo: Voyons ma p'tite loutre visqueuse, soit pas gêné, c'est
normal d'être attiré par la marde du monde, moi-même chu pas capable
de résister à une grosse crotte juteuse bien boudinée ! Mais va
quand même falloir que je te punisse. Awaille rentres icitte pis ça
presse.
Frotteux: A...ah oui ?
[Frotteux ouvrit la porte et pénétra à l’intérieur des toilettes.
Tout au fond de celles-ci, assis en indien sur la bole en forme de
trône royal, se trouvait un petit Grobit aux cheveux gris et aux
sourcils broussailleux. Il avait un sourire croche et de grands yeux
cochons. Il s’agissait de Bimbo Backins, le Grobit le plus
tristement célèbre de toute la Chire. Celui qui avait corrumpu
l’innocence de tant de jeunes Grosbits au fil des années. Bimbo
était l'oncle si «aimable» qui avait accepté d'élever le petit
Frotteux pour rendre service aux parents de celui-ci, même si
ceux-ci s'y étaient fortement opposés. Frotteux se souvenait encore
du visage horrifié de ses parents quand son oncle l'avait saisie par
le chignon du cou pour l'emmener de force dans son trou de marmotte
puant.]
Bimbo: Approche mon p'tit verrat, faut pas que t'ailles peur de
mononcle Bimbo... y te fera pas mal...
[En entendant à nouveau cette phrase qui avait marqué sa jeunesse
entière, Frotteux sentit son anus se prendre de violentes
convulsions, comme s’il s’agissait d’un réflexe conditionné.]
Bimbo: Penches-toé icitte mon venimeux... pis ouvre grand la bouche
!
Frotteux: M...mais...je...
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