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On peut affirmer dans ce contexte que la neige ne joue pas un r�le pr�pond�rant dans la grande majorit� des stations observ�es dans la partie sud-est du Vercors. Presque toutes les stations sont situ�es sur des pentes expos�es au sud. Il ne faut pas oublier que le Vercors se situe approximativement � 45� de latitude nord, ce qui signifie qu'en hiver le soleil se tient 7� plus haut que dans les Pays-Bas. En raison de cette situation climatique, la neige fond sur les pentes sud quelques jours seulement apr�s les chutes de neige, et cela, m�me lors de chutes importantes. La situation est diff�rente lorsqu� Orchis spitzelii  se d�veloppe dans des clairi�res, � cause de l�ombre des conif�res environnants. Ceci est particuli�rement vrai pour les stations de faible altitude qui sont plus souvent situ�s dans des clairi�res. Les stations situ�es plus haut sur les pentes ont quant � elles souvent une couverture de neige relativement faible au printemps.

Presser (2000) affirme �galement que l'esp�ce cro�t particuli�rement dans les Alpes dans des secteurs pr�sentant un niveau de pr�cipitation �lev� et o� le couvert de neige persiste tardivement. Il n�est pas clair sur quelles observations cette affirmation est bas�e.

* Delforge consid�re les plantes de la province Cuenca en Espagne, un endroit d�j� connu par Landwehr (1977), comme une esp�ce s�par�e appel�e Orchis cazorlensis. Marijke Verhagen et Jan van der Straaten ont recherch� cette esp�ce dans la Serrania de Cuenca, cit�e par Landwehr comme un secteur favorable pour cette esp�ce. � leur surprise,  ils ont trouv� quelques plantes en fleur au Col de Monsaete � une altitude de 1150 m�tres en mai 2002. Cet endroit est tr�s semblable aux pentes nues qu�on rencontre en altitude dans le Vercors. Dans la Serrania de Cuenca, les plantes se d�veloppaient sur une pente expos�e sud-est, sans v�g�tation. Le substrat �tait assez similaire � celui du Vercors. Le climat � cet endroit subit des influences continentales fortes avec des temp�ratures basses et d�importantes chutes de neige en hiver.
Les fleurs en Espagne �taient un peu plus claires  que celles du Vercors, ce qui provenait en partie du fait que les fleurs espagnoles �taient en fin de floraison. En comparant les photos de Majadas, � environ dix kilom�tres de l�, � celles de Thorence en France ainsi qu�on les trouve dans la publication de Landwehr (2000, p. 254), nous ne p�mes d�celer de diff�rences significatives. N�anmoins, les fleurs dans le Vercors sont plus fonc�es que celles provenant des stations espagnoles. En outre, quand on �tudie les diff�rentes photos prises dans les Alpes fran�aises dans la publication de Presser (2000), il est frappant de noter que dans une r�gion aussi petite la coloration des fleurs puissent autant vari�e. Par ailleurs, nous avons compar� nos photos du Vercors � celles d�Espagne et les photos dans la publication de Bourn�rias (1998). Ainsi, nous en sommes venus � la conclusion que les fleurs espagnoles ne sont pas plus vertes que les plantes fran�aises, comme cela est �nonc� par Delforge; au contraire. En conclusion, nous n'avons pas �t� capables de trouver des diff�rences significatives entre les plantes du Vercors et celles du Col de Monsaete. Par cons�quence, nous ne voyons pas la raison de distinguer les plantes d'Espagne d� Orchis spitzelii. En outre, la connaissance g�n�rale d�Orchis spitzelii et de ses conditions stationnelles est encore si limit�e, qu�il serait plus pertinent de s�attacher � �tudier ces probl�mes plut�t qu�� essayer de  � d�couvrir � une nouvelle esp�ce.

* Delforge (1994) d�clare qu�Arctostaphyllos uva-ursi est normalement une esp�ce accompagnant Orchis spitzelii. D�apr�s nos donn�es, il appara�t clairement que Arctostaphyllos uva-ursi est seulement une esp�ce associ�e pour les stations situ�es sur les pentes raides et pierreuses et cela correspond � un nombre tr�s limit� de stations. D�apr�s nos donn�es, nous pouvons penser que Delforge tire sa conclusion g�n�rale sur un nombre trop restreint de situations sp�cifiques, qui ne permettent pas des conclusions g�n�rales.

* Dans l�Atlas de r�partition du d�partement d'Is�re (Mus�um d�Histoire Naturelle de Grenoble, 1995) Cypripedium calceolus (sabot de V�nus) est mentionn�e comme esp�ce associ�e � Orchis spitzelii. Il n'y a aucune station  dans le sud-est du Vercors, qui corrobore cette affirmation. Cypripedium calceolus se d�veloppe dans des milieux  compl�tement diff�rents : le biotope est plus humide, plus riche en nutriments et Cypripedium calceolus se d�veloppe tr�s souvent dans des zones relativement ombrag�es. Cypripedium calceolus se rencontre assez fr�quemment sur des pentes dans le Vercors, mais jamais � proximit� d�Orchis spitzelii. Peut-�tre les deux esp�ces croissent-elles ensemble � Wallis, o� Lauber et Wagner (1996) mentionnent une for�t de Fagus sylvatica (le h�tre commun) comme station d�Orchis spitzelii. De plus, la description de Lauber et Wagner n'est pas claire, car dans la publication originale sur cette station (Hertel, 1988) une pente raide ouverte � une altitude de 1950 m�tres est mentionn�e, � un endroit o� Fagus sylvatica est totalement absent. La description de Hertel est tout � fait semblable � notre station n�24.

* Landwehr (1977) mentionne que l'esp�ce se d�veloppe en particulier sur les pentes septentrionales. Il semble que cette affirmation soit  bas�e sur les stations espagnoles, qu'il conna�t bien. Dans le sud-est du Vercors, Orchis spitzelii est absent des pentes septentrionales. Dans seulement deux cas, une l�g�re exposition nord a pu �tre not�e.  Dans ces cas cependant, la pente n'�tait pas raide et ces stations ouvertes �taient donc ensoleill�es au printemps et au d�but de l'�t�. Dans le Vercors, aucune station n'a �t� trouv�e sur des pentes v�ritablement expos�es au nord. L�influence du soleil au printemps et en d�but d��t� est vraisemblablement n�cessaire � un bon d�veloppement des plantes.

3.2 Stations dans le Vercors

A la lecture du tableau, quelques conclusions g�n�rales apparaissent de mani�re �videntes. Toutes les stations, except�es deux, sont situ�es sur une pente m�ridionale ou d�exposition  sud-ouest. La station la plus basse est � 975 m�tres, tandis que la plus haute est situ�e � 1750 m�tres. Il n'y a aucun rapport entre l'altitude de la station et le nombre de plants. Les stations les plus riches sont � la fois les plus basses et les plus �lev�es. Nous  pr�terons plus loin attention � ce curieux ph�nom�ne.

Nous avons trouv� 14 esp�ces d�orchid�es accompagnant Orchis spitzelii :  Dactylorhiza sambucina (Orchis sureau), Dactylorhiza fuchsii (Orchis de Fuchs), Orchis purpurea (Orchis pourpre), Aceras anthropophorum (Orchis homme pendu),  Cephalanthera damasonium (Cephalant�re p�le), Cepahlanthera rubra (C�phalant�re pourpre), Ophrys insectifera (Ophrys mouche), Orchis mascula (Orchis m�le), Orchis ustulata (Orchis br�l�), Neottoa nidus-avis (N�ottie nid d�oiseau), Listera ovata (List�re � feuilles ovales), Gymnadenia conopsea (Orchis moucheron), Platanthera bifolia (Platanth�re � deux feuilles) et Cephalanthera longifolia (C�phalant�re � longues feuilles). On pourrait penser qu�il s�agit d�un nombre �lev� ; on ne doit pas oublier cependant, que le Vercors est tr�s riche en orchid�es. La tendance g�n�rale est que les stations d�Orchis spitzelii se trouvent plut�t dans des secteurs relativement pauvres en orchid�es. En outre, la taille de la station joue un r�le. Sur la station la  plus riche,  les plants d�Orchis spitzelii se d�veloppent � de nombreux endroits  d'une vaste pente. Quand on veut d�terminer dans ce vaste secteur toutes les esp�ces associ�es, ce nombre est de fait toujours plus �lev� que pour une station o� seulement quelques sp�cimens sont identifi�s. Il y a 13 stations o� une ou plusieurs esp�ces d�orchid�es ont pu �tre identifi�es, tandis que pour 29 autres, aucune esp�ce d�orchid�e n�a �t� not�e dans le voisinage.
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