RICTUS ...
le site de borhan
MACHARADES (III)
SOMMAIRE MANCHARADES (I) MANCHARADES(II) MANCHARADES(IV)
GHACHI TOI
MÊME !
...
" Si pour se maintenir au plan national ou au plan international, un pays doit
produire un grand homme par génération, il se condamne à mort "
Cette citation de Kissinger, Dear Henry pour ses intimes, est à méditer en long, en
large et transcendantalement s'il le faut.
Et c'est le regretté Amirat, un homme sage, courageux et généreux et qui a démontré
toutes ses qualités, à son corps et à son... cœur défendant, qui disait un jour à
peu près ceci: " L'Algérie n'est pas une société pour craindre un dépôt de
bilan " (par société, entendez bien sûr un truc régi par le code de commerce et
non un machin régi par le code civil).
C'est vous dire qu'assimiler l'Algérie à un château de sable entre les pieds d'un
président en bermuda, et qui pourrait s 'écrouler dès que ledit président sera tenté
ou forcé d'aller se rhabiller, cela n'honore ni ledit président qu'on fait passer pour
un petit Bon Dieu alors que la modestie fut toujours son credo, ni ledit pays qu'on
réduit à un koursi alors qu'il n'a jamais cessé au cours des siècles de démontrer sa
grandeur, ni le non-dit peuple qu'on confond avec un ghachi comme le faisait si
perfidement l'autre alors que tout le monde s'accorde à lui reconnaître un passé
glorieux et un avenir prometteur même si son présent est tragique...
Pourtant, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué pour démontrer l'inanité de ces
appréhensions en 1962, 1965, 1979, 1988 et à plusieurs reprises depuis 1990; et c'est
assurément cette narguante stabilité de ses assises qui fait enrager les oiseaux de
mauvaise augure à chaque pénible échéance traversée avec succès.
Cette fois-ci aussi, n ' en déplaise aux hiboux lugubres, l'Algérie sautera le gué, la
paille à la bouche même avec le fusil en bandoulière. Elle survivra à l'épreuve et
mieux encore, se relèvera encore plus affermie sur ses jambes comme elle l'a fait à
chaque fois qu'on lui a prédit la culbute fatale...
Un quidam ne disait-il pas fort à propos que la marche n' est qu' une... suite de chutes
évitées !...
LA GUERRE DES WILAYA
Depuis quelques temps, on constate une ébullition dans les Assemblées Populaires de
Wilaya.
Cette effervescence contestatrice est de bon augure.
Elle n'a pas pour soubassement des intérêts bassement matériels des élus comme on l'a
déjà vu avec les grosses dotations Chromatiques des VIP d'antan ou la boulimie
gargantuesque de notre APN d'aujourd'hui.
Elle n'a pas pour motif la frénésie distributive qui caractérise les APC dont le rôle
de " moteur du développement local " a été perverti au point où elles ont
oublié totalement que la gestion ne se résume pas à la consommation des crédits mais
surtout à la génération des ressources et qui ressemblent aujourd'hui à ces nichées
d'oisillons qui, les yeux fermés, ouvrent goulûment le bec au moindre soupçon de
subvention qu'on s'apprêterait à accorder.
L'APW qui jouait à son corps défendant, le rôle de faire-valoir en votant des budgets
préparés d'avance ou des bilans (comptes administratifs) qui passaient comme lettre à
la poste parce que ses avis de profanes étaient toujours battus en brèche par les
justifications hautement technicistes, cette APW, confinée dans un rôle très peu
motivant de partenaire - à posteriori - de l'Administration, que celle-ci appelait lors
d'agapes pompeusement appelées " sessions ", à cautionner ses dérives, et qui
servait de défouloir à la population outrée par les inconséquences de cette même
administration, se trouvait prisonnière d'un code de Wilaya qui lui reconnaît beaucoup
de bonnes intentions mais très peu de pouvoir effectif.
Les Walis-caporaux qu'on a même dotés d'uniformes (où l'on compte pas moins de treize
poches !), forts de leurs positions d'ordonnateurs, ont compris qu'ils n'étaient là que
pour " ordonner " et se sont tellement plu dans leur autoritarisme qu'ils ont
tout naturellement fini par concevoir l'Assemblée de Wilaya dans le meilleur des cas
comme un syndicat parallèle à celui des fonctionnaires, dans le pire, comme un de leurs
services. Ils se sont habitués depuis plus de 7 ans (le temps d'une guerre !) à
travailler sans consulter autre chose que leur conscience ou la conscience trouble de
leurs égéries ou de leurs mauvais génies qu'ils ont fini par se considérer détenteurs
de la science infuse; et quand les assemblées - de surcroît pluralistes - sont venues
tempérer leurs ardeurs autoritaristes ou tenter de dévier leurs caprices (qu'ils nomment
" programmes "), ils ont compris que leur seule planche de salut pour pouvoir
continuer à faire la pluie et le beau temps passait par la dislocation de ces Assemblées
empêcheuses d'ordonner en rangs...
Et c'est ainsi que la guerre des Wilaya a commencé...
Quand même la Wilaya de Bouira, d'habitude si placide et si conformiste arrive elle aussi
à s'ébrouer, c'est qu'il est grand temps de voir où le bât blesse.
Et qu'on n'adopte surtout pas cette solution de facilité qui veut que, pour régler un
conflit on élimine un des belligérants.
Le Wali étant en lui même une institution de la République qu'on ne peut "
dissoudre ", on sera tenté de lui imprimer des mouvements qui ressemblent drôlement
à du " surplace ". Ces mouvements ont, depuis 1962, été utilisés avec plus
ou moins de bonheur, pour apaiser les rancœurs citoyennes et éloigner nombre de
malfaiteurs des lieux de leurs crimes (économiques s'entend).
Ne pouvant donc " dissoudre " le Wali, on pourrait appeler à de nouvelles
élections locales qui permettront seulement de gagner du temps (de perdre du temps, pour
parler plus juste).
Ces deux solutions sont des palliatifs pour désamorcer momentanément des crises
profondes parce qu'elles ne reposent pas seulement sur des incompatibilités d'humeur mais
sur une conception antidémocratique de la gestion des affaires du peuple, conception
provenant surtout de l'arrogance des décideurs qui croient que le peuple (et ses
représentants) sont irresponsables, incompétents ou immatures.
Les preuves des errements et des inconséquences de cette gestion administrative ( pour ne
pas dire bureaucratique) unilatérale sont pourtant données par tous ces projets dont le
gigantisme le dispute à l'irrationalité et qu'on abandonne à mi-parcours ou qu'on
traîne laborieusement durant des décennies alors qu'on a prévu de les clôturer en
quelques années, de ces innombrables structures qu'on inaugure en grandes pompes puis
qu'on laisse sombrer dans le chaos parce qu'on ne leur a pas prévu les conditions
d'exploitation, de ces changements de vocation qu'on arrête sur des coups de tête, de
ces milliards de milliards de Dinars dépensés pour une eau potable qui n'arrête pas de
bouder les robinets, de ces maternités rurales construites tambour battant et qu'on ne
peut faire fonctionner faute de... parturientes ! de cette agriculture sinistrée et dont
un FNDA dispendieux continue à arroser inutilement les parasites, de ces Sociétés de
travailleurs qui devaient succéder aux EPL dissoutes à tours de bras, mais qui
continuent à patauger dans les méandres inextricables de la bureaucratie... La liste est
hélas longue de ces imbécillités qui frisent le sabotage et qu'on exorcise de proche en
proche en emprisonnant les cadres ou en mutant les walis...
Le traitement radical à cette catastrophe nationale, lui, consiste à réfréner les
ardeurs dictatoriales des " Préfets " et à redonner au peuple son droit - non
seulement à la parole mais aussi aux choix des solutions qu'il juge appropriées à ses
problèmes en permettant aux assemblées élues de définir les axes de développement qui
tiennent comptes des spécificités et des vocations et des moyens de leurs régions, de
classer les priorités puis d'imposer à l'administration l'exécution des programmes
ainsi tracés, dans le respect des lois de la République.
C'est le moins qu'on puisse attendre de ce Code de la Commune et de la Wilaya dont la
gestation semble s'éterniser alors qu'il revêt un caractère d'urgence absolue...
QUE VIVE LA GUERRE !
Israël profite de toutes les occasions...
A la veille de la ruée touristique, il avertit les amateurs de dépaysement à la
libanaise qu'il leur est préférable de venir dépenser leurs dollars en des endroits
plus surs, c'est à dire en terre d'Israël.
Les Arabes s'inquiètent non des effets de l'agression contre le Liban ni des moyens de
répliquer ou du moins de faire face.
Ils conjecturent à perte de langue sur la responsabilité de ce Barak en lequel ils ont
placé tant d'espoirs...
Et certains voient même dans cette ignoble " hogra " le moyen idoine de...
re dynamiser le " processus de paix " en léthargie depuis trop longtemps. Comme
si la paix était une machine diabolique qui n'acceptait de carburer qu'en engloutissant
ces innocentes âmes auxquelles elle serait pourtant destinée...
Le Moyen-Orient a décidément trop vécu dans la guerre larvée pour s'accommoder d'une
paix durable que tout le monde prétend rechercher mais que personne ne souhaite..
A commencer par cet " État d'Israël " dont la philosophie même de la création
est la guerre puisqu'il s'est bâti sur l'idée de belligérance et se considère comme un
petit David face au gros Goliath. La guerre permanente est pour lui un acte de foi et il
n'hésite pas à la régénérer dès qu'elle montre des signes d'affaiblissement. On ne
construit pas comme ça, un pays artificiel, avec une mosaïque de peuples, sans leur
donner un péril commun et permanent pour préserver leur cohésion.
Ce n'est pas la guerre qui a eu raison de Sparte et, quoi qu'on dise, Israël n'est pas
Athènes...
L'état de ni guerre ni paix arrange aussi la plupart des régimes arabes de la ligne de
front et d'ailleurs.
Bâtis sur la brutalité et la démagogie, ces régimes n'ont réussi à reculer leurs
limites de survie et à reporter par conséquent l'insertion de leur pays dans la
démocratie que grâce à la menace permanente. C'est cette diversion providentielle qui
leur permet de continuer à jouer aux défenseurs sans rien défendre, aux libérateurs
sans rien libérer et de détruire toute velléité d'opposition au prétexte d'unicité
des rangs face à cet adversaire si commode...
L'état de ni guerre ni paix arrange tous les marchands de canons qui gèrent les
équilibres de la région en renforçant et en renouvelant tour à tour les armadas. Il
arrange aussi les pompeurs de pétrole en fragilisant en permanence les pays éponges
d'où ils peuvent puiser sans vergogne, assurés qu'ils sont de pouvoir imposer toutes
leurs conditions à des régimes qui n'ont de compte à rendre qu'à eux-mêmes.
L'état de ni guerre ni paix n'arrange pas, en fin de compte, que les victimes...
Mais les victimes, qui s'en soucie ?
L'HARA-KIRI PHENYXIEN DE
DJABRABI.
Les tribulations de Djabrabi sont d'une éloquence criarde pour tous ceux qui acceptent de
se donner l'effort de lire l'islamisme politique dans la réalité des faits et non dans
l'apparence trompeuse des intentions.
Voilà un petit roitelet de parti, imbu de sa personne et qui se conduit ostensiblement
comme un potentat dans sa propre formation, gérant les ressources comme bon lui semble,
théorisant et " théologisant " sur les questions de principe, fixant les
actions du quotidien... une sorte de gourou à qui il ne manquent ni la barbe ni la
calotte... ni le verbe.
Des militants trop naïfs ou trop malins, croyant ou feignant de croire à la vertu de
l'organisation interne de leur parti, clairement établie par ses statuts, actionnent les
leviers de la destitution, lesquels, sans trop forcer, éjectent en toute bonne logique,
en toute démocratie et en toute légalité ce président trop narguant, trop gênant,
trop envahissant ou trop encombrant.
Que fait alors Djabrabi qui n'attendait que ça ?
Au lieu de reconnaître la légalité de la mesure qui l'a frappé et d'accepter le
verdict des textes statutaires faisant ainsi prévaloir la logique sur l'empirisme, la
raison sur la passion et confortant la prévalence de la légalité sur l'aventure, il
quitte son parti où il ne peut se concevoir autrement qu'en président et s'en va créer
un autre parti en rameutant tous les zélés fans qui ne croyaient en son parti d'hier que
parce qu'ils croyaient en sa personne.
Ces zélés fans ne s'embarrassent d'aucun argument pour contester l'éviction de leur
chef; ils ne croient en fait à aucun argument car pour eux l'idée de " parti "
se confond totalement avec celle du " chef " et le seul critère de sélection
du " chef " chez ces gens là, c'est la " moubaya'a " et celle-ci ne
fait aucun cas de conditions électorales ou d'arcanes réglementaires mais obéit au seul
ascendant spirituel ou charismatique qui caractérise ce chef.
On n'élit pas un " émir ", on y croit, on l'intronise et on s'y soumet.
Cela démontre que les grands principes démocratiques ne sont brandis par certains que
pour s'insérer " a'la ouyoun ennass " dans le système démocratique parce
qu'ils n'ont pas d'autre douce alternative que celle-là comme carte d'accès.
Ceux qui ont crié au complot contre Djabrabi doivent se rendre à l'évidence que c'est
peut-être Djabrabi qui a précipité son divorce avec sa formation en ne laissant pas
d'autres choix à ses pairs parce qu'en fait de victoire, ce n'est pas ceux qui ont
hérité d'un récipient partisan sans contenu qui l'ont remportée mais Djabrabi qui a
réussi à se débarrasser d'une organisation assise sur des principes démocratiques
permettant le contrôle et donc l'alternance au sommet pour une sorte de secte où il est
assuré de régner en maître absolu, pour la vie... et même à titre posthume !
PLEURS AUX
PAIES BIEN AIMÉES ...
Le chœur des pleureuses qui a entonné sa
grande " mendba " après l'annonce par le Président de son départ ressemble
quelque part aux lamentations de la veuve vicieuse qui, faisant l'éplorée, se
tape sur les cuisses en pleurnichant: " Qui vous soulèvera ô mes malheureuses
jambes... "
Ce n'est en effet pas par compassion pour la détresse de Zeroual,
l'homme brisé de dépit par l'incompréhension, les faux-procès, l'ingratitude et
les peaux de bananes, que coulent ces larmes de saurien, ni pour les risques
qu'encourrait le pays. C'est pour le parapluie protecteur envolé, ou le confort
devenu aléatoire d'une position ou d'une situation privilégiées, que se désolent
en se tordant les mains les attentistes casaniers, les rentiers pantouflards et
autres parasites gluants devenus plus Zeroualiens qu' Ouyaya et qui nous ont
déjà habitués à être plus benbellistes que Ben Blabla, plus Boumédienistes que
Paul Balta, plus Chadlistes que Bendjedid, plus Boudiafistes que les humbles et
plus Kafistes que l'Ali qu'a tort...
Mais comme la veuve éplorée de tout à
l'heure lancerait une libidineuse twalwila au premier parti pris, vous verrez
que ce mur des lamentations se transformera par miracle en support à dazibao
favorables au futur président, quelle que soit sa couleur.
Parce que les
opportunistes ça discute les coûts, pas les couleurs
DE
L'INDIGNITÉ MINISTÉRIELLE A L'EXCÈS D'HONNEUR JOURNALISTIQUE
Il y eut d'abord l'inénarrable Messaoudi Zitouni, l'homme à la canne, ce ministre
chadliste auquel Abdelhamid la Science sans conscience avait confié le soin de détruire
en direct les capacités managériales de l'Algérie.
Puis vint Guidoum, notre Yahia de ministre dont la hargne le dispute à la brutalité et
qui, sous prétexte de remettre sur pied le secteur de la santé a cassé les jambes de
nombre de ses servants.
Et aujourd'hui, on découvre avec délectation que Belayat aussi sait user des coups de
gueules.
Sa grosse colère noire devant le barrage Lakehal (c'était inévitable !...) face au
Directeur de l'Hydraulique de Bouira fut un grand moment de télévision surtout quand on
l'a vu se retourner et esquisser presque un jeu de pieds à la Mohamed Ali comme pour lui
balancer son poing sur la figure en lui criant face aux téléspectateurs du monde entier:
" vous n'êtes pas un directeur, vous êtes un bureaucrate ! ".
En politique, la fin justifie les moyens .
Le prochain gouvernement étant en gestation avancée, les prétendants à des
portefeuilles ne s'embarrassent plus de civilités ni de réserves; l'essentiel c'est
d'arriver à s'arracher quelques sympathies présidentielles en faisant fi des convenances
et en bousculant les usages, bref, en plagiant le Président pour bien lui montrer qu'on
est digne de figurer dans son staff.
Et puis, le Président n'a-t-il pas clairement fait entendre qu'on ne doit pas exiger d'un
ministre des diplômes mais du charisme, de l'autorité et de la personnalité ?
Pour bien montrer qu'il répondait à ces conditions, notre tonitruant ministre de
l'équipement n'a pas hésité à les reconduire à un niveau plus bas dans la
hiérarchie: celui de Directeur de Wilaya. Et son reproche au Directeur de l'Hydraulique
signifiait clairement que les hommes des dossiers devaient céder la place aux hommes du
terrain...
Un homme simple de chez nous disait en clignant de l'œil pour bien montrer qu'il ne
fallait jamais le prendre au mot: " quand je parle de Palestro, c'est Bouira que je
vise ". Et Monsieur Belayat en sermonnant en public le Directeur de l'Hydraulique ne
devait rechercher en réalité qu'un satisfecit de qui vous savez...
C'est très plausible... Lisez donc le compte rendu du correspondant du Matin du 9 Août
1999 et vous comprendrez que le reproche qui a engendré la crise de nerfs du ministre
n'avait rien de sincère.
Contentez-vous de cette lecture parce que si vous cherchez à lire entre les lignes, vous
découvrirez que ledit compte rendu n'est pas très très innocent...
Il y est dit pince sans rire que le cadre visé était " l'un des meilleurs
gestionnaires de la Wilaya de Bouira " . Rien que ça !
Et là, on peut si vous voulez bien, spéculer sur cette appréciation pour le moins
subjective.
Qui donc peut décerner aujourd'hui le titre de bon ou mauvais gestionnaire et en foi de
quoi ?
Si l'on se base sur les résultats de la gestion, la catastrophe est criarde. Demandez le
donc aux habitants des communes de Djébahia et Aomar qui vivent littéralement sans eau
depuis 7 ans et demi (le temps d'une guerre de libération); demandez le aux habitants
d'Ahl El Ksar qui attendront encore longtemps avant de voir couler le précieux liquide
dans le robinet en dépit des dizaines de milliards engloutis dans le projet d'AEP,
demandez le aux habitants d'El Hakimia, de Kalous, des 7 villages, de Taourirt...
demandez-le à tous les habitants de la wilaya, de Guerrouma à Ath Mansour, de Dirah à
Aomar et vous aurez une réponse cinglante... Renseignez-vous sur les périmètres
d'irrigation, le sort que connaissent les retenues collinaires, le réseau
d'assainissement, les stations d'épuration, les forages sauvages...
Moralité: c'est pas très beau un ministre qui profite de sa position et de la caméra
pour humilier un cadre alors qu'il a tout le loisir de le recevoir en son bureau et de lui
passer tous les savons qu'il veut.
C'est encore plus moche, une presse qui prend prétexte de ce savon pour laver un peu trop
blanc un cadre qui n'a pas plus de mérites que ses collègues...
UNE HISTOIRE DE JUS
La dernière fois il était question d'eau, aujourd'hui nous parlerons du jus.
Un petit tour à ce grand dépotoir qu'on appelle Souk de Sidi -Aïssa où l'on déverse
par pleines cargaisons tous les produits de la contrefaçon et des rebuts hors normes de
l'industrie d'Europe et d'Orient (le moyen et l'extrême) permet à l'observateur le moins
perspicace de remarquer l'extraordinaire afflux des appareils de chauffage à résistance
électrique.
Devant les amendes salées que Sonelgaz sert à chaque fois qu'elle vient relever les
compteurs, cet observateur ne pourra s'empêcher de conclure que l' Algérien est un
masochiste doublé d'un ronchonneur né puisqu'il continue à s'acheter ces résistances
malgré les ponctions d'Ouyahia, les mises en chômage d'Abou Jarra, les médicaments non
remboursés de Guidoum, les rackets de qui vous savez etc...
En fait ce brusque engouement pour l'ohm et l'effet joule découle d'une pratique à
grande échelle de l'art de la resquille; et de source sûre, ce sont des villages entiers
qui ont profité des années durant (et qui continuent peut être à le faire) d'un
ravitaillement en jus à l'oeil faisant cuire même la galette sur des résistances
chauffantes au lieu et place de la bonne vieille tabouna à gaz butane (tout le monde a
d'ailleurs remarqué que la bonbonne de gaz n'est plus devenue un objet de spéculation et
que les ramasseurs de bois n'ont plus joué à cache cache avec les gardes forestiers qui,
d'ailleurs ne se font plus voir grâce justement à la disponibilité de l'énergie
électrique gratuite).
C'est un petit malin qui a un jour découvert l'astuce du disjoncteur qu'on ouvre et du
petit pont cuivré qu'on soulève comme on soulèverait une écluse pour laisser se
déverser tout le jus sans passer par le compteur. Le téléphone arabe a par la suite et
en moins de temps qu'il faut pour transmettre un sujet du bac de Souk Ahras à Beni Saf
fait son travail et l'Algérie toute entière s'est mise au courant à l'oeil.
les gars de Sonelgaz ont fait semblant de ne rien comprendre en dépit d'une hausse
pourtant remarquable des ventes de résistances, de chauffages à bains d'huile, de
climatiseurs, de ventilateurs, de fours à micro-ondes et d'ampoules de plus de 100 watts;
et, pour ne pas perdre au change, ils s'en sont allés gonfler les factures des pauvres
poires qui continuaient à consommer honnêtement, comblant ainsi le manque à gagner
occasionné par les resquilleurs.
Comme quoi l'argent de l'énergie ne se perd pas, ne se crée pas mais se compense...
Mais comme il fallait bien que l'hémorragie s'arrêtât avant que les gros naïfs ne
rejoignent eux aussi la cohorte chaque jour un peu plus grosse des petits malins, Sonelgaz
a fini par mettre un holà à la pagaille en la forme d'un plombage sur le compteur après
fermeture de l'écluse, jugulant momentanément l'effusion en attendant que les petits
malins inventent un autre système de soutirage de jus sans bourse délier...
Le bilan de l'opération re plombage des compteurs et ce qui en a résulté comme
économies d'énergie devrait être rendu public pour que le commun des branchés prenne
la juste mesure de notre sens du civisme et que la Sonelgaz se rende compte de ce qu'il
lui en coûte de faire confiance au seul civisme de ses clients...
Si la fetwa implicite qui rend halal ce qui appartient à État depuis le beylik était
abrogée par un sursaut de bon sens et que la chariaa devait être appliquée ce sont les
4/5 de nos pieux concitoyens qui devraient se faire amputer de la main pour vol de jus et
la Sonelgaz dissoute par anticipation pour complicité par passivité...
KOSOVO:
DISTRIBUTION DE RÔLES
SUR FOND DE MASSACRES.
L'épreuve que vit le Kosovo est doublement cruelle...
Cruelle pour les exactions et les sévices commis par les Serbes et qui auraient
constitué matière à réactiver Nuremberg, si par bonheur les crimes contre l'Humanité
n'avaient pas été reconnus propriété exclusive du " peuple élu " .
Cruelle surtout par le cynisme des membres du Conseil de Sécurité de l'ONU qui se sont
partagés la tâche entre va-t'en-guerre qui font les matamores pour montrer qu'ils sont
décidés à frapper, sans convaincre parce que leurs cris de guerre qu'ils veulent
inquiétants ressemblent à des gros rires amusants et adversaires de l'intervention
armée qui font l'effort de froncer les sourcils pour bien montrer qu'ils ne plaisantent
pas...
La partition est si bien réglée que nous sommes seuls, dans notre naïveté à croire
les uns et les autres, en oubliant très vite que quand l'Oncle Sam veut donner du bâton,
il se fiche bien de l'avis d'autrui; les exemples de la Libye, de Grenade, de Noriega, de
Saddam, de l'Afghanistan et du Soudan sont pourtant là pour montrer que quand il prend la
précaution de demander d'autre avis, ce n'est pas pour s'autoriser à frapper mais pour
s'excuser de ne pas frapper...
Milosevic peut continuer à épurer éthniquement, ce n'est pas demain la veille que le
Conseil de Sécurité interviendra et gageons que, même que s'il intervient, il se
trompera de cible...
UNE
LEÇON POUR LES
DONNEURS DE LEÇONS
En suivant Cavada et ses invités dans sa marche du siècle, on à découvert en filigrane
une fixation tenace sur un doute quasi hanounien quant au respect des droits de l'homme
par les forces de l'ordre qui combattent les tenants du désordre, responsables de la
" fdhih'a " nationale que vit ce peuple que tout le monde s'accorde par ailleurs
à raison, à reconnaître tolérant, pacifique, endurant et courageux .
Sous d'autres cieux et en d'autres temps, durant la longue, pénible et très souvent
tragique marche de ce siècle insipide, d'autres contrées, dont celle de Cavada ont elles
aussi, connu des moments forts de terreur, de sang et de boue.
Les ennemis allemands de 94-17 n'égorgeaient pourtant pas sans distinction et pour le
seul plaisir d' égorger; mais la haine vouée aux soldats boches pour leur combat pour
leur idéal ou pour leur kaiser leur a valu par extension une haine littéralement "
génocidaire " pour toute la race teutonne, haine qui peut être illustrée par ces
deux extraits en français dans le texte de journaux de l'époque:
" La race allemande porte en elle un germe morbide de méchanceté que, ni la
transplantation, ni la transfusion de sang ne peuvent guérir. L'allemand, même devenu
américain, reste mauvais, - comme le choléra, même travaillé au laboratoire, reste
mortel. "
L'Illustration n° 3889
du 18 septembre 1917
" Il faut traiter les Allemands comme on traiterait les bêtes féroces; en tuer, en
tuer encore, en tuer toujours plus... "
FRANK SIMONDS " La Tribune " (repris par L'illustration du 18 septembre 1917)
Dieu merci, malgré les terribles épreuves qu'endure notre pauvre peuple, il reste
parfaitement conscient que le phénomène du banditisme terroriste conjugué à
l'islamisme nihiliste doit être considéré comme une maladie qu'il faut traiter et non
comme une tare atavique qu'on ne peut éliminer qu'en éliminant ceux qui la portent.
LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE
PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Monsieur le Président, je vous écris cette lettre pour vous dire que je suis en bonne et
en parfaite santé, j'espère qu'elle vous trouvera de même.
A la claire fontaine m'en allant promener, j'ai trouvé l'eau si belle que je m'y suis
baigné. J'aime l'âne si doux marchant le long des houx, il a peur des abeilles, il bouge
ses oreilles. Au clair de la lune mon ami Pierrot, prête moi ta plume pour écrire un
mot. Frère Jacques, frère Jacques, dormez-vous, dormez-vous, sonnez les matines, sonnez
les matines, ding deng dong. Il était un petit navire qui n'avait ja... ja... jamais
navigué. Eh marin prends la barre, vire au vent et largue les ris... Les parents qui
m'ont nourri n'ont jamais connu mon nom, on m'appelle, on m'appelle fleur d'épine et
fleur de rose; fleur d'épine et fleur de rose c'est un nom qui coûte cher ? Oh oui car y
coûte, car y coûte le double tiers de la valeur de cinq écus... Trois jeun' tambours
s'en revenaient de guerre, trois jeun' tambours s'en revenaient de guerre et ri et ran et
ranpataplon... Auprès de ma blonde qu'il fait bon, fait bon, fait bon, etc... etc...
Monsieur le Président, c'est pour ne pas être en reste que je vous ai écrit ces
quelques mots qui, je l'espère, vous trouveront en bonne et en parfaite santé.
C'est à dire, moi, j'ai vu tout le monde vous écrire, alors moi aussi je vous écris.
Y en a qui vous écrivent des lettres de félicitations auxquelles d'ailleurs, vous
répondez toujours, y en a qui vous écrivent des lettres de réclamations pour vous dire
que la justice a été injuste avec eux, y 'en a qui vous écrivent des lettres ouvertes
pour dénoncer le maire qui ne leur a pas donné de logements (ceux qui ont eu les
logements, ils vous écrivent pas des lettres pour vous dire que le maire il est bien; ce
sont des ingrats), y 'en a qui vous écrivent des lettres pour vous raconter leurs
problèmes avec leurs associés, y ' en a même qui vous écrivent de grandes lettres
pleines de référence à la religion, de hadiths et de sourates non pour vous dire qu'ils
regrettent ce qu'ils ont fait mais pour vous dire qu'ils sont disposés à ne plus
continuer à faire ce qu'ils ont fait.
Moi je vous félicite pas parce que pour le boulot qu'on vous a donné, il faut plutôt
vous plaindre, je ne vous dis pas que la justice elle est injuste parce que j'ai jamais
mis les pieds au tribunal sauf pour retirer mon casier judiciaire, je dénonce pas le
maire parce que moi, je suis logé, blanchi et nourri par mes parents, je dénonce pas mes
associés parce que j'ai pas d'associés ... je vous écris pas une lettre religieuse
parce que je connais pas beaucoup la religion, et puis, moi j'ai rien fait.
Je vous écris juste pour vous écrire en espérant que mes écrits vous trouveront en
bonne et en parfaite santé.
J'espère que vous ne m'en voudrez pas de vous écrire pour ne rien vous dire... de toute
manière, c'est poétique, c'est pas méchant et ça ne nécessite pas de réponse.
Dans l'attente de votre réponse que j'espère favorable, veuillez agréer mes salutations
distinguées...
LITTLE BIG MAN DANS TOUS SES ÉTATS...
A lallure où ça va, notre Little Big Man de Président va finir par nous aliéner lamitié du peu de camarades quil nous reste et nous attirer bien des ennuis.
Je lai vu, à Crans-Montana, répondre du tac au tac aux représentants des médias et ses réponses cinglantes comme des coups de fouet, ont dû indisposer plus dun.
Il a dabord remis en place un français qui a osé piétiner nos plates bandes en senquérant sur le sort des deux compères par qui tous nos malheurs sont arrivés.
Sans trop savoir ce qui lui arrivait, le monsieur a dû supporter le doigt accusateur de notre Président qui, le prenant pour ce quil nest pas , lui a reproché de sintéresser à ce qui ne le regardait pas au lieu de se contenter de poser de questions relatives aux relations entre les deux pays.
Le pauvre journaliste eut droit par son pays interposé, à une belle volée de bois vert.
Mais cela n a pas empêché Little Big Man de profiter de la question posée pour faire un signe damitié aux gens du FIS en les rassurant et en leur disant que leurs deux Sachems adorés se portaient comme des charmes, leur chantant presque: " Ya Djebha, ya Inkadh, Ali ou Abass rahoum labass "...
Ce fut ensuite un pauvre Arabisant qui sest cru futé et qui a dû se farcir une réponse en Français à une question posée dans le respect de la Loi portant généralisation de lutilisation de la langue Arabe.
Cette grave atteinte aux usages ne manquera sûrement pas dêtre exploitée par la faune des identaristes qui fait de larabe son fonds de commerce. Ce nest dailleurs pas la première fois que le Président ose faire un pied de nez à cette " constante " et cest peut être lune des raisons pour lesquelles le pauvre Hadjar qui a mis tant de coeur à la tâche a fini par en souffrir...
Faisant preuve dabord de galanterie pour lui faire baisser la garde, notre Little Big Man est, par la suite et sans crier gare, tombé à bras raccourcis sur une bonne dame qui a osé dire ce que le français a voulu taire.
" Je vous connais, vous, on sest rencontré à Paris ", lui a cligné de loeil notre Président comme pour lui rappeler un souvenir compromettant. Puis, en véritable rustre, il a oublié toute sa galanterie pour lui reprocher de se dédouaner envers la France qui laccueille en lui rendant la pareille par des questions que ses représentants lui auraient presque soufflées.
En dehors de cette agressivité (payante) avec laquelle notre président nous a maintenant habitués à discuter avec les journalistes, il y eut aussi quelques grosses affirmations qui vont, à coup sûr générer de belles colères chez les gardiens de certains temples, telle celle qui dit que tous les Algériens sont Gaulliens (que certains vont vite transformer en " gaullistes "), ou ce jugement sans appel par lequel lui qui se défend de juger nos terroristes mais affirme essayer de les comprendre, condamne Milosevitch pour ce quil a fait au Kosovo ou encore cette très courageuse sortie par laquelle il met dans le même panier à crabe tous les canardeurs davions civils dont certains et non des moindres narrêtent pas dessayer de faire rendre gorge à Kaddafi.
II y eut par ailleurs ce satisfecit adressé au RND quil a qualifié de premier parti. Satisfecit qui va sûrement faire affluer dans les jours qui suivent une foule dopportunistes, toujours aux aguets pour voir dans quelle direction souffle le vent...
Il y eut aussi cette terrible sentence par laquelle il a accusé ses colistiers des Présidentielles datteinte à la Constitution et quil devrait, lui qui est garant de son respect, faire suivre des mesures en conséquence pour ne pas être accusé den être un mauvais défenseur.
Il y eut encore cette ritournelle qui commence à devenir lassante et qui ressemble à un chantage au sommet, par laquelle il menace encore une fois de rentrer chez lui au cas où son projet de réconciliation est rejeté; et puis cette proposition très lourde de sens et surtout de conséquences si elle venait à être acceptée et par laquelle les éléments de lAIS veulent se donner une virginité en détruisant leurs clones du GIA, réduisant lANP, seule force constitutionnellement chargée des opérations militaires à un rôle de spectatrice...
Il y eut ce nombrilisme qui lui fait dire que lAlgérie est le centre du Maghreb et presque le Centre du Monde et dont la vanité a par la suite été tempérée ou justifiée par son affirmation par laquelle il avoue que lAlgérien est si narcissique...
Il y eut deux ou trois grands défis lancés à lassistance et quon espère quelle ne relèvera pas - surtout parce que cest nous, les contribuables qui devrons casquer et que nous avons mieux à faire de notre argent que dinviter sans quon se fasse prier, toutes sortes de voyeurs à venir assister à un strip tease indécent, inutile et de surcroît gratuit.
CHASSEZ LE NATUREL
D'UN PEUPLE, IL
REVIENT AU GALOP.
La scène se passe dans un camps de prisonniers durant la guerre mondiale.
Dans le froid et la gadoue, des prisonniers de toutes les races sont entassés sous la
surveillance des cerbères allemands.
Dans un coin du camp, se sont regroupés les Algériens.
Nous sommes en période de Ramadhan.
La petite communauté s'est organisée; les personnes âgées et les souffrants
sont étendus par terre; les hommes valides se sont délestés de leurs paletots élimés pour les
recouvrir. Quand arrive le moment de la distribution du
pain que les allemands jettent aux prisonniers par dessus les fils barbelés, c'est la
grande cohue.
Les hommes valides parmi les algériens participent à la bousculade pour arracher leurs
parts de nourriture.
Mais, contrairement à toutes les races présentes; nos hommes qui jeûnent en dépit du
froid et des privations, ne s'accaparent pas le pain pour eux-mêmes.
Quand ils ont fait provision suffisante de nourriture, il rejoignent leur coin et là, ils
déposent leur butin: quand arrive le moment de la rupture du jeune, ils se le partagent
en commençant par les invalides.
L'homme qui a raconté cette histoire jure avoir vu des hommes valides qui ont jeûné
toute la journée puis qui se sont bousculés pour récupérer le pain, rester sur leur
faim en se privant de nourriture au profit des malades et des plus vieux...
Et c'est ce peuple, sympathique, bourru et frondeur mais aussi naïf, spontané,
magnanime, hospitalier, profondément pieux et très discipliné, que des manipulateurs
djinnitiques ont voulu transformer à coups de fetwas, de serments et de sermons en hordes
sanguinaires hirsutes ou en concentrés de haine potentiellement déflagrants.
L'échec de cette entreprise est aujourd'hui consommé. L'assourdissant " seb'a
sinine barakat " qu'a clamé le peuple du fonds de ses tripes le 16 septembre en est
la preuve.
Et les semeurs de haine et de discorde doivent, s'ils sont de bons élèves de l'Histoire,
avoir retenu cette leçon magistrale qui vient de leur être administrée: On ne peut
chasser le naturel d'un peuple car il finit toujours par revenir au galop...
DE
L'OBSCURITÉ A L'OBSCURANTISME
Les phénomènes cosmiques dont la périodicité est trop longue pour les rendre habituels
et dont les effets à grande échelle sont spectaculaires entraînent les grandes peurs
existentielles.
Ces peurs irrésistibles poussent l'homme à chercher refuge non plus chez ses semblables
dont il comprend brutalement la grande faiblesse mais auprès de ses Divinités auxquels
il a reconnu implicitement la toute-puissance.
C'est ce moment de grande fragilité qu'investissent les sorciers de tout acabits pour
imposer leur rôle d'intermédiaires ou de commis de ces Dieux refuges ou sauveurs,
fonction grâce à laquelle ils se sont acquis les privilèges les plus étendus.
Et ces manifestations assimilées à des colères des Dieux sont infailliblement
expliquées par le mécontentement de ces Dieux devant les incartades des ouailles...
Il n'y a jamais de mea culpa de la part des fondés de pouvoir. Ce sont toujours les
autres qui ont tort. Eux, à l'image de ceux qu'ils représentent, sont infaillibles.
C'est pareil chez tous ceux qui se croient investis de la confiance absolue des Dieux;
qu'ils soient sorciers, gourous, rabbins, prêtres, chamans ou... imams.
Et c'est comme ça que l'éclipse, phénomène tout à fait naturel, génère non
seulement l'obscurité, mais aussi... l'obscurantisme!
OUYAHIA
N'AIME PAS LE COUSCOUS...
Dans mon village, à la campagne, nos habitudes culinaires sont en train de connaître un
étrange bouleversement à cause d'Ouyahya bon banania et de sa drôle de politique
économique qui n'arrête pas de nous appauvrir sadiquement comme si nous devions expier
un crime de bien-aise que nous aurions commis en acceptant sans être consultés le PAP de
qui vous savez...
C'est carrément tout un pan de notre culture qui s'effrite; et si ça continue comme ça,
nous n'allons plus nous reconnaître.
Nous les gens de Bergerie, nous ne nous compliquions pas trop la tâche pour élaborer
notre menu quotidien; nous faisions rouler notre couscous dans des opérations de
volontariat féminin puis nous le stockions pour le manger durant les 365 dîners de
l'année, aux fèves vertes assaisonnés d'huile d'olive au printemps, au leben en été,
au raisin en automne, au fèves sèches et sauce piquante en hiver... Ca marchait très
bien. Notre petit déjeuner était composé d'une bonne tasse de lait en toutes saison et
notre déjeuner de tout venant.
Ca marchait très bien disais-je, jusqu'à la venue d'Ouyahia qui a d'abord tout fait pour
nous rendre la semoule inaccessible, ce qui a éliminé les retrouvailles colorées des
femmes rouleuses; et pour ne pas s'arrêter là, il a permis à des évadés de la
fiscalité qu'on nomme pudiquement importateurs de nous ramener par petits sachets un
couscous insipide d'outre frontière, séché non pas par notre beau soleil mais par de
froids séchoirs automatiques.
Il a ensuite tellement fait monter le prix du carburant et de l'électricité que nos
fellah, essoufflés à courir après le moyen de payer leurs redevances ont oublié de
travailler la terre et nous avons vu notre huile d'olive qui représente depuis la nuit
des temps notre carburant humain monter vers des cimes inaccessibles puis il a encore
permis à des destructeurs d'économie appelés pudiquement importateurs de nous ramener
une autre zit k'bayel de Syrie - il est vrai que ce pays compte quelques k'bayel exilés
mais leur huile n'est pas imprégnée de notre sueur et l'on voit tout de suite la
différence...
Et, sans couscous, sans zit K'bayel, nous avons dû passer au printemps, la mort dans
l'âme et le regard en biais, à côté les tas de fèves vertes en détournant la tête
pour ne pas souffrir devant ce gâchis...
On pensait se rattraper durant les autres saisons mais, en été l'Ouyahia n'a pas trouvé
mieux que d'augmenter le lait en sachets ou de lui inoculer la brucellose et en automne
les produits phytosanitaires qu'il a oublié d'importer ont permis au mildiou d'avoir
raison de nos vignobles à tel point que, de mémoire de Berbère, le raisin n'a jamais
été si catastrophé depuis Adam...
Quand arrivera l'hiver, nous pourrons enfin revenir pour une saison, pour une saison
seulement, à notre culture culinaire. On se gavera de couscous tunisien copieusement
arrosé d'une sauce de fèves américaines que nous colorerons de concentré de tomate
turque jusqu'à lui donner une couleur rouge écarlate !
Ca nous permettra, en mangeant hargneusement durant les sombres et froides nuits de notre
hiver, de nous débarrasser de cette envie de sang qui nous bloque la gorge comme une
émotion trop insistante, devant cette terrible et quasi irrémédiable atteinte à notre
tradition culinaire qui constitue l'un des aspects originaux de notre identité, (n'en
déplaise aux berbèristes qui font de la langue leur unique cheval de bataille)...
NOUS N'AVONS PAS DE PILULES MAIS NOUS AVONS DES IDÉES...
La pilule dite " du lendemain " est dorénavant mise à la
portée des jeunes françaises quand Cupidon les emmène trop loin de Platon...
Des accidents du genre étaient habituellement traités à l'IVG et c'était coûteux,
risqué et traumatisant.
Les statistiques hexagonales parlent de 230 000 IVG par an dont 6000 sur adolescentes;
c'est vous dire que ça frôlait la catastrophe nationale.
Nous autres, nous n'avons pas de pilules mais des idées.
Pour éliminer tous ces problèmes, nous avons trouvé une méthode radicale que nous
avons expérimentée avec quelques succès depuis quelques temps dans les lieux de
roucoulade habituels des forêts et des campus.
C'est une méthode économique puisqu'elle ne fait appel ni au condom ni au stérilet ni
à la pilule mais seulement à la descente des pasdarans et au gourdin.
Et les descentes, les pasdarans et les gourdins, vous en conviendrez, c'est pas ce qui
nous manque ...
![]()
LE RIDICULE NE TUE
NI LES ARABES...
NI LES BERBÈRES !
Le sieur Fayçal d'El Jazira n'a pas trouvé fruit plus excitant à accrocher à son arbre
arabe à palabres que la question de la loi sur l'arabisation...
Pour sa salade, il a utilisé cette grosse légume de Hadjar et un cornichon de marocain;
un vieux roublard obtus et un pauvre ringard aigu qui n'ont pas arrêté de tourner autour
du pot, en évitant d'attaquer le sujet sous l'angle droit qu'il mérite.
Et l'on eut droit à un véritable cinéma arabe où le gros algérien et le fluet
marocain n'ont pas cessé de s'accuser réciproquement de francophilie sous le couvert
hypocrite d'une francophobie de façade et où le marocain chargé à bloc, oubliant la
cause qu'il était sensé défendre, s'est mis à placer des piques insidieusement
subversives que l'Algérien, respectueux des usages refrénait difficilement ses envies de
démonter par des contre-attaques fulgurantes, semblant avertir son vis à vis par un
malicieux " teskout oualla n'goul !... " que sa retenue toute diplomatique (et
pour cause!) ne lui a pas permis de mettre à exécution.
Le Marocain qui n'était au fait de rien ou de si peu s'est laissé aller à l'invective
envers Boumediene, Nasser, Khaddafi et a même proféré d'énormes énormités sur un
prétendu assainissement racial des touaregs, concocté de surcroît entre le F.L.N. et De
Gaulle, pas moins !...
Croyant avoir découvert l'eau chaude, le sieur Fayçal, suggère au vieux Hadjar que la
création de partis basés sur la revendication culturelle ne peut s'expliquer que par la
réalité d'une ignorance ou d'une répression de cette culture, justifiant ainsi le
besoin de la cause... mais sans trop craindre de se contredire, il continue à se
questionner avec un dépit visible sur le foisonnement d'une presse francophone (et qui
dérange apparemment un peu trop nos frères arabes !) au détriment d'une presse
arabophone, sans prendre la peine de s'expliquer, tout bêtement, que là aussi, c'est une
simple question de réponse d'une offre à une demande...
Il y eut aussi de grands moments de parfaite rhétorique baveuse comme seul un Athmane
Saadi - issoued saadou - sait en user et abuser.
Il y eut d'autres interventions intenses, en particulier celle d'un autre Moghrabi qui a
précisé que les byzantins ont aussi eu leur heure de gloire en nos contrées... mais
avait-il besoin de l'affirmer si péremptoirement quand nos débats en témoignent de fort
belle manière !...
Le ridicule ne tuant ni les arabes ni les berbères, la séance s'est quand même
terminée sans aucun dommage pour les protagonistes et c'est tant mieux pour eux... et
tant pis pour nous !
A QUI PROFITE LE CRIME ?
Ce n'est absolument pas parce qu'elle a crée des drames que la guerre s'arrête
difficilement.
C'est un leurre trop bien entretenu que d'avancer l'idée d'un impossible repentir ou d'un
impérieux besoin de vengeance comme motifs entretenant la poursuite des hostilités.
Si cela avait été le cas, aucune guerre au monde ne se serait arrêtée.
Ce ne sont pas les amputés d'une partie d'eux-mêmes (bras, jambe, fils, père...), qui
trouvent intérêt à faire perdurer une situation dont ils connaissent mieux que tout le
monde l'incommensurable cruauté... Ceux là ont eu leur part du malheur et même s'ils
ressentent quelque part que l'injustice dont ils ont été victime impose aux coupables
les châtiments qu'ils méritent, ils refusent d'appeler à la vengeance pour ne pas
dénaturer la noblesse du combat civilisationnel pour lequel ils ont été martyrisés ou
ont concédé des martyrs.
Ce qui les dérange, ce n'est pas autant l'impunité des coupables que leur morgue.
Ce n'est pas autant l'indifférence qu'on semble accorder à leurs forfaits que la
déférence qu'on accorde à leurs personnes.
Ce ne sont pas non plus les égarés, coupables pour faire plaisir à leur émir d'avoir
commis les plus horribles atrocités, qui découvrent sur le tard que cela n'avait aucun
sens ni aucune finalité et que leurs forfaits finissent inéluctablement par rattraper
pour en faire des loques humaines détruites par le regret, qui perpétuent l'état de
guerre civile.
Les guerres civiles se perpétuent uniquement parce que des messieurs ont constitué des
fortunes ou se sont acquis des statuts pour lesquels la paix est fatale.
Qui fera admettre en effet à un " émir " ayant acquis le pouvoir de vie ou de
mort sur ses troupes et sur le peuple, détenteur de la puissance du feu et du fric et
dont les désirs culinaires ou sexuels sont des ordres, la seule idée d'abandonner toute
cette puissance pour se retrouver tôlier ou vendeur d'olives ?
La même question peut se poser aussi de l'autre côté de la barrière (exclusion faite
des corps constitués et dont l'organisation et la discipline empêchent justement la
constitution de pareils statuts et les percées vertigineuses de certaines personnes) mais
nous ne la poserons pas. Quand la décantation s'opérera, on finira par découvrir que
réellement, à quelque chose le malheur a été vraiment bon... pour certains.
Et si aujourd'hui on fait d'un côté, un usage immodéré des rancœurs légitimes des
victimes et/ou de leurs parents, de l'autre une autojustification acharnée sur des actes
ignobles qu'on a fait faire à des exécutants trop conditionnés pour en être reconnus
responsables, ce n'est ni dans intérêt des premiers ni dans celui des seconds, mais
seulement dans celui de tous ces opportunistes qui se sont fait des statuts et des
fortunes au détriment des premiers et des seconds... CQFD !
On a eu droit ce jeudi sur une chaîne de télévision à un beau reportage sur le retour du loup en montagnes dhexagonie.
Personne na vu la bête mais on a trouvé les traces sanglantes de son passage, des traces si évidentes que personne nose poser la question de qui tu qui ?
Les paysans qui peuvent démontrer que l’œuvre est bien celle dun loup et non celle de chiens errants peuvent aspirer à un juste dédommagement qui atteint 400 à 600 FF la tête (1fois et demi son prix !!!).
Ce prix fort que paye létat français vise deux objectifs:
1- empêcher les bergers de faire justice eux-mêmes en détruisant le loup qui est un animal protégé
2- assister les paysans en leur évitant des pertes dont ils ne sont pas responsables.
Chez nous, depuis quelques temps la vie sauvage a littéralement repris le dessus. Le sanglier qui na plus de prédateurs se promène en famille et en plein jour devant le Bon Dieu et Ses hommes.
Certains disent même quil est devenu nécrophage puisquil aurait labouré même des tombes fraîches dans certains cimetières...
Les fellahs crient à qui veut les entendre quil est vain de se fatiguer à planter des pommes de terre, des petits pois ou des melons et inutile dentretenir les pommiers, les figuiers et les vignobles puisquon est certain de ne récolter que des crottes de sangliers mais ceux qui doivent les entendre semblent occupés à ouïr seulement les voies des urnes...
Dans ce silence narguant, on nentend même pas les voix décologistes défendre la bête incriminée afin de donner au moins lillusion que le gâchis sert à quelque chose.
Entre-temps, pour se protéger, les pauvres fellahs se rabattent sur la clôture...
Et là, malgré une loi de finance qui les a exemptés de TVA sur les inputs, les inspections des impôts leur refusent systématiquement lattestation dexonération de taxe sur les grillages et accessoires de clôture.
Quand on sait seulement que cette TVA est de 21 %, on mesure limmense fossé qui sépare la conception quon se fait de ses paysans en hexagonie et celle que nous nous faisons de nos fellah dans notre polygone étoilé.
QUI RECULE
N'AVANCE PAS...
Le château de Versailles qui vécut les ébats du Roi et de sa cour a organisé un voyage
dans le temps pour quelques 400 nostalgiques de la période Louis VIX qui ont été
conviés à y passer la nuit du Nouvel An comme cela se passait il y a 110 ans.
Ces nostalgiques ont dû payer très cher leur retour au passé puisque la note pour ce
voyage dans le temps s'est élevée à 8000 FF.
Chez nous, la machine à remonter le temps dont on graisse les rouages et dont on asticote
les chromes depuis que le Président à décidé de quitter la soucoupe en pleine
éruption scolaire et scalaire; cette machine est appelée de tous les vœux des comités
de soutien à nous faire vivre la très peu emballante aventure d'un voyage qui peut aller
jusqu'à 30 ans en arrière.
La première consolation, c'est que ce voyage qui, faute d'être sidéral est pour le
moins sidérant, est gratuit parce qu'il survient juste après le départ d'Ouyahia qui ne
nous a laissé en guise de couverture financière que la feuille de vigne.
La seconde consolation, c'est que cette fois-ci le plus long saut à rebours qu'on
pourrait nous faire faire est de 30 ans alors que nous avons failli, il y a seulement 8
ans, faire un retour en arrière de 14 siècles ...
Mais ce sont tout de même de bien maigres consolations car, pour notre malheur ce petit
retour en arrière peut n'être qu'un saut transitoire, une sorte de mise en forme pour un
autre bond, le big-one vers l'inconnu...
![]()
LES REVIREMENTS
Le vieil homme malade sans doute traité à l'aide d'un viagra politique de premier plan
prescrit par l'Oncle Sam et administré par Israël, semble retrouver une vigueur
insoupçonnée.
De l'étalage des biceps vers son voisin Grec, il passe à l'exhibition de tous les
attributs de sa virilité à la pauvre Syrie qui crie comme une vierge effarouchée au
point où elle alerte même le pays des Pharaons qu'elle a répudié, lui laissant en
guise de réparation le nom de leur union et se blottit littéralement dans les bras de
Big Dad avec lequel elle a divorcé après un mariage baath...
La scène régionale s'emballe avec en arrière plan un Euphrate qui coule en apparence
paisiblement ses eaux vitales.
La Grande Porte qui fête je ne sais plus quel anniversaire de son incursion dans la
laïcité et qui n'arrête pas de repousser les assauts insistants d'un islamisme qu'elle
a insrumentalisé pour cimenter une union battue en brèche par ses Arméniens, ses Kurdes
et ses gens de gauche se retrouve dans les faveurs d'un Occident soucieux de ne plus faire
exploser les régimes arabes qui le gênent mais de les faire imploser ou de les tenir en
respect par des gardiens locaux... afin d'assurer la sécurité de ses approvisionnements
en or noir.
Les faveurs de l'Occident pour ce pays qui a un pied en Europe, l'autre en Asie et le trou
juste au dessus du Bosphore sont motivées - soit disant - par son rejet de l'Islamisme...
Et c'est là qu'on découvre cette terrible adoption du principe et de son contraire,
selon l'air du temps et pour les besoins de la cause, comme le démontre, autre temps
autres mœurs, l'extrait ci-dessous qui a fait suite à l'instrumentation des féodalités
arabes pour abattre l'empire turc au cours de la première guerre.
" L'accord du shérif Hussein et des puissances de l'Entente est complet et, grâce en
grande partie à l'adroite et prudente politique de la France en Orient, nous pouvons
désormais compter non seulement sur la fidélité des sujets musulmans de la France et de
l'Angleterre, mais aussi sur le concours de tout ce qui, dans le monde islamique, n'est
pas spécifiquement turc. L'étendard vert du prophète flotte au vent du désert, mais ce
n'est pas contre nous qu'il a été dressé, comme l'Allemagne y comptait; ce n'est pas
contre les puissances chrétiennes: c'est contre les impies de Constantinople. "
L. DUMONT-WILDEN - L'illustration n° 3891 du 20 Octobre 1917
Par un revirement spectaculaire... Aujourd'hui, c'est l'empire de Constantinople
qu'on
encense pour son opposition à tout ce qui est islamique.
Il est vrai que l'Islamisme a donné ce qui en était attendu et que voulez vous qu'on
fasse d'un citron pressé...