RICTUS ... 

le site de borhan

MACHARADES (II)

SOMMAIRE      MANCHARADES (I)    MANCHARADES(III)   MANCHARADES(IV)         ACCUEIL

Complot ourdi
Credo pour incrédules
Crénom de noms 
Crimes contre l'humanité: deux poids et deux mesures
A qui profite le crime ?
Injuste culpabilisation
Le dumping risque de faire boire la tasse à nos limonadiers
L'éclipse et l'olive
L'éclipse, une bonne raison pour mettre fin au voyeurisme
Des édentés aux dents bien longues
Encore six mois de foire d'empoigne
Ennif ... khçara !
Histoire d'eau
Duels épistoliers
Euthanasie
En Avril  on découvrira le fil
La raison du plus fourbe
Les Français sont derrière le terrorisme
Francophonie: Boumediène s'est gouré
Gabegie tous azimuts
Pluie épistolière en Gandourie

COMPLOT OURDI...

Les comploteurs ont commencé à préparer le terrain en satirant à vue sur le verbe ourdir; et le pauvre El Moudjahid a tellement reçu de piques qu'il a fini par le considérer comme un gros mot.
On ressassa ensuite à perte d'encre et de salive l'idée que nous sommes seuls responsables de nos malheurs pour mieux masquer les officines et autres piscines qui s'affairaient derrière les marionnettes locales...
Le complot dont le mobile et les acteurs sont préalablement mis judicieusement sous la protection terriblement efficace de la dérision pouvait dès lors s'ourdir sans risque de se faire traiter de tel.

Fafa qui a dû se résigner à embarquer une partie de ses suppôts à l'indépendance de notre pays s'est vite rendue compte qu'elle risquait à court terme de voir basculer littéralement l'équilibre ethnique en leur faveur. La prédilection à la prolifération des envahisseurs conjuguée à la baisse de vitalité des autochtones risquait de laisser le beur supplanter le beauf et d'entraîner une colonisation à rebours.

Ce n'était pas facile à admettre pour la pauvre Fafa qui ambitionnait de commander l'Europe après la chute prévisible du Grand Ours...
La meilleure parade reste la purification ethnique qui se pratique aujourd'hui à charniers ouverts.
Mais Fafa n'est pas ni une brutale Serbie ni un vilain Rwanda pour se laisser aller à ces pratiques qu'elle a laissé tomber avec sa dernière colonie. Fafa n'a pas de pétrole mais elle a des idées...
Elle découvre qu'il lui faut tout simplement créer les conditions du retour des brebis égarées au bercail pour inverser le flux...
Mais là-bas, il y a un pouvoir qui se dit révolutionnaire et qui a défini un critère de nationalité reposant sur la fidélité au pays qu'il confond avec la seule infidélité à Fafa.
Fafa doit remplacer ce critère par un autre plus fort. Un critère d'ordre religieux par exemple.
Mais l'Islam et le nationalisme sont si imbriqués l'un dans l'autre qu'il est quasiment impossible de les dissocier... Qu'à cela ne tienne, on inventera une autre religion... musulmane!
Et c'est ainsi que fut mis en branle le projet de réduire l'Islamité et son progressisme à l'islamisme et son obscurantisme. Une nouvelle religion basée sur l'apparence prit forme avec l'aide des médias, leur poids des mots et leur choc des photos qui font un tintamarre du diable sur l'aspect velu des prosélytes de la dernière pluie ou sur de fichus fichus qu'on interdit puis qu'on autorise puis qu'on interdit encore pour les réautoriser ensuite dans une sorte de matraquage conditionneur...
De ce côté-ci de la Méditerranée, pour donner corps à cette stratégie, des leaders-dealers s'affublent ostensiblement de A'baya et se couvrent la tête d'une sorte de kippa en se laissant pousser autant que faire se peut la barbe et sur les étalages des marchés, des cassettes diffusent des prêches exagérément passionnés et des livres écrits et reliés à la va-vite se déversent par pleines cargaisons pour vanter les bienfaits du k'hol et du siouak ou pour prescrire le Djilbab, la Daawa et le Djihad...
Les zélés prosélytes accomplissent leur premier pas dans la voie de la destruction de la Révolution pour lui supplanter la Religion en s'en prenant au slogan " Min Echaab ila Echaab " qu'ils remplacent par " Baladia Islamiya ". Parallèlement, on trucide les Moudjahidine, on profane les cimetières des martyrs et on s'attaque méthodiquement à tout ce qui représente la Révolution en déterrant toutes ses petites histoires pour éclipser sa Grande Histoire.
Les forces nationalistes réagissent et mettent fin au complot en rappelant Boudy. Le dépit est si grand en face qu'en désespoir de cause, on brûle tout ce qui peut brûler.
Le danger est-il écarté ?
Ce n'est pas certain.
Ceux qui ont programmé la fin de la référence à la Révolution dans la définition du critère essentiel de la nationalité ont d'autres tours dans leur sac. Le prochain est peut-être celui du tribalisme et du régionalisme... Les apprentis-sorciers sont déjà à pied d'oeuvre pour faire de la berberité de ses belles valeurs et de ses larges horizons un bérberisme étroit et à courte vue... Et les diables à la langue fourchue remuent à grands coups d'écuelles les marmites de la fitna en assassinant Matoub, en jouant sur les fibres sensibles de l'Amazighité, en trouvant n'importe quel prétexte pour foutre la pagaille (voir comment on a monté en épingle l'affaire de la BMPJ de Ouadhias...).
Et si ça ne réussit pas, on pourra, comme vient de le faire notre Ministre du Culte, affirmer haut et fort que le seul rite toléré en Algérie est le rite Malékite, pour créer une petite guerre de religion avec nos frères Ibadites et si ça ne prend pas là aussi, on ira faire de nos Touaregs des kurdes...
Il faut dire que nous ne manquons malheureusement pas de bombes auxquelles il suffit seulement de placer d'astucieux détonateurs...

Le complot est réellement ourdi et la vigilance est de rigueur, n'en déplaise à ceux qui font du mot le sujet de leurs satires...

UN CREDO POUR INCREDULES INVETERES

Durant la première guerre mondiale, La national security League, scandalisée par le langage des journaux allemands paraissant aux Etats Unis*, rédigea un credo disant ceci:

- Je crois que les buts de l'Amérique ddans cette guerre sont nobles, désintéressés, et fidèles aux plus hauts principes de la morale et de la religion.
- Je crois que les buts de l'Allemagne dans cette guerre sont sordides, égoïstes et opposés aux principes de la liberté humaine.
- Je crois que les déclarations du kaisser et de ses ministres dans cette guerre ont été fausses et hypocrites
- Je crois que les méthodes du gouverneement allemand dans cette guerre ont été brutales, barbares et révoltant la pensée humaine.
- Je crois que la préservation des libeertés humaines et des idéaux de la Civilisation dépend de notre victoire dans cette guerre.
- Je crois que la paix du monde ne peutt reposer sur un contrat passé avec des parjures et que le souci de notre propre préservation exige la disparition permanente de la dynastie actuelle allemande.
- Je crois que la guerre doit continuerr jusqu'à la victoire militaire remportée par nos alliés et nous ou jusqu'à la révolution accomplie par le peuple allemand.
- Je crois qu'il ne peut y avoir de loyyauté mitigée à l'égard des Etats Unis et que ceux qui n'approuvent pas la guerre du fond de leur coeur ne peuvent prétendre être loyaux.

Ce credo fut adressé à chaque directeur de journal allemand et à chaque président de club allemand des Etats Unis avec prière d' y apposer sa signature.

Aujourd'hui que les USA ne sont plus un monstre impérialiste à abattre mais un exemple à suivre et que tout ce qui s'y apparente semble importable, n'y a t'il pas, quelque part, matière à réfléchir sur l'utilité d'importer aussi cette vieille idée et de l'adapter aux réalités trop crues de notre cru en changeant un tout petit peu son contenu pour la transmettre à nos associations à caractère présumé politique, à nos organisations farouchement non gouvernementales et à certaines de nos publications dites indépendantes ?...

* Les états unis, à la veille de la guerre, comptaient une vingtaine de journaux à fort tirage, publiés en langue allemande

le 04.09.1998

CRENOM DE NOMS...

Beaucoup de nos établissements scolaires ne portent pas d'autre nom que celui de la ville ou du quartier où ils sont construits.
Non contents d' avoir fait de notre école un ban d'essai où nos frères du Moyen-Orient et nos camarades d'Europe de l'Est ont usé et abusé de toutes leurs manipulations dont on voit aujourd'hui les effets, on se permet jusqu'à maintenant d'ouvrir des établissements d'enseignement sans leur donner un nom, continuant à abâtardir cette école sinistrée.
C'est pourtant si facile et si utile de donner à tout établissement une appellation d'origine contrôlée.
D'abord parce que c'est plus pratique d'appeler un lieu par son nom propre que par un nom commun, ensuite parce que l'un des buts de l'enseignement, c'est de cultiver la personnalité de l'élève et que cette culture de la personnalité est préalablement faussée si l'élève est pris en charge dans une structure elle-même dépersonnalisée et enfin, si l'Algérie est un bien piètre producteur agricole ou industriel, elle peut se targuer d'avoir un inépuisable filon de noms de grands hommes d'hier et d'aujourd'hui, de grandes dates de son histoire et de sublimes sites de sa géographie qui peuvent servir à baptiser tous les établissements scolaires du pays , sans recourir aux importations de chez nos frères arabes et musulmans comme il nous est arrivé très souvent de le faire pour bien montrer que nous tenons, à cette trop grosse ficelle ombilicale que de perfides comploteurs n'arrêtent pas de vouloir couper.
Et puis, n'est ce pas qu'un nom placé sur un mur, c'est un pan d'histoire qu'on sauve de l'oubli...

CRIME CONTRE L'HUMANITE...  DEUX POIDS ET DEUX MESURES.

L'oeuvre colonisatrice française tout comme l'intervention yankee au Vietnam ou la sale guerre qu'on continue à livrer au peuple Irakien sous prétexte de détruire la puissance de Saddam qu'on a surmédiatisée pour les besoins de la cause ou les sévices chirurgicaux qu'on administre à la Yougoslavie pour lui faire expier un crime de génocide qu'on a tout fait pour encourager, tous ces " hauts faits " de guerre ne constitueraient en rien des crimes contre l'Humanité.

Et quand il arrive que les gendarmes du monde soient pris en flagrant délit d'enfumade, de noyade ou d'extermination collective des peuples, ils ont tôt fait d'expédier l'affaire en identifiant parmi les exécutants de leur politique délibérée, des agents coupables de " bavures " et qu'ils jettent en pâture à l'opinion pour mieux se disculper et disculper leur politique.

C'est comme ça qu'ils ont jugé le sergent de Mi Lai au Vietnam mais qu'ils se sont gardés de se culpabiliser vis à vis des victimes de leurs B52, des défoliants, du napalm et de l'agent orange.

C'est comme ça qu'ils se sont donnés une bonne conscience en imputant au seul Papon l'abject crime de ratonnade qu'ils ont pourtant délibérément inscrit comme " moyen civilisationnel " depuis Pelissier et Colvaville et leurs enfumades de la Dahra et de Terchioui en passant par le 8 mai 45 pour atteindre la terre brûlée de l'OAS.
C'est comme ça qu'ils ne se sont même pas dérangés pour juger l'équipage du fringant sous-marin atomique qui a coulé dans un combat inégal, le vieux " Général Belgrano ", rescapé de Pearl Habor, noyant 300 de ses marins dans les eaux froides des Malouines.

C'est comme ça aussi qu'ils n'ont même pas jugé utile de rechercher - au moins par respect pour la mémoire des 250 000 citoyens carbonisés de Hiroshima et Nagazaki - les exécutants ou les donneurs d'ordre de l'effroyable apocalypse qu'on a fait descendre sur ces villes...

En bref, quand leur politique démontre sa monstruosité, les grands de ce monde ne font rien pour se disculper ou se disculpent en l'imputant à des petits monstres parmi leurs propres servants.

Et quand ce sont les autres qui, prenant exemple sur eux, se laissent aller à ces monstruosités, ils disculpent les exécutants comme pour mieux les encourager à continuer leurs exactions et dénoncent les responsables politiques qu'ils accusent de crimes qu'ils n'ont pas directement commis.

Pinochet n'a pas fusillé de ses propres mains les opposants Chiliens, comme De Gaulle n'a pas torturé un " fell' ", Milosevich ne doit pas avoir tiré une seule balle dans la tête d'un Kosovar, comme Lyndon Johnson ou Nixon n'ont pas gazé un " viet' ".

Et c'est assurément faire preuve de deux poids et deux mesures que de juger ici les exécutants pour disculper les responsables afin de justifier une politique et là les responsables pour disculper les exécutants afin de ne pas trop décourager ces pratiques.

A QUI PROFITE LE CRIME ?

Ce n’est absolument pas parce qu’elle a crée des drames que la guerre s’arrête difficilement.

C’est un leurre trop bien entretenu que d’avancer l’idée d’un impossible repentir ou d’un impérieux besoin de vengeance comme motifs entretenant la poursuite des hostilités.

Si cela avait été le cas, aucune guerre au monde ne se serait arrêtée.

Ce ne sont pas les amputés d’une partie d’eux-mêmes (bras, jambe, fils, père...), qui trouvent intérêt à faire perdurer une situation dont ils connaissent mieux que tout le monde l’incommensurable cruauté... Ceux là ont eu leur part du malheur et même s’ils ressentent quelque part que l’injustice dont ils ont été victime impose aux coupables les châtiments qu’ils méritent, ils refusent d’appeler à la vengeance pour ne pas dénaturer la noblesse du combat civilisationnel pour lequel ils ont été martyrisés ou ont concédé des martyrs.

Ce qui les dérange, ce n’est pas autant l’impunité des coupables que leur morgue.

Ce n’est pas autant l’indifférence qu’on semble accorder à leurs forfaits que la déférence qu’on accorde à leurs personnes.

Ce ne sont pas non plus les égarés, coupables pour faire plaisir à leur émir d’avoir commis les plus horribles atrocités, qui découvrent sur le tard que cela n’avait aucun sens ni aucune finalité et que leurs forfaits finissent inéluctablement par rattraper pour en faire des loques humaines détruites par le regret, qui perpétuent l’état de guerre civile.

Les guerres civiles se perpétuent uniquement parce que des messieurs ont constitué des fortunes ou se sont acquis des statuts pour lesquels la paix est fatale.

Qui fera admettre en effet à un " émir " ayant acquis le pouvoir de vie ou de mort sur ses troupes et sur le peuple, détenteur de la puissance du feu et du fric et dont les désirs culinaires ou sexuels sont des ordres, la seule idée d’abandonner toute cette puissance pour se retrouver tôlier ou vendeur d’olives ?

La même question peut se poser aussi de l’autre côté de la barrière (exclusion faite des corps constitués et dont l’organisation et la discipline empêchent justement la constitution de pareils statuts et les percées vertigineuses de certaines personnes) mais nous ne la poserons pas. Quand la décantation s’opérera, on finira par découvrir que réellement, à quelque chose le malheur a été vraiment bon... pour certains.

Et si aujourd’hui on fait d’un côté, un usage immodéré des rancoeurs légitimes des victimes et/ou de leurs parents, de l’autre une autojustification acharnée sur des actes ignobles qu’on a fait faire à des exécutants trop conditionnés pour en être reconnus responsables, ce n’est ni dans intérêt des premiers ni dans celui des seconds, mais seulement dans celui de tous ces opportunistes qui se sont fait des statuts et des fortunes au détriment des premiers et des seconds... CQFD !

INJUSTE CULPABILISATION 

Il y a dans les réquisitoires culpabilisants qu'on lance à la face de nos élites ou de notre peuple quelque chose de profondément injuste.
Il y a dans certaines comparaisons entre nos performances et celles de nos voisins quelque chose de fondamentalement faux.
Et si on veut véritablement remettre sur pieds ce pays terrassé non seulement par des décennies d'expérimentations hasardeuses mais aussi et surtout par une déstructuration totale du fait d'une colonisation brutale et d'une décolonisation encore plus brutale, il faut impérativement cesser de le considérer comme une motte de pâte à modeler.
Nos élites et notre peuple ne sont ni plus ni moins méritants que ceux des autres pays de notre voisinage immédiat ou même des confins du monde.
Ce sont les politiques que chaque nouveau chef - à tous les niveaux de responsabilité - s'empresse de changer pour se démarquer de son prédécesseur qui ont instauré cette situation de chantier toujours recommencé.
Depuis l'indépendance, en tout lieu et de tout temps, des plus insignifiants postes de décisions aux plus hautes charges de l'état, on a défini et appliqué la " stratégie " selon un seul et unique critère: faire le contraire du prédécesseur.
Et Bouteflika ne s'est nullement trompé en affirmant que ceux qui devaient gérer le pays après Boumédiene n'avaient qu'une idée fixe en guise de programme: détruire Boumédiene.
Il reste à espérer qu'il n'adopte pas ce pêché mignon en guise de programme lui aussi... Et, il faut l'avouer, la gabegie paraît si évidente qu'il lui sera extrêmement difficile de ne pas succomber à la tentation...
En réalité, si nous n'avons pu rendre performants ni l'agriculture, ni l'industrie ni l'enseignement etc... c'est parce qu'on n'a pas encore réussi à les stabiliser pour une grande part à cause de cette satanée propension à considérer les décisions d'autrui comme des inepties consommées pour les remplacer par d'autres décisions très simplistes car basées sur un seul principe, celui de faire le contraire...
Et là où ça devient littéralement hilarant si ce n'est le tragique de la chose, c'est quand, à chaque fois, les décideurs (quel que soient leurs niveaux de décision), trouvent toujours, non seulement les techniciens qui, forts d'un argumentaire éminemment techniciste, arrivent à justifier leur point de vue mais aussi des hommes de l'information qui leur font la propagande, des élus qui les cautionnent et une masse populaire qui les applaudit à tout rompre.
Et c'est ainsi que nous pouvons rencontrer dans ce pauvre pays éprouvette des ministres qui ont défendu la GSE et la Révolution Agraire puis qui ont allègrement enfourché les coursiers de l'économie de bazar sans même expliquer leur cheminement ou s'excuser pour ces retournements de vestes.
Prenez par exemple cet éminent et sémillant ministre Hamrouchien qui s'est converti en réformateur convaincu et en partisan plus que zélé du libéralisme et qui est même arrivé à écrire un livre sur la perversion politique et relisez le JORADP; vous découvrirez qu'il siégeait à la Commission Nationale de La Révolution agraire le 21.01.1971 et que le 30.01.1974, il était membre de la Commission chargée du SGT...
Ne peut on pas conclure quelque part que certaines options étaient insidieusement minées à la base par l'insertion préméditée dans leur processus de maturation puis dans leur exécution d'agents chargés délibérément de les saboter ? Le parcours de nombre de grands et gros responsables incite à bien y réfléchir...
Mais si le pays n'arrête pas de se faire charcuter sans anesthésie sur le billard de l'imbécile suffisance par des apprentis chirurgiens depuis 62, c'est aussi parce qu'il souffrait au départ d'une totale désarticulation.
La décolonisation qui s'est opérée en douce en Tunisie et au Maroc n'a disloqué aucun secteur et n'a détruit ni les principes de gestion ni les droits de propriété. Elle a même assuré la continuité de l'ordre social, le pêcheur restant pêcheur, l'éleveur éleveur, le khammas khammas et le propriétaire propriétaire.
Il n'en fut pas de même chez nous où, à l'insoluble problème de la propriété est venu se greffer un incroyable essor démographique, culturel, cultuel, et industriel qui a bouleversé l'ordre social d'un peuple maintenu durant 132 ans dans un dénuement moral, culturel et physique qui, sans son incroyable capacité de résistance, lui aurait été fatal comme il l'a été aux indiens d'Amérique.
C'est peut-être , nonobstant les drames humains, l'un des plus grands griefs qu'on doit retenir contre la colonisation qui, non contente d'avoir littéralement sucé le pays, l'a abandonné en y laissant une multitude de bombes à retardement dont la moindre n'est pas ce problème de " bien vacants " qui a fait que le " socialisme ", ses passes droits, son égalitarisme castrant et ses parasites inévitables fut quasiment imposé...
Et même si c'est le contraire qu'on a toujours déclamé, c'est en réalité pour se débarrasser de ce " socialisme " que le pays n'arrête pas de s 'ébrouer douloureusement depuis 1962.
Monsieur le Président a blâmé les Algériens pour leur faibles performances dans l'agriculture en reconnaissant que nous obtenons laborieusement 6 q/ha alors que nos voisins atteignent allègrement 60 q/ha...
Que les groupes de pression - quelle que soit la légitimité dont ils se revendiquent - arrêtent de défendre l'indéfendable statut d'une terre qui appartient à tout le monde et à personne; que le droit de propriété plein et entier - celui qui permet à l'homme d'investir et de s'investir totalement - soit reconnu à l'exploitant, que l'Etat comme tout état qui se respecte subventionne les intrants au lieu d'encourager l'importation et l'on verra, au bout de deux à trois années ce que cette terre si généreuse et ces bras si disposés sont capables de donner...
Parce que, à force de répéter qu'il faut se retrousser les manches, on ne fait que culpabiliser injustement tout un peuple qui n'est pas amorphe par un quelconque atavisme.
Si cette masse de bras ne fait rien, Monsieur le Président, c'est seulement parce qu'on ne lui a pas permis de faire quoi que ce soit en ne lui donnant rien à faire...

LE DUMPING RISQUE DE FAIRE BOIRE LA TASSE A NOS LIMONADIERS...

Dans mon village, à la campagne, nous avions deux poissonniers aussi sympa l'un que l'autre et qui rivalisaient de formules pour nous faire acheter leur poisson.
Ils s'installaient côte à côte et ne se gênaient pas du tout pour discuter entre eux; il arrivait même que quand l'un d'eux allait faire un tour au café, c'est son concurrent mais néanmoins ami qui se chargeait de vendre son poisson jusqu'à son retour.
Leur belle entente était matérialisée par cette balance commune avec laquelle ils nous pesaient le poisson en n'oubliant jamais d'ajouter une pleine poignée qu'ils appelaient " la part du chat ".
Ca se passait très bien entre eux et entre nous et eux.
Un jour, un gros poissonnier est venu. Il avait une camionnette plus fringante et une balance automatique qui vous donnait le poids au gramme près, sur un écran à cristaux liquides...
Il avait un tout autre comportement. Contrairement à nos amis poissonniers, il n'enveloppait pas son poisson dans des vieux journaux et on dit même que c'est lui qui introduisit les sachets en plastique .
C'était un monsieur inexpressif comme un billet de banque, il n'avait pas cette gouaille et cette joyeuse bonhomie de nos deux poissonniers et montrait qu'il vouait beaucoup de respect à l'argent puisqu'il n'y touchait jamais avec ses mains remplies d'écailles mais chargeait son fils de se faire payer et de rendre la monnaie.
Voyant que malgré sa propreté et la qualité de ses poissons nous continuions à le bouder, lui préférant nos deux joyeux lurons habituels, il changea de tactique.
Il profita de son aisance pour brader littéralement son poisson. Nous autres villageois, nous avons des principes mais nous ne jetons pas l'argent par les fenêtres. Nous nous rabattîmes graduellement vers lui, en envoyant nos gosses nous acheter la sardine pour ne pas avoir à subir le regard de nos anciens poissonniers qui essayèrent au début de suivre le rythme infernal de la " sousenchère " exercée par le gros poissonnier mais qui, n'ayant pas son foin, furent mis très vite sur la paille et de guerre lasse, durent abandonner le métier. Ils choisirent quasiment la même voie de sortie puisque le premier se trouva une place à la Sonitex et le second se suicida.

Resté seul sur la place, le gros poissonnier nous montra un tout autre visage. Il redressa spectaculairement les cours du poisson au point que nous dûmes réduire de moitié notre consommation pour une prix double.
Nous apprîmes à nos dépens que " celui qui vous fait rire aujourd'hui vous fera pleurer demain. "
En France, il y a quelques années, un boulanger indélicat osa faire descendre de 50 cts le prix de la baguette, profitant des performances de ses équipements modernes qui lui ont permis de réduire son prix de revient. Il y eut un tollé général, de la part des autres boulangers bien sûr, mais aussi de la part des services publics et... des consommateurs !.
Les premiers parcequ'ils voyaient en cette décision une menace contre leur gagne pain, les seconds parce qu'ils se sentaient responsables de la préservation des activités et des emplois menacés et du respect des règles de la concurrence, les derniers parce qu'ils savaient qu'un monopole était en train de se constituer et que si aujourd'hui on leur donnait la chance d'économiser 50 cts sur la baguette, demain, le retour de manivelle leur fera casquer peut -être 1 franc de plus et avec la narguante expression de " eddi oualla khalli ! " en sus.
C'est pour vous dire qu'il ne faut pas croire que toute réduction de prix pratiquée avec force publicité est innocente.
Sous d'autres cieux, cela s'appelle " dumping " et c'est passible du tribunal de commerce... chez nous, certains y voient même une haute oeuvre de charité chrétienne accordée aux pauvres musulmans assoiffés durant le sacré mois sacré du Ramadhan...

L'ECLIPSE ET L'OLIVE

Il n'est pas un gouvernant au monde qui ne se réjouisse de l'apparition de ces gros phénomènes cosmiques du genre éclipse, comète, astéroïde...

Ce sont des occasions particulièrement propices pour détourner l'attention des gouvernés sur les inconséquences de leurs gouvernants et de leur donner un répit grâce à la diversion qu'elles génèrent.

Voyez comment tout le monde a foncé sur le sujet et comment, de surenchère en surenchère, on a fait de ces phénomènes très naturels, des abcès de fixation pour toute la canaille du globe.

Et c'est ce rôle éminemment " contre-révolutionnaire " pour ainsi dire qui incite ces gouvernants, sous de fallacieux prétextes scientistes, " curiositaires " ou sanitaire à lancer de grosses opérations dites de vulgarisation mais qui ressemblent un peu trop à du matraquage publicitaire et qui n'ont en réalité pour seule finalité que celle de concentrer les regards et les ouïes sur le sujet providentiel afin de les détourner des sujets à risques pour le confort des augustes postérieurs...

Et si l'on devait faire certaines recherches ont trouverait à coup sûr que c'est en ces moments de grosse appréhension (plus métaphysique que physique) savamment entretenue par les journaux, les lettrés, les scientifiques et les religieux de service que se prennent les décisions les plus perfides et qu'on n'aurait jamais prises en période de sérénité du peuple.

C'est aussi le moment que choisit toute la faune des affairistes pour régler les affaires les plus scabreuses, la censure citoyenne étant momentanément en congé.

Et quand le phénomène est consommé, la comète partie se faire voir ailleurs, l'astéroïde perdu dans les profondeurs du cosmos et le soleil ou la lune retournés à leur solitaire errance, les gouvernants qui ont rechargés leurs accus reprennent du poil de la bête et les affairistes qui ont fait leurs affaires comptent leurs dividendes.

Quant à la canaille qui s'est laissée embastiller, le show terminé, elle se rend compte que, encore une fois, et en attendant le prochain spectacle, on lui a glissé une olive...

L'ECLIPSE : UNE BONNE RAISON POUR METTRE FIN AU VOYEURISME


Pour préserver leur rôle de passage obligé, les hommes qui vivent du commerce de la religion ont insidieusement combattu la science au nom de l'usage.

C'est ainsi qu'ils ont contre toute logique, continué à exploiter les groupes de " voyeurs " pour observer la nouvelle lune quand les calculs astronomiques - jamais démentis - arrivent à la situer en tout moment et pas seulement par ciel dégagé avec une rigueur et une précision extrême.

C'est un hadith précisant qu'il faut accomplir le jeune à la vision du croissant qui a été pris dans son sens le plus simpliste et qui a servi à justifier ce défi à la raison qu'on nous impose à chaque veillée du Ramadhan, sans égards pour tout ce que cette décision de dernière minute entraîne comme bouleversements (planification de la production, des approvisionnements, organisation des transports, des cours...)

Et c'est ce qui donne ce caractère d'improvisation et de cafouillage à notre Ramadhan, avec chaque année des écarts que rien n'explique entre pays voisins.
Les Arabes, c'est connu, se sont entendus pour ne jamais s'entendre. Et la science qui aurait pu réaliser un consensus minimum a été remplacée pour ne pas démentir l'adage par l'empirisme.

Et il faut croire que les adeptes du " voyeurisme " sont bien puissants puisqu'ils ont réussi à démentir même la science et à décréter la nouvelle lune alors que les calculs ont formellement prouvé l'impossibilité de la voir. Souvenez-vous de ces deux jeunes astronomes que nous a montrés la télé il y a quelques années, des jeunes scientifiques qui ont même rédigé un livre sur la question et que les voyeurs attitrés ont lamentablement démentis en affirmant avoir vu le croissant alors que tous leurs calculs ont en prouvé l'impossibilité.

Cette éclipse dont tous les paramètres ont été méticuleusement calculés préalablement à sa survenance devrait inciter les " voyeurs " à arrêter leur cinéma.

Si la science a réussi à prévoir avec une telle précision la conjonction de trois astres des centaines d'années à l'avance il est en effet très difficile de trouver des arguments pour ne pas lui reconnaître sa capacité à évaluer avec autant de précision la nouvelle lune...

Et si la Nouvelle Lune peut être déterminée par le calcul, pourquoi alors continuer à scruter laborieusement le ciel ?

Mais que ferait-on des " commissions d'observation de la lune " me direz-vous ?
On en fera, pardi, ce que Little Big Man a fait de cette sacrée médiature de la république et ce qu'il compte faire de ces satanés Holdings; c'est à dire rien !

DES EDENTES AUX DENTS TROP LONGUES RISQUENT DE SE CASSER LES DENTS A TROP VOULOIR CROQUER LA POMME...

On ne s'investit corps et âme dans la politique que parce qu'on croit (ou qu'on se laisse convaincre) que les options qu'on défend sont les meilleures et que toutes les autres sont inadaptées aux réalités... telles qu'on les conçoit.
Pour faire de la politique, il faut être imbu de suffisance, suiviste jusqu'à l'adulation ou bassement opportuniste. Les grands discours sur l'humanisme, le don de soi et tutti quanti, c'est pour mieux tromper les zélés fans car si on veut absolument faire les bons samaritains, il n'y a pas mieux que d'aller s'inscrire à la plus proche association caritative.
Toutes les professions de foi par lesquelles les hommes politiques jurent la main sur le coeur, qu'ils respectent les options d'autrui et qu'ils ne cherchent qu'à apporter leur pierre dans la construction de la société sont de gros mensonges parce qu'un homme politique (algérien surtout) n'accepte jamais de faire le porteur d'eau ou le manoeuvre, lui qui croit dur comme fer qu'il est en même temps architecte et maçon.
Mais la politique est un jeu ingrat.
Elle vous fait atteindre les cimes du pouvoir quand l'Histoire rassemble les ingrédients qui rendent vos options applicables mais vous laisse inéluctablement tomber quand d'autres ingrédients rendent vos options obsolètes ou inadaptées. Et les effets de la chute étant toujours directement proportionnels à la hauteur de laquelle on est tombé ou aux illusions qu'on s'est faites, on se fait très sérieusement mal quand on tombe de trop haut ou qu'on doit revenir à l'évidence...
Le pouvoir, comme toute chose ne dure qu'un temps.
Il use et s'use trop vite quand on s'en sert.
Et l'Histoire, contrairement à ce qui se dit, ne se répète jamais parce qu'il lui est impossible de rassembler les mêmes ingrédients en deux périodes différentes.
Et la politique n'est pas une partie de hand ball...
Quand l'Histoire-arbitre décide d'expulser un acteur politique du terrain, c'est une condamnation sans appel et non pas pour le rappeler après quelques temps.
Voyez les Justicialistes Argentins, quand ils ont voulu rejouer Péron, comme ils ont lamentablement perdu, parce qu'ils n'ont pas pu lui réinventer une Evita; et l'on n'a pas connaissance d'un seul leader (ou même d'un système) qui aurait brillé deux fois...
Alors quand l'Histoire qui n'aime pas balbutier, pousse un homme ou un système avec ménagement vers la sortie, qu'il n'essaie pas de la repousser pour revenir de force ou ruser pour rentrer à nouveau sur la scène avec un quelconque maquillage ou camouflage car il peut être sûr qu'il sera piteusement et douloureusement défenestré.
L'homme politique doit admettre que sa carrière doit obligatoirement se terminer dans l'indifférence ou... la disgrâce.
Quant à la gloire, si par bonheur il la mérite, elle ne peut lui être reconnue qu'à titre posthume...

ENCORE SIX MOIS DE FOIRE D'EMPOIGNE
EN PERSPECTIVE..
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Il suffit au Président d'oublier de discourir pendant quelques jours pour que les spéculations remplissent les états majors et les salles de rédaction de ragots, de rumeurs et de non-dits ...
C'est un jeu qui est particulièrement prisé avec Zeroual tant l'homme est peu loquace.
Mais quand il ose se délier la langue pour asséner des vérités qui ne plaisent pas forcément à tout le monde parce qu'il lui est quand même impossible de satisfaire tout le monde et ses pairs, les canaux autorisés et même non autorisés de l'expression partisane qui, narcissique à perte de modestie, s' assimilent trop facilement à l'expression populaire, s'en vont d'une moue désabusée étaler leur scepticisme: " il n'a rien dit !... "
En fait, et contrairement à tout le monde, s'il y a quelqu'un qui ne parle que pour dire quelque chose, c'est bien Monsieur Zeroual et c'est bien pour ça qu'il rechigne à faire l'Auguste pour uniquement se faire rappeler au bon souvenir des gens.
Une rétrospective de ses interventions montre à quel point l'homme, marqué sûrement par sa carrière militaire, sait n'intervenir que quand il n'y a pas d'autre choix que l'intervention.
Et sa dernière intervention que personne n'attendait a cloué momentanément le bec aux rhétoriciens qui faisaient les parfaits initiés des secrets d'alcôve et du sérail et qui s'amusaient à effeuiller la marguerite du sort d'Ouyahia en lançant à la une des feuilles de choux leur litanie lassante: " partira, partira pas... ".
Voilà donc qu'en guise de départ et contre toute attente, ce n'est plus le dauphin qui prend le large mais le capitaine du bateau qui l'abandonne, à sa décharge et pour son honneur, après avoir accosté et dûment attaché les amarres, contrairement à beaucoup de rats qui l'ont abandonné quand ils ont senti que les lames (effilées) pouvaient le faire couler... (leur sang) !
Passé le petit instant de surprise, on va assister comme d'habitude à la sempiternelle cacophonie des analystes plus éclairés les uns que les autres.
On ira chercher selon ses intérêts, des motivations à cette décision qu'on assimilera à une démission courageuse ou à une lâche désertion, on reluquera du côté du panel pour spéculer sur un éventuel rapport explosif, on invoquera des problèmes vasculaires mal solutionnés, on parlera d'un bon président à l'entourage pervers, d'un conflit Ouyahia-Sidi Said qui a mal tourné, des luttes intestines au RND, de la sale affaire des disparus, de la crise économique et sociale... ce ne sont hélas pas les sujets de découragement qui manquent au Président par ces temps ingrats.
Les trois grands courants qui habitent ce pays comme des fantômes hanteraient un château délabré, les Démocrates qui ne croient qu'en leur conception de la démocratie, les nationalistes qui n'aiment la nation que comme garde manger et les islamistes qui ne voient en l'Islam qu'un cheval (barbe arabe) de Troie vont tout de suite se mettre à l'oeuvre.
Qu'on se détrompe, les luttes épiques ne se passeront pas entre les courants mais... dans les courants, chaque membre d'un clan voulant réduire ceux qui lui sont apparentés pour se faire reconnaître selon le cas, sa représentativité exclusive de l'Assemblée des démocrates, de la Famille des nationalistes ou de la Jamaa des islamiste !...
Oyez oyez, braves citoyens, les joutes qui s'annoncent et qui ne seront pas seulement oratoires vous promettent six bons mois de rigolade; profitez-en, parce qu' après février 1999, il n'est pas bien sûr que vous ne rirez pas jaune pour le reste de votre vie (si reste il y'aura) !...

ENNIF... KHçARA

On n'a jamais cessé de dire, à très forte raison d'ailleurs, que " le berbère a toujours servi l'Islam contrairement au turc qui s'en est toujours servi... " .
Cette citation témoigne plutôt du sens de l'opportunisme qui a façonné le turc depuis la nuit des temps et de la naïveté qui colle au berbère comme une seconde nature depuis qu'il existe, plutôt qu'elle ne leur jette des fleurs ou des épines, selon le cas et la manière de triturer ladite citation.
Les derniers développements que connaissent la Turquie et la Berbérie sont éloquentes sur l'état d'esprit des peuples qui les habitent.
Les ottomans ces têtes de turcs qu'on dit obstinés font preuve comme ils ont en l'habitude d'une souplesse d'échine qui les fait ressembler à des invertébrés en s'en allant chanter fleurette à l' ennemi Sioniste tout en fronçant le sourcil et en étalant les biceps devant les frères musulmans de Syrie parce que leurs problèmes d'eau et leurs intérêts stratégiques du moment leur indiquent cette ligne de conduite; et les intérêts, ça passe chez les gens réalistes, avant les professions de foi... parce qu'on peut toujours retrouver la foi quand on s'égare mais on ne peut retrouver l'opportunité quand on la perd - CQFD... Regardez comment Khataminet a arrêté de faire le dos rond devant le sale man Rushdivague pour faire plaisir à l'Albion et redresser le blason terni de la Mollahie...
Le Berbère quant à lui, raidi au point d'être pétrifié par sa séculaire taghannant, continue à être plus palestinien que Arafat ellifat en se refusant obstinément à reconnaître la nouvelle réalité proche-orientale, plus arabe que le roi Fade en se camisolant de force dans une loi pour se protéger de ses éventuelles tentations arabophobes et plus musulman que le prophète en s'en allant chercher des fetwas du fin fond de la religion pour empêcher ses femmes violées de tuer dans l'oeuf des semences de tangos ... C'est ce qu'il appelle parfois dans une langue qu'il reste seul à comprendre, " le nez et la perte ", une position d'entêtement où il s'évertue à couper le cheveu en quatre et qui lui fait très souvent tout perdre... parfois même son nez.

HISTOIRE D'EAU...

L'EPETO qui, comme son nom l'indique, élit domicile au col des genets, a diffusé sur l'oreille d'un journal, un petit communiqué très affable dans lequel elle se confond en excuses devant les habitants de la région, pour une coupure d'eau de deux grands jours, coupure indépendante de sa bonne volonté, puisque dépendant de la mauvaise volonté de SONELGAZ...
A quelques kilomètres de là, à vol d'oiseau pour éviter Takhoukht et Sidi Ali Bounab, plus précisément à D.... (1), de l'autre côté du Djurdjura, dans l'inénarrable wilaya de B..., cela fera bientôt 7 petites années et demi (le temps d'une Révolution et de 4 walis) que les araignées ont squattés impunément les robinets, non pas que les puits se soient taris (bien qu'il y ait vraiment beaucoup à dire sur certains forages), non, la baraka du saint wali, protecteur des lieux est toujours assurée en dépit de l'abandon pour cause de " bidâa " des ziarates colorées auxquelles il avait droit. Non, c'est à cause d'une conduite qui résiste avec un acharnement sadique à tous les rafistolages(3) par soudure ou par bandage en chambre à air et fil à botteler (procédé qui aurait démontré selon l'affirmation solennelle d'un responsable local devant une auguste assemblée - locale elle aussi - une efficacité de très loin supérieure à tous les autres systèmes).
Certain responsable directement concerné (en un mot comme en deux) par le sujet, impute la corrosion de cette conduite, non pas au degré hydrotimétrique de l'eau mais à la qualité douteuse de l'acier et puisqu'il faut bien trouver un bouc émissaire à chaque gabegie, il s'en est allé déterrer un vieux dinosaure en la personne d'Abdelhamid la Science qui aurait, à l'ère secondaire, imposé par la vertu persuasive de la canne de Messaoudi Zitouni, un acier mal galvanisé à la place de la bonne fonte d'importation...
Au village, sur les pierres polies par les burnous, les habitants qui ont soif de ne plus avoir soif, parlent en connaissance de cause d'un tronçon de 17 tuyaux corrodés au niveau du verger de pommiers (on appelle ainsi un petit terrain où on avait planté un jour des pommiers mais qui, aujourd'hui, livré aux rentiers pantouflards des EAC - EAI a retrouvé sa virginité originelle).
Pour 17 tuyaux de 10 000 DA/pièce soit 17 millions de centimes à peine - moins qu'un salaire de député - et que la population aurait accepté de supporter si on le lui avait demandé, on oublie que l'eau n'est pas seulement nécessaire à la vie mais qu'elle est la vie (comme le disait si bien A. De St Exupery; 14 siècles après le Coran).
C'est bien vrai que seule une frange négligeable parce que négligée de la population souffre de cette situation... une toute petite partie de la canaille... et qui mérite le nom de " quart-monde " ..
En effet, les tenants du pouvoir local, leurs cousins, voisins et copains, leurs bêtes et leurs plantes ornementales sont très généreusement arrosés par les deux grosses citernes municipales; les petits pontes et leurs assimilés ont leurs propres puits dans la cour de leurs villas, les indus attributaires des restructurations successives de l'agriculture et les arrivistes-opportunistes ont des tracteurs auxquels ils ont attelé des citernes badigeonnées de peinture métallique pour faire " galvanisé "; ils ont déserté les travaux des champs pour un colportage plus facile, pas cher et qui rapporte très gros avec en prime une totale exonération d'impôts... Reste ce quart-monde qui n'a ni le pouvoir du fric ni le fric du pouvoir et qui supporte sa soif en silence comme il a appris depuis toujours à supporter la misère, les privations et par dessus tout, l'indifférence assassine de ceux qu'il a encensé et qui sont sensés le servir.
C'est le silence résigné de ce quart-monde qui fait que l'EPETO réserve un double traitement à " sa clientèle " ... A certains de plates excuses pour deux jours de coupure fortuite, à d'autres un bras d'honneur d'indifférence pour 7 ans et demi de supplice...

(1) L'EPETO élit domicile comme précisé, au COL DES GENETS; D*** pour sa part se trouve en un endroit qui fut surnommé le COL DES MULETS (Draa Lebghal); le mépris peut aussi provenir de ça...
(2) Le village de D*** a défrayé la chronique en enregistrant le meilleur suffrage au profit de Zeroual; d'aucun n'hésitent pas à parler de sanction...
(3) le coût de ces rafistolages où l'on mobilise plein de moyens matériels et humains devrait avoir coûté en seuls frais de mission et en baguettes à souder de quoi reprendre à zéro cette portion de conduite.

DUELS  EPISTOLIERS.

A chaque fois qu'un Président se fait élire, les aigreurs remontent à la gorge de tous ceux qui s'estiment lésés et qui croient venu le Zorro justicier ou le chevalier libérateur ou le Messie rédempteur mais aussi de tous les opportunistes qui pensent qu'on prenant à chaud les décideurs, on peut leur faire admettre le bien fondé de ses récriminations ou de ses réclamations.

C'est le moment que choisissent les politicards en guerre froide, les héritiers en désaccord, les syndicalistes en guerre larvée contre leurs employeurs, les électeurs en froid avec leurs élus, et même les terroristes en trêve pour s'autojustifier et tirer sur l'autre à coup de missives adressées, dans un style à faire fondre le coeur d'un serbe du Kosovo en pleine épuration , au nouveau président de la République .
Ces lettres constituent quelque part un témoignage irréfutable de la faillite de nos institutions (administration, justice...) puisqu'elles réfutent leurs jugements et leurs verdicts pour s'en remettre à l'arbitrage du Président de la République. Elles démontrent quelque part que ce pays des institutions que nous n'arrêtons pas de vanter n'est qu'un leurre et que les mentalités républicaines n'ont pas encore réussi à supplanter les comportements féodaux des responsables qui se croient imbus d'une autorité divine et les comportements de servitude des masses qui continuent à croire que seul le Roi est capable de sévir face aux abus de ses fondés de pouvoir.

Mais ces épiques combats épistolaires sont aussi le fait des titres de presse qui encouragent (ou génèrent parfois) ces controverses pour se donner une matière susceptible de combler leur manque d'inspiration devant la platitude du quotidien que seuls arrivent à faire bouger des actes terroristes de moins en moins médiatiques ou des exploits sportifs aussi sporadiques qu'étriqués.

Et quand deux parties se tirent dessus à boulets rouges, on peut outre la matière, être assuré de compter sur une hausse en conséquence des ventes grâce à un lectorat avide de s'entendre dire...

Ces missives enflammées ne sont pas sans utilité. Nonobstant l'aide qu'elles apportent aux titres qui en font leur gagne-pain, elles constituent aussi une véritable soupape d'échappement pour les chiffonniers des affaires, les charretiers de la politique, es charcutiers de la religion, les charlatans de l'identité et toute la faune des invertébrés qui ne peuvent vivre que sous assistance continue et des pleureuses professionnelles qui n'arrêtent pas de verser des fleuves de larmes sur leur sort.

Tout ce beau monde pour qui l'enfer c'est vraiment les autres, peut s'insulter de loin sans en user de ce jeu de vilains qu'est le jeu de mains.

Ne vaut-il pas mieux, en effet, un débat par feuille de choux interposées qu'un combat de rue ? une lutte civilisée d'épistoliers qu'un duel barbare de pistoleros ?...

Et l'impression très " sous-dev " que donnent ces lettres très vite ouvertes et encore plus rapidement fermées est compensée par le rôle d'exutoire éminemment antidéflagrant qu'elles jouent, faute de régler les comptes en suspens.

Mais, l'excès tuant le sensationnel, il y a fort à parier que, en attendant la prochaine élection présidentielle, cette manifestation fébrile va s'estomper comme une mauvaise fièvre sous les compresses de la froide indifférence.

Ce sera tant mieux pour notre Président qui pourra faire autre chose que se concentrer sur les querelles de clochers, arbitrer les petites histoires de voisinage et d'héritage et s'impliquer dans les règlements de comptes politiques ou syndicaux que sous-tendent toujours les récriminations d'électeurs contre leurs élus ou d'employés contre leurs employeurs.

Tant mieux aussi pour l'image de nos institutions qui ne seront plus si implicitement accusées de parti-pris, de corruption ou d'incompétence par tous ceux contre lesquels elles prononcent leurs choix, leurs décisions, leurs sentences ou leurs verdicts...

Tant mieux pour les journaux qui devront aller chercher des scoops plus sérieux et se remplir d'informations plus intéressantes que de faire les épouilleurs de chauves en favorisant puis en se faisant l'écho de ces échanges épistolaires .

Et Tant pis pour... les écrivains publics...

 

EUTHANASIE

Une élection est toujours sérieuse car le choix citoyen aura infailliblement un effet boomerang.

L'électeur doit être un citoyen responsable et l'élection étant un acte de haute citoyenneté, celui qui y participe doit obligatoirement être serein, seule condition pour qu'il puisse se targuer de posséder toute sa raison donc toute sa responsabilité.

L'appel au boycott actif de Sadi et consorts est un acte politique. Un acte politique se caractérise toujours par plus de non dits que d'aveux francs et sincères. La rhétorique que le RCD développe pour expliquer son mot d'ordre tient compte des susceptibilités populaires en usant de subtilités langagières... C'est légitime. En politique plus que partout ailleurs, la fin justifie les moyens...

Dire que ces élections risquent de plébisciter Sant Egidio et ne pas intervenir pour contrecarrer ce (funeste) projet autrement qu'en appelant au boycott - c'est à dire, en clair, préférer le statut quo à l'aventure, c'est faire assurément une gymnastique très peu défendable, surtout quand on s'est toujours positionné contre le statut quo au nom d'un réformisme révolutionnaire qu'on a toujours jalousement revendiqué.

Venir par ailleurs justifier sa défection par la crainte de la fraude, c'est s'inventer des motivations plutôt faciles car tout le monde et le RCD en premier, savent que l'effet vases communicants concerne très peu le contenu de l'urne des démocrates et ne la leste (quand il la leste) que pour détourner l'attention, sachant que ces derniers ont des voix qui portent faute d'avoir des voix pour les porter...

L 'appel au boycott est en réalité justifié par la crainte réelle de voir le pays rebasculer cette fois-ci sans possibilité de recours, dans la voie sans issue d'où il a miraculeusement mais très douloureusement été tiré.

Les tenants du fait théologique, contrairement aux démocrates et aux nationalistes, sont persévérants. Ils acceptent de se contorsionner, de se renier et même d'abjurer, conscients qu'ils sont que ce qu'ils s'infligent comme flagellations et mortifications aussi bien physiques que morales sont des moyens d'arriver à leur fin qu'ils jugent non seulement noble mais sacrée. S'ils jurent d'accepter les règles du jeu, c'est seulement par ruse de guerre. Ne répètent-ils pas à l'envi que " El h'arb khidaa ".

Tenter de leur faire perdre leurs principes en jouant puérilement sur leurs programmes ou les sigles, c'est aussi débile et inutile que cette mémorable opération qui a fait de la JSK la JET pour " désenraciner " le terme à l'époque subversif de " Kabyle " de l'esprit des fans qui ont fait de cette équipe leur porte-drapeau (la comparaison s'arrête là...).

Leur faire signer des mémorandums, des engagements, des professions de foi ou leur fixer des balises constitutionnelles à l'intérieur desquelles ils doivent activer ne sert absolument à rien. Ils seront les premiers à y souscrire et les derniers à les respecter puisqu'ils ne croient en aucun autre credo que le leur et ne considèrent parole donnée que quand elle s'inscrit dans l'aboutissement de leur projet...

Mais les tenants de ces principes idéo-théologiques exclusionnistes et exclusivistes existent comme existent les castes et les sectes. Il faut s'en accommoder.

Leur rôle de garde-fous (de Dieu, de Marx, de l'arabisme, du berbérisme...) peut être un rôle éminemment positif à charge pour la société de faire en sorte qu'ils soient toujours " minorisés ".

Cette " minorisation " ne doit pas s'effectuer par éradication car la politique d'éradication, outre son inhumanisme, son immoralité et ses legs constitue le moyen le plus efficace de démultiplication; cette minorisation doit provenir tout naturellement d'une politique de responsabilisation civique et celle-ci ne peut être que la résultante de tous les efforts de consolidation de l'identité propre et de la " citoyennisation " qu'on ne peut instaurer qu'en éliminant les " collèges " et les privilèges qu'ils sous-entendent ou sous-tendent...

Hélas, ce n'est qu'après avoir totalement déculturé ce peuple, après l'avoir divisé en Algériens à droits et algériens à devoirs et après l'avoir complètement désarticulé par les mesures antisociales les plus pénibles de son histoire créant en lui des pulsions de suicide et de nihilisme qu'on lui a demandé d'aller fixer son destin.

Il est presque sûr que dans tous les cas de figure, il optera pour le moyen d'accélérer la fin de l'Etat - donc la fin de ses inepties et que l'élection prochaine ne soit considérée que comme une opération d'euthanasie nationale.

Sadi a peut être raison de défendre le boycott; mais déjà échaudé par son " je me suis trompé de peuple " et l'usage abusif qu'on en a fait comme celui qu'on a fait du " ghachi " de Boukrouh, il s'est abrité cette fois-ci derrière la fraude présumée ou la crainte du retour de Sant Egidio alors qu'il aurait dû, avec sa sincérité coutumière, dire qu'on ne fait pas voter un peuple tant qu 'on ne lui a pas redonné sa sérénité, seul gage d'un choix responsable... (Encore que la sérénité sans une re-culturation civique après 30 ans de déculturation nationalo-religieuse, cela reste très insuffisant pour faire prévaloir chez les gens le sens de l'état et donc de leur interêt devant le conditionnement des consciences imposé par les affabulations charlatanesques des prêcheurs de tous bords...)

Mais c'est reconnaître quelque part que le peuple ne sait pas choisir et qui donc peut encore avoir le courage de proférer tout haut cette terrible vérité que tout le monde chuchotte tout bas...

 

EN AVRIL ...  ON DECOUVRIRA LE FIL .

Ainsi Zeroual reconnaît avoir obtempéré au voeu des partis de voir les élections retardées jusqu'au mois d'avril.

Cette décision de la plus haute importance doit être interprétée sous sa véritable signification, très loin de la version des partis qui invoquent la nécessité de ne pas faire foirer un certain sommet régional des chefs d'états comme Boumediene en n'accomplissant pas son 19 juin en juillet, nous a fait rater un autre rendez vous international d'importance.

En fait, le sommet africain dont il s'agit n' intéresse pas du tout nos partis, la preuve, c'est que, de Nahnah à Boukrouh, de Sadi à Louisa Hanoune, de Reda Malek à Benhamouda, de Benbaibeche à Djaballah, de Ait Ahmed à l'Hachemi Cherif, de Abdelkader Merbah à Taleb, de Hamidou à Chalabia Mahdjoubi, de Mahsas à Boulbina (tiens... où sont-ils passés ces deux-là ?) , personne n'a inclu le moindre entrefilet concernant l'Afrique dans son programme; personne n'a montré le moindre interêt au Continent noir au point de laisser tomber un show médiatique à Rome, Paris ou Bruxelles pour le remplacer par un tout petit tour en Afrique pour voir comment meurent de faim, de Sida ou de génocide les pauvres afwicains; personne n'a pensé à diffuser le moindre petit communiqué de soutien, de compassion, de consternation devant les drames du Nigéria, du Rwanda, du Libéria, du Burundi, du Congo, du Kenya, du Soudan, de Tanzanie... pour montrer aux victimes qu'on est conscient de leur drame, comme on sait si bien en ficeler d'habitude pour soutenir les journaux suspendus, compatir avec les cadres emprisonnés, s'insurger devant les " disparus ", comprendre les étudiants grévistes, vilipender les aviateurs mécontents et applaudir... les magistrats non grévistes; personne n'a osé débourser le moindre sou ou organiser la moindre campagne d'aide, d'amitié ou de solidarité; personne n'a tenté la plus petite intercession entre frères ennemis pour qu'ils s'arrêtent de cogner les uns sur les autres sous les exhortations des marchands de canons... à croire que nos leaders de partis-pris ignorent totalement l'existence de ce continent.
Quant à l'explication officielle qui prétend qu'on a donné un peu plus de temps aux présidentiables de se préparer, elle ne tient pas du tout le coup parce que le meilleur moyen de leur donner tout le temps qu'il faut, c'est de convaincre Zeroual de terminer sa faction (le mot est choisi) ou laisser la Constitution régler comme elle l'a prévu ce cas somme toute bénin de démission en laissant Boumaza assurer sa période d'intérim après le départ de Zeroual en février ce qui nous mènerait cahin caha jusqu'en Mai ou Juin.
En réalité, le report de l'élection de février à Avril découle du fait que, ne pouvant contester le fond de la chose, on est allé la triturer sous toutes ses faces pour en contester la forme.
Et puis, certains partis qui n'ont rien à dire parce qu'ils ne savent rien dire n'ont rien trouvé à dire que ça pour bien montrer qu'ils avaient quelque chose à dire.
Espérons seulement, pour la crédibilité du scrutin, qu'ils n'auront pas l'outrecuidance de nous l'organiser le premier du mois...

 

LA RAISON DU PLUS FOURBE...

L'Albion est véritalement perfide... C'est elle qui a enfanté Balfour, Glubb Pacha et Lawrence, ces cartographes- disséqueurs qui ont l'art de poser les stigmates sur les corps de nations afin de disséminer les peuples et de dessiner les frontières aussi artificielles que les états qu'elles délimitent.
C'est elle qui, sous pretexte de démo(n)cratie a ouvert les bras à tous les hurluberlus qui se découvrent des vocations de provocateurs, de rédempteurs, de libérateurs ou de jeteurs de fatwa et qui réussit le tour de force de réunir sous son fog trouble, Rushdie et Abou Hamza El Misri pour ne citer que deux spécimen représentatifs de la déchéance humaine...
C'est sa manière à elle de se mêler de près à ce qui se passe chez les autres.
Mais, là où le bât blesse très cruellement les bourriques que nous faisons ou qu'on veut nous faire faire, c'est quand on la voit prendre des airs horrifiés de vierge troussée et lancer un tintamarre du diable pour faire rendre gorge à deux kaddafiens, présumés saboteurs d'avion alors qu'elle n'arrête pas de couvrir pudiquement des monstres de tous acabits - non pas présumés mais avérés, puisqu'ils osent, suprême indécence, revendiquer par la langue, par la plume et très souvent par l'épée ou par le plastic, leur responsabilité dans les égorgements nocturnes d'enfants coupables de sommeil et les disloquations diurnes de pauvres pères et mères de familles coupables de... faire leur marché ! ...
Non seulement de les couvrir mais d'en faire ses propres citoyens (propres est un mot déplacé) en leur octroyant son propre passeport, assumant ainsi sa propre responsabilité sur ces crimes, sans craindre de se voir proprement sommée elle aussi de livrer ses hommes à la justice de leurs victimes...
Oui, décidément, comme les voies du Seigneur, celles de la géostratégie sont impénétrables et la raison du plus fourbe comme dirait l'autre, est toujours la meilleure ...

 

LES FRANCAIS SONT DERRIERE LE TERRORISME !...

C'est le 20 Juin 1986 à 16 H 55 - comme le temps passe vite ! - sur la Départementale n° 3, entre Oplo et Valbonne que Coluche a raté sa dernière sortie en se tuant lamentablement sur sa moto, une Honda 1100.

Cette mort ne fut pas aussi subtile que celle de l'autre, le Fernand Reynaud qui, dans un ultime gag, a percuté le mur d'un... cimetière !

Coluche, c'est le rire iconoclaste qui, dans sa joyeuse surenchère, en est arrivé à briguer la présidence de la République Française Dévot-cratique et Polaire.

Les Français qui n'ont vraiment pas le sens de l'humour auraient dû l'élire. Ca lui aurait permis de rouler en limousine et de laisser tomber sa moto; il n'en serait pas mort et, au lieu de se farcir les grands airs de " Dieu " et de son successeur, la France se serait éclatée pour le bien être de toute l'humanité.

Son élection aurait fait tâche d'huile et c'est Mister Bean qui aurait pris la place de la glaciale Thatcher, Jerry Lewis qui aurait succédé à Ronald Reagan, Adel Imam qui aurait pris la place de Moubarak, Fellag celle de Chadli et Moammar celle de Khaddafi.

On se serait débarrassé de toutes ces faces de carêmes qui rendent le monde si triste avec leurs costumes-cravates et leur solennité trop glacée pour être sincère. On n'aurait pas connu les Milosevich, Eltsine, Saddam, Hassan Dos, Demirel, El Assad (je ne cite pas notre Président parce que mon Directeur m'a dit qu'il doit jouir dans notre journal d'un état de grâce permanent).

Le monde n'aurait connu ni merde des batailles en Irak, ni morsures sanglantes des tigres Tamouls au Sri Lanka, ni duels fratricides imbéciles en Afghanistan, ni purification ethnique en Yougoslavie, ni tueries collectives au Rwanda, ni menaces de guerre nucléaire au Cachemire ni ... massacres à la tronçonneuse en Algérie et Bouteflika ne se serait pas retrouvé avec cette trêve en forme de clou de Djéha, qui, conservé cause une gangrène fatale, enlevé entraîne une hémorragie tout aussi fatale...

Maudits français, vous êtes bien la cause de tous nos malheurs !

 

SOMMET DE LA FRANCOPHONIE: BOUMEDIENE S'EST GOURE...

Boumediene, avec son regard malicieux, disait en souriant de dérision " ouallah ma yerb'hou chi' " (par Dieu, il n'en récolteront rien ".
Il parlait comme vous ne l'avez sûrement pas deviné, des fondés de pouvoir des anciens indigènes à la Fafa qui se réunissent régulièrement sous son drapeau tricolore pour palabrer à perte de langue et commonwealther un peu comme les sujets de l'Albion sous l'union Jack ou comme des arabes de faïence dans les sommets au ras des paquerettes de leur ineffable ligue.
La Fafa organise ce show périodique pour se donner ainsi régulièrement l'occasion de rappeler au monde que la colonisation que certains chroniqueurs indignes assimilent à une odieuse entreprise de pillage conduite sous le sabre et le goupillon fut en réalité une grande oeuvre civilisatrice de peuplades sauvages qui a au moins réussit à leur faire parler la même langue.
L'hypocrisie est poussée à bout lors de ces rencontres où le Président français ne fait que montrer encore plus son paternalisme sur ses convives en s'évertuant gauchement à les considérer comme des grands garçons majeurs et vaccinés; et le cynisme atteint son summum quand la Fafa fait la grand-mère sage qui timore les ardeurs des uns et des autres pour réconcilier les frères africains devenus ennemis pour des causes qui, en cherchant bien, sont de son fait puisqu'elles remontent à la colonisation.

Et le comble c'est qu'elle réussit, le temps d'un sommet à régler nombre de conflits surgis depuis le dernier sommet.
Des conflits qui s'apaisent pour laisser place à d'autres conflits que la perfide Fafa allume sournoisement juste après un sommet pour venir les régler solennellement au prochain sommet...
C'est vous dire que Boumediene n'a pas vu juste.
Les fondés de pouvoir des ex-indigènes à Fafa gagnent énormément à ce jeu là tant il est vrai que les petits conflits qui viennent et qui font, trois petits tours trois petits morts et puis s'en vont, constituent le meilleur moyen de faire durer les ubus dont les régimes sans saveur mettent les peuples à la diète.

 

GABEGIE TOUS AZIMUTS.

Monsieur le futur Président de la République de Gandourie-berberique, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps, entre deux meetings...

Certaines administrations locales pour ne pas dire toutes, prennent en charge les problèmes des citoyens comme on gérait les affaires indigènes " au temps béni des colonies ".

La liberté d'entreprendre, consacrée pourtant par la Constitution, est allègrement et cyniquement contrecarrée au nom du principe de " contrôle " et de " régulation " qui a remplacé avec plus de cruauté bureaucratique le principe de la " planification " qui prévalait du temps du " socialisme spécifique ".

Obtenir aujourd'hui un registre de commerce ou une carte d'artisan ou de fellah pour inscrire son activité dans la légalité constitue une gageure. Paradoxalement, c'est au nom de l'élimination des activités parallèles qu'on décourage par un dispositif qui ressemble à un véritable parcours du combattant, toute velléité d'insertion du citoyen dans l'économie formelle.

Tandis que les entrepreneurs qui " s'autogérent " très difficilement devant les problèmes générés par la crise économique, sociale et sécuritaire sont poussés au découragement par toutes les pratiques sournoises, on voit se développer dans tous les secteurs des activités parasitaires (enseignement, agriculture, commerce, loisirs...)

L'institution judiciaire est bafouée par des pratiques administratives qui ont réduit le casier judiciaire à l'état de torchon et l'ont remplacé dans beaucoup de cas par une enquête administrative aussi longue, illégale qu'injuste et injustifiée. L'administration ne fait même plus confiance à ses propres procédures et il se trouve, comble de bureaucratie, des préposés chargés de faciliter la tâche aux jeunes, qui exigent un certificat de travail, certifié bien sûr par l'employeur et recertifié par l'inspecteur du travail...

Les mesures incitatives à l'investissement restent lettres mortes puisqu'elles sont détournées de leur vocation (dans une wilaya du centre, 99% des terrains acquis dans le cadre du CALPI ont profité aux seuls promoteurs immobiliers...) ou compliquées par des procédures rebutantes, ou refusées pour les motifs les plus fallacieux, ou superbement tenues confidentielles pour ne profiter qu'aux initiés.
Le bilan de l'investissement est là pour montrer que l'administration locale qui se devait de jouer le rôle d'accélérateur a préféré appuyer sur la pédale de frein.

Au nom d'une moralisation hypocrite, on a découragé la politique du loisir et de la détente en censurant tout projet d'investissement dans ces créneaux, concourant ainsi à faire des alentours de nos villes et villages des lupanars à ciel ouvert, de nos oueds des bars en plein air et de toute masure délabrée un casino à peine clandestin.

Au nom du contrôle de la légalité des activités professionnelles, on a éliminé par la répression toute initiative artisanale et tout effort individuel. Les dispositifs prévus par les pouvoirs publics pour encourager l'initiative des jeunes butent sur la bureaucratie, le clientélisme, l'arrogance... Dans un wilaya que je connais, plus de 22 milliards de centimes ont été " engloutis " par l'ancienne formule de promotion de l'emploi des jeunes et personne ne peut dire si une seule des coopératives créées est encore en service. Des " jeunes " très bien renseignés ont acquis des rétrochargeurs, des camions, des bétonnières, des percolateurs en exonération de taxes; ils les ont revendus sans en voir même la couleur à des fripouilles qui ont parasité le dispositif.
Le bilan de cette expérience pourtant très noble a montré que ce fut un fiasco sur toute la ligne. Au lieu d'apprendre aux jeunes les vertus de l'effort, on leur a inculqué celles des affaires. Et aucune tête n'est tombée, aucun responsable n'a été sanctionné; bien mieux, les encadreurs de cette gigantesque piraterie ont été reconduits pour piloter le nouveau dispositif qu'ils sont en train de phagocyter à pleines dents...

Si la coercition, érigée en caractéristique de la relation administration-citoyen s'est soldée par la fuite des investisseurs et la fermeture des ateliers, le laisser-aller et la permissivité ont aussi été érigés en mode de gestion quand il s'agit du squat des biens et lieux publics, du gaspillage, des atteintes à l'environnement, du sabotage caractérisé (arrachage impuni des vignobles des EAC-EAI, incendies d'oliviers, jachère généralisée, décharges publiques incontrôlées, vol organisé du sable de mer et de rivière, safaris cynégétiques pour responsables en periode d'interdiction de chasse...)

La politique du pourrissement a été systématisée. Les conflits entre attributaires des exploitations agricoles, entre associés des sociétés de travailleurs, entre partenaires sociaux dans les entreprises publiques ... ne sont plus arbitrés et ont pour résultat d'atomiser la propriété terrienne, de bloquer l'activité des entreprises...
Les conflits tribaux sont presque encouragés, les divergences entre élus des exécutifs communaux ne sont pas tranchés, bloquant l'initiative locale.

La cession d'actifs au profit des travailleurs et qui aurait pu permettre très rapidement de suppléer aux potentialités perdues par l'effet des dissolutions des entreprises publiques a été un désastre par l'usage de pratiques non pas d'assistance et d'incitation mais de coercition et de découragement. Le bilan est là pour montrer que très rares sont les sociétés de salariés qui ont pu reprendre l'activité, empêtrées qu'elles sont dans des histoires de patrimoine non régularisé, d'actes notariés impossible à dresser, d'évaluation domaniales faites empiriquement...

La prise en charge des besoins du citoyen est menée avec un inadmissible mépris. Les chaînes qui se constituent de nuit pour se voir invitées au petit matin à revenir le lendemain, devant l'ingénieur des mines, le CNRC, la CNAS, le Consulat ou la poste montrent à quel point l'organisation est nulle et la considération pour le citoyen absente.

La communication, maître mot de la transparence est inexistante. Les attachés de presse des Wilayas, sur la défensive, ne sont là que pour défendre à coups de mise au point Monsieur le Wali contre la " perfidie " des correspondants locaux. Ce n'est pas l'Administration qui va vers le citoyen et qui lui donne les réponses à ses questionnements, c'est le citoyen qui la sollicite et qui n'obtient qu'un arrogant silence à ses interrogations.

Pendant ce temps, des banquets sont organisés épisodiquement au cours desquels un temps fou est gaspillé à écouter de sempiternelles récriminations non suivies d'effets ou des élogieux bilans qui n'ont rien de vrai...

Monsieur le futur Président, il y a décidément, quelque chose de pourri dans notre république de Berbèrie-Gandourique...

 

PLUIE EPISTOLIERE EN GANDOURIE

 

Ailleurs, il peut tomber des hallebardes, des pluies de météores, des pluies acides, et même des pluies de grenouilles.

Chez nous, c’est différent.

La sécheresse qui s’était installée dans les champs et les coeurs ne permettait qu’aux fronts de se mouiller de sueur et aux joues de se mouiller de larmes.

C’était avant les élections.

Depuis que nous avons voté, nous assistons à une véritable pluie de... lettres!

Il y’a d’abord ces lettres de félicitations qui sont tombées sur la présidence. Ca pleuvait de partout; au point que le président aurait, dit-on, pensé à faire reprendre du service à Pépin le Bref si ce dernier n’avait rengainé son parapluie pour prendre son bâton de pèlerin.

Il y eut et ça continue toujours, ces lettres ouvertes que les citoyens adressent pour un oui pour un non à la présidence par journaux interposés.

Pas un jour ne passe sans qu’on lise ces appels pathétiques de contribuables détroussés par l’administration, d’électeurs trompés par leurs élus, d’héritiers floués par leurs pareils, d’agriculteurs volés par les sangliers, d’importateurs blousés par les douaniers, de syndicalistes maltraités par les employeurs, d’équipes de football défavorisées par Diabi etc...

On a l’impression, à parcourir tout ce courrier du choeur des pleureuses, qu’aucune institution ne fonctionne dans ce pauvre pays en panne de bon sens... mais c’est peut être le but recherché par ceux qui favorisent cette poussée épistolaire.

Il y eut ensuite ces lettres envoyées aux invités africains au prochain sommet d’Alger. Pour les transmettre, notre Président qui n’a pas fait confiance aux facteurs du cru a envoyé nos propres facteurs dont certains ont déjà sonné ( le peuple), trois fois, comme ces bons messieurs Da Vel d’hier ou l’Ouyaya bon banania...

Mais les lettres qui, en dépit de leur petit nombre mouillent le plus, ce sont ces missives qui parviennent des maquisards en villégiature, des doux lieux d’exil et des résidences trop peu surveillées.

Celles là , transmises par des gens assurément bien timbrés mais non encore officiellement affranchis conjuguent la froideur du tract à la véhémence du prêche.

Leurs expéditeurs ont toujours fait preuve de fidélité à cette sentence qui dit que " La guerre est tromperie " (El h’arb khidaa ). La consolation c’est qu’ils ne se disent plus en guerre mais en trêve.

Le drame c’est qu’il peuvent considérer la trêve, elle aussi, comme une ruse de guerre !

Devant ce déluge de lettres qui submerge le pays, le patriarche aurait déjà préparé l’arche.

Une arche qui lui permettra affirme t-il, de sauver la situation si le peuple l’accompagne.

Dans le cas contraire elle lui servira d’embarcation pour... rentrer chez lui!

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