RICTUS ... 

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MACHARADES (I)

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Retour à 1963
A3djouz hakmett khayen
Algerois et Algeriens
Allah Yestor !
L'alternance douce
En attendant les Apaches
Carnaval fi l'APN
Araberies
L'assistanat institutionnalisé
Baghdad n'empeste pas seulement l'ypérite
Nos ennemies les bêtes
Si Sidi Ali Bouneb m'était compté
Un carnaval au village
Un carnaval comme exutoire
Aut Ceasar aut nihil !
Entre berger et chacal
Les maîtres-chanteurs ne passeront pas
Paternalisme, initiative et droit de citoyenneté
C'est Clinton qui se tape Monica et c'est Saddam qui casque
Little Big man secoue le cocotier
 
 

RETOUR A 1963...


La recomposition du paysage politique se fait à gros coups de pinceaux comme une ébauche de peinture surréaliste.
Elle va déboucher à court terme sur une configuration qui n'est nouvelle que par l'apparence, une sorte de déjà - vu où même les têtes ne sont pas inconnues...
Les forces qui ont fait imploser un pouvoir, émanant nécessairement du juste milieu parce que seul garant de pérennité, ont fini par se recentrer ou par se marginaliser - et pas spécialement dans le terrorisme islamiste.
L'épreuve a presque été fatale pour le pays et le prix fort a été payé et continue à coûter cher par l'effet des secousses secondaires que d'aucuns nomment " terrorisme résiduel "...
La politique a enfin retrouvé (ou presque) sa naturelle bipolarité pouvoir-opposition - susceptible d'alternance douce - comme elle l'était en 1963 et comme elle aurait dû le rester sans l 'erreur de la répression du FFS qu'a entraînée son insurrection armée (ou la réciproque).
Les islamistes et les démocrates, perfectionnistes jusqu'à l'utopie, jusqu'à la caricature, ont retrouvé leur nécessaire fonction, non pas de tenants directs du pouvoir ni même de prétendants sérieux mais de balanciers que ce même pouvoir doit obligatoirement courtiser, écouter, consulter, utiliser mais jamais porter pour garder ses équilibres.
Ces deux garde-fous qui se placent des deux côtés du chemin vont continuer à marcher en parallèle, à s'invectiver et à se lancer des pierres par dessus la tête du pouvoir et de son opposition " alternative " en prétendant défendre la liberté individuelle pour les " démocrates ", et la justice sociale pour les " islamistes ".
La prise en sandwich du pouvoir (et de son opposition " alternative ") leur permettra de ne pas en venir directement aux mains et de faire pleuvoir sur lui leurs coups perdus, ce dont il s'accommodera car son étendue et son élasticité lui permettront d'amortir tous les coups.
La crise politique que nous traversons ne résulte pas en effet de la sympathie que les démocrates ou les islamistes accusent tour à tour le pouvoir (ou son opposition " alternative " ) de vouer à leurs adversaires déclarés, mais de l'antinomie et de l'exclusionnisme qui sous-tendent la philosophie des deux tendances - non pas pour les forces du milieu qui composent le pouvoir et son opposition " alternative " mais pour les forces extrêmes dont, contrairement à eux, il réussit à s'accommoder.
Cette antinomie et cet exclusionisme sont si radicaux qu'ils ne pouvaient permettre à l'un ou à l'autre de se voir confier les rênes du pouvoir sans risque de faire exploser irrémédiablement le pays (c'est un peu ce que recherchent les sponsors étrangers si acharnés dans leurs exhortations aux uns et aux autres au point qu'il leur arrive d'encourager simultanément la furia des deux camps...)
Aujourd'hui le FFS(RND1) et le FLN(RND2) peuvent bien faire les ingénus en se défendant d'avoir été pour quelque chose aussi bien dans l'arrêt du " processus électoral " qui allait imposer un exclusivisme islamiste que dans le coup de frein brutal à l'expérience démocratique de Boudiaf qui, en laissant pencher un peu trop fort le balancier du côté des " démocrates " a perdu l'équilibre en voyant son centre de gravité qui devait nécessairement rester au milieu, sortir de son polygone de sustentation ... ils n'ont fait que conforter leur position au centre en neutralisant les extrêmes
Les " intégristes " laïcs ou islamistes peuvent bien évoquer leur rôle de pompiers, les premiers pour avoir contrecarré le projet islamiste, les seconds pour avoir déjoué le projet " laïc "... ils n'ont fait que s'auto anéantir au profit de la douce (il faut l'espérer) bipolarité centrale FFS(RND1) -FLN(RND2) qu'on retrouve incarnée par AIT AHMED et BOUTEFLIKA, comme aux premiers jours de l'Algérie indépendante...
Leur création (Islamistes et laïcs) puis leur montée en puissance et enfin leur déclin s'inscrivent dans la logique qui sous tend la dialectique de l'histoire. Il est seulement regrettable que ça ait pris tout ce temps, dilapidé toutes ces énergies et surtout, causé tous ces drames.

L'honnêteté intellectuelle devrait donc aujourd'hui inciter les leaders de ces tendances à reconnaître que c'est leur propre philosophie (ou pratique) exclusionniste qui est la cause de leur rejet vers les extrêmes où leur marge de manœuvre (ou de nuisance) sera confinée dans des limites supportables par la cohésion sociale...
Car la synthèse de deux vérités est plus crédible que deux vérités prises séparément... de surcroît quand elles sont irréductibles !
Il est aujourd'hui temps que ces deux tendances reprennent leurs places et leurs fonctions de balises.
Et ce n'est pas loin de là, un rôle mineur ou infamant...
N'est-ce pas les balises qui préviennent les grands dérapages ?

AADJOUZ HAKMET KHAYEN !


Dans mon village, à la campagne, quand quelqu'un s'en vient à crier eurêka pour avoir une fois dans sa vie cru avoir découvert l'eau chaude, on lui fait une belle moue de dédain en lui disant: Aadjouz hakmet khayen (c'est la vieille qui a attrapé un voleur).
C'est ce qui semble arriver à des messieurs au dessous de tout soupçon qui ont élu domicile dans des studios de télévisions branchés obstinément sur l'Algérie.
Depuis quelques temps, ces opposants confortablement installés dans leur exil nous insultent, nous prenant pour moins que rien en nous cassant les oreilles avec leur litanie infâme de généraux à la solde de la France parce que anciens soldats de l'armée française et qui n'arrêteraient pas de vouloir arrimer l'Algérie à l'ancienne puissance coloniale.
Cette imbécillité est une... imbécillité pour plusieurs raisons:
· Elle réduit d'abord les Moudjahidine et par extension tout le peuple à un magma d'ingénus ou carrément d'idiots incapables de s'autogérer et même de prendre conscience qu'on leur fait faire un extraordinaire reniement collectif.
C'est sans doute cette congénitale idiotie présumée du peuple qui a poussé ces " puristes " à s'ériger en conscience patriotique du pays pour le mettre en garde contre cette déviation perfidement programmée par des Machiavels en puissance... et c'est déjà un signe évident d'une mégalomanie et d'une suffisance assassine...
· Elle veut faire croire ensuite qu'un déserteur est obligatoirement un chargé de mission de l'armée qu'il a abandonnée au détriment de celle qu'il a rejointe alors qu'en réalité l'acte de désertion - surtout quand il s'effectue d'une armée puissante et classique où le manque d'idéal est compensé par la garantie de la carrière vers une armée de libération où la noblesse de l'idéal fait oublier l'idée même de carrière, cet acte revêt une noblesse extrême parce qu'il découle non pas de considération matérielles ou de nécessités sécuritaires mais d'un cheminement éminemment noble qui va de l'état du soldat bête et discipliné à l'idée de patriotisme pur parce que expurgé de toute autre considération.
S'il faut juger historiquement une personne, il faut le faire en fonction de ce qu'elle a fini par devenir et non de ce qu'elle a commencé à être (n'est-ce pas Messieurs La Science et autre Zaïtout ?)
Et cette manière de juger démontre l'étroitesse de vue de ces messieurs qui veulent, ô paradoxe, nous ouvrir les yeux...
· Elle veut enfin faire accroire que ces " fervents patriotes " sont plus jaloux de la souveraineté de leur pays que toute la " canaille " qui " se laisse faire en jouant le jeu du pouvoir " ou en faisant " l' opposition de pacotille ".
Cela aurait été crédible si ces bons messieurs avaient déclamé ces professions de foi quand ils jouissaient goulûment des bienfaits de la république et de l'ivresse des grosses situations et non après que la centrifugeuse les ait si piteusement rejetés à la marge de la société.
Cela aurait été crédible s'ils avaient choisi des terres d'exil plus en rapport avec leurs penchants brusquement pleins de grande ferveur religieuse, le Pakistan, le Soudan, l'Afghanistan, l'Iran ou même la république islamique de Mauritanie.
Mais il fait bien mieux vivre dans cet hexagone perfide ou chez l'encore plus perfide Albion et d'y étaler à longueur d'ondes et de colonnes ses états d'ânes montrant, comble d'ingratitude qu'on reste toujours fidèle au principe de manger " el ghella " tout en insultant " el mella "...
La Science sans conscience, c'est une véritable ruine de l'âme. Quant au zaïtout, tout le monde sait que c'est un drôle d'oiseau...

ALGER-ROIS ET ALGER-RIENS

Un opérateur en Import-export (hum !...) serait d'après un journal du soir isolé téléphoniquement depuis plusieurs semaines.

" Les relations de cet opérateur avec les partenaires étrangers se faisant presque uniquement par téléphone et par fax "(sic), vous devinez un peu le manque à gagner... en publicité pour les journaux !

Gageons que cet opérateur qui doit savoir comment opérer s'est déjà doté du GSM et qu'il a pris la précaution d'informer ses relations de l'incident en prenant soin de leur donner d'autres numéros où le joindre.

Et ce sont des informations de ce genre et du type " El mendba k'bira ouel meyett far " qui font enrager les villageois comme ceux de ces deux communes de la wilaya de Bouira, situées à peine à 40 km à vol de pigeon voyageur d'Alger et dont les 41527 habitants (estimations non actualisées de 1997) sont coupés du reste du pays et du monde depuis bientôt un mois pour (d'après la version radio-trottoir, les PTT eux, ça ne s'embarrasse pas de justifications) une carte électronique qui aurait grillé !.

On pourrait répliquer que ledit journal (et tous les autres) ne sont pas sensés connaître cet état de fait, si anodin et de surcroît relatif à des endroits perdus et là, on pourra rétorquer que quand il s'agit de monter en épingle les petits conflits inter-élus ou les aigreurs des populations contre leurs maires, on réussit pourtant le tour de force de s'insinuer littéralement entre la chair et l'ongle.

Mais c'est presque de bonne guerre !

Les controverses socio-politiques, cela permet aux correspondants de la presse locale de régler leurs petits comptes tout en assurant à leur journal un lectorat... Dénoncer l'abus fait à un pauvre entrepreneur, ça peut valoir ce que ça peut valoir, mais rapporter les carences d'un service public envers la canaille, ce n'est pas porteur, ce n'est pas toujours facile et ça peut vous faire perdre gros.

Il fallait le dire, c'est dit.

ALLAH YESTOR !

La fin de siècle n'a même pas besoin de comète de Halley et de son cortège de malheurs annoncés pour générer des poussées extraordinaires d'angoisse existentielle. De surcroît quand cette échéance se conjugue avec la fin du millénaire.
Dans ces moments de grande inquiétude, les hommes brusquement conscients de leur insignifiance devant l'inexorable sablier universel qui égrène le temps avec une implacable fatalité, se retournent frileusement vers leurs divinités, y cherchant protection contre les lendemains incertains.
L'homme perd de sa morgue en ne se sentant plus maître de son destin qu'il confie à son dieu et, pour faire plaisir à son protecteur, il n'hésite plus à s'en prendre aux autres dieux en s'en prenant comme de bien entendu à... leurs créatures.
C'est ce qui explique la montée crescendo de la religiosité sous toutes les latitudes et les douloureux conflits entre populations qui convivaient tant bien que mal dans leurs différences de couleurs, de langue, d'origine ou de confessions.
Mais quand l'homme ne réussit pas à trouver l'ennemi confessionnel à portée de son sabre, il peut s'inventer une nouvelle confession pour se distinguer de son frère en religion afin de pouvoir trouver en lui la victime expiatoire qu'il sacrifiera à son nouveau Dieu sur l'autel propitiatoire de sa ferveur nouvelle.
Ce retour frileux vers le dieu protecteur peut revêtir l'aspect d'un retour vers la tribu, brusquement sacralisée pour tout ce qu'elle peut représenter comme refuge. Kadhafi dans son Livre Vert a prédit l'avènement de ces grandes migrations introspectives des peuples qu'il a surnommé " Ahd el qaoumiette ". Son explication du phénomène s'est peut être basée sur des causes économiques ou politiques mais a sûrement ignoré cet épouvantable levier à pulsions qu'est l'angoisse existentielle.
C'est ce moment de profondes turbulences psychosociologiques que nos décideurs ont choisi pour nous faire élire notre Président.
Et comme pour précipiter un chaos qui n'a aucune raison de se déclencher chez un peuple que tout unit, on n'a pas hésité à lui présenter une palette déflagrante de candidats potentiellement diviseurs, régionalement, confessionnellement et historiquement !
Le recherche de la chapelle sécurisante susceptible d'atténuer son angoisse existentielle qui va atteindre graduellement son summum, pourrait pousser l'électorat à laisser libre cours à des pulsions fratricides destructrices...
En espérant que le 15 avril nous démentira...

L'ALTERNANCE DOUCE POUR DÉMENTIR
IBN KHALDOUN


IBN KHALDOUN a, dans sa muqqadima, analysé le pouvoir et réussi à définir sa durée (génération, dynastie...). Sa description de la déliquescence du pouvoir puis de sa chute inéluctable est d'une belle rigueur et démontre que quand un pouvoir refuse l'alternance dans la civilité et s'entête à aller au delà de la période qui lui est impartie, il sera évacué de l'Histoire manu militari...
L'Occident qui n'a pas retenu d'Ibn Khaldoun la seule sentence de " idha ourribet khourribet " que nous nous plaisons en parfaits masochistes à sortir de son contexte pour mieux nous auto-flageller, a réussi à échapper à la violence cyclique qui accompagne les pouvoirs qu'on évacue infailliblement à coups de crosses parce qu'ils se refusent à passer le témoin de leur propre gré. Il a pu, grâce au seul jeu politique tromper l'Histoire en faisant se succéder le pouvoir à lui-même tout en donnant l'impression d'accomplir à chaque fois une révolution.
La politique que nous autres, peuples du tiers-monde, nous évertuons à recréer est pourtant d'une simplicité enfantine. Elle se schématise par un Centre et deux Marges (gauche et droite). Pour asseoir une stabilité permanente, il suffit de " marginaliser les marges " (marginaliser ne veut pas dire éliminer), puis de créer deux pôles juxtaposés au Centre, deux pôles presque identiques dont les programmes sont axés surtout sur l'aspect économique et qui sont expurgés des aspects linguistiques, religieux, raciaux... et qui utiliseront tous les moyens d'information pour montrer qu'ils se vouent réciproquement une animosité du diable...
C'est un peu ce qui se passe en France ou le PS s'oppose aux RPR-UDF dans un terrain où les juges de touches sont le PC et le FN, ce qui se passe aux États Unis où les ânes démocrates s'opposent aux éléphants républicains dans des combats que la presse gonfle au point de les rendre épiques, en Angleterre où les Travaillistes succèdent à leur alter-ego Conservateurs à coups d'insultes et d'invectives.
C'est dans le respect de cette stratégie de l'alternance douce que KOHL s'est laissé battre par SCHRÖDER pour aller se ressourcer et revenir le battre dans une suite ininterrompue de changements en douce...
Et si nous en prenions de la graine ?...

EN ATTENDANT LES APACHES...

L'Humanité doit en très grande partie son progrès technologique à la guerre. C'est la faucheuse qui oblige l'homme à forcer ses méninges et ses biceps pour trouver les parades aux coups de l'autre et les astuces pour peaufiner ses propres coups.
Mais c'est aussi cette orientation de la technologie vers la satisfaction des besoins de belligérance qui a instauré la " potentialisation " de la guerre.
L'industrie de guerre, comme toute industrie, se déprime par manque de débouchés et se revigore quand son plan de charge est conséquent. D'où la nécessité pour elle de se créer ce plan de charge.
Et ce sont les marchands de canons qui exploitent l'ambition des politiciens, la déraison des peuples et les contingences de l'histoire pour entretenir en permanence des foyers de tension latente qu'un simple souffle transforme en brasiers. Le monde est d'ailleurs plein de ces feux qui couvent sous les cendres en attendant leur tour d'être réveillés .
Mais aujourd'hui, la guerre n'est pas seulement utile aux seuls marchands de canon. La précision qu'elle a atteint lui permet, sans occasionner de gros dégâts humains, de détruire les ossatures socio-économique du pays ciblé; ossatures qu'il faut bien reconstruire et c'est comme ça que la guerre s'érige en indispensable moteur de l'économie capitaliste dans son ensemble.
Pour que la guerre remplisse convenablement ses deux objectifs, il faut aujourd'hui choisir convenablement la cible. La guerre froide et le monde bipolaire ayant fait leur heure, il n'est plus possible de créer de nouveaux Vietnams où les Grands peuvent déverser sans retenue leurs gadgets tueurs sous prétexte de défendre des principes...
Il n'est plus rentable aussi de s'investir dans ces guerres stériles que se livrent avec une bestialité jamais égalée, ces pays qui ne servent plus à grand chose depuis que les zones d'influence sont devenues inutiles. Envoyer son armada bombarder la Somalie, l'Érythrée, l'Éthiopie , l'Afghanistan ou le Burundi, c'est perdre inutilement son temps et son argent car on n'y rencontrera ni la riposte qui permet de tester la fiabilité du matériel, ni les richesses susceptibles de servir à la reconstruction de ce qu'on aura détruit. Ces pays peuvent auto anéantir qu'ils ne feront pas bouger les nouveaux gendarmes du monde.
Les cibles parfaites, c'est à l'image de l'Irak et de la Yougoslavie. Leur isolement dans leurs propres régions ne peut leur valoir de la part des autres peuples qui les entourent qu'un grand " cha 'h " de satisfaction en guise de solidarité à cause de leurs dirigeants ombrageux et intransigeants; l'importance de leurs ossatures socio-économiques et les richesses dont ils disposent garantissent un très gros plan de charge quand il faudra reconstruire (et là, la solidarité régionale pourra jouer puisque la morgue et la suffisance de la victime auront laissé place à une plate humilité) , leurs capacités de riposte est tout juste suffisante à tester le matériel (ce n'est pas le cas du Pakistan et de l'Inde qui viennent de montrer qu'ils disposent dorénavant d'une force de dissuasion).
Ne trouvez-vous pas, quelque part qu'un compte à rebours qui n'ose pas dire son nom a commencé pour une autre contrée qui présente trop de similitudes avec ces deux pays: des infrastructures considérables à détruire (et donc à reconstruire), une capacité de riposte qui n'a pas encore atteint celle de la dissuasion, un isolement régional propice, une position géographique à portée de canon et des prétextes que pouvoir et opposition offrent à tours de bras sous les exhortations d'un peuple qui semble bien s'amuser en marches et contre-marches en oubliant qu'il joue avec le feu.
Ca commence par des problèmes internes qu'on exacerbe et ça se termine par l'intervention musclée des va-t-en-guerre.
Et c'est toujours l'imbécile ambition et la fatuité intransigeante des dirigeants quand elle se conjugue avec la déraison des peuples qui exacerbe les problèmes internes .
L'antidote à l'imbécillité, l'ambition, la fatuité et l'intransigeance des dirigeants reste avant tout la démocratie; quant à la déraison des peuples, c'est comme la grippe, un mal périodique causé par le virus du  régionalisme étroit, du racisme primaire, de l'oppositionnisme gratuit, du culturalisme élitiste ou du cultualisme obséquieux; un virus qui a l'horrible faculté de faire des mutations imprévisibles et contre lequel même le vaccin de la reconnaissance de tous les droits peut n'avoir aucun effet ....
En attendant les Apaches, à bon entendeur, salut !...

CARNAVAL FI L'APN

Les dépités s'en sont donné à cœur.
Dans l'hémicycle réduit à une scène de théâtre de l'absurde, ces messieurs encravatés et encostumés ont oublié toute retenue.
Déconnectés totalement d'une base qui ne s'est jamais reconnue en eux (souvenez-vous de la grosse indifférence populaire qui ressemble à un immense " chah' " de satisfaction sadique qui a suivi leur remise à l'ordre lors des inénarrables journées de " protesta " ), ils ont profité de la présence de la télé qu'ils n'arrêtent pourtant pas de vilipender dans leurs partis, pour bomber le torse, lever la voix ou chercher l'emphase et l'envolée patriotardique ou la bigoterie de bas étage pour bien montrer qu'ils ont quelque chose à dire et qu'ils croient à ce qu'ils disent.
Obnubilés par leurs narcissisme et leur hypocrisie, ils ont oublié qu'un peuple se meurt à attendre qu'on daigne enfin lui accorder, non pas le pain, ni l'eau, ni l'habit, ni le toit, mais au moins l'attention pour qu'il puisse enfin demander qu'on lui explique cette descente aux enfers qu'on semble lui avoir programmée alors qu'il n'est coupable que de vouloir vivre en paix .
C'est le HMS qui découvre brusquement la " promotion Lacoste " alors qu'en émane une grande partie de sa composante de gros commerçants, qui se sont engraissés à la pratique des passe-droits et de la fraude fiscale, experts dans la spéculation et qui essaient de tromper le monde et même le Bon Dieu en usant d'une religiosité teintée de bonhomie sous des airs de faux dévots qui ne trompent plus personne.
C'est le PT qui n'arrête pas de caresser le travailleur dans le sens du salaire, le terroriste dans le sens du poil, le cadre dans le contresens du tribunal et les familles des " disparus " dans le sens interdit pour s'obtenir leurs bonnes grâces électorales et qui oublie que le populisme comme la compromission, même s'ils peuvent jouer un temps le rôle de piques acerbes finissent toujours par retrouver leur perfide effet boomerang...
C'est le F.L.N. qui, habitué à faire le conformiste, joue très mal le contestaratataire et qui abuse du rétroviseur sans se rendre compte que même avec sa vitesse d'escargot entêté, il lui faut regarder où il met ses pattes de dinosaure pour ne pas se casser ses dents trop longues sur les évidences, les mauvaises surprises et les faux calculs...
C'est le FFS qu'on ne situe ni ici ni là bas, ni à gauche ni au centre ni à droite, ni avec la bon, ni avec la brute ni avec le truand et qui boycott - cot cot cot... en croyant qu'en continuant à battre de l'aile il arrivera à s'envoler.
C'est le RCD qui continue à draguer l'élite en oubliant qu'elle ne représente plus qu'elle-même; qui a compensé sa surdité aux palpitations du petit peuple par une langue disproportionnée par rapport à son corps et qui faute d'écouter les autres n'arrête pas de s'entendre parler.
C'est le RND qui s'est habitué à offrir une danse du ventre pour réveiller la libido de son cavalier du moment, qui se contorsionne comme il peut pour montrer des atours qu'il est seul à voir et qui croit qu'il est toujours possible de faire le viagra...
C'est ENNAHDA qui s'étonne qu'on s'acquitte de la zakat alors qu'on refuse de payer l'impôt alors qu'il a tout fait pour déclarer l'état infidèle et cautionner le vol en en faisant une ghanima et qui, pour échapper à ses propres démons, s'invente des petits diables pour passer son temps à jouer les exorcistes.
Tout ce cinéma, c'était pour la galerie car le gouvernement étant en fin de mission, toutes les critiques n'avaient pour but que la disculpation de tout ce beau monde, à écran ouvert, alors que leur culpabilité demeure patente, par la participation directe des partis de la coalition et par la caution indirecte des partis de l'opposition; puisque ni la fraude électorale qu'ils prétendent pourtant avérée, ni la paupérisation de ce ghachi de peuple, ni les " résidus " d'un terrorisme toujours reconduits, ni la fermeture des entreprises et la mise au chômage des travailleurs, ni la suspension des journaux, ni l'emprisonnement des cadres... n'ont pu convaincre les premiers à laisser tomber leurs portefeuilles ministériels en démissionnant du gouvernement ni les seconds à sacrifier leurs porte-monnaie de députés en quittant l'Assemblée...
Et l'Ouyahia d'en face qui n'est peut-être pas un premier ministre de première, a démontré qu'il était un gros malin. Il a réussi la gageure de se rendre presque sympathique, non pas pour sa tronche ni pour ses grandes oeuvres mais seulement parce que, en face, il y avait de l' antipathie à vous rendre députophobe... pire, députophage !

ARABERIES

Nos frères les arabes, que Dieu les garde, n’ont pas seulement découvert le zéro et l’astrolabe; ils ont aussi trouvé depuis longtemps la formule qui permet à leurs fondés de pouvoir de se remplacer dans une douce alternance ou de se perpétuer dans une continuité très bien huilée où les quelques grincements de dents qu’elle engendre sont étouffés par les claquements des mains et les youyous de béatification.

Les rois, émirs et présidents se laissent vieillir au pouvoir et leurs peuples, partiarchalisés jusqu’à la caricature et auxquels on a fait comprendre depuis toujours que le père est indispensable non seulement à leur bonheur mais aussi à leur survie, les idéalisent au point d’en faire de véritables totems vivants.

Lorsque le bon père de la nation décide de se donner un coup de jeune en se faisant replébisciter ou vient à disparaître brutalement pour cause de maladie ou d’intrigue de palais, on rameute tous les faiseurs de spectacle pour organiser de grands shows à la gloire ou à la mémoire du Manitou selon qu’on veuille lui redorer le blason par un nouveau mandat ou lui construire une légende pour son repos éternel. On réussit alors à lui trouver - même en les inventant de toutes pièces - tous les mérites de sagesse, bonté, magnanimité, tolérance, pardon, piété... C’est un ange qu’on découvre même s’il a toute sa vie, traîné le diable par la queue...

C’est dans ces hauts moments de profonde symbiose entre la canaille et son pays éprouvé ou angoissé qu’on reconduit l’élu ou qu’on sort le régent qui, avec sa gueule de circonstance est vite intronisé et qu’on présente comme digne successeur de lui-même, et qu’on n’arrête pas de louer; ou de celui qui l’a précédé, et qu’on n’arrête pas de pleurer.

Quand le peuple s’éveille avec une grosse gueule de bois à force d’entendre les dithyrambiques louanges en langue du même matériau, il est déjà trop tard. Du rameau d’olivier si superbement exhibé hier, il n’aura que l’olive.

Le nouveau chef qui s’est bien calé dans son trône a déjà commencé à se fabriquer une personnalité - généralement en détruisant celle de celui qui l’a précédé (même si c’est lui-même) et qui lui fait trop d’ombre.

Et nous voilà repartis pour une autre grande avancée à rebours...

En voyant comment nous essayons de choisir notre souverain, on comprend un peu beaucoup pourquoi nos frères les arabes nous trouvent si peu arabes malgré nos tentatives acharnées pour le paraître...

ASSOCIATIONS - L'ASSISTANAT INSTITUTIONNALISE.

Le terme de " contrôle " du bon usage des subventions mises à la disposition des associations (sportives, culturelles, cultuelles, politiques, artistiques, écologiques, syndicales...) revient à chaque fois, tel un leitmotiv, démontrer qu'on ne donne rien pour rien; et beaucoup de petits élus des petites assemblées communales ou de wilaya ou de grands élus de l'APN ou du Sénat n'hésitent pas à l'exiger en fronçant ostensiblement les sourcils et en tapant du poing sur la table pour bien montrer qu'on ne laisse pas les autres badiner avec l'argent du peuple... na !...
Les associations ne sont pourtant agréées que si elles établissent leurs statuts.
Ces statuts définissent clairement les organes de gestion et les organes de contrôle de l'association et indiquent les différentes sources de financement autorisées et même les moyens légaux de mettre en oeuvre ces moyens (cotisations, dons, subventions...).
Avant que les donateurs ne demandent à exercer leur mission de contrôle, ils devraient poser des conditions à l'usage de leurs dons. Ces conditions - quelles qu'elles soient - représentent une ingérence déclarée dans la gestion de l'association et en terme éthiques, cela s'appelle " dons intéressés ", en termes politiques cela s'appelle " parrainage " et en termes judiciaires, cela s'appelle " gestion de fait " quand ce n'est pas " corruption " .

Le contrôle tel qu'il semble désiré est une intrusion dans un domaine réservé aux A.G. des associations; il est dangereux pour au moins quatre raisons:
- Pour les A.G. elles-mêmes qui se voieent doublées dans une de leurs principales missions au lieu d'être sensibilisées afin de prendre conscience de leurs droits et devoirs.
- Pour l'éthique car on ouvre la voie àà la mainmise du " mécène " sur l'objet de son " mécénat " et l'on s'oppose au noble principe qui impose à charité d'être désintéressée.
- Pour la Loi qui peut être bafouée parr une gestion de fait de structures ou d'individus qui n'ont pas légalement la qualité de gestionnaires.
- Pour le maintien du paternalisme admiinistratif ou du parrainage des gros pontes sur des associations dont on n'arrête pas de vouloir libérer les initiatives.

Le bénéfice qu'on peut espérer retirer de ce " contrôle " effectué de toute manière à posteriori et qui se résumera au mieux à une plainte en justice qui aboutira à un non lieu, est sans commune mesure avec ce qu'on gagnerait à ne pas l'effectuer du tout...

Et nos dignes élus, au lieu d'insister sur ce droit de regard du généreux donateur sur le bon usage de son aumône; devraient interdire cette charité qui invertèbre les associations et les fait ressembler à des oisillons tous nus qui, au lieu d'essayer de voler de leurs propres ailes, n'arrêtent pas d' ouvrir goulûment le bec à chaque fois qu'un froissement de billet se fait entendre,.
C'est seulement chez nous qu'on rencontre ces drôles de pseudo regroupements associatifs dont les statuts prévoient l'assistance mais dont la survie ne tient qu'à l'assistanat et qui n'arrêtent pas d ' " effrayer la chronique " avec les récriminations et les accusations incessantes des membres non associés à la curée contre ceux qui ont trouvé dans ces subventions le moyen de gagner argent et considération et qui, comme nos politiciens, trouvent si confortable leur situation qu'ils se décident à y faire carrière et n'acceptent de s'en voir éjecter qu'avec une belle marque de pied sur le derrière.

BAGHDAD N'EMPESTE PAS SEULEMENT L'YPERITE...

Au moment ou Blair envoie ses tuniques rouges assister les yankees dans la destruction de Babylone, une firme de Sa Gracieuse Majesté trouve le moyen de se sucrer en exploitant le ridicule des précieuses et le snobisme des excentriques fortunés.
Elle s'est inventée un parfum à qui elle a donné un nom de missile, le V . 1 au lieu des habituelles appellations à l'eau de rose.
Ce parfum, tiré à quelques centaines d'exemplaires dûment numérotés est vendu sur commande à plus de 500 000 Francs français le flacon; et certaines stars du monde de l'art qui n'ont que faire de leur argent en auraient déjà commandé .
En réalité, le secret du prix se trouve dans le flacon et les pierres précieuses qui le sertissent et non comme on le dit, dans les quelques millilitres de parfum qu'on y trouve en cherchant bien.
Gageons que plus de la moitié de ces exemplaires numérotes iront garnir les coiffeuses des odalisques des émirs et roitelets arabes imbibés de pétrole.
Pour faire plus cynique, la perfide firme de l'Albion qui a mis en vente ce parfum, affirme qu'il est fabriqué selon une ancienne formule secrète de... Babylone.
C'est sa manière à elle de bien montrer à certains qu'elle leur fait des fumigations à partir de leur propre barbe (men lehytou bakhar-lou)...

NOS ENNEMIES LES BETES

" If a tiger murders a man it is ferocity
but if a man murders à tiger, he calls it sport... "
G. Bernard Shaw

Il y a chez nous, un véritable déphasage entre la bonne intention tirée de la Religion, de la morale universelle et des connaissances scientifique et les mauvaises pulsions héritées de nos habitudes ou de notre ignorance.
Cette juxtaposition de l'idéal théorique et de la triste réalité pratique se retrouve dans la gestion de notre écologie.
Le journal Officiel publie sans discontinuer toutes sortes de Lois coercitives pour inciter nos fondés de pouvoir à faire respecter la faune et la flore et notre presse qui ignore que la baie vitrée à travers laquelle elle croit voir la société n'est qu'un miroir réfléchissant, continue à prendre ses désirs écologiques pour des réalités.
C'est ainsi que très souvent, pour ne pas trop déranger une bonne conscience de très mauvais aloi, cette presse annonce la découverte d' oiseaux bagués qu'elle présente comme " mort d'épuisement " (nous ne sommes pas des sauvages, nous autres...) tout en sachant pertinemment que le pauvre volatile a fait les frais du lance-pierre d'un garnement écologiquement déculturé.
Mais passe pour les enfants oiseleurs qui ne font que répercuter sur l 'animal les coups qu'ils reçoivent des adultes...
Le drame dans toute son ampleur se mesure à l'aune de ces fondés de pouvoir qui, chargés de faire respecter l'interdiction de la chasse, passent leur temps au vu et au su de tout le monde dans les occupations cynégétiques.
La presse a rapporté la découverte d'une hyène tachetée trouvée morte (hum ...) du côté d' Ain El Hammam, d'un léopard qui aurait été vu à Tamanrasset, d'un aigle qui aurait élu domicile dans les gorges du Rhummel et de gazelles qui seraient remontées jusqu'à Tissemsilt.
Ces animaux supposés protégés ne devraient pas écouter ce que disent les journaux car si par malheur il leur arrivait de s'aventurer dans une de nos communes, c'est le Président d'APC en personne qui se sentira un devoir de mener la battue pour les retrouver et les anéantir pour exposer leurs cadavres dans la place du village comme des trophées que viendront voir les villageois avec plaisir ou curiosité mais pas du tout avec consternation...
Avant de chercher à sensibiliser le large public, les messieurs qui sont payés pour parler d'écologie devraient sensibiliser les responsables afin d'éviter que le premier braconnier de la commune ne soit son maire et que les destructeurs d'animaux protégés soient ses gardes champêtres...

 

 

SI SIDI ALI BOUNEB M'ETAIT COMPTE...

Sidi Ali Bounab faisant ces derniers jours l'actualité, je ne me priverais pas d'ajouter sa voix à la cacophonie...
Ce saint homme dont on doit impérativement écrire l'histoire fut, dit-on, un bon wali plein de simplicité, d'humour, d'amour et de bienveillance, pas comme les " préfets " d'aujourd'hui qui sont imbus de leurs personnalités et pleins de morgue et de suffisance et qui croient que l'humour, l'amour et la bienveillance sont des marques impardonnables de faiblesse...
Sidi Ali Bounab fut dit-on, un joyeux hakim errant qui n'était jamais avare de conseils, de bons mots mais aussi de sentences dures et de prédictions.
Les régions qu'il aurait traversées se sont transmises ses réparties où l'humour se conjugue à la perspicacité.
Telle tribu fut traitée de " Hache sans cognée " au sens où elle ne se trouvera jamais de responsables capables de la diriger; telle autre fut frappée d'anathème " l'été vos meules dessineront des montagnes, l'hiver, vides seront vos silos " et on dit même que toute un village situé sur un flanc de montagne fut sanctionné à la manière de Pompei par un épouvantable éboulement pour avoir imposé au saint homme d'effectuer un pas de danse afin de rire de ses déhanchements. Pour les sceptiques, on montre entre les gros rochers, des figuiers de barbarie qui ont redessiné des sortes d'enceintes dans ces lieux qu'on nomme précisément... " Reddama "...
Mais l'une des plus étranges sentence fut cette phrase dont la dérision cache mal les sous entendus: " Baggas, rouss el b'gar, yaghasslou a'la el fadha ou igoulou h'djar " en termes plus clairs: " Beggas, têtes de vaches, ils lavent leur linge sur de l'argent et prétendent que c'est de la pierre ... ".
Il est très possible que certains géologues connaissent Sidi Ali Bounab; il est très peu probable toutefois qu'ils connaissent cette énigmatique sentence.
Comment expliquer alors la publication par le Journal Officiel le 30.05.90 de ces lignes: " La SONAREM est autorisée à effectuer des recherches de gisements d ' Or en Grande Kabylie sur le périmètre constitué par la totalité du territoire couvert par les feuilles géologiques à l'échelle 1/50 000; n° 22 (Thénia), n° 42 (Dra El Mizan) et n° 43 (Lakhdaria) pour une durée de 4 ans ".
Pour ceux qui l'ignorent, c'est dans ce triangle que se situe "Beggas".
Et " Beggas " vient du verbe très peu usité " yebgass " qui veut dire scintiller...
La conjonction de la sentence énigmatique de Sidi Ali Bouneb, de la concession faite à SONAREM et du nom prédestiné du lieu devrait inciter le moins crédule d'entre nous à y jouer du tamis...
" Iderbi el gharbal " comme on dit dans ces contrées pour signifier " chercher fortune "

A bon entendeur...

UN CARNAVAL POUR NOUS CHANGER
DES FACES DE CAREME...


Dans mon village, à la campagne, nous sommes depuis ce vendredi des gens heu-reux !
Notre vénérable Président d'APC que nous surnommons " EL OUMDA " a permis à " LA LOTERIE " de s'installer dans notre place publique et chaque soir nous avons droit aux vociférations du rabatteur de pigeons qui gueule dans son mégaphone ses trois vérités qu'il répète comme un disque rayé depuis 1962: "Elli yelaeb yerbah, elli r'bah' izid yerbah' ouelli ma yelaeb ma yerbah "... et nous autres mâles villageois, sevrés depuis le temps d'une guerre de libération de tout défoulement, nous avons enfin trouvé le moyen de laisser les femmes savourer en paix leur Cassandra quotidienne.
Autour de la baraque en contreplaqué, le tapis de tickets montre notre engouement pour le jeu de hasard que nous pratiquons avec une frénésie à faire enrager Ouyaya qui croit nous avoir appauvris en nous compressant.
Notre vénérable " Oumda " a réussi à animer le village qui ne connaît habituellement que les chants patriotiques éculés durant les fêtes nationales et les tristes psalmodies durant les fêtes religieuses... c'était devenu lassant avec les mines exagérément sérieuses des soi-disant militants et celles hypocritement pieuses des pseudo- croyants...
La loterie, c'est un bon début... Et puisque le cinéma, le livre, la musique, la peinture, la bande dessinée n'existent plus dans notre lexique, il faut espérer que notre Oumda, grisé par le succès de cette loterie, nous instaurera un carnaval. Ca fera tâche d'huile, vous verrez ! on aura, en moins de temps qu'il faut à un journal " indépendant " pour crier holà sur Betchine, un carnaval par commune qu'on mettra six mois à préparer et six mois à commenter... ce sera la fin de la déprime et ça nous permettra d'oublier enfin ces faces de carêmes de politiciens de Double Nah à Boukrouh Boukrouh Ghachi, de Djaby la hache à Sadidas, de Reda Lamec à Louiza Karnoune, de Benbaibechamel à Benhamoudada, d'Ouyaïe aïe aïe à Ait Ahmedia qui se prennent au sérieux, au point de croire que la politique est synonyme de rictus et que le rire est un péché capital...

UN CARNAVAL* COMME EXUTOIRE

On dit, et c'est sûrement vrai, que le Carnaval de Rio, en dépit des morts sans gloire qu'il connaît, est un défouloir collectif qui permet d'organiser le désordre pour éviter le désordre désorganisé, c'est à dire l'anarchie...
On dit aussi, et c'est peut être vrai, que trois mois avant le Carnaval et trois mois après, les centres spécialisés en traitement psychiatrique chôment littéralement dans Rio et ses alentours.
Je crois que ce qui nous manque un peu, c'est cette forme de défoulement.
Dans les arènes de Tolède, quand le torero administre au toro l'estocade finale, chaque spectateur se reconnaît en lui et ne reconnaît en la bête que sa sale bête: l'épouse infidèle, le mari violent, le bureaucrate poussiéreux, le patron autoritaire, le policier arrogant, le commerçant vampire, le père impossible, le professeur injuste...
Dans les combats de coqs du Mexique, l'agressivité latente des spectateurs trouve son exutoire dans les ergots ensanglantés et les plumes ébouriffées.
Nous aussi, nous avions nos défouloirs; mais, de tabou en tabou, d'interdit en interdit, de layadjouz en layadjouz, nous avons fini par tout remiser, par tout refouler au motif de puérilité ou de payenneté.
· Au placard les veillées ludiques et lubriques où Belkhayati et Remitti nous désangoissaient en s'égosillant dans les hauts parleurs mal réglés tandis que se trémoussaient voluptueusement nos danseuses sur la terre battue !
· Au placard les " Boughandjas ", les zerdas, les ziarates colorées, les mawsim des walis, la trompette, la flûte et le bendir qu'on n'entend plus qu'au détour des strictes cérémonies officielles !
· Au placard aussi les rencontres sportives où les joueurs savaient nous faire partager leur joie de jouer et bonjour les lassantes rencontres dinaresques où le joueur devrait évoluer en combinaison tant il donne l'image de l'ouvrier qui sue pour gagner sa croûte !
Dans ces conditions où la vie ressemble à un bel abrutissoir, comment échapper au jeu de massacre qui finit par s'installer dans notre quotidien; le seul défoulement possible restant la fronde contre l'autorité et ses symboles et le jeu malsain du plaisir sournois de la transgression des lois.
Il faut comprendre que, comme l'enfant a besoin de jouets pour jouer, l'adulte a besoin de défouloirs pour extérioriser ses rancœurs et ses rancunes, ses ressentiments, sa peur et ses angoisses... et tel l'enfant qui, faute de jouets, jouera avec la lame à raser, la prise de courant ou le fusil de son père, l'adolescent, faute de défouloirs, improvisera...
Le proverbe de chez nous est très explicite qui dit que " le berger qui ne trouve rien à faire s'en prend à sa canne. "
Il faut impérativement réinventer le défouloir; un mardi-gras, un carnaval, une féria,... n'importe quoi; mais que ça ne soit pas seulement à l'image de ces corvées qui ont pour noms: fête des cerises, fête des moissons, fête des roses...
En réalité, on n'a pas besoin de créer le défouloir. Il faut autoriser le défoulement; celui-ci se créera spontanément.

*- Cette réflexion a été " commise " le 21 Juin 1987. Je la ressors aujourd'hui parce que le carnaval est enfin d'actualité

AUT CAESAR, AUT NIHIL !

Si chaque compétiteur, pour se décider à participer à une compétition évalue ses chances par rapport à ses concurrents et se rétracte quand il s'assure qu'il n'a aucune chance de remporter la première place, le monde non seulement sportif mais aussi culturel, économique et... politique va être totalement bouleversé.
Cet abandon du principe de " El mouhim el moucharaka " au profit du principe de " El mouhim el faouz " va nous entraîner trop loin.
Nous verrons les équipes de football laisser tomber le Mondial dès que les éliminatoires auront préfiguré la plus forte, afin de ne pas avoir à supporter des dépenses inutiles et une humiliation en fin de parcours puisqu'il semblerait que le fait de ne pas monter sur le podium n'est plus considéré comme une bénigne non-victoire mais comme une gravissime plate défaite.
Nous verrons El Guerroudj courir seul, et Kasparov se faire introniser roi des échecs sans rival
Pour ne pas être accusés de jouer les lièvres, tous les non favoris vont se débiner comme des lapins avant le coup de starter.
Nous n'aurons plus besoin de voter puisque l'on sait que le vote honnêtement mené ou sournoisement orienté va réserver ses faveurs à une personne ou un courant donné. Nous créerons des instituts de sondage qui vont nous donner les intentions de vote des citoyens ou les penchants des décideurs; et notre consultation électorale ne se fera que sous forme de plébiscite...

Pourtant, la participation aux compétitions sert à beaucoup d'autres choses qu'à la simple désignation d'un vainqueur. Elle sert entre autre et à titre d'exemple, à mobiliser les fans pour les batailles à venir; à juger et jauger l'ancrage populaire du postulant et le degré de sympathie qu'il irradie, elle sert à étaler un programme afin d'inspirer même l'adversaire puisqu'on est certain que ce qu'on préconise est le meilleur et donc le plus à même de régler les problèmes du pays, elle sert à étaler ses biceps pour bien montrer qu'on est un partenaire incontournable... Elle ne sert pas seulement à cautionner une parodie de démocratie comme ne cessent de le suggérer nos hommes... heu ! nos pommes politiques dites de l'opposition.
Mais quand on part avec cet indécent complexe de supériorité qui nous aveugle au point de nous faire croire que nous sommes élus d'office, ou avec ce doute " sangsuellement " collé à la conviction qu'il y aura fraude, on se prépare assurément à contester le verdict des urnes ou pire, on conditionne déjà l'opinion publique à un retrait avant le coup de starter.
Depuis le début de l'ère démocratique, le doute qu'on a jeté systématiquement sur le vote est allé crescendo pour le discréditer totalement et ce n'est pas, loin de là, les bourreurs d'urnes qui risquent de ne pas trouver leur compte dans cette ineffable politique du scepticisme qui démobilise l'électorat et l'incite à aller à la pêche à la ligne au lieu de le convaincre de faire son devoir civique; laissant le champ libre à toutes les manipulations de voix..
La contestation systématique semble de toute manière faire partie de nos gènes; regardez comment nous nous évertuons de haut en bas de la pyramide sportive, de l'équipe nationale à la plus insignifiante équipe de quartier à concéder les défaites pour venir par la suite contester l'arbitrage ou le tirage au sort... Cette contestation est d'ailleurs devenue un sport national. On conteste les répartitions de logement, les résultats du bac, les lois du pays, le code de la route... et nous ne concevons plus le journalisme, la politique, la religion ou la chanson par exemple, que dans la surenchère contestatrice qu'on pousse jusqu'aux limites du bon sens et des convenances...
C'est bien sûr une vivacité populaire qui s'explique et dont il faut quelque part se féliciter; mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin car quand elle atteint le seuil du 14 avril, elle arrive aux confins de la décence et au point limite au delà duquel on bascule inévitablement dans l'anarchie...

ILS MANGENT AVEC LE CHACAL ET SE LAMENTENT AVEC LE BERGER !
(YAKLOU MAA EDHIB OU YENDBOU MAA ERRAI)


Les gestionnaires ne sont pas dupes.

Ils se souviennent que l'opération manu pulite qui a détruit irrémédiablement des carrières, des hommes, des foyers et des entreprises s'est déroulée sous un échauffement frénétique du " bendir " par une certaine presse aux mains de certains gros barons qui sont les premiers et pratiquement les seuls bénéficiaires de la dislocation du secteur public qu'elle visait.

Ils se souviennent tous de ces allusions perfides, ces confidences généralisantes, ces délations de lecteurs qui avaient maille à partit avec leurs responsables et que certains journaux publiaient sous forme de piges avec une délectation morbide sans tenir compte de la grande détresse des pauvres cadres qu'elles visaient et qui voyaient s'étaler devant leurs employés, leurs enfants et leurs amis; des turpitudes inventées de toutes pièces et dont les mises au point, poignant de sincérité, étaient de pathétiques et impuissantes supplications à la retenue mais qui recevaient en guise de commentaires des réponses d'un incommensurable sadisme.

Ils se souviennent tous de cet indécent empressement de nombreux journaux à répercuter les froids et laconiques communiqués des instances judiciaires qui parlaient des fournées de cadres envoyés au cachot comme on parlerait de moutons de l'Aid destinés au couteau parce qu'ils y sont prédestinés.

Ils se souviennent tous de ce journal qui a organisé un véritable safari contre un pauvre petit directeur d'une petite entreprise locale de la wilaya de Boumerdes et du feuilleton qui l'a poursuivi jusqu'à l'hallali; de ce brave directeur d'une entreprise de matériaux de construction de Annaba qui, même démissionnaire, a continué à recevoir des coups de béliers hargneux...

Afin de détourner l'attention sur l'immense curée organisée autour des importations de produits sidérurgiques hors normes, des viandes douteuses, des huiles frelatées, des bières en canettes dont le contenant masque le contenu, d'eau minérale qui ne doit être qu'une insipide eau de robinet rendue noble par une simple opération d' étiquetage, de produits cosmétiques griffés par la seule vertu de l'impression couleur, de pièces de rechange " taiwan " présentées comme pièces d'origine par la mise en boîte et d'autres cochonneries... on a eu recours à cette terrible machination.
Les enquêtes économiques comme les reportages journalistiques furent orientés non pas vers ces opérations criminelles mais vers des gestionnaires dépouillés de matières premières, de pièces et fournitures d'entretien, de plans de charge, de lignes de crédit et d'autorité face à une concurrence sauvage d'une faune d'importateurs généreusement connus des banquiers mais allègrement ignorés du fisc, un terrorisme féroce des groupes armés et à un populisme suicidaire des tenants de l'administration, de la politique et du syndicalisme, mais qui restaient contraints de concéder des augmentations exponentielles de salaires (décidées hors leur présence) et de supporter TVA, VF, IRG, IBS, TAIC, Taxe d'assainissement, Vignettes auto, Cotisations de sécurité sociale ... avec en prime des pénalités de retard exorbitantes en dépit des retards de paiement dus à une administration qui s'abrite derrière toute petite raison pour refuser d'honorer ses engagements (il en est ainsi de cet ineffable décret de 1994 qui réglemente le mode d'établissement de la facture et qui a été amendé deux fois mais que nombre receveurs et autres trésoriers continuent à ne comprendre que sous sa version initiale).

Aujourd'hui, l'heure est à la réhabilitation. On ne peut que s'en féliciter; mais certains acteurs de cette innommable " fdh'iha " - hommes politiques et hommes de l'information - devraient essuyer leurs larmes de crocodile et mettre un bémol à leur lamentations hypocrites parce que les premiers, à quelque exception qui se comptent sur le 1/5 des doigts d'une main se sont complus dans un silence qui avait des intonations d'applaudissements; quant aux gens de l'information, ils savent mieux que quiconque que " si les paroles s'envolent les écrits restent "...
Et certains écrits qu'on peut facilement exhumer sont de véritables appels au lynchage.

 

LES MAITRES CHANTEURS NE PASSERONT PAS !

Ce gouvernement qui ne veut décidément pas venir semble pousser les malaxeurs d'opinion publique à imposer la césarienne pour faire accoucher la république de l'équipe qui aura la charge de la driver.

Il ne passe pas un jour sans que le téléphone arabe et radio trottoir - savamment aiguillonnés - ne se fassent l'écho de petits potins et que les spéculations ne remplissent les pages dites confidentielles par lesquelles les journaux et surtout les groupes de pression qui sont derrière eux lancent leurs ballons sondes.

Imperturbable, le Président fait le sphinx.

Le régime constitutionnel Algérien est sensé reposer sur la recherche du compromis entre deux pouvoirs: celui du Président, élu sur un programme et celui de l'Assemblée Nationale, élue elle aussi sur les programmes des partis qui la composent.

Ce compromis existe aujourd'hui de facto puisque les partis qui ont soutenu le Président ont une large majorité à l'APN.

L'actuel gouvernement Hamdani, constitué sur la base d'une coalition des partis qui ont soutenu le Président de la République est incontestablement un gouvernement de compromis. Il l'a prouvé par le vote de confiance dont il a bénéficié aux deux chambres mais aussi et surtout par le fait que tous ses membres ont développé la campagne électorale du Président et celle relative au référendum sur le wi-âm qui, ne l'oublions pas, appelait à cautionner la démarche globale du Président avant que de faire une fixation sur une simple formule de retour à la paix.

C'est un gouvernement qui peut, en toute logique, continuer à exercer sans qu'on ne puisse lui faire grief de cohabitation forcée.

Alors pourquoi tout ce branle bas de combat pour exiger presque un nouvel exécutif ?

Il est vrai que c'est avant tout le Président de la République qui a remis en cause par ses allusions, la composante humaine du gouvernement mais il est vrai surtout que toute cette agitation est motivée d'abord par le souci égoïste de gestion de certaines carrières.

Et cette frénésie n'est que la partie visible d'une immense partie de cache cache et de crocs en jambes qui se joue dans les coulisses.

Ceux qui continuent à parler d'équilibre partisan au lieu de parler de compétences individuelles et qui - comble de ridicule - arrivent même à répartir les strapontins en fonction des soutiens déclarés au dernier référendum comme si le référendum avait recomposé l'hémicycle... ces gens là ne trompent plus personne.

Quel algérien est en effet encore si naïf pour penser un seul instant qu'un ministre est capable, tout en appliquant le programme du Président, à imprimer à son ministère la couleur de sa formation politique ?

Et n'est ce pas prendre aussi le Président Bouteflika pour un enfant de chœur que de faire accroire qu'il acceptera que la cacophonie indécente qui caractérise la scène politique soit transférée vers un exécutif qui n'a de chance de mener à bien son programme que s'il fait preuve d'homogénéité et de discipline ?

Il est peut-être vrai que Boutef n'a pas encore trouvé les hommes qu'il recherche mais il est sûrement faux de laisser croire que ses recherches se font exclusivement au niveau des partis au motif qu'il est tenu de composer avec ceux qui lui ont apporté leur soutien lors de son élection ou lors du référendum.

C'est très peu connaître l'homme et la force de sa personnalité que de lui coller cette image de négociant ou de personne qu'on peut faire chanter...

L'ADMINISTRATION, L'INITIATIVE ET LE DROIT DE CITOYENNETE.

La gestion paternaliste de ce pays depuis trois décennies a fait du citoyen un assisté en puissance qui ne conçoit le rôle de l'état que comme distributeur - distributeur de travail, distributeur de logement, distributeur de kiosques, distributeur de bénéfices, distributeur de terres, bref, distributeur de richesses et ne conçoit son rôle non comme créateur de ces richesses mais comme récipiendaire à force d'entendre les discours qui lui parlent de ses droits et éludent ses devoirs. Et nous continuons aujourd'hui encore à écouter des discours de ce type de la part de tous les partis politiques.
Au même moment, toute personne investie de la moindre parcelle de pouvoir s'est comportée comme investie du droit divin de sanctionner et de récompenser comme elle le veut non comme le veut la loi.
Les administrations dont le rôle se confine à l'étude, l'orientation, l'encouragement et l'incitation et le contrôle a déserté ses attributions pour s'en aller créer les litiges ou arbitrer les contentieux, montée fièrement sur ses ergots, elle a refusé toute remarque ou suggestion citoyennes et a oublié de s'appliquer la loi avant de l'appliquer au peuple. Elle a exploité le point de vue techniciste qu'elle a interdit au profane de discuter pour servir les copains et les coquins et justifier les opérations attentatrice à l'urbanisme, à l'environnement, à la santé publique, à l'esthétique... , la planification pour aménager des activités contrôlées (inondation du marché par les faïenceries importées toutes d'Italie, les unités de carreaux-granito importées toutes de Florence, les unités de travail du fil metallique importées toutes de Stutgart et a délaissé totalement l'agriculture,

C'EST CLINTON QUI SE FAIT MONICA   ET C'EST SADDAM QUI CASQUE...

Quand le berger ne trouve rien à faire, il taille sa canne dit pudiquement un adage de chez nous dont la grivoiserie n'échappe à personne.
Buffalo Bill Clinton, ce berger de cow-boy, ayant du temps à perdre dans ses pâturages casablancais, n'a pas trouvé meilleur moyen de le passer que d'aller conter fleurette à cette bergère de Monica qui, comme son nom l'indique, s'est laissée faire.
La Monica qui mérite qu'on s' attarde sur ses atours avec lesquels peuvent difficilement rivaliser les atouts de l'Hilary a bien calculé le coup du berger puisque l'histoire - contrairement à la morale - lui a donné raison (l'histoire marche d'ailleurs très rarement avec la morale). Ne la voila-t-elle pas en effet qui réussit un passage magistral à la postérieurité, ce que ni son statut de stagiaire, ni ses rondeurs ne lui auraient assuré ?

Mais l'histoire ne s'arrête pas là puisqu'elle va avoir toute une série de rebondissements qui n' ont rien à voir avec les talents de séducteur de Billy Boy, la pulposité de la Monica, le sadisme de Kenneth Starr ou la pudibondieuserie trop ostensible pour être honnête des ricains.
Le pauvre Bill, savamment coincé va se sentir un devoir de faire le tigre, pour démontrer qu'il n'est pas seulement un chaud lapin dans un parti qui a pour emblème l'éléphant.
Et comme un Malbourourou, il s'en est allé-t-en guerre dans des gros shows faits d'un mélange détonnant de diversions-alibis
- diversion quand les ambassades américcaines de Dar Es Salam et de Nairobi sont dynamitées (parce qu'elles ne servent plus à grand chose en tant que telles dans cette Afrique moribonde).
- alibi quand ce dynamitage sert de bonnne raison à un haro sur l'Oussama Ben Laden en fin de mission et qu'on est allé frapper chirurgicalement dans une usine pharmaceutique du Soudan; ce qui, au demeurant, n'a khartoumé personne et dans des montagnes d'Afghanistan, comme pour tester une frappe probable sur une cible potentielle et plus sérieuse dans les parages proches, du Pakistan et de l'Inde dont on n'a pas pris la précaution de charger un quelconque Butler de contrôler l'appétit atomique, obsédé qu'on était par Saddam.
- diversion quand on organise une zerdaa à Wye plantation où on va demander à un Arafat ellifat qui ne refuse plus rien, de ne plus menacer, même par les mots, la créature turbulente et insatiable de Balfour dont le baby-sitting, confié par un lobby sioniste qui a trouvé en l'affaire Monica une belle aubaine pour tout lui faire admettre, est assuré par un Oncle Bill très cool et très généreux.
- alibi quand on préfabrique un attentaat qu'on impute au Hamas pour mieux enterrer un accord de paix dont on a assassiné le signataire pour bien montrer qu'on n'a rien signé.
- Diversion dans les tribulations hilarrantes si elles n'étaient si tragiques et si humiliantes d'une UNSCOM conduite par un Butler qui n'arrête pas de chercher jusque dans les latrines de Saddam des armes non conventionnelles qui n'existent que dans les prospectus des marchands de masques à gaz de Tel Aviv et dans les appréhensions hypocrites d'un Occident qui ne peut s'accommoder de vivre sans se donner l'illusion d'un péril.
- alibi dans ce remake de la merde des batailles à qui on a donné le nom de Goupil pour bien montrer que la guerre est ruse et dont le but avoué est d'affaiblir le Big Daddy mais dont la vaine finalité est plutôt d'affermir et de fortifier ce grand bébé tout rose qui n'a pas encore compris que, ne pouvant briguer un autre mandat, il n'intéresse plus le lobby sioniste qui en a tiré tout ce qu'il a pu et qui ne lui a sorti cette affaire Lewinski en fin de règne que pour lui faire dire et faire ce qu'il veut.
Gageons qu'après le Ramadhan, les deux comparses de l' indigne opération renard du désert vont nous ressortir une autre diversion pour se donner un autre alibye et venir tester leurs bombinettes du côté de Tripoli dont l'affaire Lockerbie est laissée en instance pour être retirée quand l'inspiration viendra à manquer...
Pauvre Amérique qui se plaît à jouer le rôle de libératrice des peuples du monde alors qu'elle est totalement inféodée à certains lobbies et prisonnière de leurs démons...
Pauvre Bill Clinton qui essaie de se retaper le portrait en défonçant celui des autres...

LITTLE BIG MAN SECOUE LE COCOTIER.

Nous avons élu un président, nous découvrons un polémiste.
Et ce n'est pas pour nous déplaire.
Cet homme a raté sa vocation. C'est un Jean-Edern Hallier qui s'ignore. Iconoclaste jusqu'à la provocation, le voilà qui fait l'arrache-clou pour nous extraire nos certitudes les plus ancrées et qui, armé de sa seule faconde, nous assène les vérités les plus crues et nous disloque avec délectation nos complexes et nos tabous.
Si Boudy s'est frontalement et fatalement opposé à la mafia politico-financière, lui, il n'a pas hésité à ouvrir un autre front où la lutte est peut-être beaucoup plus complexe car beaucoup plus subtile: celui des " clergés " qui ont bâti leur aura sur notre naïveté et notre crédulité et non plus celui des ogres qui se sont faits une bedaine en nous affamant.
La mafia politico-financière, c'est cette rebutante classe de jouisseurs qui a parasité l'Etat au point de détourner toutes ses décisions à son profit strictement matériel. Elle a corrompu les institutions et s'est collée comme une tique à la peau de tous les responsables pour leur faire faire sa basse besogne. Elle est arrivée à faire et défaire les gouvernements et à imprimer sa griffe à toutes les politiques. C'est elle qui a pleinement profité du secteur public puis qui l'a disloqué pour se partager ses restes, c'est elle qui a défendu le statu quo sur les terres pour pouvoir continuer à importer à grosses cargaisons les denrées qu'on aurait pu produire ici. C'est elle qui a crée le terrorisme pour mobiliser les forces de sécurité ailleurs que dans les espaces où elle opère et c'est elle aussi qui s'est accaparée les médias pour orienter à sa guise les index accusateurs et les coups de pieds expéditeurs...
Les " clergés ", ce sont tous ces grands diseurs qui n'ont d'autre mérite que celui de savoir prêcher en eau trouble. Leurs fonds de commerce sont variés. Ils se nomment Révolution, Socialisme, Arabisme, Berberisme, Islamisme et j'en oublie peut-être de plus perfides.
Les chevaliers servants qui montent ces chevaux de l'apocalypse sont imbus de suffisance assassine. Ils se croient détenteurs exclusifs de la légitimité politique, historique, linguistique ou raciale et ne se préoccupent jamais de penser un seul instant à la vanité de la prétention d'absoluité qu'ils veulent absolument imprimer à leur cause quand celle-ci n'est que relative facette d'une vérité dont la diversité fait la richesse.
Ceux là ne peuvent concevoir les rapports avec autrui que de manière conflictuelle et, pour entretenir la mobilisation de leurs zélés fans, ils n'arrêtent pas, dans une surenchère endiablée à se s'inventer les périls en se montrant mutuellement du doigt.
Ces clergés qui s'opposent en apparence s'alimentent en réalité réciproquement de leurs conneries (c'est le terme le plus juste que j'ai pu trouver).
Mais les champs d'action de la mafia et des clergés ne sont pas toujours séparés; il arrive qu'ils interférent et se complètent dans leurs actions de sape.
Il arrive que les gros caïds se paient les services des sorciers et vice-versa; il arrive même que des caïds de la politique et des affaires se transforment en gourous et vice-versa.

Si la lutte contre les caïds relève de la loi et s'effectue par l'intermédiaire des forces de l'ordre, le combat contre les gourous et les aliénations qu'ils inoculent perfidement aux gens du peuple, ce combat se mène par la culture et ses soldats que sont les élites intellectuelles.

Et c'est si pathétique et si dramatique de voir un président de la République s'engager dans un combat don quichottesque contre les tabous quand toute une classe d'intellectuels se mure dans un silence confortable (1) ou s'engage dans les causes perfidement réductrices en vendant son âme aux chapelles ardentes...
Il faut espérer que les piques de Bouteflika réussiront enfin à inciter ces intellectuels à investir les espaces publics squattés par les affairistes et les charlatans pour que la société développe ses résistances qui feront d'elle un rassemblement humain, basé sur la raison de ses membres, et non un regroupement animal, obéissant à l'instinct, aux réflexes pavloviens, aux grelots des boucs et aux bâtons des bergers...
Pour avoir si vaillamment et si violemment secoué un cocotier qui se complaisait un peu trop dans sa douce léthargie, merci, Monsieur le Président et que ceux qui ne sont pas contents aillent se faire foutre !

(1)- Outre les morts Alloula, Djaout, Belkhechir, Flici, Boussebsi, Boukhobza, Liabès, Mekbel et beaucoup d'autres qu'il est fastidieux de nommer, j'exclue de cette accusation M. Lacheraf qui a le mérite immense de refuser de se terrer ou de se taire.

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