Solange, Manu, Pierre & Isa publient leurs poèmes dans: Ouvrez-Les-Yeux!, le trimestriel des Liégeois démunis.
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dernière mise à jour: 12 février 2007 LOGO
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Ouvrez Les Yeux n°10 automne 2006 PAGE18


La différence de classe

Je la rencontre trop souvent, à mon goût.
Les plus riches se disent dans le vent.
Mais dans le train, et n’importe où,
Ils se fichent des autres gens.

Dans les classes premières,
Là, où il fait frais l’été,
Là, où il fait chaud l’hiver.
Dans des rocking chairs,
Bercé par le progrès.

Assise à terre, à l’entrée du wagon climatisé,
A la fin juillet,
Au retour de la mer,
Nous, pauvres diables de seconde classe,
Chaleur insupportable et pas de place,
Les pieds pleins de sable.

L’un de nous, gardait la porte ouverte,
En la coinçant avec son pied,
Profitant de leur fraîcheur, à la sauvette.
Ils se sont levés, mécontents
Et nous regardaient comme des pauvres gens.

Cette première classe,
Aux meilleures places
S’approprie la fraîcheur.
Parce qu’ils sont bons payeurs
Et ne veulent pas de notre chaleur,
Sans cœur, sans peur,
Des esprits rebelles, exclus sans appel,
De leur cher confort, sans effort.
                                                                 ISA




Nous, les enfants

Nous, les enfants d’aujourd’hui
Nous sommes les hommes de demain
Tous les espoirs aussi
Pour nous, tous les rêves sont permis
Vous nous avez donné la vie
Vous nous devez un peu d’amour
On ne demande pourtant pas grand-chose
Un peu moins de promesses
Un peu de bonheur
Un monde un peu moins fou
Un monde un peu meilleur
Toi qui tiens dans tes mains nos désirs et nos destins
Le pouvoir de changer nos lendemains
si le cœur s’ouvre un peu à la pluie qui mouille nos yeux
aux blessures de notre planète bleue
Tu sais tout peut changer

Change le monde et Dieu fasse qu’un jour
Les feux de l’amour nous laissent entrer dans la ronde
Autour de la planète, formons une chaîne aussi serrée
Que rien ne puisse jamais la briser
toi qui sais que les mots prononcés
Sont des couteaux dans es mains
De tous les marchands d’espoir

Les promesses qu’ils nous font depuis des générations
Sont les ombres de nos rêves sur fond de brouillard
Tu sais : tout peut bouger
Il suffit de partager plus d’humanité, d’amour,d’amitié
Toi qui serres la main de tous ceux
Qui sont puissants en ce monde
Toi qui sais parler et que d’autres écoutent par la voie des ondes
Dis leur que la terre meure
Et que tous les enfants sont en pleurs
Dis leur à genoux qu’ils sont devenus fous


 
Sdf
A un ami lâchement poignardé en l’îlot St Michel

Tu n’as ni gîte, ni couvert
Tu quémandes une cigarette
Qu’un air de dégoût on te jette
Tu voudrais bien te mettre au vert

Parfois tu chantes, ou bien tu jongles
Devant des gens qui s’extasient
Ou bien comble de l’infamie
Te croient sorti de la jungle

Midi : la soupe populaire
Qui ne nourrit pas bien son homme
Mais c’est un peu comme un bol d’air
Dans la médiocrité en somme

La journée passe, inexorable
Mais pas assez vite à ton goût
Toi qui as perdu goût à tout
Si ce n’est au sourire affable

Mais certains sont plus froids que tombes
Et quand bientôt tombe la nuit
Il te faut chercher un abri
Dans cette pâleur moribonde

De quoi demain sera-t’il fait ?
Dois-je croire que tu t’en moques ?
Tu penses à un œuf à la coque
Et la chaleur d’un lit douillet

Tu vois, ami, je pense à toi
Toi qui es une des victimes
De ce pouvoir si pousse-au-crime
Alors, je te le dis : bas-toi !

Pierre Chantraine,  27 janvier 2005
 


                              La Misère
Tu vis dans la misère, tu vis en dessous d’un réverbère,
Tu es dans la galère, mais tu veux pas demander à ta mère,.
Quand les gens te voient, ils disent gros clochard.
Toi, tu réponds que c’est des connards.
Tu as pas tort car ce sont que des porcs.
Ils pensent qu’à leur gueule et à se saper comme 50 cents,
Par contre, tu leur demande de l’argent, ils te donneraient pas 1 cent.
Quand tu as pas d’argent, ils disent quel cafard.
Mais, eux, savent pas qu’ils sont avares.
Tu tombes dans la rue, toi tu les aides.
Ils s’en sortent ; après ils t’envoient paître.
                                                                                       Manu









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