| Marcia Lorenzato | ||||||||||
| Sur le fil du myst�re quotidien � Marcia Lorenzato nous d�voile : � l'exploration des techniques de reproduction est au centre de mon �uvre �. La reproduction, c'est le chemin vers le m�me et vers du multiple, diff�rent et pareil, un chemin aux allures de paradoxe. Comme nos vies, les pas que nous faisons. Le sens de l'existence : l'artiste se questionne, nous questionne, chacun, face � son regard sur la vie, � ses symboles �voqu�s sans cesse : le temps qui passe, l'enfance, le monde � l'envers, � l'endroit, la mort, la vie. O� se situe-t-elle, la personne humaine, entre les mille et une routes � parcourir, les choix, les r�ves � accomplir�l'ambivalence et la r�silience, le don et l'acceptation, la r�volte, l'ouverture et le secret, l'intime de tout �tre qui grignote peu � peu ce fil d'o� surgit sa vie. D'o� surgit ce qui na�t. Naissance. Cri. Parole. Silence. Toutes ces facettes nous sont symboliquement livr�es, parfois innocemment, tel un retour aux sources de l'enfance, parfois f�rocement, m�me sous des airs d'ange, de douceur, de solitude, de p�tales de roses. Et ces milliers de visages qui peuplent nos m�moires. M�moires d'un peuple, d'alliances et de refus, de voies nouvelles, de visages � enfanter. Marcia Lorenzato cr�e une �uvre originale qui r�sonne en nous, qui nous interpelle. Une �uvre de myst�re, un cri, l'aube d'un dialogue�Comme une transhumance � En d�couvrant ce monde singulier, vous pourriez �tre conquis ! � Pascale Eyben, Bruxelles, 17 novembre 2003 Les faces crois�es de l'oeuvre de Marcia Lorenzato �tre face au travail de Marcia Lorenzato c'est entr�, oeuvre par oeuvre, dans l�imaginaire intime de l'artiste et vivre l'effet inattendu du geste cr�ateur en �quilibre sur un fil. Quoi de plus repr�sentatif de cet �quilibre qu'un axe rouge vertical o� pivotent des images. Et quoi de plus intimes que des lits o� se couchent des photos personnelles du pass�. Les draps de lits sont des �crans semi- transparents o� se voilent et se d�voilent, sous le jeu de lumi�res savamment dispos�es derri�re l�image des impressions macul�es �� et l� d'un skot�ma. Le trait oblique dans l'�uvre d�enfants aux balan�oires semble, entre autres, vouloir peser la l�g�ret� innocente propre � la jeunesse contre le poids du regard droit et parfaitement lucide de l'�uvre de la vielle dame qui l�accompagne. Balancer, peser, sous-peser afin de mieux mesurer. Dans l'�uvre de Marcia l'heure est-elle au bilan? Marc Audette York University, Glendon Galery, Toronto, 1er septembre 2002 Les r�ves �veill�s de Marcia Lorenzato Par sa biographie m�me, Marcia Lorenzato a exp�riment� ce qui, plus tard, allait faire la substance de son �uvre, � savoir : le d�paysement, le d�placement comme renaissance en soi, l'ouverture � des nouveaux territoires, de nouvelles rencontres, de nouvelles sensations. N�e � Sao Paulo d'une famille aux racines italo-portugaises, elle a v�cu dans diff�rentes villes du Br�sil, puis du Canada. C'est � Bruxelles qu'elle a provisoirement pos� ses bagages, avant, sans doute, de poursuivre sa route vers de nouveaux horizons. Doit-on, d�s lors, voir dans la forme du lit � laquelle ses installations font r�f�rence, un paradoxe, ou, au contraire, l'expression coh�rente de son rapport aux d�m�nagements successifs? Il appartient au spectateur de trancher et, surtout, de projeter ses propres impressions sur cette structure famili�re et �tonnante � la fois. Car l'artiste ne con�oit pas son travail, loin s'en faut, comme une �uvre autobiographique. Son parcours ne constitue qu'un point de d�part, qui d�bouche sur des questions d'ordre universel. La structure du lit qui encadre des impressions photographiques sur tissu, fonctionne elle aussi comme un point de d�part. Enti�rement fabriqu�s par Marcia Lorenzato, ces lits sont de formats variables. Leurs pieds, tous diff�rents, ont �t� r�cup�r�s sur des brocantes, l'artiste leur redonnant ainsi une nouvelle existence. Il ne s'agit donc ici nullement de ready-made, mais bien plut�t d'une reconstruction d'un objet familier, intime, que l'artiste transpose � la verticale, en l'accrochant au mur de l'espace public de l'exposition. Ce cadre accueille une toile qui reproduit des images photographiques, retravaill�es par infographie. D�stabilis� par son accrochage au mur, le lit n'est donc plus seulement assimil� � l'espace du repos, du sommeil, mais � un lieu o� s'inscrivent des images, comme dans un songe. Les images de Marcia Lorenzato ont en effet la complexit�, l'�paisseur des r�ves. La pesanteur y est souvent invers�e, comme dans Initiation, o� les branches des arbres se transforment en racines, et les racines en branches. Ces inversions viennent redoubler celle du plan du lit, qui passe de l'horizontal � la verticale du mur. Elles donnent aussi une impression de vertige, les �l�ments � notamment les pierres de Accident�- perdant leur stabilit� � la faveur d'un mouvement de chute, d'un glissement. D�jouant la v�risimilitude de l'image photographique, Marcia Lorenzato parvient � cr�er des mondes oniriques en r�unissant, sur une seule et m�me toile, des photographies de registres diff�rents. Allant puiser dans les albums de son entourage familial, l'artiste s'approprie des sc�nes ou des visages qui sont donc affectivement proches, mais �loign�s d'elle dans le temps. La plupart donnent � voir des enfants. Dans l'ensemble de la toile, ces clich�s apparaissent g�n�ralement dans une sorte de projection, circonscrite � l'espace et au volume de l'oreiller, c'est-�-dire � l'espace du songe. Ces images s'inscrivent sur un fond qui donne � voir un espace plus vaste, correspondant le plus souvent � une photographie de paysage, parfois invers�. � l'innocence de l'age et des jeux d'enfants, r�pond un espace qui semble immuable, p�renne. Que ce soit par l'installation, ou par le collage d'images photographiques retravaill�es ensuite �lectroniquement, Marcia Lorenzato produit des repr�sentations complexes. � partir de pr�occupations r�currentes, qui sont celles du passage du temps, de la transmission interg�n�rationnelle, des relations de l'individu � son environnement, elle cr�e des variations chaque fois renouvel�es, qui cherchent � stimuler l'imaginaire du spectateur. Les diff�rentes couches de l'image invitent en effet � autant de niveau de lecture diff�rents, qui d�passent de loin la dimension biographique ou f�minine de son �uvre. L'univers de la cellule familiale ou de la maison, signifi�s par la r�f�rence � l'enfance ou au lit, et que d'aucuns con�oivent de mani�re caricaturale comme sp�cifiquement f�minins, ne conduisent pourtant pas � une interpr�tation pas trop restrictive de son travail, qui serait celle d'une �uvre f�ministe. Ne se laissant pas enfermer dans des cat�gories �tablies, les installations de Lorenzato invitent le spectateur � faire l'exp�rience d'une sorte de r�ve �veill�, dans lequel la conscience de sa condition humaine s'enrichit d'un imaginaire capable de recr�er, inlassablement, d'autres existences possibles, d'autres rapports au monde. Danielle Leenaerts, Ph.D. Universit� Libre de Bruxelles, Histoire de l'art, 12 novembre 2003 |
||||||||||
| Portugu�s | ||||||||||
| English | ||||||||||
| Italiano | ||||||||||